Леонтьев Константин Николаевич
Дипломатические донесения и другие документы консульской службы

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   К.Н. Леонтьев. Полное собрание сочинений и писем в двенадцати томах
   Том десятый. Книга первая. Документы служебной деятельности. Рапорты в Нижегородскую врачебную управу (1858-1860). Дипломатические донесения и другие документы консульской службы (1864--1873)
   С.-Пб., "Владимир Даль", 2017
   

ДИПЛОМАТИЧЕСКИЕ ДОНЕСЕНИЯ И ДРУГИЕ ДОКУМЕНТЫ КОНСУЛЬСКОЙ СЛУЖБЫ
(1864--1873)

ПОЛИТИЧЕСКИЕ ДОНЕСЕНИЯ
1865--1871

КОНСУЛЬСТВО В АДРИАНОПОЛЕ
1865

Донесение No 5 от 2 января 1865 г. Н. П. Игнатьеву

   No 5-й

Адрианополь; января 2; 1865 г.

Милостивый Государь
Николай Павлович,

   Честь имею донести, что новый Генерал-Губернатор Ариф-Паша прибыл в Адрианополь в пятницу -- 31 декабря около полудня. -- Вечером по случаю годовщины рождения Е<го> В<еличества> Султана Абдул-Азиса город был иллюминован и на дворе Генерал-Губернаторского дома пущен был фейерверк, на который Ариф-Паша частно пригласил всех Консульских агентов с их семействами. -- Но сам, вследствие усталости, не вышел в комнату, из которой смотрели на фейерверк Консула и беи, но прислал своего драгомана благодарить за посещение, извиняясь вместе с тем, что сам принимать не в силах.
   Честь имею быть с глубоким почтением,

Милостивый Государь,
Вашего Превосходительства

   покорнейший слуга: К. Леонтьев
   

Донесение No 11 от 13--15 января 1865 г.
Н. П. Игнатьеву

Très reserve

   No 11. --

Andrinople; le 13 Janvier; 1865.

