Герцен Александр Иванович
Письма 1850-1852 годов

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АКАДЕМИЯ НАУК СССР

ИНСТИТУТ МИРОВОЙ ЛИТЕРАТУРЫ им. А. М. ГОРЬКОГО

А. И. ГЕРЦЕН

СОБРАНИЕ СОЧИНЕНИЙ

В ТРИДЦАТИ ТОМАХ

ИЗДАТЕЛЬСТВО АКАДЕМИИ НАУК СССР

МОСКВА 1961

АКАДЕМИЯ НАУК СССР

ИНСТИТУТ МИРОВОЙ ЛИТЕРАТУРЫ им. А. М. ГОРЬКОГО

А. И. ГЕРЦЕН

ТОМ ДВАДЦАТЬ ЧЕТВЕРТЫЙ

ПИСЬМА

апрель 1850-декабрь 1852

ИЗДАТЕЛЬСТВО АКАДЕМИИ НАУК СССР

МОСКВА 1961

ПИСЬМА

апрель 1850-декабрь 1852

1850

1. В. ЛИНТОНУ

1 апреля (20 марта) 1850 г. Париж.

   1 avril 1850. Paris.
   Permettez-moi de vous féliciter sincèrement avec le commencement heureux du The Leader. J'ai reèu le 1 No et je vous remercie beaucoup, cher monsieur Linton, et encore plus pour votre lettre amicale du 25 mars.
   Il y a deux semaines je vous ai expédié ma brochure allemande par l'intermédiaire de M. Accoursy -- si vous la trouvez digne d'attention je serai charmé que vous en disiez un mot dans le journal.
   Je suis bien content que vous avez fait la connaissance de M. Bamberger. Son article sur l'Allemagne dans la Voix du Peuple a eu un très grand succès... Enhardi par votre accueil de mes recommandations, je prends la liberté de vous recommander le plus énergiquement le porteur de cette lettre Morice Hartmann -- ex-représentant de la diète de Francfort, poète et littérateur assez connu en Allemagne -- il peut être très utile à la rédaction par ses correspondances. -- J'envoie avec lui encore un exemp de ma brochure et d'un article que j'ai publié ici, que je vous prie d'accepter.
   Depuis que j'ai eu le plaisir de vous voir, la grande question de l'avenir est toute changée. La France se démocratise à vue d'œil, et les élections du 10 mars font une révolution entière. C'est très probable que le gouvernement appuyé sur les orléanistes et la bourse fasse encore un essai suprême de réaction, bien possible même qu'il aura le dessus. -- Mais à la longue il est perdu. Le changement complet de la religion politique de la petite bourgeoisie et l'attitude des soldats ne promet rien de bon pour le principe monarchique. L'Allemagne se prépare à une guerre, comme vous le savez, et à Berne les radicaux l'emportent.
   Il n'y a, monsieur, qu'un seul pays conservateur -- c'est l'Angleterre. Peut-être parce qu'elle a vraiment beaucoup à conserver.
   Les autres pays en Europe n'ont de choix qu'entre la révolution et le chaos d'une barbarie despotique sous la présidence du très gracieux Empereur de toutes les Russies et de quelques états allemands.
   Pardon, je m'entraîne au bavardage et vous fais perdre le temps. -- Je recommande encore une fois M. Hartmann à votre attention et prie de recevoir mes salutations fraternelles.
   Alexandre Herzen.
   Je ferai insérer dans la V<oix> du Peuple une annonce sympathique concernant votre journal et je vous enverrai dans quelques jours ma seconde brochure Briefe aus Italien und Frankreich.
   Dès que j'aurai quelque chose d'intéressant sur la Russie je m'engage de vous envoyer.
   Mon adresse est
   M. Al. Herzen.
   Confiée aux soins de Mrs de Rotschild frères
   à Paris.
   Il ne faut pas oublier, monsieur, que la poste franèaise a la bonté de décacheter les lettres adressées aux individus qui ont bien mérité de la police secrète.
   Перевод
   1 апреля 1850 г. Париж.
   Позвольте мне искренно поздравить вас со счастливым началом "Leader'a". Я получил первый номер и очень благодарю вас за него, дорогой господин Линтон, а еще больше -- за ваше дружеское письмо от 25 марта.
   Две недели тому назад я отправил вам свою немецкую брошюру через г. Аккурси, мне будет очень приятно, если вы найдете ее достойной внимания и уделите ей несколько слов в своей газете.
   Я очень рад, что вы познакомились с г. Бамбергером. Его статья о Германии в "Voix du Peuple" имела очень большой успех. Поощренный приемом, оказываемым моим рекомендациям, беру на себя смелость рекомендовать вам самым энергичным образом подателя этого письма Морица Гартмана. Бывший депутат франкфуртского собрания, поэт и литератор, довольно известный в Германии, он может быть очень полезен редакции своими корреспонденциями. Посылаю с ним еще экземпляр моей брошюры и статьи, опубликованной мною здесь, которые прошу вас принять.
   С тех пор как я имел удовольствие вас видеть, великий вопрос будущего совершенно изменился. Франция на глазах демократизуется, и выборы 10 марта несут полный переворот.
   Очень возможно, что правительство, опирающееся на орлеанистов и биржу, сделает еще последнюю попытку вернуть старое, возможно даже, что оно возьмет верх. Но в конце концов оно погибнет. Полнейшее изменение политической религии мелкой буржуазии и настроение солдат не предвещают ничего хорошего для монархического принципа. Германия, как вы знаете, готовится к войне, а в Берне побеждают радикалы.
   Существует, милостивый государь, лишь одна что-то еще охраняющая страна -- это Англия. Может быть, потому, что ей есть что сохранять. У других стран Европы нет иного выбора, как между революцией и хаосом деспотического варварства, под главенством всемилостивейшего императора всея России и некоторых немецких государств.
   Извините, что я увлекся болтовней и отнимаю у вас время. Еще раз рекомендую г. Гартмана вашему вниманию и прошу вас принять мое братское приветствие.
   Александр Герцен.
   Я помещу в "V du Peuple" сочувственное сообщение о вашей газете и пришлю вам через несколько дней свою вторую брошюру "Briefe aus Italien und Frankreich".
   Как только у меня будет что-нибудь интересное о России, обязуюсь вам это переслать.
   Мой адрес:
   г. Ал. Герцену.
   При содействии гг. братьев Ротшильд.
   Париж.
   Не следует забывать, милостивый государь, что французская почта любезно распечатывает письма, адресованные лицам, заслужившим особое внимание тайной полиции.

2. Г. ГЕРВЕГУ

2 апреля (21 марта) 1850 г. Париж.

   Le 2 avril.
   Eh bien, cher George tu es jurisconsulte par amitié et rabuliste pour nous -- merci, caro mio, mais c'est si étrange de te voir parler avec gravité (comme Crémieux) des affaires et de m-r Klutchareff.-- Je crois, au reste, omni casu, la réponse viendra bientôt.
   Rien de nouveau. Il y a encore une élection à Paris, on désigne Girardin. Le National consent à le nommer -- en général les choses vont d'une manière très satisfaisante -- au moins le vent est changé, ce n'est plus la tramontana.
   Une semaine après la réponse je, c'est-à-dire nous, quittons Paris. On persécute ici les Allemands derechef sans aucune cause; on les chasse par fournées.
   L'Odyssée est arrivée, je ne l'enverrai pas avant de la lire -- l'hexamètre est magnifique, c'est du grec tout bonnement. Un Russe peut tout faire -- écrire des livres allemands sans connaître la langue!!! et traduire l'Odyssée sans comprendre le grec!..
   Перевод
   2 апреля.
   Итак, дорогой Георг, ты юрисконсульт и крючкотвор из дружбы к нам -- спасибо, саrо mio, но так странно видеть, как ты с важностью (словно Кремье) рассуждаешь о делах и о господине Ключареве. -- Думаю, впрочем, что omni casu[1] ответ скоро придет.
   Ничего нового. В Париже готовятся еще к одним выборам, намечают Жирардена. "National" соглашается его выдвинуть -- в общем дела идут весьма удовлетворительно, по крайней мере ветер переменился, это уже не трамонтана.
   Через неделю после того, как придет ответ, я, т. е. мы, покидаем Париж. Здесь опять без всякой причины преследуют немцев, их выбрасывают целыми пачками.
   "Одиссея" прибыла, отошлю ее только когда прочту. Гекзаметр -- великолепен, это настоящая греческая речь. Русский человек все может: писать книги по-немецки, не зная языка!!! и переводить "Одиссею", не понимая по-гречески!..

3. Г. ГЕРВЕГУ

5 апреля (24 марта) 1850 г. Париж.

5 avril 1850.

   Tu prêches, cher Georges, un converti. Je ne me berce d'aucune espérance, oui, c'est la dissolution, le monde se désagrège, mais le principe désagrégeant a changé de caractère, et d'une fièvre lente il s'est développé en une phtisie galopante. -- Il y a quelque chose de triste et d'horrible dans ce spectacle de la mort triomphante. Tout se tient debout et a l'air fort, solide, mais dès qu'on y touche -- èa croule, les muscles n'existent pas, il n'y a que l'épiderme et les os.
   Des efforts convulsifs, des torrents de sang, par vengeance, dépit, désespoir -- tout cela peut arriver, -- mais le triomphe est impossible pour le vieillard comme au jour d'aujourd'hui pour l'enfant.
   C'est bien dommage que tu ne sois pas ici -- c'est un état de choses tout à fait nouveau. Le parti répub forme une force compacte qui se connaît et qui n'a pas de chefs. Tous les noms sont taris, il y a des hommes qui ont quelque influence, mais pas de meneurs, pas de chefs. La Montagne est méprisée, Girardin n'inspire pas beaucoup de conf, le National encore moins, Pr en prison. Comment se fait-il donc qu'il y ait unité, discipline -- c'est dans ce fait immense que je vois tout ce que les deux années ont produit de conduite et de tact dans les masses. Mais je citerai encore une fois Cromwell -- tout cela n'est que l'opposition, réaction contre la réaction, digue qui s'est élevée pour s'opposer à ce débordement de compression -- "tout cela sait ce qu'on ne veut pas" -- mais ne sait pas ce qu'on veut. -- Et c'est précisément la position de l'autre parti: les autres ne se sont jamais rendu compte ce qu'ils feront, l'autorité une fois sauvée, augmentée, multipliée -- n'est-ce pas le chaos! Je dirai franchement que ce spectacle m'occupe comme une tragédie, comme une collision qui se déroule avec complications, collisions terribles, mais à laquelle on ne prend pas de part active, autrement que par Wißbegierde, et par cet intérêt passionné que l'homme porte à tout ce qui est tragique, menaèant, orageux. Il y a encore un élément qui agace l'intérêt -- c'est que dans une position pareille l'on ne peut rien prévoir, l'imprévu y règne, comme rien n'est stable -- tout peut arriver et peut-être rien. Et c'est dans ces époques que l'individu se sent le plus libre -- et qu'on répète le vanitas vanitatum de tout ce qui paraissait sérieux. Mais enfin, c'est assez, je suis las de cette fièvre, et de l'autre, de la fièvre du billet.
   Dès que la réponse sera venue, je me déciderai à partir pour aller vous rejoindre, et pour passer au moins l'été -- tranquillement, perdu dans le montagnes ou dans la mer.
   Pense mûrement au projet du testament. Peut-être il serait plus raisonnable d'attendre la réponse, elle ne peut tarder à présent.
   Emma commence derechef à s'ennuyer ici, elle pourrait, je crois, partir avant nous, c'est même utile pour l'économie -- aller à Berne, au reste je ne comprends rien de ce que tu as contre Zurich, ce serait le point où nous nous trouverions pour nous en aller...
   Tourg part lundi, reste un mois à Berlin, et rentre ensuite à Péters; je ne voudrais pas être dans sa peau, même s'il n'avait pas une vessie enragée. L'hist d'Ogar reste toujours comme un nuage noir et pesant.
   Adieu, caro mio.
   P. S. Die Geschichte mit der Promenade war im Briefe von Mlle Ern.
   Parmi lec conjecturec concernant la lettre d'Og il me venait dans la tête celle-là: "Et si tout cela n'est qu'une roueris de la police pour provoquer une lettre de ma part, que ce n'est pas Og qui l'a écrite?"
   Pourquoi dépraves-tu les notions de Colà, je trouve que c'est faire le tout avoir confiance dans la nature et ne pas influencer Schibel vice versa, il[2]
   Перевод
   5 апреля 1850 г.
   Ты ломишься в открытую дверь, дорогой Георг. Я не убаюкиваю себя никакой надеждой -- да, это распад, мир разлагается, но характер разлагающего начала изменился, затяжная лихорадка превратилась в скоротечную чахотку. Есть что-то печальное и страшное в этом зрелище торжествующей смерти. Все еще держится и кажется крепким, прочным, но стоит только коснуться, и все рухнет -- мускулов нет, остались лишь кожа да кости.
   Судорожные усилия, потоки крови, вызванные местью, досада, отчаяние -- все это, может, и будет, но победа так же несбыточна для старца, как нынче для ребенка.
   Очень жаль, что тебя здесь нет -- положение дел теперь совершенно новое. Республиканская партия образует компактную, осознавшую себя силу, но у нее нет вождей. Все имена оскудели, есть люди, пользующиеся некоторым влиянием, но нет вожаков и нет вождей. Гора вызывает презрение, Жирарден не внушает особого доверия, "National" и того меньше, Прудон -- в тюрьме. Откуда же берется единство, дисциплина -- именно в этом огромном явлении я и вижу, какой выдержке и такту истекшие два года научили массы. Но я еще раз сошлюсь на Кромвеля -- все это не что иное, как оппозиция, реакция на реакцию, плотина, воздвигшаяся для того, чтобы стать преградой безудержному гнету -- "все они знают, чего не хотят", но не знают, чего хотят. -- Такова именно позиция другой стороны, но эти другие никогда не отдавали себе отчета, что стали бы они делать, если бы им удалось спасти, усилить и распространить власть -- ну, не хаос ли это? Скажу откровенно, что это зрелище занимает меня как трагедия, как коллизия, полная осложнений, полная страшных осложнений, но в которой сам активного участия не принимаешь, разве только из Wißbegierde[3] да из того страстного интереса, который человек проявляет ко всему трагическому, грозному, бурному. Есть
   еще один элемент, возбуждающий интерес: дело в том, что в подобных обстоятельствах нельзя ничего предвидеть, здесь царит непредвиденное, а раз ни в чем нет устойчивости, все может случиться, а может и ничего не случиться. Именно в такие эпохи личность чувствует себя свободнее, чем когда-либо, и люди твердят о vanitas vanitatum[4] всего, что казалось важным. Но хватит, я устал от этой лихорадки и от той -- билетной лихорадки.
   Как только получится ответ, я решусь, наконец, выехать, чтобы присоединиться к вам и провести хотя бы лето спокойно, затерявшись где-нибудь в горах или на море.
   Обдумай основательно проект завещания. Может быть, разумнее было бы подождать ответа, теперь он уже не должен задержаться.
   Эмма опять начинает здесь скучать; мне кажется, что она могла бы уехать и раньше нас; это было бы даже полезно в целях экономии -- отправиться в Берн; впрочем, я совершенно не понимаю, почему ты против Цюриха, он послужил бы местом нашей встречи, а оттуда мы бы двинулись дальше.
   Тургенев уезжает в понедельник, пробудет месяц в Берлине, затем вернется в Петербург. Я бы не желал быть в его шкуре, даже если б он и не страдал воспалением пузыря. Огаревская история -- по-прежнему как черная нависшая туча.
   Прощай, саrо mio.
   P. S. История с прогулкой была в письме м-ль Эрн.
   Среди предположений относительно огаревского письма мне пришло в голову и такое: "А вдруг это только полицейская проделка, имеющая целью подстрекнуть меня написать ответ, и писал письмо вовсе не Огарев?"
   Зачем ты извращаешь Колины понятия о вещах, я полагаю, что достаточно довериться природе и что не надо внушать Шибелю vice versa[5], он[6]

4. Г. ГЕРВЕГУ

8--10 апреля (27--29 марта) 1850 г. Париж.

   Cher Georges, la lettre de change de ma mère est parfaitement en ordre. Lorsque je parlais avec toi de cette affaire, elle n'était pas tout à fait terminée. Je crains que m-me Golochw ne voudra pas payer, alors la vente sera de 50 ou de 60 p 100. Mais pourtant on peut faire un essai. Mlle Ern peut écrire une lettre très simple à Klut que vous enverrez par le consul Wurtem, et faites envoyer la lettre de change
   ici (c'est à dire à Zurich). Moi j'en parlerai à Rotsch, s'il donne 85% je la lui cède. - Il faut te dire qu'il n'y a aucune possibilité de ne pas accepter la lettre de change, puisque Goloch a donné (le créancier) son consentem au transfert par écrit, après quoi il a signé la lettre de change - donc il n'y a pas de contestation possible. Tu vois qu'il y a un simulacre
  
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   de droit parce que la banque de Moscou a eu honte de dire qu'il y avait un interdit. Si vouz voulez attendre jusqu'à la réponse, j'écrirai de ma part aussi une longue lettre pour ce mons Klutch.
   L'Odyssée de Jouk pourtant est tombée dans mes yeux; en t'écrivant, j'avais dans la tête une page magnifique, mais en continuant la lecture Tourg et moi nous avons été frappés de la monotonie atroce de son vers. Figure-toi que le mètre ne varie jamais, se sont des dactyles -- 5 000 000 de dactyles, c'est pire que Briarée. -- Lamartine a fait représenter une mauvaise tragédie de sa confection -- chute complète; les seules traces qu'elle laissera, seront les taches noires sur le visage de Frédéric Lemaître.
   Le plan de l`avenir s'éclaircit et se simplifie. Tu sais la grrrande nouvelle de Gasser, cela sera vraiment par trop stupide de ne pas payer après cela, puisque la banque-même a donné une preuve à Rotsch que la demande est en règle. Pourtant je ne serai sûr que lorsque nous aurons reèu la dernière réponse. Tu sais aussi
   qu'elle ne peut être différée qu'au 13 av. Rien n'empêche donc notre départ vers la fin du mois. Nous nous réunirons à Zurich. Nous ne parlerons plus des tracasseries nerveuses du mois de janvier, parce que je suis à présent de ton avis qu'il y avait de l'irritation maladive aussi de ma part -- à présent je ne serais pas capable à te catiliniser et enphilippiquer de cette manière. Mettons une pierre tumulaire[7].
   Mais sais-tu que je crois que c'est très bon, au reste, que nous nous sommes entrecritiqués, nous connaissons à présent mieux nos caractères -- et ensuite il en reste toujours quelque vérité.