Mon Général,

   Le nouveau Gouverneur-Général Arif-Pacha semble désirer se mettre de prime abord en relations plus ou moins familiers avec les Agents Européens. -- Après les avoir, comme Votre Excellence le sait, invite au Saraï le soir même de son arrivée pour jouir du fen d'artifice brûlé dans sa cour et après avoir reèu deux jours plus tard leurs visites officielles en grande tenue, il s'empressa de les leur rendre sans d'élai.
   Ses manière, sa physiognomie et ses premiers procédés promettent la bonhomie de Suleiman, avec une plus grande dose d'activité.
   Pendant l'entretien que nous avons en sur certaines de nos affaires pendantes, il s'est exprimés à pen près de la manière suivante: "Si quelque difficulté surgit entre nous, que les papiers fassent la guerre, mais nous... nous resterons bons... amis!"
   J'espère que mes prévisions (qui sont d'ailleur partagées presque par tous ceux qui ont vu Arif-Pacha) ne me tromperont point.
   La position actuelle du Consulat de Russie est très favorable; non seulement pour bien terminer les différents de nos sujets avec les Ottomans et les rayas, mais pour faire avancer d'une manière aussi sensible que circonspecte certaines choses d'une toute autre portée.
   L'école Bulgare de Keretch-Chané est ouverte; elle possédé déjà une vingtaine d'écoliers; je me suis abstenu jusqu'à présent d'aller la visiter pour ne pas attirer trop tôt l'atttention malveillante des Catholiques sur l'intérêt que le Consulat porte à ce nouveau signe de vie, que donne la population Bulgare-Orthodoxe.
   Cette circonspection m'est dicteé surtout par certains symptômes de réveil que donne de son côté la Propagande assez longtemps assoupie. -- La cloche, que l'on vient de hisser à l'église LJniate de Keretch-Chané, et don't la marraine, sélon l'usage Catholique, fut M-me Gûys, la femme du Consul de France; l'arrivée de plusieurs de ces crucifix sculptés, que la tradition byzantine rejete et que les Pères-LJniates vont employer pour donner aux Bulgares plus d'habitude aux formes du culte romain; les deux soeurs de Charité, que l'on attendait, dit-on, de Philippopoli, pour fonder ici une école de jeunes filles.... Voici les symptômes, qui sans être très dangereux ne laissent pas d'inquiéter les ésprits des Orthodoxes éclairés.
   J'ai profité d'une visite, que m'a fait l'Archevêque Cyrille pour lui traduire un passage du "Currier d'Orient", où l'on parle avec sympathie de la cloche LJniate et de Pères-polonais, "qui se sont voués à l'éducation des jeunes Bulgares". -- LJn des primats Grecs, qui se trouvait en ce moment également chez moi, prit immédiatement feu et il paraît que l'on pense sérieusement à hisser une cloche Orthodoxe à Kerech-Chané, en guise de contrepoids à la cloche Uniate. -- J'ajonterai, qu'à mon grand contentement je suis resté presque dans l'ombre dans cette affaire, car le Gérant du Consulat Britanique, -- jeune-homme très vif et sans expérience se crut obligé d'y prendre une part active et assez ostensible. Excité probablement par son drogman -- Hadji-Kyriadji (qui est un Grec des plus riches, des plus éclairés, et des plus amis de la politique Russe), -- il est venu m'annoncer cette nouvelle sur la cloche, -- nouvelle assez ancienne pour moi, -- et s'empressa de faire une visite à l'Archevêque pour lui promettre son soutien auprès de la Porte dans le cas de quelques obstacles.
   Tout en rendaut justice à l'esprit d'émulation, dont les Orthodoxes veulent faire prévue en cette occasion, et tout en ne voulant pas nier que l'impression, qui peut-être produite sur la pauvre population Bulgare de Keretch-Chané par la réussite de ce projet pourra servir à resserrer les lieus de fraternité entre les Grecs et les Bulgars, -- j'avone que j'attache bien moins d'impoctance à tout cela, qu'aux suites, que peut entraîner la fondation d'une école de jeunes filles par des soeurs de Charité Catholique. -- J'ai l'intention de déployer toute l'activité, dont je puis me sentir doné, pour entraver sinon l'établissement d'une école semblable, au moins le développement de son influence. -- J'ai déjà essayé d'expliquer à Son Eminence et aux primats, que le Catholicisme inspiré aux jeunes filles serait infinement plus à craindre, que la conversion des personnes d'un sexe moins impressionnable et plus distrait par des opérations commerciales, par des tendances politiques etc. -- J'ai attiré également leur attention sur les faits trop connus de la décadence du sentiment Catholique dans la population mâle de la France et du soutien chaleureux, que vouent si souvent à l'Eglise Romaine les femmes de cette nation formidable.