   Les circonstances sont brûlantes ici, on peut prévoir de grands malheurs, l'air est lourd -- très lourd. On se prépare je ne sais à quel coup. -- Fort, fort von hier. Mais il faut te dire que d'après tous les renseignements, Nice n'est pas un endroit trop bien choisi -- nous, en parlerons...
   Перевод
   Дорогой Георг, заемное письмо моей матери в полном порядке. Когда я говорил с тобой об этом деле, оно было еще не совсем закончено. Боюсь, что г-жа Голохвастова не захочет платить, тогда расчет будет произведен из 50 или 60%. Все же надо сделать попытку. М-ль Эрн может написать простое письмецо Ключареву, которое вы отправите через вюртембергского консула и попросите переслать заемное письмо сюда (т. е. в Цюрих). А я переговорю с Ротшильдом, -- если он даст 85%, я ему это письмо уступлю. -- Должен тебе сказать, что не принять к уплате заемное письмо нет ни малейшей возможности, потому что Голохвастов дал (кредитору) письменное согласие на перевод и тот подписал заемное письмо уже после этого, -- стало быть, опротестовать его невозможно. Как видишь, некое подобие законности все же существует -- ведь московский банк постеснялся сказать, что наложено запрещение. Если вы хотите дожидаться ответа, я с своей стороны напишу обстоятельное письмо для этого господина Ключарева.
   "Одиссея" Жуковского все же упала в моих глазах; когда я писал тебе, у меня из памяти не выходила одна великолепная страница, но, продолжая чтение, мы с Тургеневым были поражены ужасающим однообразием его стиха. Представь себе, что размер ни разу не меняется, сплошной дактиль -- 5 000 000 дактилей -- это хуже Бриарея. -- Ламартин позволил поставить плохую трагедию собственной стряпни -- полный провал; единственный след, который от нее останется, -- это черные пятна на лице Фредерика Леметра.
   План на будущее проясняется и упрощается. Тебе известна потрррясающая новость, сообщенная Гассером: было бы действительно слишком глупо после этого не заплатить, раз даже банк подтвердил Ротшильду, что иск законен. И все же я не буду уверен, пока не получим окончательного ответа. Тебе известно также, что его нельзя откладывать позднее 13 апреля. Итак, ничто не препятствует нашему отъезду в конце месяца. Мы съедемся в Цюрихе. О январских нервических спорах мы больше говорить не станем, ибо теперь я согласен с тобой, что и с моей стороны имело место болезненное раздражение. Теперь я уже не мог бы тебя так катилинизировать и филиппикировать. Положим надгробный камень.
   <Далее следует рисунок и записано:
   Здесь
   покоится
   воспоминание
   о
   братской грызне
   двух приятелей,
   изорвавших друг
   друга в клочья
   любя!
   Предупреждение
   Погребенные
   теряют eo ipso
   всякое право на
   воскрешение. Статья
   Карлье&А. Герцен.
   Sit tibi Clos Vougeot Levis!
   Выпей, viator - и продолжай свой путь! - Ред.>
   Впрочем, я думаю, это все же очень хорошо, что мы покритиковали друг друга: теперь мы лучше знаем наши характеры, а в итоге какая-то крупица истины всегда остается.

   Обстановка здесь накаленная, можно ожидать больших несчастий, воздух душный, очень душный. Все готовятся к какому-то удару. Fort, fort von hier[8]. Но надо тебе сказать, что, по наведенным справкам, Ницца не слишком удачно выбранное место; мы еще поговорим об этом...

5. Г. ГЕРВЕГУ

11 апреля (30 марта) 1850 г. Париж.

   11 avril 1850.
   Je suis, cher Georges, tout à fait comme une certaine partie de l'océan -- "pacifique" et tu n'es pas parvenu par ta lettre ni à m'irriter, ni à me forcer à répondre. Non bis in idem. Tes reproches concernant notre séjour de Paris me paraissent dans le genre comme si tu me disais: "Quel caractère volage, tu m'as dit toi-même que tu serais bienportant le 1 février et tu es encore plus malade -- le 1 avril. Quel entraînement pour les plaisirs de la maladie, peut-on se confier à ce que tu dis?" Je t'ai écrit un mot concernant Emma -- tu es d'un autre avis, moi je ne tiens pas au mien -- fiat voluntas tua.
   Concernant le testament, j'ai seulement observé que d'après des nouvelles que vous ne connaissiez pas encore, l'affaire ne tardera pas à être résolue -- et en cas de l'encaissement, il devient inutile. Je continue à avoir à présent des espérances; au reste, pourquoi pas, on peut faire; n'y a-t-il pas de possibilité (en Russie on le fait) de charger de l'exécution du testament la banque de Stuttgart en offrant une prime. De manière que ce serait la banque qui exigerait la somme d'une manière anonyme.-- On attend chez Rotsch la réponse aujourd'hui, et avant de mettre cette lettre à la poste, je passerai chez lui...
   La courte haleine et le petit diamètre du cerveau franèais se font jour. Tu as lu probablement le fatras de bêtises par lesquelles on a éloigné la candid de Girardin et Pr lui-même. Et la V<oix> du P<euple> qui commence à présent une lutte avec Girar après avoir été 6 saisie et ayant 4 procès sur le dos. Avec qui donc restera-t-elle alliée -- avec le National? La belle chose, c'est que l'autre partie est dix fois plus divisée, personne ne s'est <...>[9] plus -- politische Walpurgisnacht.
   La grande nouvelle de notre cercle c'est que Tourguén s'est complètement émancipé après le départ de m-me V; il ne parle plus de sa vessie, il va chez une garce du boulevard r Taitbout, il a une foi religieuse dans sa santé... et il boit avec l'ardeur d'un néophyte le bourgogne. Après cela j'attends tout, un concert donné par le roi de Prusse en faveur des réfugiés de Bade, l'empereur Nicolas perdant la Russie au lansquenet à Flocon, Carlier devenu rédacteur de la V<oix> du P<euple> et Proudhon devenant Bocquet. -- Il part samedi...
   На обороте: Егору Федоровичу.
   Перевод
   11 апреля 1850 г.
   Дорогой Георг, я совсем как та часть океана, где он именуется "тихим", и тебе не удалось ни разозлить меня твоим письмом, ни принудить к ответу. Non bis in idem[10]. Твои упреки относительно нашего пребывания в Париже мне кажутся в том же духе, как если бы ты сказал: "Что за ветреный характер, ты сам мне заявил, что 1 января будешь здоров, но уже 1 апреля, а ты еще сильнее заболел. Что за страсть находить удовольствие в болезни, можно ли после этого верить тому, что ты говоришь?" Я написал тебе несколько слов об Эмме, -- ты держишься другого мнения, но я готов отказаться от своего -- fiat voluntas tua[11].
   Что касается завещания, могу сказать только, что, судя по сведениям, которые до вас еще не дошли, дело вскоре будет решено -- и, в случае уплаты денег, оно становится ненужным. Я продолжаю надеяться; впрочем, можно будет его и сделать, почему бы нет? Нельзя ли (в России так делают) назначить душеприказчиком штутгартский банк, предложив ему за это вознаграждение? Таким образом деньги будут истребованы банком без обозначения владельца. У Ротшильда ждут ответа сегодня, и прежде чем отправить это письмо на почту, я зайду к нему.
   Ограниченность и малый диаметр французского мозга дают о себе знать. Ты, вероятно, читал тот ворох глупостей, посредством которых была отклонена кандидатура Жирардена и даже самого Прудона. А какова "V du P"! Она затевает теперь борьбу с Жирарденом, хотя была сама конфискована 6 раз и 4 раза отдана под суд. С кем же она теперь останется в союзе -- уж не с "National" ли? Но лучше всего, что противная сторона стала еще в десять раз разобщенней, никто <...>[12] больше -- politische Walpurgisnacht[13].
   В нашем кругу большая новость. -- Тургенев после отъезда г-жи В<иардо> совершенно эмансипировался. Он не говорит больше о своем пузыре, ходит к бульварной девке на улицу Taitbou, свято верит в собственное здоровье... и с рвением неофита пьет бургундское. После этого можно всего ожидать: и что король прусский устроит концерт в пользу баденских эмигрантов, и что император Николай проиграет Россию Флокону в ландскнехт, и что Карлье станет редактором "V du P", а Прудон превратится в Боке. Он уезжает в субботу.
   На обороте: Егору Федоровичу.

6. Л. И. ГААГ и Г. ГЕРВЕГУ

12 апреля (31 марта) 1850 г. Париж.

   Рукой Н. А. Герцен:
   Колютка просто делает невероятные успехи. Машенька, объясни ему мою радость и расцелуй, я ему "übermorgen"[14] напишу.
   Die Sache kann wieder in die Länge gezogen sein. Gasser schreibt vom 2. April, daß er doch nicht konnte d Geld einkassieren, da die Bank noch einmal gesagt hat, daß sie nicht alles nötige dazu hat. Er hat aber, wie er schreibt, an Orloff geschrieben -- man kann jeden Tag die Antwort warten, aber ob sie gut ist -- weiß der Teufel oder der liebe Gott.
   Wir schicken d Brasselett mit Georgs Sachen. -- Sie müssen mir eine Adresse schreiben, wohin ich einen Brief schicken kann im Falle, wenn die Antwort nach Ihrer Abreise kommen wird.
   Wenn es nicht gut geht, auf d Namen der Kinder d Testament zu machen -- so wählen Sie einen anderen, den Sie verpflichten werden, oder die Bank in Würt. Ubrigens, Georg wird Ihnen alles raten etc. -- Ohne seinen Rat machen Sie ja nichts, denn man kann leicht große Fehler begehen[15].
   Eh bien, Georgio furioso, voilà de rechef une pilule pour nous tous -- enfin tu penseras que je suis du complot avec la banque. -- Au reste, c'est vraiment dégoûtant, cette fluctuation de tous les jours.
   Je n'écrirai pas avant une réponse[16].
   Le 12 avril.
   На обороте: Madame Louise Haag.

7. Л. И. ГААГ и М. К. ЭРН

14 (2) апреля 1850 г. Париж.

   14 April 1850.
   Ich zitiere wörtlich, was Gasser schreibt -- "Ich habe heute mit einem Direktor der Bank gesprochen und habe gesagt, was ich für Instruktionen von Ihnen bekommen hatte. Er bat mich, noch einen Tag zu warten, da dieser Tag vorbeigegangen ist ohne Antwort, habe ich heute geschrieben, um die Sache weiter zu bringen". Das heißt, er hat geschrieben, daß Rot eine Entscheidung fordert, und das auf der Stelle. So ist die Frage. Nur der Kaiser kann abschlagen, und dann wird Rot noch weiter gehen und an Kisel schreiben. Lange wird es nicht dauern, vielleicht kommt die Antwort übermorgen. Bis dahin Erwartung.
   Ich bin, liebe Mutter, auch der Meinung, daß es nicht gut ist, dem Sacha so viel Geld auf einmal zu geben. Besser etwas zu schenken.
   D Brasselett habe ich gestern geschickt mit Georgs Sachen. Machen Sie hre Reise nach Würtemberg glucklich[17].
   Ну, уж билет, Марья Каспаровна, я даже просто устал от этих беспрерывных надежд и отчаяний. А Колю тоже рядить не советую... Пусть ходит себе в блузенке. Напишите, как он примет портреты, и да придет билет (последние молитвы мои).

8. Г. ГЕРВЕГУ

14 (2) апреля 1850 г. Париж.

   Рукой Н. А. Герцен:
   Paris. 14 avril.
   A peine j'ai le temps de lire bien votre lettre, cher besson, n l'a apportée si tard à cause de dimanche... Ah! vous vous imaginez que nous passons notre temps plus richement! Si vous appelez les grimaces de Chojecki, Tourguéneff étendu par terre et ronflant, la rage de faire les caricatures -- si vous appelez cela richesse -- soit! Si j'avais le courage de vous faire la description de nos jours et de nos soirées -- bientôt vous tomberiez à genoux
   en suppliant de laisser votre âme en paix[18]... И природа сама точно мачеха с нами -- потешит лучом и опять мрак, холод, дождь... мне хотелось бы так погулять хоть раз в деревне, подышать... нет, и на улицу выйти нельзя! Ничего не делается, не читается, не думается, банковый билет налег на все, как черная туча, и давит, давит... а когда разразится или когда прольется золотым дождем -- тогда мы цыганскую собаку и посох в руки... а пока мы точно цыгане в шалаше, дети шумят, Тата и Горас пляшут польку, Эмма поет польку и бьет такт, Александр насвистывает галоп, Саша кричит и кривляется, я -- устаю... пыль столбом... вот вам живая картина -- довольны? Ну, вперед не жалуйтесь, что пишу мало.
   А получили ли вы Лермонтова? Тург<енев> хочет нас и весь свет удивить исполнением наших комиссий, будет и Пушкин, и все будет!.. Ах, да! Ну, если правда, что амнистия? Готовы ли вы душой и телом в кибитку и вдоль дорожки столбовой?
   Ах ты степь моя,
   Степь раздольная...
   Поедемте отыскивать О<гарева> и Natalie.
   On dit, un instant encore -- et la lettre ne partira pas aujourd'hui... Adieu donc en attendant!
   Votre bessonne.[19]
   Eh bien, figure-toi que j'ai déjà terminé la lettre (que je n'ai pas commencée), alors tu ne t'étonneras pas que je t'embrasse et termine[20].

9. Г. ГЕРВЕГУ

16 (4) апреля 1850 г. Париж.

   Le 16 avril. Paris.
   Je suis maussade et plus irrité que triste, enfin cette histoire avec le billet me fait porter des chaînes et empêche chaque pas libre, anéantit tous mes projets, ne me donne pas cet élément de repos que je cherche.
   L'illégalité des procédés russes est criante -- c'est la spoliation in crudo -- et qui diable sait jusqu'où va l'énergie de Rotsch; ce que je crains le plus c'est une lettre confidentielle du ministre de la police à Rot qui lui expliquera l'affaire
   à sa manière, en le priant officieusement de la laisser tomber. Alors il ne restera que Wurtemberg; allez-y, faites tout ce qu'on peut inventer, serait-ce du superflu, il n'y a pas de mal. -- Concernant le testam, moi je ne peux pas être nommé héritier, si l'argent reste en Russie; j'ai perdu tous les droits là. Donc n'y pensez pas. Si l'argent est envoyé ici -- on peut tout faire ou rien ad libitum. -- Il faut donc un tiers (même celui de la place St. Georges qui n'est qu'un quart), ou les enfants, ou désigner, au moins, un tuteur et un exécuteur testamentaire. -- Assez.
   Partie des projets. J'irai à Nice dès que je pourrai, à Nice ou à Cannes, peut-être par la Suisse, peut-être par Genève ou tout droit. Cela dépend de la santé de Natalie -- donc prépare-toi et concerte-toi avec Emma. Je ne veux que du repos, du repos -- tout me dégoûte. Pr -- après avoir fait lui-même mille bêtises, le dernier temps écrit à un de ses amis: "Au diable l'espèce humaine, sauvons-nous dans l'ironie, allons jusqu'à la mort, l'ironie sur les lèvres".
   Partie littéraire. Le Lloyd dans le No 5 Apr<il> a eu l'extrême bonté de couvrir toi et moi d'un tas de bêtises très drôles, il dit que tu es tombé si bas que tu as écrit zéro dans la rubrique de la religion, et qu'un Jérémias sur les ruines des barricades a publié un livre d'un intérêt pathologique, on y voit comment la lecture de Ruge (!) et de Feuerbach a mis la confusion dans un cerveau russe. -- Mais le comble de la plaisanterie est par rapport à la lettre sur la R; il dit que cette lettre a été dédiée à Maz et ensuite à toi. L'auteur finit en disant à l'Allemagne: "Pauvre pays, blanchi dans la méditation, de pareils parvenus osent te faire des prédications". (Et ajoute: "Ein angeblicher russischer Baron A. H.").
   Partie humanitaire (scilicet bestiale). Personne n'a su qu'Eugène Sue serait tué par le conclave, on ne dira pas à présent que la démocratie est sangsue. -- Au reste, je t'assure, ce n'est ni la démocratie, ni la Louiscratie, ni l'Orléanocratie ou la 5%-nocratie ne sont ni vainqueurs ni vaincus -- c'est l'Acratie qui se pose sur le trône, et se noircit l'abdomen, parce que le trône a été grillé, place Bastille le 24 février. Depuis qu'on donne ici Toussaint l'Ouverture on ne craint plus la couleur noire, et Tourguéneff qui prospère encore dans les rues de Paris et ne part que samedi, cherche avec un zèle digne de tout éloge une négresse pour avoir une idée juste avant de partir pour la Russie blanche de la Toute sainte ouverture -- noire.
   Addio, caro mio.
   Hast du gehört, daß bei Rachel eine Feder gesprungen ist indem sie die Phèdre vorstellte?
   Il y a déjà plus d'une semaine que les Confess<ions> devaient être expédiées. Je demanderai demain. -- Briefe morgen.
   Перевод
   16 апреля. Париж.
   Я не в духе и больше зол, нежели опечален -- словом, это дело с билетом связало меня по рукам и ногам, мешает каждому моему шагу, разрушает все мои планы, не дает мне той доли покоя, которого я ищу.
   Беззаконие русских порядков просто вопиюще, это грабеж in crudo[21], и черт его знает, хватит ли у Ротшильда энергии; чего я больше всего боюсь, -- это конфиденциального письма министра полиции к Ротшильду, в котором он объяснит ему дело по-своему и полуофициальным образом попросит похоронить его. Тогда останется только Вюртемберг; поезжайте туда, сделайте все, что только можно придумать; пусть даже что-нибудь лишнее, беды в том не будет. Что до завещания, то меня нельзя указывать в качестве наследника, если деньги останутся в России; я потерял там все права. Стало быть, об этом вы и не помышляйте. Если деньги пришлют сюда, можно будет ad libitum[22] делать все, что хочешь, или ничего не делать. -- Нужно, следовательно, взять какое-то третье лицо (пусть даже то, с площади St. Georges, что составляет только четверть лица), или детей, или хотя бы назначить опекуна и душеприказчика. -- Ну, довольно.
   О планах. Поеду в Ниццу, как только смогу; в Ниццу или в Канн -- может, через Швейцарию, может, через Женеву или же прямо. Это зависит от состояния здоровья Натали; итак, приготовься и договорись с Эммой. Я хочу только покоя, только покоя, мне все опротивело. Прудон, после того как сам наделал тысячу глупостей, написал недавно одному из своих друзей: "К черту весь род людской, будем искать спасения в иронии, пройдем наш путь до гробовой доски с иронической улыбкой на устах".
   О литературе. "Lloyd" в номере от 5 апреля, по беспредельной доброте своей, высыпал на нас с тобой целый ворох невероятных нелепостей: он говорит, будто ты так низко пал, что проставил нуль в рубрике религии, и что некий Иеремия опубликовал на развалинах баррикад книгу, представляющую патологический интерес, ибо она отражает ту путаницу, которую внесло чтение Руге (!) и Фейербаха в русские мозги. -- Но самое смехотворное относится к письму о России; он утверждает, будто письмо это было посвящено Маццини, а затем тебе. Автор заканчивает обращением к Германии: "Бедная страна, поседевшая в размышлениях, и подобные проходимцы смеют
   предсказывать твою судьбу!" (Он добавляет: "Ein angeblicher russischer Baron A. H."[23])
   О человеческом (scilicet bestiale[24]). Никто не знал, что Эжен Сю будет сражен конклавом, и теперь без Эжена Сю уж не будут кричать, что демократия кровопийца. -- Впрочем, уверяю тебя, ни демократия, ни Луикратия, ни Орлеанократия, ни 5%-кратия не являются ни победителями, ни побежденными -- это Акратия, которая взобралась на трон и закоптила себе брюхо, так как трон был сожжен 24 февраля на площади Бастилии. С тех пор как здесь дают "Туссена Лувертюра", никто больше не боится черного цвета, а Тургенев, который все еще благоденствует на улицах Парижа и уезжает только в субботу, -- ищет с рвением, достойным всяческой похвалы, негритянку, чтобы до отъезда в белую Россию получить полное представление о черной пресвятой наготе.
   Addio, саrо mio.
   Hast du gehört, daß bei Rachel eine Feder gesprungen ist indem sie die Phèdre vorstellte?[25]
   Уже больше недели, как "Исповедь" должна была быть отослана. Завтра я справлюсь. -- Briefe morgen[26].

10. Г. ГЕРВЕГУ

17 (5) апреля 1850 г. Париж.

   Рукой Н. А. Герцен:
   17 ап<реля>.
   Не сбылись, мой друг, пророчества
   Пылкой юности моей,
   Горький жребий одиночества
   Мне сужден среди людей.
   Страшно дней не ведать радостных,
   Быть чужим среди своих;
   Но ужасней истин тягостных
   Быть сосудом с дней младых.
   Всюду встречи безотрадные,
   Ищешь, суетный -- людей,
   А встречаешь трупы хладные
   Иль бессмысленных детей.
   Рылеев.
   Un couplet manque, je m'en souviens pas[27].
   Рукой H. A. Герцен:
   Вот вам, друг мой, стихи, которые мне ужасно нравились еще с детства и которые я повторяла ребенком вместо веселых песенок. Творец их повешен.
   Воображаю, каково вам в Цюрихе... Утешаюсь тем, что и нам в Париже не лучше, хотя вы и думаете, что мы здесь как в раю. -- После долгого заключения я вышла вчера в Тюльери; деревья распустились, зелень упоительная, гуляющие несносны. Ребятишки были счастливы; Наташа преследует своей страстью Гораса; а знаете ли, он от вас не отстает, читает и пишет порядочно. Шакал, сверх сходства с шакалом, похож на Рашель, и все так же бесконечно мил, но мал, а ручки если хотите видеть -- вооружитесь микроскопом. Доктор велит его держать в Средиземном море, где, я думаю, мы скоро все поселимся. -- А пока -- я просто ума не приложу... вы говорите как будто это в нашей воле. -- Tâchez de profiter de Mselle Erne tant que vous pouvez pur commencer la traduction des vers de Pouchkine et Lerm quand nous serons ensemble. Vous savez Jacoby les attend[28]. Прощайте, дорогой мой ученик. Да подкрепят вас боги!
   Ваша всей душой
   N.

11. Г. ГЕРВЕГУ

19 (7) апреля 1850 г. Париж.

   Le 19 avril.
   Ça ne va plus,
   Ça ne va plus,
   Ça ne va plus comme autrefois!
   L'affaire s'entortille, tu peux savoir les détails par la lettre à ma mère et j'ai perdu mon latin; "haben Sie warten gelernt?" -- Le fait est qu'à présent sans perdre de temps faites vorte besogne à Stuttgart, n'oubliez pas de dire que l'argent a été envoyé de Mosc à Pétersb, donc qu'il faut s'adresser à la Banque de Péters et que le billet a été remis par Rotsch à Gasser. -- Il faut prendre les Wurtembourgeois par l'amour-propre, mais c'est du pillage, ce Weitling de Nicolas, vieux Cabet, communiste comme il n'y en a pas, Babœuf de la Néva...
   Finis l'affaire et va-t-en à Nice, je ferai tout mon possible pour pouvoir venir.
   Tu vois, dès que tu m'as écrit, la V<oix> du P<euple> s'est changée; aujourd'hui elle n'est pas rance et les 400 martyrs neptunisés la feront saisir, j'en suis sûr. Je te répèterai ce que j'ai écrit à Bamberger: "Es sind nicht die Russen die kommen, die Narren kommen, von allen Seiten, die Narren kommen -- alles wird unverständlich. Die Narren kommen, unsere Narren, die
   rotfarbigen Narren -- Juchei, Zaza, Hopassa... -- der Chaos, der Chaos" -- et ce n'est que l'esprit de vin (non pas divin) qui surnage.
   Lamartine part pour l'Orient, Thiers part pour je ne sais quelle contrée, -- Niemand ging aus, keiner ging aus, wer blieb zu Haus?..
   Je suis plus irrité que spirituel, quoique je ne comprenne rien, pourquoi veux-tu lire l'Evangile d'Ostromir, traduction slave Cyrilienne, très compréhensible, dans une langue (si je ne me trompe) bulgaro-slave?
   On a trouvé à Reims il y a une dizaine d'années un Evangile slave très ancien.
   Moi j'ai relu nouvellement l'histoire de l'insurrection de Pougatcheff par Pouchkine, c'est tellement caractéristique qu'on pourrait en faire un petit article (c'est bien dommage que Pouchkine ait été trop aristocrate avec tout son génie pour comprendre, et trop resserré par la censure pour tout dire). Sur chaque page on trouve des douceurs à la Marat dans le genre: "Arrivé dans la petite ville N. P a ordonné de pendre tous les officiers, tous les nobles, 20 prêtres, en déclarant le bas peuple et les paysans libres pour l'éternité". "...Et il traversa quatre provinces immenses et il était souverain autocratissime pendant quelques mois. "Moi, je suis un petit corbeau, -- disait-il à Panine, déjà garrotté et livré par ses amis, -- mais le vautour plane encore dans les airs, il viendra encore!"" -- Je suis curieux de savoir ce que le vautour fera, si cela n'était qu'un jeu d'enfant.
   Adieu. -- Pourquoi donc tu n'as pas reèu les Confess<ions>, on les envoyées au moins 10 jours, réclame-les... peste, jure et tonne!
   Les lettres ne sont pas encore env, je les enverrai demain. Tourg est encore ici, sa santé va de mieux en mieux, il nous avertit tous les jours qu'il part demain. Je crois même qu'il y a quelque relation mystique entre le f... billet et lui.
   Addio.
   Перевод
   19 апреля.
   Дело не идет на лад,
   Дело не идет на лад.
   Дело уж не идет на лад, как прежде!
   Дело запутывается. Подробности ты можешь узнать из письма к моей матери, а я уже перестал что-либо понимать; "haben Sie warten gelernt?"[29] Суть в том, что вам надобно, не теряя времени,
   закончить сейчас штутгартские хлопоты; не забудьте сказать, что деньги были пересланы из Москвы в Петербург, значит нужно обращаться в петербургский банк, а также что билет был передан Гассеру через Ротшильда. -- Надо сыграть на самолюбии вюртембержцев, помилуйте, да ведь это грабеж, Николай -- просто Вейтлинг, закоренелый Кабе, коммунист, каких мало, Бабёф с берегов Невы.
   Кончай дело и отправляйся в Ниццу. Я сделаю все, что в моих силах, чтобы приехать.
   Видишь, стоило тебе написать мне, как "V du P" изменилась; теперь она уже не прогорклая, и я уверен, что 400 нептунизированных мучеников приведут к ее запрещению. Повторяю тебе то, что писал Бамбергеру: "Не русские идут, а дураки идут, отовсюду идут, дураки идут -- все становится непонятным. Дураки идут, наши дураки, красной масти дураки -- ура! цаца, гопцаца... -- хаос, хаос!" -- и один только спиртной (а не святой) дух веет над всем. Ламартин уезжает на Восток, Тьер -- не знаю куда, "Niemand ging aus, keiner ging aus, wer blieb zu Haus?"
   Я скорее раздражен, чем остроумен, и пусть я ничего не понимаю, но почему ты хочешь читать Остромирово евангелие на болгаро-славянском языке (если не ошибаюсь), когда есть очень доступный славянский перевод, писанный кириллицей.
   В Реймсе, лет десять назад, нашли очень древнее славянское евангелие.
   Сам я недавно перечел историю пугачевского бунта Пушкина. Все это так характерно, что можно было бы об этом сделать статейку (очень жаль, что Пушкин, при всем своем гении, слишком аристократ, чтобы понимать, и слишком стеснен цензурой, чтобы высказаться до конца). На каждой странице находишь такого рода прелести в духе Марата: "Прибыв в городок N, П<угачев> велел повесить всех офицеров, всех дворян, 20 священников, объявив весь простой народ и крестьян свободными на вечные времена" "...И он прошел через четыре обширных губернии и в течение нескольких месяцев был самодержавнейшим властелином. "Я только вороненок, -- сказал он Панину, когда уж был связан и выдан своими друзьями, -- а ястреб-то еще летает в небе, он еще появится"". Любопытно бы знать, что же сделает ястреб, если это было только детской игрой.
   Прощай. -- Почему же ты не получил "Исповедь", ее отправили по меньшей мере 10 дней назад. Требуй ее... ругайся, бранись и грохочи!
   "Письма" еще не отправлены, я отправлю их завтра. Тургенев еще здесь, здоровье его все лучше и лучше. Он нас ежедневно
   предупреждает, что завтра уедет. Мне даже сдается, что существует какая-то мистическая связь между ним и проклятым билетом.
   Addio.

12. Г. ГЕРВЕГУ (приписка)

20 (8) апреля 1850 г. Париж.

   Julius-Veh-Curdius (Julvécurt vulganter) m'empêche de t'écrire que ce n'est pas Niederhuber, mais Ober-Laurer qui fait la cour à Emma. Et demain je t'écrirai qu'elle a pris pour te consoler une bonne... mais une bonne... Fichtre... probablement on fera un portrait.
   A l'instant même on annonce une nouvelle -- Proudhon est à Doullens!..
   Перевод
   Юлиус-Ве-Курдиус (Жюльвекур vulganter[30] не разрешает мне написать тебе, что за Эммой ухаживает не Нидергубер, а Обер-Лаурер. А завтра я сообщу тебе, что она, желая тебя утешить, наняла горничную, ну и горничную... Черт побери... с нее, верно, напишут портрет.
   Сию секунду объявили новость -- Прудон в Дуллансе!..

13. Г. ГЕРВЕГУ

21 (9) апреля 1850 г. Париж.

   21 April.
   La manie des portraits, qui a envahi notre maison continue, Tata fait des portraits de Horace, ma femme -- de Darimon, ta femme -- de ma femme, Tourguéneff -- de tout le monde. Sacha fait des portraits dans le style Byzantin, ta femme dans le genre d'Andrea del Sarto. Moi à force de poser je deviendrai marquis Posa. Figure-toi que cette épidémie de reproduction des traits a tellement absorbé les honorables artistes qui'il y a deux jours qu'Emma ne m'a rien dit concernant son départ, ses projets et n'a pas pesté et juré contre le sort, les dieux et les démons...
   Hier on a donné aux Variétés La petite Fadette, estropiée d'une manière ridicule; Sylvinet exclu, Landry -- polichinellisé, et avec tout cela la pièce est meilleure que tout ce qu'on donne. Le rôle de Fadette est beau, et bien joué par une m-selle Thillier. Nun und was sagen Sie, Ew. Hochwohlg von der Geschichte mit Pr?
   Voilà, саrо mio, où en est l'humanité depuis Galilée et le Galiléen. --Tout va à une crise à laquelle je n'en sais rien, töricht auf Besserung der Toren zu harren... Chaque jour donne l'avis salutaire de fuir les hommes agglomérés en troupeau; déportons-nous nous-mêmes puisque la déportation est à la mode... et voilà qu'on vous attache des boulets aux pieds (ou, pour être moins métaphorique -- des billets). Maudite affaire! Je n'entrevois plus de solution prochaine. Faites l'impossible à Wurtemb.
   Ta femme pour mettre à une épreuve rude ta vertu, a pris une bonne agée de 18 ans, de la hauteur de Kapp, fraîche et belle -- lorsqu'elle a eu la bonté de me la montrer, j'ai dit d'un air recueilli et pieux: "Et non inducas in tentationem".
   Dis à ma mère qu'il n'y a rien de nouveau de Pétersb. Jusqu'à présent Rot a tout fait, mais je ne voudrais pas le mettre à l'épreuve (pas même avec la bonne).
   Golovine m'écrit une lettre, dans laquelle entre autres il y a cette ligne remarquable: "La femme de Pulsky est enceinte".
   Bamberger s'est rasé, s'occupe chez un banquier, et me conseille dans un moment de tristesse de lire l'article que Golov a écrit concernant mon ouvrage pour la Revue Kolatchek.
   Je t'embrasse. Tu sais que Constantin a perdu sa moitié, 1/2 Constantin, moi je m'attends aussi à n'apporter qu'une 1/2 à Nice.
   Adieu.
   Рукой H. A. Герцен:
   Je vous embrasse de tout mon coeur pour votre fête, et voilà tout!
   Natalie.
   Перевод
   21 апреля.
   Портретная мания, овладевшая нашим домом, не проходит. Тата пишет портреты Гораса, моя жена -- Даримона, твоя жена -- портрет моей жены, Тургенев -- портреты всех. Саша пишет в византийском стиле, твоя жена -- в манере Андреа дель Сарто. Я же столько позирую, что скоро превращусь в маркиза Позу. Представь себе, эта изобразительная эпидемия настолько захватила почтенных художников, что вот уже два дня, как Эмма ничего не говорит мне о своем отъезде, о своих планах, не бранится и не проклинает судьбу, богов и злых духов.
   Вчера в "Варьете" давали "Маленькую Фадетту", искалеченную самым дурацким образом; Сильвине изгнан, Ландри ополишинелен, и все же это лучшая пьеса из того, что сейчас дают.
   Роль Фадетты прекрасна, и мадмуазель Тийе хорошо ее сыграла. Nun und was sagen Sie, Ew. Hochwohlg von der Geschichte mit Pr[31].
   Bот, caro mio, до чего дошло человечество со времен Галилея и Галилеянина. Все идет к какому-то кризису, к какому -- не знаю, töricht auf Besserung der Toren zu harren...[32] Каждый день приносит нам спасительный совет бежать от людей, сбившихся в стадо, отправим же сами себя в ссылку, поскольку ссылать сейчас в моде... Но тут нам привязывают к ногам гири (а выражаясь менее метафорично -- билеты)... Проклятое дело! Я уж не жду скорого решения вопроса. Сделайте в Вюртемберге невозможное.
   Чтобы подвергнуть суровому испытанию твою добродетель, твоя жена взяла восемнадцатилетнюю служанку, ростом с Каппа, свеженькую и хорошенькую. Когда же она мне любезно ее показала, я с серьезным и благочестивым видом сказал: "Et non inducas in tentationem"[33].
   Скажи маменьке, что из Петербурга ничего нового нет.
   До сих пор Ротшильд делал все, что от него зависело, но я не хотел бы подвергать его испытанию (даже со служанкой).
   Головин прислал мне письмо, в котором, между прочим, есть такая замечательная строка: "Жена Пульского беременна".
   Бамбергер обрился, служит у какого-то банкира и советует мне в грустную минуту прочесть статью, которую Головин написал о моем сочинении для журнала Колачека.
   Обнимаю тебя. Ты знаешь, что Константин потерял половину себя -- 1/2 Константина, а я тоже готовлюсь привезти в Ниццу только 1/2 себя.
   Прощай.
   Рукой Н. А. Герцен:
   От всего сердца обнимаю вас, ради дня вашего ангела, вот и все.
   Натали.

14. Г. ГЕРВЕГУ

23--24 (11--12) апреля 1850 г. Париж.