   Je ne crois pourtant pas, que l'on ne puisse créer avec le temps, et peut-être même bientôt, à côté d'une école semblable un petit pensionnat Orthodoxe, soutenu par le Consulat Impérial. -- Certes, l'organisation d'un établissement semblable doit être l'objet d'une étude préliminaire attentive, pour qu'il ne tombe pas dans la rontine d'une école vulgaire et sans physiognomie, incapable de resister à la concurrence européenne, qui tôt ou tard viendra s'établir dans le pays.
   J'ai demandé des renseignements sur les deux soeurs de Charité à M. Guêrow -- et l'Archevêque a l'intention de faire parler dans toutes les églises contre les parents qui auront la faiblesse de confier leurs filles aux soeurs de Charité, au risque de leur faire perdre le cachet national et la foi. -- Je veux bien compter sur la bonne volonté, mais, malheureusement, je doute fort de son savoir-faire.
   Pourtant, que ces demoiselles arrivent ou non, que ce bruit soit vrai au faux -- le fait est, que des conversations semblables à celles que j'ai soutenu avec Son Eminence et les primats à ce propos tiennent les esprits éveillés et la Communauté Orthodoxe sur la défensive.
   L'idée d'un Gymnase central Greco-Bulgare à foncer, soit ici, soit à Philippopoli, soit encore dans les deux villes avec le temps, ne cesse de faire travailler les meilleurs têtes d'Andrinople. -- On espère toujours que le Gouvernement Impérial ne refusera pas son assistance puissante à des établissements, qui pourraient devenir des foyers de civilization indigène et l'on parle en outre de collectes à faire en Russie, en Grèce, en Turquie, en Serbie, à Trieste, à Londres, -- partout enfin où l'on trouve des Orthodoxes aisés et riches.
   Après Vous avoir exposé, mon Général, l'état des choses relatives à la Propagande et les plans, que l'on concerte ici pour lui résister, -- je vais avoire l'honneur d'expliquer, pourquoi je me suis prononcé d'une manière si décisive, sur la position favorable de notre Consulat.
   Arif-Pacha paraître d'un caractère facile et grand ami de relations privées; -- tout le personnel de la Porte est plus ou moins bien disposé pour le Consulat. -- Nôtre drogman, propriétaire très aisé, est en même temps un homme d'une grande intelligence et d'une fidélité à toute épreuve (comme l'a déjà constaté plus d'une fois M. Zolotarew); il est très bien vu de tous les turcs influents. -- Si l'Archevêque Cyrille est trop indécis, s'il est craentif et faible vis-à-vis des Ottomans, il est en tout cas moins inhumain et moins fanftiqu dans son Hellénisme, que beaucup d'autres prélats Grecs. -- Ses relations avec le Consulat ne rien laissent à désirer et une circonstance particulière, dont j'aurais l'honneur de Vous entretenir plus loin, le rend actuellement très disposé à nous servir.
   Le Consulat Britannique est géré par M. Georges Blunt, frère cadet du titulaire absent. -- Ce n'est pas un adversaire dangereux; et les relations excellentes de son frère avec M. Zolotarew lui feraient envisage le Consulat de Russie, comme une force amie, si même les instructions, qu'il reèoit probablement, ne lui recommandaient pas d'agir de Concert avec nous dans la lutte, que nous soutenons contre les envahissements du Catholicisme. -- Le Consul d'Autriche, M. Camerlocher est absent; son Consulat est géré par M. Jèsua, un Juif sans conséquence et sans position sociale. -- Le Consulat de Grèce est également géré par M. Ménardos, dont la ruse ne trompe personne.