   Le 23 avril.
   Donc c'est ta fête aujourd'hui, -- j'ai invité en qualité de Vice-George les dames chez les Provenèaux -- mon toast sera: "A la réunion à Nice". Oui, à Nice, à Nice. Nous y tiendrons à
   deux un conseil œcum<én>ique de Nicée. Tata représentera Arius, et Horace -- Pélasgius.
   Quelle lassitude, cher ami, quelle lassitude je sens, tu ne peux t'imaginer. Je m'accuse de faiblesse, d'inconséquence et pourtant on a beau mépriser les hommes, on a des yeux, on a un cœur.
   Rien de nouveau, rien de surprenant -- mais aussi lorsqu'on frappe quelqu'un par une massue, il n'y a rien d'étonnant mais cela fait mal. Je suis abreuvé des infamies que je vois tous les jours et je serais à Charenton à force de tristesse sans les mauvais calembours, que je fais pour moi plus que pour les autres... nous sommes près d'un commencement ou de la fin.
   Et cette maudite affaire du billet, qui me tient esclave. Rot n'entreprend rien avant d'avoir une réponse cathégorique, il a répété à G de l'exiger. L'autre répond qu'il ne peut rien ajouter à ses demandes. J'attends à présent ce que vous m'écrirez de Wurtemb -- seulement surveille bien et conseille tout ce qu'il faut à ma mère.
   Tous les enfants ont déjeuné chez Emma et ont reèu une portion "de viande et de vin" -- comme on dit dans les journaux russes après l'inspection de l'armée par l'emp -- c'est à dire du Moët, plus qu'on ne leur donne. Tu vois donc que rien n'a été omis à la solennité du 23 avril. Je brûle aussi de soif -- sais-tu que je bois peu de vin, encore moins d'eau-de-vie, je désire conserver le côté droit de mon corps plus longtemps que le pauvre Constantin. Et j'en ai besoin aujourd'hui -- non pas du côté droit mais de Richebourg pour me monter à la hauteur du festival. Et voilà tout -- demain encore. C'est une lettre provisoire.
   24 av.
   Tu me forces à me justifier comme devant un procureur. Et pourtant tu connais toutes les circonstances. De quoi es-tu mécontent? Où fallait-il aller? Quand?
   Récapitulons, si cela te plaît. J'arrive à Paris et j'attends une réponse pour le 1 février, je reèois une réponse qui dit que la banque a différé de 28 jours. Passent 40 jours -- point de réponse. Alors j'ai demandé une entrevue avec Rot, j'ai insisté sur la nécessité d'écrire à Gas d'une manière énergique, il a écrit le 16 mars -- le 6 avril est venue une réponse. Vous, comme moi, nous étions trompés en attendant (comme l'écrivait Gas) une réponse définitive dans une semaine. Au lieu de cette réponse arrive une lettre où il dit qu'il y aurait une réponse en tout cas, mais que la décision peut encore traîner des mois. Cette réponse est arrivée la semaine dernière.
   Que devais-je donc faire: retourner à Zurich, aller à Nice... à Cadix... à Genève -- mais est-ce que vous avez choisi quelque
   chose; lorsque moi je conseillais à Emma d'aller s'installer, tu lui écrivais de se tenir tranquillement à Paris.
   Vous doutiez des démarches de Rotsch parce que vous ne saviez l'affaire que par mes lettres, moi j'ai pu avoir d'autres certitudes en lisant les réponses. Peut-être cela n'était pas nécessaire -- moi je crois le contraire. Je pousserai encore l'affaire en cas de refus...
   Ensuite retournons, tanto poco, la question: Zurich n'est pas plus loin de Paris que Paris de Zurich, tu pourrais parfaitement passer ici un mois, deux même... pourquoi cette idée si simple ne te venait pas dans la tête, financièrement cela aurait moins coûté que le voyage d'Emma à Zurich. Je crois que tu ne l'as pas fait, parce que tout le monde s'est trompé sur la question du temps que durerait l'affaire. Toute cette sagesse est retrospective, et je propose d'accuser le fatum, l'organisation sociale... et de laisser les incriminations des personnes...
   Je ne changerai rien à mes dernières décisions, j'attends ici une réponse -- bonne ou mauvaise, je quitte en 10 jours, après l'avoir reèue, Paris et j'irai droit à Nice. -- Ou s'il y a quelque empêchement -- à Cannes, S-Tropez -- même peut-être en Suisse -- comme pis aller.
   Рукой H. A. Герцен:
   J'ai voulu vous faire la description, comment nous avons passé le jour de votre fête -- mais je vois qu'elle est faite par votre besson, donc à la bessonne il ne reste qu'à ajouter le soir -- nous sommes allés par une averse dîner au restaurant, tout de suite après le dîner on m'a couchée, j'ai dormi jusqu'à 11 1/2, puis on m'a réveillée et nous sommes allés à la maison -- n'est-ce pas, c'est interessant? "Tu l'as voulu, Georges!" Oui, mon cher Georges, en vérité vous êtes quelquefois comme un enfant, c'est bien, mais ne soyez pas un enfant trop capricieux, cela me fait tant de peine! -- Moi aussi je suis bête et je veux vous ménager aujourd'hui! A rivederci!
   N.
   Horace lit admirablement bien le russe et avec passion.
   Et quand je pense que nous pourrions non seulement dîner chez les <Frères> P<rovenèaux> trois fois ensemble, mais dîner tous les jours ensemble hôtel Mirabeau pendant ces trois mois?!?!?!
   На обороте рукой Герцена: Егору Васильевичу Грозному.
   Перевод
   23 апреля.
   Итак, сегодня день твоего ангела. В качестве вице-Георга я пригласил дам к Провансальцам. Я подниму бокал "за встречу в Ницце". Да, в Ницце, в Ницце! Там мы откроем вдвоем Никейский вселенский собор. Тата будет представлять Ария, а Горас -- Пеласгия.
   Как я устал, дорогой друг, какую усталость я чувствую, ты не можешь себе и представить. Обвиняю себя в слабости,
   непоследовательности, но сколько ни презирай людей, а есть же у тебя глаза, есть сердце.
   Ничего нового, ничего из ряда вон выходящего, но если кого-нибудь ударят дубиной, в этом тоже нет ничего удивительного, однако это больно. Я по горло сыт подлостями, которые изо дня в день вижу, и попал бы от тоски в Шарантон, если бы не мои плохие каламбуры, которые я сочиняю больше для себя, нежели для других. Мы близки к началу либо к концу.
   А тут еще проклятое дело с билетом, превратившее меня в раба. Ротшильд ничего не предпримет, пока не получит решительный ответ; он вторично предложил Г<ассеру> потребовать его. Тот ответил, что ему нечего добавить к своим ходатайствам. Теперь я жду от вас вестей из Вюртемберга -- только следи хорошенько за всем и подавай необходимые советы моей матери.
   Все дети завтракали у Эммы и получили порцию "мяса и вина" -- как пишут в русских газетах после инспектирования армии императором, т. е. им налили моэта больше, чем обычно. Как видишь, ничего не было упущено для придания торжественности 23 апреля. Меня тоже мучит жажда -- знаешь ли, что я пью очень мало вина, а еще меньше -- водки, я желаю сохранить свой правый бок дольше, чем бедняга Константин. Но сегодня мне нужен не правый бок, а ришбургское, чтобы быть на высоте празднества. Вот и все. Завтра напишу еще. А это письмо -- предварительное.
   24 апреля.
   Ты заставляешь меня оправдываться, как перед прокурором. Но ведь тебе известны все обстоятельства. Чем ты недоволен? Куда нужно было ехать? Когда?
   Повторим вкратце, если тебе угодно. Я приезжаю в Париж и жду ответа к 1 февраля. Получаю ответ, в котором говорится, что банк отсрочил решение на 28 дней. Проходят 40 дней -- никакого ответа. Тогда я попросил свидания с Ротшильдом, я настаивал на необходимости написать внушительно Гассеру -- он написал 16 марта, 6 апреля пришел ответ. И вы, и я, и все мы ошиблись, ожидая окончательного ответа через неделю (как писал Гассер). Вместо этого ответа пришло письмо, в котором он пишет, что ответ будет во всяком случае, но решение может затянуться еще на месяцы. Этот ответ пришел на той неделе.
   Что же я должен был делать: возвратиться в Цюрих, ехать в Ниццу... в Кадикс... в Женеву -- но разве вы сами на чем-нибудь остановились? Когда я советовал Эмме ехать устраиваться, ты ей писал, чтоб она спокойно сидела в Париже.
   Вы сомневались в успехе шагов, предпринятых Ротшильдом, потому что знали о деле только по моим письмам, сам же я мог и не иметь таких сомнений, читая ответы. Может быть,
   в этом не было необходимости, но я думаю обратное. В случае отказа я не брошу дела...
   А теперь поставим вопрос tanto росо[34] иначе: Цюрих не дальше от Парижа, чем Париж от Цюриха; ты мог бы прекрасно провести здесь месяц, даже два... почему столь простая мысль не пришла тебе в голову? Это обошлось бы дешевле, чем поездка Эммы в Цюрих. Думаю, что ты не сделал этого, ибо никто не знал, долго ли продлится дело. Но легко быть мудрым задним числом, поэтому предлагаю осуждать судьбу, социальное устройство... и не заниматься обвинением личностей...
   Я ни в чем не изменю своих последних решений. Я дождусь здесь ответа, хорошего или плохого, и через десять дней после его получения покину Париж и поеду прямо в Ниццу. Либо, если возникнут какие-либо затруднения, в Канн, Сен-Тропез, а на худой конец -- даже в Швейцарию.
   Рукой Н. А. Герцен:
   Хотела описать вам, как мы провели день вашего ангела, но вижу, что это сделано вашим близнецом, значит, близнецу женского рода остается только добавить о вечере. Под проливным дождем мы пошли обедать в ресторан, сразу же после обеда меня уложили, я спала до половины 12-го, затем меня разбудили, и мы пошли домой, -- интересно, не правда ли? "Ты этого хотел, Жорж". Право же, милый Георг, иногда вы просто как ребенок, пусть так, но не будьте слишком капризным ребенком, меня это очень огорчает. -- А я тоже глупа и хочу сегодня пощадить вас. A rivederci[35].
   H.
   Горас превосходно и с увлечением читает по-русски.
   Подумать только, ведь мы могли бы не только три раза пообедать вместе у "Братьев Провансальцев", а могли бы обедать вместе ежедневно в Hôtel Mirabeau в течение целых трех месяцев?!?!?!
   На обороте рукой Герцена: Егору Васильевичу Грозному.

15. И. ЯКОБИ

24 (12) апреля 1850 г. Париж.

   Paris. 24 avril 1850.
   Voilà, cher monsieur Jacoby, une occasion que je ne veux pas faire passer sans me rappeler à vos souvenirs, sans vous dire franchement et de tout mon cœur que je vous aime et vous estime.
   Depuis votre départ de Genève beaucoup de choses se sont accomplies, mais le fond est toujours le même -- réaction féroce, démocratie stupide. Oui, c'est la mort d'une forme sociale, tout dégénère, tout tombe. Depuis le mois de décembre je suis à Paris; plus je vois d'hommes, plus je m'approche des partis -- plus je reste seul, plus je m'éloigne.
   C'est le temps où l'individu doit briser son cœur, ou tous liens qui l'attachent à ses contemporains. Sauvons <-nous> nous mêmes au lieu de vouloir sauver le monde. Ce qui se prépare ici c'est difficile à dire, ou un despotisme dégradant, ou le communisme pas moins arbitraire. De tous les côtés Borniertheit, petitesse et violence.
   Je ne reste ici que pour mes affaires. On m'a séquestré mes biens en Russie, je travaille pour sauver les beaux restes. Vous pouvez m'aider d'une manière très efficace en me procurant quelque moyen d'envoyer deux ou trois lettres (d'affaires et non de politique) à Moscou sans qu'on les ouvre. Ecrivez-moi un mot concernant cela, adressez la lettre à Paris "aux soins de Mrs les frères de Rotschild". -- Si on pouvait arranger l'affaire dont j'ai parlé avec le porteur de cette lettre, Mr Kapp (frère de Kapp qui a été instituteur de mon fils et qui est à présent à New York) -- le jeune homme va à Memel en qualité de commis d'une librairie, voilà une occasion magnifique pour envoyer des livres en Russie. La propagande est la seule chose qui me reste, aidez-moi en cela.
   Je vous envoie 2 ex de mes deux brochures et ma réponse à Donoso Cortès. Vous pouvez, si vous le désirez, avoir encore quelques exempl Vom andern Ufer. -- Je prépare la continuation.
   Les lettres de l'Italie sont bien mal traduites; je les ai dictées à Kapp, et nous n'avons pas eu les épreuves, Kapp a été un excellent citoyen, mais il avait un style peu goûtable pour tout homme qui ne soit Westphalien.
   Donnez votre main, cher monsieur Jacoby, écrivez-moi, vous me consolerez beaucoup, lorsqu'on se rencontre dans le désert et on peut maintenir les relations individuelles. Ma femme vous salue amicalement, elle a outre cela prié Kapp de vous dire combien nous nous souvenons avec sympathie de la courte rencontre au bord du Léman. -- Mazzini regrette beaucoup de ne pas vous avoir rencontré -- il m'en a parlé plus d'une fois. A propos, je tremble pour Mazz; il me semble qu'encore un pas et il restera non pas en avant comme il a été toujours -- mais en arrière. Il pense que les choses sont encore éternellement les mêmes comme du temps des frères Bandiera. Noble individualité[36], mais pas progressive.
   Vous savez que Proudhon a été envoyé dans la prison de Doullens. -- Quel progrès depuis Galilée.
   Les boulevards sont couverts de mouchards et de sergents de ville qui font la chasse aux journaux; le soir à 9 h. on traîne de pauvres femmes, on jette par terre les boutiques portatives --
   et on se demande quelle est donc cette ville barbare. L'exaspération est grande -- mais on laisse faire.
   Après avoir terminé mes affaires, j'irai à Nice. Je suis rompu, fatigué, dégoûté -- on peut beaucoup travailler mais il faut avoir devant soi un but, une espérance, il faut avoir une foi quelconque!

   A l'instant même je reèois un ordre de quitter la France. -- Vive la liberté!
   Ecrivez toujours à l'adresse de Rotschild. Salut fraternel.
   A. Herzen.
   Перевод
   Париж. 24 апреля 1850 г.
   Вот, дорогой г. Якоби, случай, которого я не хочу упустить, чтобы не напомнить вам о себе и не сказать искренно, от всего сердца, что я вас люблю и уважаю.
   Со времени вашего отъезда из Женевы произошло много событий, но в сущности все осталось по-прежнему: все та же свирепая реакция, все та же тупая демократия. Да, это смерть социальной формации: все вырождается, все падает. С декабря я в Париже, и чем больше узнаю людей, чем ближе сталкиваюсь с партиями -- тем больше чувствую себя одиноким, тем больше отдаляюсь.
   Мы переживаем время, когда человек должен разбить свое сердце или порвать все узы, связывающие его с современниками. Лучше самим спастись, нежели пытаться спасти весь мир. Трудно сказать, что готовится здесь -- позорный деспотизм или не менее самоуправный коммунизм. Со всех сторон -- Borniertheit[37], низость и насилие.
   Меня держат здесь только мои дела. На мое имущество в России наложено запрещение -- я стараюсь спасти хотя бы остатки. Вы оказали бы мне весьма существенную помощь, если бы предоставили мне возможность отправить в Москву два-три письма (деловых, а не политических) так, чтобы они дошли нераспечатанными. Напишите мне словечко об этом; письмо адресуйте в Париж: "на попечение гг. братьев Ротшильд". Нельзя ли устроить дело, о котором я говорил с подателем настоящего письма г. Каппом (это брат того Каппа, который был учителем моего сына, а теперь в Нью-Йорке), -- молодой человек едет в Мемель в качестве доверенного одного книжного магазина, это был бы великолепный случай послать книги в Россию. Пропаганда -- единственное дело, которое мне остается; помогите мне в этом.
   Посылаю вам по 2 экземпляра двух своих брошюр и ответ Донозо Кортесу. Вы можете получить, если хотите, еще несколько экземпляров "С того берега". Я готовлю продолжение.
   "Письма из Италии" переведены довольно плохо; я диктовал их Каппу, и мы не получали корректур. Капп был прекрасным гражданином, но стиль его мало приемлем для невестфальца.
   Дайте вашу руку, дорогой г. Якоби, напишите мне; это большое утешение, когда встретишь человека в пустыне и можешь поддерживать личные отношения.
   Жена дружески кланяется вам; она просила Каппа еще передать вам, с каким сочувствием оба мы вспоминаем нашу короткую встречу на берегу Лемана. -- Маццини очень сожалеет, что не встретился с вами, -- он это повторял мне несколько раз. Кстати, я опасаюсь за Маццини: мне кажется, что еще шаг -- и он очутится не впереди, как был всегда, а позади. Он думает, что положение останется вечно таким же, как во времена братьев Бандиера. Личность благородная <1 нрзб.>, но непрогрессирующая.
   Вы знаете, что Прудон был отправлен в Дулланскую тюрьму. Какой прогресс со времен Галилея!
   Бульвары кишат шпионами и полицейскими, которые устраивают облавы на газеты; в 9 часов вечера хватают бедных женщин, валят на землю киоски -- вот и спрашиваешь себя, не варварский ли это город? Раздражение чрезвычайно велико, но никто не противодействует.
   Закончив свои дела, я поеду в Ниццу. Я чувствую себя разбитым, усталым, все мне опротивело -- можно много работать, но надо иметь перед собой какую-то цель, надежду, надо во что-то верить.

   В эту самую минуту получаю приказ покинуть Францию. -- Да здравствует свобода!
   Пишите все-таки по адресу Ротшильдов. Братский привет.
   А. Герцен.

16. Г. ГЕРВЕГУ

28 (16) апреля 1850 г. Париж.

   28 avr.
   Ta dernière lettre a été charmante, mais je ne suis pas disposé à t'égaler aujourd'hui. Oui, tu as raison, si ce n'est pas le mari, с'est la femme... et peut-être tu m'inculperas à présent de la maladie de ma femme, qu'Emma a pris pour une petite indisposition et que je voyais profondément grave.
   -- Et bien, tendez le cou tendez le cou, les fourches Caudines de la vie! Allez, faites des plans, Océanie, Lisbonne, l'Oc<éan>
   pacifique!.. Halte-la... et finis-en avec un malheureux catarrhe. Je ne prévois pas encore de possibilité pas même pour le 15 mai de partir -- c'est-à-dire ensemble.
   Перевод
   28 апреля.
   Твое последнее письмо было очаровательно, но я не расположен сегодня соревноваться с тобой. Да, ты прав: если не муж, то жена... и может быть, ты обвинишь меня теперь в болезни моей жены, -- болезни, которую Эмма приняла за легкое недомогание и которую я считал весьма серьезной.
   Что ж, надо гнуть выю, гнуть выю -- вот они, Кавдинские фуркулы жизни! Подите, стройте планы: Океания, Лиссабон, Тихий океан!.. Стоп... разделайтесь-ка сначала с несчастным катаром. Не предвижу возможности уехать даже 15 мая -- т. е. вместе.

17. Г. ГЕРВЕГУ

30 (18) апреля 1850 г. Париж.

   30 April.
   Tu sais le résultat des élections. "Was wird -- das wird" -- sagt ein russisches Sprichwort. Je suis tout à fait sous la pression de la maladie de Nat, enfin cela dépasse toutes les bornes -- un refroidissement de rien qui se développe, se développe jusqu'à une maladie qui fait diablement souffrir. -- Non, la vie est stupide; on se débat, se démène -- et ce n'est que la chimie organique qui est le fatum et décide...
   Rots a écrit à Kis, mais il ne veut pas qu'on en parle. L'affaire aurait été bien enterrée si je n'étais à Paris.
   J'ai reèu aujourd'hui une lettre de Hoffmann & Campe pleine de compliments, il m'écrit qu'il m'envoie une critique (que je n'ai pas reèue) ironique qui a été écrite pour tromper les réactionnaires et qu'il trouve charmante. Il me parle d'un Hauenschildt qui a aussi écrit quelque chose -- qui est ce monsieur avec un nom de famille iroquois? Il parle d'une seconde édition qui doit paraître dans deux mois. -- La préface, s'il vous plaît. La critique est in <den> Brockhaus Blättern für Liter<arische> Unterhaltung et une autre de Hauensch -- mais je n'ai rien reèu...
   Je serai enchanté de faire prendre des leèons à Alexandre chez Vogt, c'est mon idéal de le pousser vers les sciences naturelles. Mais tâche de savoir s'il est suffisant 100 francs par mois (je compte qu'il faut avoir encore un maître de la langue franèaise)
   et je voudrais savoir si cela lui va. Avant la terminaison de l'histoire du billet je ne peux disposer que de 22 000 par an.
   Concernant le microscope c'est difficile à dire; si Og est en exil, il fallait le lui envoyer tout de suite, attends encore quelques jours. J'attends toujours le voyageur russe qui doit nous apporter des lettres.
   Le gouvernement est tellement abattu qu'il prend Abattu-Chi pour ministre, et Persigny pour fils de Baroche. О secolo incapace! Point d'érection, point d'éjaculation. Et la lettre de Pr à Carlier. -- Non, il n'y a pas de nature entière, nou sommes tous, tutti quanti, touchés par la corruption. Je le sens au fond de mon âme.
   Es lebe der Tod!
   Tout le monde est enrhumé par le froid et moi par Hoffmann & Campe.
   На обороте: Егору Федоровичу.
   Перевод
   30 апреля.
   Тебе известны результаты выборов. "Was wird -- das wird" -- sagt ein russisches Sprichwort[38]. Я совершенно подавлен болезнью Натали, это, наконец, переходит все границы, -- пустяковая простуда, все развиваясь и развиваясь, превращается в болезнь, причиняющую ужасные страдания. -- Нет, жизнь глупа, мы бьемся, надрываемся, но ведь одна только органическая химия и есть судьба и решает все.
   Ротшильд написал Киселеву, но он не хочет, чтобы об этом говорили. Дело уже давно предали бы забвению, если бы меня не было в Париже.
   Сегодня я получил от Гофмана и Кампе письмо, полное комплиментов. Он пишет, что посылает мне критическую статью (которую я не получил), написанную в ироническом тоне, дабы обмануть реакционеров, и что сам он находит ее прелестной. Упоминает о каком-то Хауеншильде, который тоже что-то написал, -- кто этот господин с ирокезской фамилией? Упоминает о втором издании, которое должно появиться через два месяца. -- Дай же, пожалуйста, предисловие. Критическая статья помещена в брокгаузовских "Blätter für Liter Unterhaltung", а другая -- Хауеншильда, но я ничего не получал.
   Я буду очень рад, если Александр начнет брать уроки у Фогта, ведь это моя мечта -- направить его в сторону естественных наук. Постарайся же узнать, будет ли достаточно 100 франков в месяц (я считаю, что, кроме того, нужен учитель
   французского языка), мне хотелось бы знать, устраивает ли его это. Пока история с билетом не кончится, я могу располагать только 22 000 в год.
   Насчет микроскопа трудно что-либо сказать; если Огарев в ссылке, ему нужно было бы переслать его немедленно; повремени еще несколько дней. Я все жду человека из России, который должен привезти нам письма.
   Правительство так пришиблено, что оно берет Аббату-Чи в министры, а Персиньи в сыновья Бароша. О secolo incapace![39] -- ни эрекции, ни эякуляции! А письмо Прудона к Карлье. -- Нет, цельных натур больше не существует, все мы, tutti quanti[40], тронуты разложением.
   Es lebe der Tod![41]
   Все простужены из-за холода, а я из-за Гофмана и Кампе.
   На обороте: Егору Федоровичу.

18. Г. ГЕРВЕГУ

4--5 мая (22--23 апреля) 1850 г. Париж.

   4 mai.
   Il у a bien longtemps que je n'ai pas écrit, et la cause en est que par coquetterie je ne me montre à mes amis que lorsque je suis aimable, spirituel, intéressant... eh bien, ces trois jours je n'étais ni l'un ni l'autre. La maladie de Natalie m'a attristé. Les horreurs que je vois tous les jours m'irritent d'une manière stérile. Tu sais qu'Edmond est expulsé et qu'il reste ici pour quelque temps à condition de ne rien faire. Tu sais la chasse aux porteurs de journaux qui chaque jour se renouvelle -- et se termine par une victoire complète des Carlovingiens... Corpo di Bacco, lorsqu'on sait qu'il n'y a pas de ville plus civilisée que Paris, pas de peuple meilleur, -- lorsqu'on pense que partout ailleurs cela va plus mal encore, on devient stupéfait, crétin, idiot... idiot jusqu'au point d'aller voir Alexis le magnétisé...
   L'affaire du départ reste comme elle était -- si je ne parviens pas à avoir un visa pour Nice, j'irai par Genève.
   Il y a de bonnes nouvelles concernant l'affaire, elles consistent dans un mémoire de la banque tout en faveur du remboursement.
   J'ai reèu une lettre de Bamberger, c'est un homme de beaucoup d'énergie spirituelle, sa lettre est charmante; entre autres il me cite ce texte: "Tristitia est animi imperfectio" -- et m'engage de me moquer de tout; je n'avais pas besoin d'une invitation pour cela, et j'ai écrit un petit article Omnia mea mecum porto qui
   te plaira, j'en suis certain. -- Edmond veut aller en Egypte. Je tâche de sauver tanto poco du cautionnement.
   J'ai un mal de tête féroce. -- Adieu, caro mio, au revoir, le temps approche où enfin nous nous reposerons ensemble. Je t'embrasse.
   Pr est au secret à Doullens, même sa femme ne pouvait le voir qu'un instant sous la surveillance d'un gardien.
   5 mai.
   Hier à cause de la fête les lettres ne partirent point. J'ajoua quelques mots. Tes prédictions s'accomplissent, ma femme ve mieux, mais Tata est malade... Commence à crier et à pester -- moi je me résigne. L'homme ne peut être calme et tranquilleque lorsqu'il est tout seul -- chaque complication de la vie par les relations les plus intimes porte des moments de bonheur et des éternités d'amertume, de crainte, de déchirements de cœur -- c'est alors que tout chancelle dans l'homme-même, il perd le centre de gravité. Et -- voilà notre existence. Tu t'abuses jusqu'à présent en pensant diriger ta vie en souverain. Tu ne feras rien, caro mio.
   La lettre de Pr serait très stupide, mais il y a pourtant des causes atténuantes. Il faut te dire que l'autre le flattait, faisait avec lui des dissertations sur le conservatisme et la révolution, lui faisait diverses petites douceurs. -- Mais je ne l'excuse pas. Ma lettre te plairait plus, c'est la simplicité d'une addition.
   Je te tzaluiu i obnimaiu.
   Je crois à la possibilité de viser ici -- ce qui est de beaucoup mieux. Pour toi -- autre chose, tu es Suisse, mais un Russe visé à Genève, passeport suisse -- trop compliqué.
   Внизу листа: Егору Федоровичу.
   Перевод
   4 мая.
   Я уже очень давно не писал, а все потому, что из кокетства я показываюсь своим друзьям только тогда, когда я любезен, остроумен, интересен... а эти три дня я не был ни тем, ни другим. Меня огорчала болезнь Натали. Ужасы, которые я вижу ежедневно, вызывают во мне какое-то бесполезное раздражение. Ты знаешь, что Эдмона высылают и что он остается здесь еще на некоторое время при условии ничем не заниматься. Ты знаешь, что охота на продавцов газет возобновляется изо дня в день -- и неизменно заканчивается полной победой Карловингов... А как подумаешь, corpo di Bacco[42], что нет города
   более цивилизованного, чем Париж, нет лучше народа, -- представишь себе, что повсюду в других местах дело обстоит еще хуже, просто цепенеешь, становишься кретином, идиотом... идиотом до такой степени, что идешь смотреть магнетизированного Алексиса...
   С отъездом все остается по-прежнему -- если не добьюсь визы для Ниццы, поеду через Женеву.
   Есть хорошие новости о деле, а именно -- докладная записка банка, полностью поддерживающая выплату.
   Я получил письмо от Бамбергера. Это человек очень деятельного ума, его письмо прекрасно; между прочим, он мне процитировал слова "Tristitia est animi imperfectio"[43] и посоветовал ничего не принимать всерьез; об этом меня не надо было просить, и я написал небольшую статью "Omnia mea mecum porto", которая, я уверен, тебе понравится. Эдмон собирается ехать в Египет. Я стараюсь спасти tanto росо[44] из залога.
   У меня ужасная головная боль. Прощай, саro mio, до свидания. Уже близко то время, когда мы, наконец, вместе отдохнем. Обнимаю тебя.
   Прудон в одиночном заключении в Дулланской тюрьме, даже жене удалось только на минуту повидать его, и то в присутствии надзирателя.
   5 мая.
   Вчера по случаю праздника письма не были отправлены. Добавляю несколько слов. Твои предсказания сбываются -- моей жене лучше, но заболела Тата. -- Начинай же кричать и ругаться, а я покоряюсь неизбежности. Человеку можно оставаться спокойным и безмятежным лишь тогда, когда он совсем одинок; даже самые близкие отношения осложняют жизнь, несут с собой минуты счастья и целую вечность огорчений, опасений, сердечных мук -- и тогда-то в самом человеке все и начинает колебаться, он теряет равновесие. И таково наше бытие. Ты и по сей день пребываешь в заблуждении, думая, что можешь самовластно управлять своей жизнью. Тебе это не удается, саrо mio.
   Письмо Прудона может показаться весьма глупым, но есть все же смягчающие обстоятельства. Нужно сказать, что тот льстил ему, разглагольствовал с ним о консерватизме и революции, осыпал различными любезностями. -- Но я его не извиняю. Мое письмо тебе больше понравится -- оно просто, как правило сложения.
   Целую и обнимаю тебя.
   Я думаю, что визу можно получить здесь, и это гораздо
   лучше. Тебе -- другое дело, ты швейцарец, а русскому получить визу в Женеве, швейцарский паспорт -- слишком сложно.
   Внизу листа: Егору Федоровичу.

19. Г. ГЕРВЕГУ

7 мая (25 апреля) 1850 г. Париж.

   7 mai.
   Et encore une fois: "Oggi о mai". -- Lorsque je t'écrivais ces mots, il y a près de deux mois, j'avais raison, et deux victoires ont décidé pour l'"oggi". Mais ce n'est pas tout; je ne sais quel démon de destruction pousse ces hommes à brouiller les cartes de plus en plus, à toucher à la poudrière avec une allumette. La position est encore plus critique au jour d'aujourd'hui... et je n'ai ni espérance, ni désespoir, ni confiance, ni crainte. -- Voilà à quoi on arrive étant spectateur impartial, c'est-à-dire presque impersonnel.
   A Nice, à Nice... Si on ne me tracasse plus, je partirai vers le 1 juin, si on me tracasse j'irai seul et par Genève, attendu que l'autre se propose de rechef de me suissiser, et alors peut-être je quitterai Paris le 18. -- Ma femme ne peut se mettre en route, Tata est malade, aussi je les laisserai sous la protection de Horace, l'homme le plus posé des trois membres de ta famille.
   L'affaire du billet amer -- va bien. Il paraît qu'on veut ignorer les dispositions antérieures et plutôt payer que motiver...
   Рукой H. A. Герцен:
   Demain part chez vous, cher ami, Сорока-воровка, Крупов et quelques Записки охотника que vous ne comprendrez pas si facilement que le reste, cela ne fait rien, bientôt nous pourrons lire ensemble et je vous expliquerai. -- En attendant je soigne d'autres enfants malades, je mouche l'un, je donne de la tisane à l'autre. Tata avait une fièvre très forte cette nuit. Tout le monde tousse, Emma, moi -- joli concert; Alexandre est désolé, il se sauve au théâtre et puis la conscience le tourmente, il se reproche trop de distractions... Quand donc nous courrons tous comme des enfants dans les champs! Il me semble que nous sommes tous dans l'état de chrysalide et que nous deviendrons tous des papillons!..
   A vous, papillon in spe.
   На обороте: Егору Васильевичу.
   Перевод
   7 мая.
   Еще раз: "Oggi о mai". -- Около двух месяцев назад, когда я написал тебе в первый раз эти слова, я был прав, и две победы решили в пользу "oggi". Но это еще не все; не знаю, какой дух разрушения толкает этих людей как можно больше спутывать
   карты, подносить спичку к пороховнице. Сегодня положение стало еще более критическим... а у меня ни надежды, ни отчаяния, ни доверия, ни страха. -- Вот до чего можно дойти, оставаясь безучастным, т. е. почти безличным зрителем.
   В Ниццу, в Ниццу... Если меня не будут больше беспокоить, я выеду около 1 июня, если же будут, я поеду один и через Женеву ввиду того, что тот опять намеревается меня ошвейцарить; тогда, возможно, я покину Париж 18-го. -- Жене моей нельзя ехать, Тата больна, я их оставлю под защитой Гораса, самого положительного человека из трех членов твоего семейства.
   Дело с горьким билетом идет хорошо. По-видимому, предпочитают пренебречь распоряжениями, сделанными ранее, и оплатить его, а не обосновывать отказ...
   Рукой Н. А. Герцен:
   Завтра отправляются к вам, дорогой друг, "Сорока-воровка", "Крупов" и несколько рассказов из "Записок охотника", понять которые вам будет не так легко, как остальное, но это неважно; скоро мы сумеем их читать вместе, и я вам все объясню. А пока я ухаживаю за другими больными детьми -- вытираю нос одному, даю лекарство другому. У Таты был этой ночью сильный жар. Все кашляют, Эмма, я -- чудный концерт; Александр расстроен, он удирает в театр, а после его мучает совесть, он корит себя за то, что слишком много развлекается... Когда же будем мы бегать, как дети, на воле? Мне кажется, что все мы сейчас находимся в стадии куколок и должны превратиться в бабочек!
   Ваша бабочка in spe[45].
   На обороте: Егору Васильевичу.

20. Г. ГЕРВЕГУ

12 мая (30 апреля) 1850 г. Париж.