   Quand à M. Gûys (le seul présent des 5 Consuls "envoyés") -- il paraît assez indifférent pour les succès de la Propagande et semble n'agir que dans les limites du strict nécessaire, que lui commande son devoir de Consul de France. -- Dans ses conversations privées il ne se gêne pas de se moquer des moines-catholiques et des ultra-montains, et c'est à moi, qu'il arrive alors de prendre la défens de la majesté historique de l'Edifice Pontifical et des services que la Papauté a rendu à l'humanité, soit diractement, soit en produisant une réaction salutaire contre ses erreurs. -- Le caractère noble de M. Gûys, en même temps conciliant et droit se prête peu à l'intrigue, dont ne peut se passer une activité aussi novatrice et sourde, que celle de la Propagande. -- Son ésprit élégant, sa bonté, se manière faciles (qui n'ont rien de la fierté bourgeoise, déployée avec tout de gaucherie par la plupart des Agents Franèais) -- font que ses collègues, tout autant que les Orthodoxes désirent de tout leur coeur le conserver ici aussi longtemps que possible.
   Après cette énumération un peu longue Vôtre Excellence voudrai, -- peut-être convenir que notre position est -- très favorable, -- comme je l'ai dit. -- Et si cet état de choses dure encore une demie-année tout au plus, il y aurait moyen de laisser ici des traces inéffaèables pour longtemps. -- Si pas un des plans Greco-Bulgares ne réussit, ce n'est pas à la force des principes ennemis qu'il faut s'en prendre, c'est à la faiblesse du principe Orthodoxe lui-même, par exemple -- à la parcimonie, à l'indifference des uns et à la pénurie -- comparative de ceux, qui sont plus entreprenants et plus généreux.
   Après cet apérèu général, je dois attirer l'attention de Vôtre Excellence sur le fait particulier, dont j'ai fait mention plus haut, en parlant de Г Archevêque Cyrille.
   Vôtre Excellence n'ignore pas, que le service divin se fait en Grec et en Slave à l'église du Metoch de Jérusalem, cédée encore du temps de M. Stoupine au Consulat Impérial. -- Les soupèons de Kiprisli, entretenus, dit-on, par les soins du départ de l'Archimandrite Procopios, attaché alors à cette église. -- Les caractère de ce digne ecclésiastique, son zèle, son influence sur les Bulgares, qui s'étendait sur un rayon bien plus large, que celui qui forme le ceule des faubourgs d'Andrinople, toutes ces qualités inappréciables ne sont pas tombées en parlage à son sucesseur, le prêtre actuel. -- Bien qu'il se soit donné la peine d'apprendre par coeur toute la lithurgie Slave, -- sa prononciation ridicule, son hypocrisie, son avarice -- ne lui ont créé ici que des malveillants. -- Il n'a jamais voulu consentir à avoir un diacre pour rendre le service divin plus pompeux, uniquement à cause des dépenses que cela entrenerait; et, dernièrement encore il n'a pas su rester en bonne intelligence avec un jeune diacre Bulgare, que Son Eminence avait attaché pour quelque temps au Metoch, afin qu'il prenne l'habitude du service régulier en Slave. -- Le diacre est parti au bout de quelques jours. -- Sa mauvaise prononcitation, lorsqu'il chante ou lit en Slave a fait que beacouop, de personnes ont cessé de venir au Metoch, et, dimanché passé encore, un individu a répondu à la question, qu'on lui fit sur la cause de cet abandon: "ce n'est pas pour entendre quelquechose de ridicule que l'on va à l'église!"
   Sa négligence a fait que plusieurs des enfants Grecs et Bulgares, qui chantent très bien en Slave et en Grec ont également quitté le Metoch et sont allés mettre leurs petits talents -- les ons au service de l'Eglise de la Métropole, les autres de l'église Uniate de Keretch-Chané.
   C'est bien triste de voir l'église dépeuplée, le Slave écouché, les enfants fuir de voir; enfin, la décadence de tout cette excellente institution, due aux travaux de M. Stoupine et de son épouse (car c'est elle, qui avait enseigné le chant russe aux enfants du pays). -- Ces enfants, tout en grandissant pourraient rendre d'autres petits Orthodoxes successeurs de leur savoir et perpétuer ainsi de génération en génération l'étude du chant Slave et le souvenir des peines, que ce sont donné les Agents Russes pour le réveil moral et nationnal de leurs corréligionnaires.
   Vôtre Excellence voudrat, peut-être, profiter des conditions favorable où nous nous trouvons ici pour faire quelques démarches auprès du Patriarche de Jerusalem, -- afin d'éboigner le moine Parthénios (le prêtre actuel) et pour faire revenir l'Archimandrite Procopios.
   L'Archevêque, étant aussi très mécontent de Parthénios -- la taché n'en devient que plus facile. -- Une circostance particulière rend le succès encore plus probable. -- Les Bulgares de Moustafa-Pach (dont il fut question dans les rapports NoNo 317 et 321, que j'ai eu l'honneur d'adresser à la Légation Impériale) sont assez contents des mésures definitives, prises par l'Archevêque dans leur démélé avec le Juif-créancier. -- Ils viennent de presenter à Son Emminence une pétition, qui n'est que l'expression légalisée, pour ainsi dire, de l'arrangement survenu entre eux, l'Archevêque et le Juif. -- Son Eminence n'a pas tardé de m'envoyer ce document dans l'espoir, que je le recommandrai bien à la Légation Impériale et que je ferai -- quelques démarches auprès de Vôtre Excellence pour demander un petit sacrifice pécuniaire, destiné à augmenter les revenus de l'église endettée de Moustafa-Pacha.
   Dans un long tête-à-tête, que j'ai eu avec le docteur Naïdenovitch, j'ai lâché d'inspirer cet homme influent, que le moment est très propice pour "se hater avec lenteur" selon la célèbre maxime de l'Empereur romain. -- Et comme il était de mon avis, n'opposent en général que des obstacles économiques pour toutes les entrepises à faire, je lui demandai: s'il ne veut pas que j'essaie d'utiliser les bonnes dispositions de l'Archevêque au profit des Bulgares?
   Le docteur me demanda le rappel de Procopios.
   A la suite de cet entretien, je suis allé chez Son Eminence et, sans lui promettre un succès, dont je ne puis repondre, j'acceptai la copie de la pétition de Moustafa-Pacha. -- Je lui fis en même temps comprendre, que si le Consulat prends sur soi la tâche d'intercéder en faveur des intérêts de l'Eglise, dont il s'est rendu garant, il faut, que de son côté il prenne en considération le désir naturel des Agents Consulaires de Russie d'entendre le service divin en bon Slave à l'Eglise du Metoch et de voir cette Eglise en état de pouvoir réjonir un coeur Orthodoxe. -- L'Archevêque consentit immédiatement à faire tout ce qu'il peut, pour qu'un écclésiastique plus digne que Parthénios et plus familier que lui avec le Slave nous fut ennvoyé.
   Je me suis abstenu, cela va sans dire, de montres à Son Eminence, que c'est le retour de Procopios que nous avonsens vue; -- mais Vous trouverez ci-jointe une lettre pour le Gérant du Consulat de Jerusalem. -- Cette lettre doit servir à réveiller l'activité de Procopius lui-même. Que ce dernier de son côté fasse quelques efforts, s'il le trouve bon pour la réussite d'un projet, qui, dit-on, ne peut que lui sourice. -- Je transmets cette lettre à cachet volant, pour que Vôtre Excellence ait la facilité de ne pas la diriger sur Jérusalem, si, par hasard, des considérations plus profondes et plus larges que les miennes, viennent s'opposer à la ligne de conduite, que je me suis tracé dans ce cas.
   Si ce plan réussit, le Consulat reconquérait tout ce que perd ordinairement un Consulat, dirigé temporairement par un employé, encore peu connu dans le pays.
   La copie de ce rapport sera soumise au Département Asiatique.
   Je profite en même temps de cette occasion pour me justifier de ce que je m'éloique un peu de l'usage généralement adapté, en m'abstenant de présenter pour le moment un mémoire sur l'état du pays. -- Mon arrivée récente et le nombre toujours croissant des affaires, dont ce Consulat est surchargé, peuveut, si je ne me trompe pas, me servir de moyens d'excuse; et j'ose, en outre, croire que dans mes rapports précédents et dans celui-ci j'ai fait mention de tout ce qui mérite tout soit-peu d'attirer la haute attention du Gouvemtment Impérial.
   J'ai l'honneur d'être avec un profond respect,