   Le 12 mai.
   Ne me fais pas de reproche, cher Georges, sur le laconisme de mes lettres, les matériaux ne manquent pas, ni le désir -- mais il y a beaucoup de choses qui empêchent. Outre le dégoût que je sens d'écrire dans un pays où le secret des lettres n'est pas respecté, j'ai un dégoût profond de tout ce que je vois. Cette agitation stérile dessèche l'âme.
   Je quitterai Paris dans quelques jours... eh bien, quel est le résultat acquis de ces 5 mois? Un mépris encore plus profond pour les uns et pour les autres; il faut travailler à se rendre maître même de ce mépris -- j'y parviendrai. Il y a pourtant une chose qui me blesse profondément. La lutte qui se produit à présent est nécessaire, mais la forme dégoûtante, lâche, offensante, crapuleuse
   appartient aux lutteurs et non à la lutte. C'est là que je vois la mort, la putréfaction. Prendre part est impossible, mais il est encore moins possible d'être là, voir, sentir et ne pas être indigné, outragé. -- Un peu de repos, un peu de légalité, et on pourrait bien exister au moins. "Mais c'est un temps de guerre". -- Oui, j'ai entendu tout cela cent fois, mais il y a des duels et un pugilat, un duel et un assassinat. Moi je ne peux me battre qu'en duel, c'est le dernier reste d'aristocratisme, je voudrais qu'on ait des égards pour moi en me frappant; j'accepterai un malheur -- mais non un soufflet. Eh bien, voilà ce qui manque complètement aux parties opposées, elles ne sont pas gentlemanlike -- en vérité je regrette quelquefois la vieille noblesse avec ses préjugés stupides, mais avec leur dignité qui craignait tout ce qui est impur; la bourgeoisie a apporté d'autres mœurs basées sur l'addition, eh bien, comme on met de l'eau dans du vin, pour le vendre, c'est ainsi qu'on dénonce, qu'on s'avilit -- pour avoir un avantage. -- Je t'assure que quelquefois je deviens malade en lisant l'Assemblée N<ationale> et confrère -- ce ne sont pas leurs provocations qui me font frémir, non, c'est le cynisme de la bassesse, c'est ce luxe d'ignominie. Eh bien, cela appartient à nos générations; as-tu lu les feuilles d'une histoire de 1814 publiée par la V<oix> du P<euple>? -- admire là ce luxe dont je parle, admire les maréchaux et Cnie, Napoléon, le type d'un bourg couronné, il a su donner une éducation à cette génération -- que nous admirons jusqu'à présent.
   Si tu veux savoir ce qui se passe ici, je te conseille entre autres de lire les correspondances de l'Indépendance Belge. Moi je ne vois absolument personne (et ne veux voir personne), j'arrange mes affaires et me prépare au voyage. Dans l'Ind<épendance> donc on racontait qu'en cas d'émeute on s'en ira à Versailles, et si cela prenait un caractère sérieux qu'on bombarderait Paris par les forts. -- Dieu veuille que Louis-Philippe ait encore cette consolation pour ses vieux jours, de voir l'usage de ces forts -- élevés par lui, Thiers et le National. Tu as vu dans la Presse le nombre de soldats -- mais cela ne viendra pas même jusqu'à une émeute, -- au moins sans des provocations directes.
   Tu persistes dans ton rôle d'une petite maîtresse qui boude -- la constance est bonne, mais c'est dommage que tu l'appliques à moi. Emma m'a demandé ce que j'ai écrit contre Nice à ma mère, et que tu en es fâché -- fâché probablement contre Carlier, l'empereur Nicolas, la réaction etc., etc. Mais qui donc te dit que Nice est la ville la plus libre du monde, c'était bien simple d'y aller sans être expulsé d'ici, mais à présent il faut donc sonder le terrain (ce que je fais aussi), il faut outre cela s'arranger avec le passeport. Tout se fait -- mais aussi tout peut échouer, -- peut-être, -- mais il ne faut pas en parler -- c'est trop nerveux, je parle de tout.
   On insinue dans un journal que nous autres nous sommes des agents russes -- comme ils sont stupides pourtant, les Franèais. Le même journal -- Ligue des Peuples par un imbécile de Carpentier -- imprime le testament de Pierre le Grand, je t'envoie le commencement -- quelle prévision! -- Je crois que l'accusation a été dirigée contre Sasonoff. -- Il leur faut peut-être la tête de Bakounine pour comprendre qu'on peut être Russe, homme libre -- sans être espion. Canailles!
   J'ai lu le discours de Kinkel. Eh bien -- trouve-moi ici une voix pareille, et des jurés qui acquittent après cela. -- Kinkel acquitté et Cernuschi accusé pour la seconde fois -- voilà l'Allemagne d'aujourd'hui et la France. Je demande de quelle ville d'Allemagne m'aurait-on expulsé, moi, ne me mêlant en rien à la politique du jour, ne connaissant aucun club. Tu me demandes pourquoi je n'ai pas demandé la cause ou vu le dossier -- je ne le voulais pas. Ils ont un droit sauvage, ils en usent - ce que je voulais moi c'est de rester encore pour arranger les affaires. Je ne veux pas leur donner l'occasion de justifier une mesure oppressive...
   Addio. -- La santé de ma femme va beaucoup mieux, vers le 25 nous nous mettons en voiture, peut-être si on ne le permet pas, autrement le 18. Tata va mieux, Horace tout à fait bien.
   Je ne veux pas vendre ma maison de Paris. Le locataire m'a payé pourtant jusqu'au 1 janvier et promet de payer encore avant mon départ un terme. Tu en as ri et pourtant c'est un placement qui n'est pas tout à fait mauvais -- lorsqu'on ne pense pas au bombardement -- cela donne 5%.
   La naturalisation d'Edmond a été cassée par le Conseil d'Etat.
   Рукой H. A. Герцен:
   Comme s'il y a déjà tellement, tellement longtemps que la bessonnière ne vous a pas écrit? Je n'écris plus autant qu'avant, parce que je suis impatiente de parler avec vous, et que j'espère de le faire bientôt. -- J'ai oublié que c'est dimanche aujourd'hui et qu'il faut commencer plus tôt si l'on veut écrire davantage. Cela me fit de la peine que ce n'est pas au milieu de nous que vous avez passé le 10. -- Demain je vous écrirai, je tâcherai d'écrire plus. J'y étais bien disposée tantôt -- mais on m'a distraite, fâchée, et je suis devenue abominable, je ne veux pas me présenter telle devant vous, mon cher besson. -- Donc adieu, jusqu'à un meilleur moment...
   N.
   На обороте: Егору Васильевичу.
   Перевод
   12 мая.
   Не упрекай меня, дорогой Георг, за лаконизм моих писем -- ни в материалах, ни в желании нет недостатка, но есть многое, что мешает. Не говоря уж об отвращении, которое я испытываю
   к писанию писем, находясь в стране, где не уважается их тайна, у меня глубокое отвращение и ко всему, что вижу вокруг. Такое бесплодное возбуждение иссушает душу.
   Через несколько дней я покину Париж... Итак, каков же результат этих 5 месяцев? Еще более глубокое презрение и к той и к другой стороне, надо научиться владеть даже самым этим чувством презрения -- и я этого добьюсь. Одно все же глубоко меня задевает: завязавшаяся борьба необходима, но отвратительная, подлая, оскорбительная, грязная форма ее определяется не борьбой, а борющимися. Вот здесь-то я и вижу смерть, гниение. Принимать в этом участие невозможно, но еще менее возможно присутствовать, видеть, чувствовать и не быть возмущенным, оскорбленным. -- Немножко бы спокойствия, немножко законности, и можно было бы по крайней мере существовать. "Но время-то сейчас военное". -- Все это я слышал, конечно, сотни раз, но есть дуэль и кулачный бой, дуэль и убийство. Сам я могу драться только на дуэли, это единственный остаток аристократизма. Я желал бы, чтоб, нанося мне удары, соблюдали учтивость, я могу примириться с несчастьем, но не с пощечиной. А именно этого-то и не хватает враждующим сторонам. Они ведут себя не gentlemenlike[46]; по правде говоря, я иной раз жалею о старом дворянстве с его глупыми предрассудками, но и его чувством собственного достоинства, которое чуждалось всего нечистоплотного; буржуазия принесла новые нравы, опирающиеся на расчет, -- так вот, подобно тому, как вино разбавляют водой, чтобы его продать, точно так же доносят и унижаются из-за барыша. Уверяю тебя, что иной раз я просто заболеваю, читая "L'Assemblée N" и иже с нею, -- не подстрекательства их приводят меня в содрогание, о нет, но этот цинизм низости, это торжество бесчестия. Так вот, это уж принадлежит нашим поколениям. Читал ли ты страницы из истории 1814 года, опубликованные B"V du P"? Там ты можешь полюбоваться на это торжество, о котором я говорю, на маршалов и К°, на Наполеона -- этот образец коронованного буржуа, сумевшего воспитать поколение, которым мы любуемся и по сей день.
   Если ты хочешь знать, что здесь творится, советую тебе, между прочим, читать корреспонденции "Indépendance Belge". Сам я решительно никого не вижу (и не хочу никого видеть), улаживаю свои дела и готовлюсь к поездке. Итак, в "Ind<épendance>" говорилось, что в случае мятежа решено перебраться в Версаль и, если дело примет серьезный оборот, -- подвергнуть Париж бомбардировке с фортов. -- Дай бог Луи-Филиппу сподобиться на старости лет еще и этого утешения -- увидеть в
   действии форты, воздвигнутые им, Тьером и "National". Ты видел в "Presse" сообщение о численности солдат, но дело не дойдет даже и до мятежа, по крайней мере без прямых провокаций.
   Ты упорно не хочешь расстаться с ролью надувшейся любовницы, постоянство -- дело хорошее, но жаль, что ты проявляешь его по отношению ко мне. Эмма спрашивала, что я писал моей матери против Ниццы, и говорит, будто ты за это сердит -- сердит, вероятно, на Карлье, на императора Николая, на реакцию, и т. д., и т. д. Но с чего ты взял, что Ницца -- самый свободный город на свете? Ехать туда очень просто, когда не изгоняют отсюда, но в нынешних обстоятельствах надо зондировать почву (чем я также занимаюсь), надо, кроме того, уладить вопрос с паспортом. Все делается, но все может и сорваться -- как знать? Но не стоит об этом говорить, это слишком нервирует, я имею в виду всё.
   Одной газетой распространяется инсинуация, будто все мы -- русские агенты. Но до чего все-таки французы глупы! В той же газете -- "Ligue des Peuples" -- некий болван Карпантье печатает завещание Петра Великого. Посылаю тебе начало -- вот так предвидение! -- Я думаю, что обвинение было направлено против Сазонова. Должно быть, им нужна голова Бакунина, чтобы понять, как можно быть русским и свободным человеком, не будучи при этом шпионом. Негодяи!
   Я прочел речь Кинкеля. Найди-ка здесь подобный голос и присяжных, которые после всего этого выносят оправдательный приговор. Оправданный Кинкель и вторично осужденный Чернуски -- вот тебе нынешняя Германия и нынешняя Франция. Спрашивается, из какого немецкого города могли бы меня выслать, -- меня, который совершенно не вмешивается в современную политику, не связан ни с каким клубом? Ты спрашиваешь, почему я не потребовал объяснения причины высылки, не посмотрел досье, -- я не хотел. У них свое дикарское право, и они им пользуются, а я хотел только еще немного задержаться, чтобы устроить свои дела. Я не желаю давать им повод для оправдания репрессивной меры.
   Addio. -- Здоровье моей жены гораздо лучше, числа около 25-го мы, может быть, тронемся в путь, если же не разрешат, то -- 18-го. Тате лучше. Горас совершенно здоров.
   Я не хочу продавать свой парижский дом. Наемщик уплатил мне все же по 1 января и обещает до моего отъезда внести еще за квартал. Ты над этим смеялся, а все же это не совсем плохое помещение денег, если не думать о бомбардировке, -- оно дает 5%.
   Государственный совет отменил решение о натурализации Эдмона.
   Рукой Н. А. Герцен:
   Разве уже так давно-давно я -- ваш близнец -- вам не писала? Сейчас я не пишу столько, сколько раньше, потому что мне не терпится поговорить с вами и я надеюсь, что это вскоре удастся. Совсем забыла, что сегодня воскресенье, и если хочешь написать побольше, то нужно начать пораньше. Меня огорчает, что вы провели 10 число не вместе с нами. Завтра я вам напишу и постараюсь написать побольше. Я совсем уже настроилась давеча сделать это, но меня отвлекли, рассердили, и я стала противной, я не хочу показываться вам такой, мой дорогой близнец. Поэтому прощайте до более благоприятной минуты.
   Н.
   На обороте: Егору Васильевичу.

21. Г. ГЕРВЕГУ

17 (5) мая 1850 г. Париж.

   Le 17 mai. Paris.
   Après une semaine passée sur une palette de torture -- un moment lucide. Ma femme t'a déjà écrit qu'enfin nous savons quelque chose sur la célèbre histoire d'Ogareff. Ils sont libres -- de Natalie on n'écrit rien. Le gouvernement s'est fait excuser. Selivanoff a été aussi arrêté et mené à Pétersb dans la forteresse -- et aussi mis en liberté. Gran qui nous écrit cela dit qu'il ne peut concevoir pourquoi Seliv a été arrêté -- moi je crois que c'est parce qu'il ne se lave jamais, donc on l'a puni au nom des ablutions du corps et de la pureté charnelle.
   Beaucoup plus tard.
   Enfin, mon ami, je succombe aussi, c'est vraiment affreux, la santé de Tata va de mal en pis. Elise est couchée avec une hémorragie. Ta femme doit partir -- personne, personne. Et tout le monde à commencer par Reichel et finir par Schomb me dit: "Partez, partez". Partir, laissant les autres dans cette position! -- Ma femme enceinte et malade, Tata, et même sans bonne. Diable, est-ce le commencement de la fin?
   -- Eh bien, le fatum, la fatalité -- mot qui n'a pas de sens, mais qui tue au besoin.
   Adieu, cher ami, je ne sais rien ce que je ferai, on dit qu'on veut proclamer l'état de siège... je ne demande que 4 jours de tranquillité et de paix, je ne peux donc quitter toute ma famille. Et ensuite, sacré nom de Dieu, que me fait donc toute la politique de la France? Quand, où, en quoi ai-je pris part? -- Eh bien, si ces cannibales veulent exterminer tous les hommes indépendants -- quel moyen alors de se faire passer pour un esclave? Oui, je resterai ce que je suis, homme indépendant, indépendant même de partir...
   Tout cela est bête. Mais je savais bien que le criterium du désir subjectif est insuffisant pour régler la vie avec cette souveraineté qui plaît a l'homme.
   Emma aussi ne voulait pas partir encore. Et toute mon éloquence ne suffisait point à la décider (c'est toujours la pensée souveraine et adolescente de subordonner les faits aux sentiments), elle voulait attendre des lettres de toi, de l'argent de Berlin... Eh bien, elle part à présent bien prosaïquement d'après une injonction. C'est bien que l'affaire est terminée...
   Adieu. Je suis profondément triste, -- plus de malheurs ensemble ne sévirent jamais sur ma tête.
   ...Погоди немного --
   Отдохнешь и ты.
   Et qu'en savons-nous, peut-être le temps est venu.
   Une seule chose pèse encore -- ne pas avoir un seul être, --
   Всюду встречи безотрадные,
   Ищешь, суетный, людей,
   А встречаешь трупы хладные
   Иль бессмысленных детей.
   Pourquoi n'es-tu pas ici, саrо mio.
   J'expédie mardi Emma, et peut-être je partirai avant.
   На обороте: Егору Федоровичу.
   Перевод
   17 мая. Париж.
   После недели пытки -- небольшой просвет. Моя жена уже писала тебе, что мы, наконец, кое-что знаем о знаменитой огаревской истории. Они на свободе -- о Натали ничего не пишут. Правительство принесло извинения. Селиванов тоже был арестован и препровожден в Петербург, в крепость, -- и тоже освобожден. Грановский, который нам об этом пишет, говорит, что не может взять в толк, почему был арестован Селиванов, -- а я думаю, что это произошло потому, что он никогда не моется, ну его и наказали во имя омовения тела и чистоты плоти.
   Много позднее.
   Вот когда, мой друг, и я начинаю изнемогать, это поистине ужасно: здоровье Таты все хуже и хуже. Элиза лежит с кровотечением. Твоя жена должна уехать -- никого, никого. И все, начиная с Рейхеля и кончая Шомб<ургом>, твердят мне: "Уезжайте, уезжайте". Уехать, оставив всех в таком положении! Беременную и больную жену, Тату, притом без служанки. Черт возьми, да не начало ли это конца?
   Итак, фатум, фатальность -- слово, лишенное смысла, однако при случае убивающее.
   Прощай, дорогой друг, я совершенно не знаю, что буду делать; говорят, будто собираются объявить осадное положение, -- я прошу только о четырех днях спокойствия и мира, не могу же я бросить на произвол семью. А потом, какое мне дело до всей этой политики Франции, будь она проклята? Когда и в чем принимал я участие? А ежели этим каннибалам угодно истребить всех независимых людей, то каким же образом сойти за раба? -- Нет, я останусь каков я есть, останусь человеком независимым, ведь даже отъезд от меня не зависит.
   Все это глупо. Но я прекрасно знал, что субъективное желание -- критерий недостаточный для того, чтобы распоряжаться жизнью так полновластно, как то угодно было бы человеку.
   Эмме также еще не хотелось уезжать. И всего моего красноречия не хватало, чтобы уговорить ее (это все то же главенствующее над всем юношеское стремление подчинять факты чувствам), она хотела дождаться от тебя писем, денег из Берлина... И вот теперь она весьма прозаическим образом уезжает согласно предписанию. Хорошо, что дело закончено.
   Прощай. Мне очень грустно. Никогда еще сразу столько несчастий не обрушивалось на мою голову.
   ...Погоди немного --
   Отдохнешь и ты.
   Как знать, быть может, час уже пробил.
   Одно только тяготит -- ни живой души рядом, --
   Всюду встречи безотрадные,
   Ищешь, суетный, людей,
   А встречаешь трупы хладные
   Иль бессмысленных детей.
   Почему тебя нет здесь, саrо mio?
   Я отправляю Эмму во вторник, а может быть, сам уеду раньше.
   На обороте: Егору Федоровичу.

22. Г. ГЕРВЕГУ

18 (6) мая 1850 г. Париж.

   18. Samedi.
   Une journée tant soit peu plus tranquille qu'hier. Tata va mieux. Mais Elise très mal, elle a une fièvre typhoïde. - Emma part le 21, les places sont déjà arrêtées. Je voudrais bien partir le 22 - mais cela ne dépend pas de moi - et je reste comme sentinelle ou comme chien fidèle gardant (sans aider en rien) ma famille. - Je suis enchanté du départ d'Emma, enfin èa ira, et
   ensuite la prudence n'appartient pas aux vertus distinctives de mme -- elle risquait ici d'avoir encore une mer d'offenses à boire...
   Cette fatigue assoupissante et profonde qu'on ressent après un orage, en attendant un plus grand, m'enfonce et me rend stupide. -- Hier j'étais vraiment noir comme un charbon, aujourd'hui vide comme une bouteille de bourgogne chez nous.
   Tu n'écris pas -- probablement cela ne sont que des représailles, dans ce cas c'est bête -- et si je me trompe, c'est aussi bête, mais vice versa.
   Je t'embrasse...
   На обороте: Егору Васильевичу.
   Перевод
   18. Суббота.
   Сегодня чуть-чуть спокойнее, чем вчера. Тате лучше. Но Элизе очень плохо, у нее тифоидная горячка. Эмма едет 21-го, места уже заказаны. Я хотел бы отправиться 22-го, но это от меня не зависит, и я остаюсь, охраняя (без всякой пользы), как часовой на посту или как верный пес, свою семью. -- Я очень рад, что Эмма едет, наконец-то все наладится; кроме того, осторожность не принадлежит к числу добродетелей, присущих этой даме, -- она рисковала здесь вновь испить море оскорблений.
   Эта расслабляющая, глубокая усталость, которую ощущаешь после бури, в ожидании другой, еще более ужасной, гнетет меня и отупляет. -- Вчера я был черен, прямо как уголь, сегодня -- пуст, как бутылка из-под бургундского на нашем столе.
   Ты мне не пишешь -- очевидно, это только мера воздействия, в таком случае это глупо; а если я ошибаюсь -- то это также глупо, но vice versa[47].
   Обнимаю тебя.
   На обороте: Егору Васильевичу.

23. Г. ГЕРВЕГУ

19 (7) мая 1850 г. Париж.