Mon Général,
de Votre Excellence,

   le très humble et très obéissant serviteur:

Léontiew

   P. S. -- (Le 15 Janvier). -- J'ai cru indispensable de profiter du recard de notre courrier pour annoncer à Votre Excellence, que M. Podhaïsky, l'instrument principal de la Propagande à Andrinople est venu un de ces jours chez un riche Ottoman, nommé Rifaat-Effendi pour proposer de lui acheter une maison, quece dernier possède au centre de la ville dans le Château fort. -- Les dimensions de cette vaste habitation font supposer qu'on plan non moins vaste est ruminé par cet homme persévérant et dangereux, -- qui ne perd pas son temps même sous un Consul aussi peu Catholique, que c'est M. Gûys. -- Je ne sais si l'on peut trouver quelque moyen d'opposition directe à une entreprise, qui ne s'est pas encore dessincé au grand jour; mais puisque on peut-être presque certain, que son caractère sera pédagogique, les moyens indirectes par voie de concurrence doivent, il me semble, être consultés. -- Le docteur Naïdenovitch est venu me voir plusieurs fois de suite -- et nous avons concerté avec plus de précision qu'auparavant le puojet du Gymnase, qu'il serait urgent d'opposer aux machination de M. Podhaïsky.
   Le docteur a fait un calcul approximatif, dont je joint ci-près la copie.
   Je n'ignore pas que M. Zoloterew et M. Guêrow penchaient tous le deux plutôt pour l'opinion, qui désigne Philippopoli comme une localité préfèriable pour la fondation de ce Gymnase Greco-Bulgare. -- Les motifs de cette préférence ont été exposés par le titulaire absent dans la lettre, qu'il avait adressé à Vôtre Excellence le 2 Juillet, 1864.
   Mais, en prenant en considération, d'un côté: la position favorable où se actuellement ce Consulat (non par ses propres forces; mais par la force des conditions extérieures) et d'un autre:
   l'opinion de M. Naïdenovitch, qui avance, que la communauté Orthodoxe de Philippopoli est plus éclairée, plus capable de lutter contre le Catholicisme avec ses propres moyens, -- je ne sais -- si j'ai le droit de ne pas énoncer mon opinion personnelle dans un conflit de circonstances semblables?
   Si le Gouvernement Impérial trouvait convernable d'employer annuellement pour ce Gymnase Greco-Bulgare 5 ou 6000 roubles) arg(ent.), en les détourment des sommes qu'il à la générosité de dépenser pour l'éducation de nos jounes conréligionnaires en Russie, c'est ici et non ailleurs que le moment est le plus proprie pour les diriger; surtout en vuè des entreprises menaèantes de M. Podhaïsky.
   M Naïdenovitch ajoute: que le Consulat de Russie pourrait toujours avoir un droit de contrôle secret sur la manière, dont la direction du Gymnase s'y prends pour dispenser la somme annuelle susmentionnée; que cette direction sera obligée de présenter chaque année ses comptes et que le Consul aura toujour l'оcil sur les progrès de l'école.
   Je pense aussi, qu'un petit gymnase de jeunes filles pourrait facilement être annexée avec le temps à cet établissement; un appartement éboigné de la même maison suffirait pour cela, sans que l'on ait besoin de faire de nouveaux frais pour le local et pour tous les objets, indispensables dans une école parfaitement séparée.
   C'est l'école central actuelle, qui doit servir de point de départ pour la transformation progressive, dont j'ai l'honneur de Vous entretenir.
   Je croirai avoir tout dit, si j'ajoute, que les primats Grecs d'Andrinople sont parfaitement du même avis, que les Bulgares dans cette question, qui les intéresse également.

Ut in litteris

   

ad No 81. 1865

A.
Dépenses annuelles.

   1. Profésseur de langue Slave 12 000 Ps
   1. -- " -- de -- " -- Grecque 12 000
   1 -- " -- de -- " -- Franèaise 12 000
   1 -- " -- de mathématique (et sciences naturelles). 12 000
   1 -- " -- d'histoire 18 000
   (NB. Ce traitement supérieur aux autres fut projeté par moi, car c'est de cette science, que peut dépendre surtout la direction des ésprits.) 1 Profésseur de théologie 6 000.
   1 -- " -- de langue turque 6 000.
   Total annuel -- 78 000
   

B.

   Dépenses préparatoires (une fois).
   Livres pour les enfants pauvres 20 000.
   Bibliothèque de l'école 20 000.
   Total 118 000 Piastres.
   