   Le 19 mai.
   Les nuages qui s'amoncelèrent sur notre tête, les maladies et les tracasseries commencent à se disperser avec le beau temps. Tata va bien, Elise pas mal -- mais elle ne peut encore se mettre en route. D'un autre côté les affaires commencent à prendre une autre tournure et il n'y a rien à craindre avant la fin de la semaine.
   Nous partons le 25 -- peut-être avant. Ma femme et Tata exigent beaucoup de ménagements, nous irons jusqu'à Chalon et là elles se reposeront 24 heur, ensuite par bateau à vapeur par la Saône et le Rhône...
   Gasser a écrit qu'il aurait la réponse complète positivement et immanquablement le 13. 13+8=21 ou le 22 mai nous saurons s'il y a nécessité pour toi d'aller à Stuttg ou non. J'espère que non -- et alors sia il benvenuto et nous entonnerons notre "vieni, sposa da Libano". -- A toi de prouver que tu as plus de mobilité, vélocité et surtout de décision que nous autres... Addio. Mes lettres ne sont que des bulletins...
   Notre médecin donne aux malades, dès qu'ils vont mieux après la fièvre, -- du champagne -- il a permis de donner à Tata la quantité qu'elle voudrait prendre. -- C'est en vérité un bien brave vieillard -- c'est lui qui a obtenu les papiers d'Emma -- mais il parle, il parle, il parle -- plus que Jean-Baptiste.
   Рукой H. A. Герцен:
   Allez, allez, allez à Nice!..
   C'est tout ce que je peux écrire, le reste je veux vous dire, cher besson. -- Je suis fatiguée à un tel point que je n'ai pas enfin une seule pensée.
   На обороте: Егору Федоровичу.
   Перевод
   19 мая.
   С наступлением погожих дней тучи, сгустившиеся над нашей головой, -- болезни и неприятности, -- начинают рассеиваться. Тата чувствует себя хорошо, Элиза тоже неплохо, но пуститься в путь она еще не в силах. С другой стороны дела принимают другой оборот, и до конца недели можно ничего не опасаться. Мы выезжаем 25-го, -- быть может, и раньше. Жена и Тата требуют очень бережного отношения. Мы поедем до Шалона, там они отдохнут сутки, а дальше -- на пароходе по Соне и Роне...
   Гaccep написал, что 13-го -- это уже совершенно точно и определенно -- он получит исчерпывающий ответ. 13+8=21--22-го мая мы будем знать, нужно ли тебе ехать в Штутгарт или нет. Надеюсь, что нет, а тогда sia il benvenuto[48], и мы затянем наше "Vieni, sposa da Libano". Докажи теперь, что ты самый легкий на подъем, самый быстрый и, главное, самый решительный из всех нас... Addio. Письма мои -- просто бюллетени...
   Как только больным становится лучше после приступа лихорадки, наш доктор дает им шампанского; Тате он разрешил
   дать сколько она захочет. -- Он в самом деле очень славный старик; это он выхлопотал Эмме документы, но он говорит, говорит, говорит, -- больше чем Жан-Батист.
   Рукой Н. А. Герцен:
   Поезжайте, поезжайте, поезжайте в Ниццу!
   Это все, что я могу написать, об остальном я хочу вам рассказать, дорогой близнец. Я так утомлена, что у меня нет в голове ни одной мысли.
   На обороте: Егор Федоровичу.

24. Г. ГЕРВЕГУ

21 (9) мая 1850 г. Париж.

   21 mai.
   Tu es, George, d'une injustice terrible, tu ne veux donc jamais entrer dans les positions dans lesquelles tes amis peuvent se trouver. Tu me parles de ce que je n'ai presque pas écrit -- mais quoique je n'aie pas la prétention d'être ultra-nerveux, pourtant je ne suis non plus une machine. Tracassé comme une bête fauve qu'on chasse par force, de tout côté, empêché dans chaque pas, et par-dessus le marché ne pouvant ni tout écrire, ni rien faire. -- Il ne faut non plus oublier les circonstances inouïes dans lesquelles nous sommes, où l'homme le plus clairvoyant ne peut prévoir ce qui arrivera dans une heure. Crainte, agitation, attente convulsive -- et prostration, apathie enfin. C'est un des temps les plus noirs que j'aie vécus, -- et tu penses qu'on puisse avoir assez de sérénité, de concentration pour écrire de longues lettres?..
   Emma part dans une heure. C'est très bien, c'est le premier pas, nous avons du temps jusqu'au 25 m. Aujourd'hui le caractère des débats se dessinera, et nous saurons combien il faut se presser ou non, pour ne pas faire d'imprudence. Schomb voudrait aussi que nous restions jusqu'au payement du billet, pour régler l'affaire des dépenses, tout cela ne peut retarder le départ que d'un ou de deux jours.

   Je reviens à l'instant même après avoir reconduit Emma jusqu'à la diligence. Rien de nouveau, tout est très tranquille, et personne ne comprend rien.
   На обороте: Егору Васильевичу.
   Перевод
   21 мая.
   Ты ужасно несправедлив, Георг, ты никогда не хочешь войти в положение, в котором могут оказаться твои друзья. Ты говоришь, что я почти ничего не писал тебе, но пусть я не притязаю
   быть чересчур нервным, однако я все же не машина. Я мечусь, как затравленный дикий зверь, на каждом шагу наталкиваясь на препятствия, и в довершение всего не могу обо всем писать и не могу ничего делать. -- Не следует также забывать чрезвычайные обстоятельства, в которых мы находимся, когда даже самый прозорливый человек не может предвидеть того, что произойдет через час. Боязнь, беспокойство, судорожное ожидание -- и затем прострация, апатия. Это, пожалуй, одно из самых мрачных времен, какие мне пришлось пережить. -- И ты думаешь, что можно еще сохранить достаточно душевного спокойствия и сосредоточенности, чтобы писать длинные письма?..
   Эмма уезжает через час. Это очень хорошо, это первый шаг, у нас есть время до 25 мая. Сегодня характер дебатов выяснится, и мы будем знать, нужно ли нам торопиться или нет, чтобы не допустить неосторожности. Шомбург тоже советует нам остаться до оплаты билета, чтобы уладить вопрос о расходах, но все это задержит отъезд не больше, чем на один-два дня.

   Только что вернулся, проводив Эмму до дилижанса. Ничего нового, очень спокойно, и никто ничего не понимает.
   На обороте: Егору Васильевичу.

25. Г. ГЕРВЕГУ

23 (11) мая 1850 г. Париж.

   23 mai.
   Eh bien, George le muet, George le taciturne, George le sans mot... eh bien, voilà deux jours qu'Emma roule et elle fait bigrement bien qu'elle roule et Rule, Britannia. A présent je m'en veux te prouver qu'elle le fait bien qu'elle roule. La Chambre de mise en accusation a décidé qu'elle est accusable, pendable et Nouka-Hivable. Elle sera donc pendue en effigie comme Bem... et toi, tu dis dans ta lettre à elle: "On t'a intimidée". Timeo Baroches et justitia ferentes. -- Il n'y a ni preuve, ni évidence assez forte pour prouver l'innocence lorsqu'on veut la cupabilité, Thémis est aveugle, Thémis est sourde, -- Thémis doit être envoyée chez Schibel.
   Le magnanime Bahrmann est venu lui-même le dernier jour chez Emma pour demander si elle a besoin de quelque chose -- juste lorsque tout était arrangé.
   Nous partons le 27 ou le 28, mais si l'affaire avec Rotsch est terminée le 25 nous partirons le 26.
   Hier nous avons ri à gorge déployée d'une matinée de réception chez moi. Je commence à penser que je suis nommé ministre
   ou archevêque. Le cte Branicky qui n'a jamais été chez moi, est venu faire une visite, en la motivant sur ce qu'il avait entendu que je devais quitter Paris, et qu'il voulait etc., etc. ... Une demi-heure après, entre un homme svelte, d'extérieur distingué, et commence qu'étant Russe et admirateur de cela et autre chose que j'ai écrit, il avait entendu que je partais... idem. Je demande avec qui j'ai l'honneur de parler -- c'était le prince Lobanoff-Rostovsky (mari de la fille du maréchal Paskévitch). Un homme charmant -- quoique officier russe. Tu penses que c'est la fin -- non, le soir en rentrant je trouve la carte du cte Ostrovsky.
   "Mais, fichtre, -- me suis-je dit à moi-même, -- a-t-on jamais vu un homme encomté et enprincé de cette manière -- mis à la porte par cette polissonne de police. Moi que le Lloyd appelle baron russe -- je suis aristocrate comme Wellington, comme Ivan Golovine, comme la maison de Reuss-Greuss Hohen-Sigmaringenberg-Zaum" (voir Almanach de Gotha -- que ma mère achète tous les ans depuis 1808).
   Les lettres de la Russie ne m'encouragent pas trop. Mlle Ern peut te traduire. Ah, cette bête timide -- mon chargé d'affaires! Ah, cette bête brute -- mon frère bien-aimé! Si j'avais le malheur de ne pas avoir un frère, et la prudence de ne pas avoir un chargé d'affaires, tout serait sauvé -- parce qu'il n'y aurait pas de traître, et le gouvernement aurait attendu, attendu -- et toutes les mesures pourraient être prises.
   Pense un peu que mon chargé d'affaires a livré tous les papiers et documents à la police après sommation.
   Pense qu'il m'a envoyé une forte somme d'argent en me l'adressant à moi -- après avoir renoncé à toute correspondance avec mooi. L'argent à été arrêté -- et ils n'ont pas même réclamé.
   Ah, quel malheur d'avoir le bonheur d'un frère existant.
   Lis l'Indépendance Belge, tu y trouveras beaucoup de choses que tu ne trouveras pas ailleurs.
   Adieu.
   Внизу листа: Егору Федоровичу.
   Перевод
   23 мая.
   Итак, Георг немой, Георг молчаливый, Георг бессловесный... итак, вот уже два дня, как Эмма катит, и она чертовски хорошо делает, что катит, и Rule, Britannia. Теперь я хочу доказать тебе, что она прекрасно сделала, укатив отсюда. Обвинительная палата постановила, что она подлежит обвинению, повешению, водворению на Нука-Иву. Стало быть, она будет повешена заочно, как Бем... а ты, ты пишешь в своем письме к ней: "Тебя запугали". Timeo Baroches et justitia ferentes. Когда хотят
   засудить, тyт не помогут никакие доказательства и самые очевидные факты в пользу невинности, -- Фемида слепа, Фемида глуxa, Фемиду надобно отправить к Шибелю.
   Великодушный Барман сам пришел к Эмме накануне ее отъезда осведомиться, не нуждается ли она в чем-либо, -- и как раз тогда, когда все уже было улажено.
   Мы едем 27-го или 28-го, но если дело с Ротшильдом решится 25-го, мы уедем 26-го.
   Вчера мы от души хохотали над состоявшимся у меня утренним приемом. Я начинаю думать, что меня произвели в министры или в архиепископы. Граф Браницкий, который никогда раньше у меня не бывал, нанес мне визит, мотивируя это тем, что он слышал, будто я должен покинуть Париж, и что он хотел и т. д., и т. д. ... Полчаса спустя входит стройный человек благородной наружности и начинает с того, что, будучи русским и почитателем такого-то и такого-то моего произведения, он, услышав о моем отъезде... idem; я спрашиваю его, с кем имею честь говорить, -- оказалось, это князь Лобанов-Ростовский (муж дочери фельдмаршала Паскевича). Милый человек, хотя и русский офицер. Ты думаешь, что это всё -- нет, вечером, вернувшись домой, я нахожу визитную карточку графа Островского.
   "Но, черт возьми, -- сказал я сам себе, -- видано ли, чтобы человек, столь ографленный и окняженный, был выставлен за дверь озорницей полицией? Я, кого "Lloyd" называет русским бароном, -- я тоже аристократ, не хуже Веллингтона, Ивана Головина и дома Рейс-Грейс Гоген-Зигмарингенберг-Цаумского" (см. "Готский альманах", который моя мать покупает ежегодно с 1808 года).
   Письма из России не очень меня обнадеживают. М-ль Эрн может их тебе перевести. Ах, что за трусливое животное мой поверенный в делах! Ах, что за неразумное животное мой возлюбленный братец! Если бы я имел несчастье не иметь брата и имел осторожность не иметь поверенного в делах, все было бы спасено, потому что тогда не было бы предателя и правительство ждало бы и ждало -- и можно было бы принять нужные меры.
   Подумай только, мой поверенный передал полиции по ее требованию все мои бумаги и документы.
   Подумай, ведь он послал крупную сумму денег прямо на мое имя после того, как отказался от всякой со мной переписки. Деньги были задержаны, а они даже не потребовали их возвращения.
   Какое несчастье иметь такое счастье, как братец!
   Читай "L'Indépendance Belge", там ты найдешь много такого, чего не найдешь в других газетах.
   Прощай.
   Внизу листа: Егору Федоровичу.

26. Э. ГЕРВЕГ

23 (11) мая 1850 г. Париж

   23 mai 1850. Paris.
   Eh bien, Pénélope n'est plus Pénélope -- mais bien Proserpine, enlevée par un Pluton policé, Pluton polisson, -- Pluton de la police. Mais savez-vous que vous passerez par toutes les divinités de l'Olympe. Vous <êtes> Pallas à la maison et Bellone -- sur le champ. Vous n'avez pas besoin de livre pour apprendre à Horace la mythologie. -- Sie sehen in diesem Stil noch einen Hauch, denn der wirkliche H ist erst gestern nach London gegangen. Wenn aber das zu poetisch klingt, so kann ich anfang ohne Hauch à la Kapp. So:
   Laut unserer letzten Verabredung, beiläufig zu Paris Anno 1850 d 21. Mai gehalten, verpflichtete ich mich, Hochgeehrte Frau, Ihnen eine Nachricht von den Alten und von den sämtlichen Kindern zu erstatten... Hiermit tue ich auch Obenversprochene...
   Sehen Sie, das ist schon viel prosaischer. Aber ich kann auch juristisch anfangen. Die Kammer de mise en accusation hat entschieden, daß man die Person für die Billets ins Gericht fordere. Also werden wir das Glück haben, noch in den Zeitungen ein kleines Prozeßchen zu lesen...
   Was noch? -- Schwer zu sagen. Palmier und Reichel gesehen, über Pathologie und Musik gesprochen -- etwas gegessen, etwas getrunken, viel geschlafen, Schlüssel verloren, Schlüssel gefunden... edle indignation gegen alles, was man macht und keine Macht, etwas zu tun. -- Et voilà tout.
   Nous partons mardi -- c'est-à-dire le 28. Nous attendons les détails de votre pélégrination. Le passeport de J a été envoyé le même jour.
   Que fait Rachel Ada?
   Après votre départ il y a chez nous un calme de l'Océan pacifique, et si je ne faisais pas de bruit et de calembours -- on pourrait bien penser que tout le monde est parti avec vous...
   Mais ne l'est-il pas, mais n'avez-vous donc pas emporté nos cœurs -- das Ihnen ein Reiseübergewicht von 7 fr. machen wird<.>
   Adieu.
   Рукой H. А. Герцен:
   Cette fois, comme toujours, A parle et moi je me tais, quoique je n'en dise pas moins à celui qui veut bien m'entendre, -- m'entends-tu toi, Emma!?. Pas de lettre de G.
   Les malades vont mieux, Elise très faible. Tata me tourmente toujours impitoyablement et embrasse Horace et toi, et Ada... moi aussi... Adieu, en attendant nos chers, chers amis! Que votre voyage et arrivée soient aussi agréables que je le désire!
   A vous, à vous de tout mon cœur
   N.
   Рукой Саши Герцена:
   Chère Emma!
   J'ai à te communiquer quelque chose que tu dois savoir: après que tu étais partie on descendit de ton appartement tous les meubles et je trouvai dans un des fauteuils ton crochet pour boutonner les bottines. A présent je ne sais plus ce qui en est devenu. -- Nous ne partons que le 28, c'est ennuyeux! Papa a acheté ton minotaure avec le piédestal noir pour en faire cadeau à Palmier.
   Vive Nice! Vive la mer! Vive les monts! Vive l'été!
   Porte-toi bien et amuse-toi jusqu'à notre arrivée!
   Sacha.
   Перевод
   23 мая 1850 г. Париж.
   Итак, Пенелопа больше не Пенелопа, а Прозерпина, которую похитил Плутон -- Плутон цивилизованный, Плутон повеса, Плутон полицейской службы. А знаете, вы можете сойти за все божества Олимпа. -- Дома вы Паллада, а в поле -- Беллона. Вы не нуждаетесь в книгах, чтоб обучать Гораса мифологии. В этом стиле вы уловите и еще некое дуновение, так как настоящий Г<ауг> только вчера отбыл в Лондон. Если же это звучит слишком поэтично, я могу начать без дуновений, по-капповски. Так:
   Согласно последним нашим переговорам, имевшим место в Париже 21 сего мая 1850 года, я обязался, достопочтенная сударыня, прислать вам уведомление обо всех старых и малых. Сим и приступаю к исполнению вышеобещанного.
   Как видите, это уже куда прозаичнее. Но я могу начать и юридическим языком. Судебная обвинительная палата постановила привлечь оную персону за оный билет к суду. Стало, мы еще будем иметь счастье прочитать в газетах о маленьком процессике...
   Что же еще? Трудно сказать. Пальмье и Рейхеля видел, о патологии и музыке толковал, немного ел, немного пил, много спал, ключи потерял, ключи отыскал... благородное возмущение против всего, что делается, и никаких сил что-либо делать. Вот и все.
   Мы едем во вторник, т. е. 28-го. Ждем подробностей о вашем странствовании. Паспорт Ж<анетты> был отослан в тот же день.
   Что делает Рашель Ада?
   После вашего отъезда у нас царит спокойствие Тихого океана, и, если бы я не шумел и не каламбурил, вполне можно было бы подумать, что с вами уехали все... а разве это не так, разве вы не увезли наши сердца, что и даст излишек весу в вашем багаже на 7 фр.
   Прощайте.
   Рукой H. А. Герцен:
   И на этот раз, как всегда, А<лександр> говорит, а я молчу, хотя тот, кто захотел бы меня услышать, и без того услышит, -- ты, Эмма, слышишь ли меня!? Писем от Г<еорга> нет.
   Больные наши поправляются. Элиза очень слаба. Тата продолжает меня безжалостно мучить и обнимает Гораса, и тебя, и Аду... я тоже... А пока прощайте, дорогие, дорогие друзья! Пусть ваше путешествие и приезд будут столь приятны как я вам того желаю.
   Ваша, всем сердцем ваша
   Н.
   Рукой Саши Герцена:
   Дорогая Эмма!
   Я хочу сообщить тебе кое-что, что тебе нужно знать: после того как ты уехала, из твоей квартиры снесли вниз всю твою мебель и на одном из кресел я нашел твой крючок для ботинок. Теперь не знаю, куда он делся. -- Мы уезжаем только 28-го, так надоело! Папа купил твоего минотавра на черном пьедестале, чтобы подарить его Пальмье.
   Да здравствует Ницца! Да здравствует море! Да здравствуют горы! Да здравствует лето!
   Будь здорова и проводи весело время до нашего приезда!
   Саша.

27. Г. ГЕРВЕГУ

24 (12) мая 1850 г. Париж.