Перевод с французского

Совершенно секретно

   No 11. --

Адрианополь, 13 января, 1865

Господин Генерал!

   Новый Генерал-Губернатор Ариф-Паша желал бы, кажется, утвердиться с самого начала в отношениях более или менее дружеских с сотрудниками дипломатических представительств Европы. После того, как он пригласил их, -- что известно Вашему Превосходительству, -- в Сарай, в тот же вечер после своего прибытия, чтобы насладиться фейерверком, зажженным в его дворе, он принял их двумя днями позже с официальными визитами по всей форме и поспешил безотлагательно нанести ответные.
   Его манеры, физиогномика и первоначальные отношения предвещают добродушие Сулеймана, но с большей долей живости.
   Во время беседы, которую мы имели о некоторых наших текущих делах, он выразился почти следующим образом: "Если какая-либо трудность появляется между нами, -- пусть бумаги породят войну, мы же... мы останемся добрыми... друзьями!"
   Я надеюсь, что мои догадки (которые, впрочем, разделяются почти всеми, кто видел Ариф-Пашу), меня нисколько не обманут.
   Теперешняя позиция Консульства России весьма выигрышна; не только ради того, чтобы скорее устранить разногласия между нашими подданными, и турками и райями, но и чтобы продвинуть в форме равно искренней и сдержанной некоторые дела совершенно иного значения.
   Болгарская школа в Кереч-Хане открыта; в ней состоят уже около 20 учащихся; я воздерживался до сих пор от визита туда, чтобы не привлекать слишком рано недоброжелательное внимание католиков к интересу, испытываемому Консульством к этой новой примете жизни, которую являет православное болгарское население.
   Эта сдержанность продиктована мне в основном некоторыми признаками пробуждения, которые обнаруживает, со своей стороны, Пропаганда, довольно долго дремавшая. Колокол, который только что подняли в Униатской церкви в Кереч-Хане и крестной матерью которого, согласно католическому обычаю, была госпожа Гиз, супруга Консула Франции; прибытие большинства этих изваянных распятий, которые византийская традиция отвергает и которые священники-униаты собираются использовать, чтобы привить болгарам большую привычку к формам римского культа; две сестры милосердия, прибытия которых ожидали, говорят, из Филиппополя, чтобы основать здесь школу для девочек... Вот симптомы, которые, не будучи очень опасными, не позволяют возмутить умы просвещенных православных.
   Я воспользовался визитом, который мне нанес Архиепископ Кирилл, чтобы перевести ему отрывок из "Currier d'Orient", где с симпатией говорится о колоколе униатов и священниках-поляках, "которые посвятили себя образованию болгарской молодежи". Один из греческих старшин, который также находился в тот момент у меня, немедленно загорелся, и ему казалось, что мы всерьез намерены поднять православный колокол в Кереч-Хане в виде противовеса колоколу униатов. Я добавлю, что, к моему большому удовлетворению, я остался почти в тени в этом деле, так как глава британского Консульства, молодой человек весьма порывистый и неопытный, счел себя обязанным принять в этом активное и довольно явное участие. Возможно, под влиянием своего драгомана Хаджи-Кириаджи (который является одним из самых богатых, самых просвещенных и самых дружественных по отношению к российской политике греков), он пришел мне объявить эту новость о колоколе, -- новость для меня довольно старую, -- и поспешил нанести визит Архиепископу, чтобы ему пообещать свою поддержку в Порте в случае каких-либо затруднений.
   По-прежнему воздавая должное духу состязания, который православные заставляют признать в этом случае, и по-прежнему не желая отрицать, что впечатление, которое может быть произведено на бедное болгарское население Кереч-Хане успехом этого проекта, может послужить к усилению поводов для братства между греками и болгарами, -- я, признаться, весьма мало придаю значения всему этому, равно как и тому, что в дальнейшем это может повлечь