   Lorsqu'un homme tracassier, criard etc., etc., comme moi, se trouve enfin au bout de son latin, et par-dessus le marché de son allemand, russe, franèais -- c'est quelque chose. J'ai passé des époques plus douloureuses, plus déchirantes -- mais plus stupides -- jamais. Stupide -- im Allgemeinen, stupide -- im Besonderen, stup im Einzelnen, an sich, für sich, außer sich, in Paris, in Zürich, in Petersburg.
   Vraiment je me sens plus bête et, chose étrange, je sens que les autres sont toujours les mêmes, donc qu'ils sont aussi plus bêtes.
   Une demi-année être à la veille du départ, attendre chaque semaine une réponse, avoir des espérances, des certitudes -- et rester sans avancer en rien comme le premier jour. -- Coricare e non dormire, servire e non gradire, piu tosto morire. -- Et pas un homme avec lequel dans un moment de désespoir boire une bouteille en pestant contre les dieux et les hommes, les éléments et...
   et voilà ta lettre -- vieux sophiste Georgias par amitié et cher George pour tes amis. -- Au revoir, et alors je t'expliquerai pourquoi j'étais et je suis nécessaire à l'affaire.
   Pour Kolatchek, s'il désire, je peux lui envoyer le petit article Omnia mea mecum porto!.. -- Ou lui écrire quelque chose dans le genre. Ou aussi l'Epilogue. -- Pourtant l'Epilogue a été promis à Hoffmann.
   Tu écris toujours des affaires, comme si elles allaient à merveille, et me fais jouer un rôle d'un homme qui s'alarme pour rien. Mais, vois-tu ou non que même il y a possibilité de perdre les 80 000 -- et alors cela réduit encore. Les Rougemont n'ont aucun avis et l'avis vient avant une lettre de change.
   Et quel animal ce Kl -- envoyer au nom de ma mère.
   На обороте: Егору Васильевичу.
   Перевод
   Когда такой сварливый, крикливый и т. п., и т. п. человек, как я, не находит уже в своем лексиконе ни немецких, ни руcских, ни французских слов -- это что-нибудь да значит. Мне случалось переживать более тяжелые, более мучительные времена, но более дурацкие -- никогда. Дурацкие im Allgemeinen, дурацкие im Besonderen, дурацкие im Einzelnen, an sich, für sich, ausser sich, in Paris, in Zürich, in Petersburg.
   Право, мне кажется, что я поглупел и, удивительное дело, мне кажется, что другие остались такими, какими были, -- значит, они тоже поглупели.
   Полгода готовиться к отъезду, каждую неделю ждать ответа, питать надежду, уверенность -- и не продвинуться ни на шаг, остаться при том же, что в первый день. -- Coricare e nоn dormire, servire e non gradire, piùtosto morire[49]. И никого, с кем бы в минуту отчаяния можно было распить бутылку вина, проклиная и бога и людей, стихии и...
   Ну вот и письмо от тебя, старый софист Georgias дружбы ради и дорогой Георг для друзей. -- До свидания, при котором я тебе объясню, почему, как прежде, так и теперь, дело требует моего присутствия.
   Что до Колачека, то если он хочет, я могу послать ему маленькую статью "Omnia mea mecum porto!"... -- Или написать для него что-либо в этом роде? Или же "Эпилог"? -- Но "Эпилог" был обещан Гофману.
   Ты постоянно пишешь о делах так, словно они идут превосходно, и заставляешь меня играть роль человека, который попусту бьет тревогу. Но разве ты не понимаешь, что можно потерять и 80 000, и тогда сумма еще сократится. Ружмоны не получили никакого извещения, а извещение приходит раньше векселя.
   И что за скотина этот Ключарев -- посылать деньги на имя моей матери!

28. Л. И. ГААГ и М. К. ЭРН

26 (14) мая 1850 г. Париж.

   Le 26 mai 1850. Paris.
   Man hat wieder einen Schelmenstreich gemacht in der Sache Ihres Billets -- es ist um rasend zu werden. G schreibt, daß die Bank jetzt nichts gegen die Auszahlung des Billets hat, daß alle Hindernisse gehoben sind. Aber sie will, daß Ihre Prokuration vom Ministerium der Ausw<ärtigen> Ang legalisiert wäre, und das Min sagt, daß es nicht visiere. -- Da stehen wir jetzt. -- Auf Rotschild ist nicht viel zu rechnen, er ist überdrießig, dazu, glaube ich, hat Kisseleff gut gearbeitet. -- Aber auf diesem Terrain hat ja das Würtemb Minist die beste Position. Was hat man denn von dort gemacht, wie ist es möglich, keine Antwort zu schicken bis jetzt. Bitten Sie Georg gleich wieder zu schreiben.
   In Folge dieser Neuigkeiten habe ich alle meine Projekten geändert. Ich schickte nach der Prefekt, um zu sagen, daß ich vor dem 1. Juni unmöglich reisen kann. Und den 1. reise ich ab (denn G sagt, er wird nach einer Woche noch einmal schreiben, sein Brief ist vom 16. Mai). -- Ich werde Natalie und die Kinder installieren in Nizza, und dann gehe ich nach Zürich oder eine andere Stadt nahe von Würtemberg und Paris, um die Sache nicht einschlafen lassen. Denn ohne mich wird im Hause Rotsch nichts gemacht.
   Sie können noch einen Brief schreiben hierher. Adress an Reichel[50].
   Ну, Марья Каспаровна, признаюсь -- тяжела шапка Мономаха, я с каждым днем более и более устаю, что за обилие
   неприятностей, мелких и крупных, частных и общих, да еще сверх того эта лихорадка с билетом. -- И все эти беды какие-то пресные, от которых только тупеешь, с которыми даже бороться нельзя. Мне отсрочили отъезд до 1 июня. Я свезу наших в Ниццу, а потом приеду хлопотать о деле к вам.
   Писал длинное письмо к Егору Ив<ановичу>, все разложив по пальцам что делать.
   Прощайте.
   Kola Kuß von Papa,
   Mama,
   Tata,
   Sascha[51].
   Рукой H. А. Герцен:
   Ах любезные друзья! уж и грустно наконец, и жаль смертельно и вас-то и Алек<сандра>.
   Тата так похудела, что у меня сердце болит глядя на нее, и ужасно слаба, но здорова, а Колюточка только утешает.

29. Э. ГЕРВЕГ

27 (15) мая 1850 г. Париж.

   Le 27 mai. Paris.
   Préparez-vous, chère Emma, aux malédictions, à prononcer l'anathème, l'excommunication, aiguisez vos flèches, lancez vos foudres -- et tout cela contre votre chétif ami, contre le petit barbare slave de l'hôtel Mirabeau.
   E perchè? (Je pense que vous ne parlez que l'italien.)
   1°. Nous ne partons que samedi le 1 juin. -- "I'ho saputo, i disgraziati". -- No, no, signora, madama, eccelenza, no... vous n'avez rien su, parce que cela dépend complètement du 2.
   2°. Une lettre de Gasser nous dit que l'affaire de ma mère a roulé derechef dans un abîme, et que c'est le ministère des affaires étrangères qui s'oppose à présent. A ce qu'il paraît, les braves Wurtembourgeois n'ont rien fait. Et voilà noi, miserabile genta, pas plus avancé d'un diamètre des grains homéopathiques que le 29 décembre où j'ai eu l'honneur de me prosterner à vos pieds et de vous offrir mes remerciements pour le Cognac et la sauce anglaise.
   Et bien, que faire?.. "Quod faciamus nos", comme le dit le prêtre dans Wallensteins Lager. Ah voilà la question.
   Mais je crains de l'aborder, vous êtes encore sous le charme de la première fureur, calmez-vous, regardez un peu Ada, ensuite la mer (cela peut au besoin servir pour un calembour si vous avez une glace devant vous) -- eh bien, voilà mon plan. J'irai
   reconduire Natalie sous votre haute protection, j'engagerai Georges de venir idem après le voyage au front de Wurtem et je vous quitterai à l'instant même pour aller à Stuttgart et remuer terre et ciel.
   J'attends avant mon départ la réponse de George, et j'agirai de commun accord. Que voulez-vous, G a bien raison, en disant `entre la coupe et les lèvres il y a toujours assez de place pour un malheur.
   Merci pour votre lettre. -- Übergewicht, Übergewicht... mais au nom de tous les saints et de quelques pécheurs (de la Méditerranée) pourquoi donc avez-vous pris tout cela avec vous, le roulage n'est pas une nouvelle invention, il existe du temps de César à Paris, lorsqu'il allait faire la guerre en Angleterre.
   Avez-vous reèu le passeport de Jeannette et voulez-vous recevoir mes salutations amicales?
   Рукой H. A. Герцен:
   Merci, merci pour ta lettre! Si tu savais combien je suis peinée te savoir seule et encore tourmentée, accablée... Nous ne nous amusons pas non plus. -- Palmier dit qu'il ne faut pas laisser Ada crier longtemps et qu'il faut lui bander le ventre comme on le fait aux nouveaux-nés; Horace aura ses poids. Ton manteau est charmant et payé...
   Chère Emma! Je t'embrasse, toi et les enfants. Peut-être j'écrirais plus -- mais Mr Palmier est venu nous chasser à la campagne.
   A toi N.
   Natalie embrasse Horace. Je suis heureuse le savoir bien portant et gai...
   Перевод
   27 мая. Париж.
   Приготовьтесь, дорогая Эмма, проклинать, предавать анафеме, отлучать от церкви, заострите ваши стрелы, мечите ваши громы и молнии -- и все это против вашего жалкого друга, против маленького славянского варвара из отеля Мирабо.
   Е perche?[52] (Думаю, что вы говорите теперь только по-итальянски).
   No 1. Мы едем лишь в субботу 1 июня. -- "I'ho saputo, i disgraziati". No, no, signora, madama, eccelenza, no...[53] вы еще ничего не узнали -- все целиком зависит от No 2.
   No 2. Из письма Гассера выясняется, что дело моей матери снова провалилось и что на этот раз возражает министерство иностранных дел. Насколько можно судить, бравые вюртембержцы ничего не сделали. И, значит, noi, miserabile genta[54], продвинулись не более чем на диаметр гомеопатической крупинки
   с 29 декабря, когда я имел честь пасть к вашим ногам и принести выражение своей благодарности за коньяк и английский соус.
   Что же делать?.. "Quod faciamus nos?", как говорит священник в "Wallensteins Lager". Ах, в этом и вопрос.
   Но я боюсь затрагивать его, вы все еще во власти первого порыва гнева, успокойтесь, поглядите на Аду, потом на море (это на худой конец может сойти за каламбур, если перед вами зеркало). Итак, вот мой план. Отвезу Натали под ваше высокое покровительство, попрошу Георга, после поездки на вюртембергский фронт idem[55] приехать и тотчас покину вас, чтобы направиться в Штутгарт и перевернуть небо и землю.
   Думаю до отъезда получить от Георга ответ и буду действовать с общего согласия. Что поделаешь, Г<еорг> совершенно прав, когда говорит, что между кубком и устами всегда найдется место для несчастья.
   Спасибо за ваше письмо. Übergewicht, Übergewicht...[56] но, во имя всех святых и нескольких грешников (Средиземного моря), зачем вы взяли все это с собой, перевозка гужом не является недавним изобретением, она существует в Париже со времен Цезаря, когда он собирался в поход на Англию.
   Получили ли вы паспорт Жанетты и соблаговолите ли принять мой дружеский привет?
   Рукой Н. А. Герцен:
   Спасибо, спасибо тебе за письмо! Если бы ты только знала, как меня гнетет мысль, что ты одна и притом измучена, удручена... Мы тоже не веселимся -- Пальмье говорит, что нельзя позволять Аде долго кричать и что ей надо бинтовать животик, как новорожденным. Гири свои Горас получит. Твоя накидка прелестна и оплачена.
   Дорогая Эмма, обнимаю тебя и детей. Может быть, написала бы и больше, но пришел г-н Пальмье гнать нас за город.
   Твоя Н.
   Натали обнимает Гораса. Радуюсь, что он здоров и весел.

30 Г. ГЕРВЕГУ

27 (15) мая 1850 г. Париж.

   Eh bien, tu le vois, un malheur a passé derechef entre la coupe et les lèvres. Tu liras dans la lettre de ma mère les particularités de l'affaire. A présent il faut frapper le coup le plus décisif de Stuttgart; comment ose-t-il nier un acte légalisé par le consul russe de Paris -- on peut envoyer encore une reconnaissance de la procuration de la part de ma mère par l'ambassade de Pétersb
   légalisée au ministère à Stuttgart. Il faut que l'ambassadeur entre tout bonnement en communication avec Gasser. Lui ou le consul. -- Mais à te dire franchement, je crois que tout le ministère wurtem tremble devant Nesselrode, et voilà pourquoi il ne fait rien jusqu'à présent. -- Tirez donc une réponse de Stut pour savoir au moins ce qu'on a fait. -- Dans votre lettre ne vous appuyez pas sur les communic de Rotsch, mais dites: "Nous apprenons pourtant" tout bonnement. Lui, il est homme à oublier ce qu'il a dit, il m'a donné lui-même le conseil de faire écrire par le minist. wurt, en ajoutant que cela reste entre nous, qu'il est très loin de vouloir entreprendre quelque chose de blessant pour le gouv russe. Mais que c'est dans mon intérêt qu'il me donne privatim un conseil...
   Que feras-tu? -- Je pars pour Nice le 1 juin, grâce à la mansuétude des Carlovingiens. Si l'affaire l'exige je viendrai tout de suite de là vous rejoindre. Mais Emma est capable de me brûler vif, de m'empoisonner pour la prolongation de cette maudite séparation. Alors arrange au plus vite l'affaire de Wurtem et va à Nice -- je t'attendrai là et j'irai ensuite finir l'affaire avec ma mère. -- Gas lui-même est furieux, il dit formellement qu'il en usera de tous les moyens pour parvenir à l'encaissement. La présence d'un de nous (ou des deux) est absolument écessaire, à présent plus que jamais; je vois là que mon séjour ici a été très utile, je te le prouverai...
   Le tout ensemble, ensemble avec les affaires générales, avec tout ce que nous voyons tous les jours, est un lourd fardeau, sous lequel l'âme à force d'être comprimée, vieillit, dessèche.
   Tu demandes pourquoi ce départ hâtif d'Emma; mais elle est partie tout bonnement le jour désigné par le pr<éfet> -- pour ne pas subir le vaudeville correctionnel. Caro mio, tu ne connais pas les mœurs et us modernes, pour t'édifier par un pendant de l'histoire du billet -- pense bien qu'on a un de ces jours condamné un auteur pour avoir envoyé par la poste sa brochure à quelques connaissances, on l'a condamné sans prév de colportage et distribution des imprimés...
   Porte-toi bien. -- Je suis tristissimo et indignatissimo. -- Le prince Lobanoff dont je t'ai parlé est un homme distingué, avec cette largeur et richesse des natures russes lorsqu'elles ne sont pas bêtes foutues. Nous en parlerons -- c'est-à-dire de lui.
   Adieu.
   Рукой H. A. Герцен:
   Que vous dirai-je, mon cher, cher besson? Que je vous aime de tout mon cœur, ce n'est pas nouveau -- mais ce n'est pas si ennuyeux comme tout le reste.
   Перевод
   Ну вот, ты сам видишь, опять между устами и кубком проскользнуло несчастье. Подробности о деле ты прочтешь в письме моей матери. Сейчас нужен самый решительный удар из Штутгарта. На каком основании смеет он оспаривать документ, засвидетельствованный русским консулом в Париже? Можно переслать еще доверенность моей матери, засвидетельствованную посольством в Петербурге и заверенную штутгартским министерством. Нужно, чтобы посланник непосредственно связался с Гассером. Посланник или консул. -- Но, откровенно говоря, я думаю, что все вюртембергское министерство дрожит перед Нессельроде, поэтому оно до сих пор ничего не сделало. -- Добейтесь же ответа из Штутгарта и выясните по крайней мере, что было сделано. -- В письме вашем не ссылайтесь на сообщение Ротшильда, просто скажите: "Нам стало однако известно". Он из тех людей, которые склонны забывать то, что говорят; он сам посоветовал мне писать через вюртембергское министерство, предупредив, что это должно остаться между нами и что он отнюдь не расположен предпринимать что-либо неприятное для русского правительства. Но, охраняя мои интересы, он дает мне privatim[57] совет...
   Что ты собираешься делать? -- Я еду в Ниццу 1 июня благодаря благодушию Карловингов, а оттуда, если это потребуется для дела, тотчас же приеду к вам. Однако Эмма способна сжечь меня заживо, отравить меня за продление этой проклятой разлуки. Поэтому улаживай поскорее вюртембергское дело и отправляйся в Ниццу. Я подожду тебя там, а затем поеду вместе с моей матерью кончать дело. -- Гассер и сам взбешен, он категорически заявляет, что употребит все средства, чтобы добиться оплаты билета. Присутствие одного из нас (или нас обоих) совершенно необходимо теперь, больше чем когда-либо. Итак, я вижу, что мое пребывание здесь было очень полезно, я тебе это докажу.
   Всё вместе -- и общее положение дел, и то, что приходится видеть всякий день, -- бремя, под тяжестью которого старится, иссыхает душа.
   Ты спрашиваешь о причине столь поспешного отъезда Эммы. Да просто-напросто она уехала в день, указанный префектом, чтобы не подвергаться этой исправительной комедии. Саro mio, ты слишком мало знаком с современными нравами и обычаями; вот тебе в назидание история, схожая с историей с нашим билетом, -- подумай только, на днях осудили одного писателя за то, что он переслал знакомым по почте свою брошюру.
   Без всякого суда и следствия его обвинили в незаконной продаже и распространении печатной литературы!
   Будь здоров. -- Я tristissimo и indignatissimo[58]. Князь Лобанов, о котором я тебе говорил, человек благородный, со всей широтой и богатством русской натуры, когда она не подлая скотина. Мы еще поговорим об этом -- т. е. о нем.
   Прощай.
   Рукой Н. А. Герцен:
   Что сказать вам, мой дорогой, дорогой близнец? Что я вас всем сердцем люблю -- это не ново, зато и не так скучно, как все остальное.

31. Г. ГЕРВЕГУ

30 (18) мая 1850 г. Париж.

   30 mai.
   Le jour de notre départ reste invariablement pour le 1 juin. Je pars gaiement en pensant qu'enfin là ou là, nous nous retrouverons, gaiement en pensant que je me sauverai enfin de cette existence convulsive, absorbante, irritante et maladive -- que j'ai traînée pendant une demi-année. -- Il y a pourtant une grande unité logique dans chaque homme, et s'il se dévie sous la pression des circonstances, peu-à-peu il s'arrête comme une pendule à sa ligne verticale. Pour un instant (et tu m'en faisais déjà des reproches) j'ai pensé me réconcilier avec Paris -- et je le quitte à présent avec le même sentiment d'indignation que je l'ai quitté en 47 et en 49. Je ne me console pas de la réponse éternelle -- que partout ailleurs la vie est encore plus dégoûtante, -- et ensuite elle peut être dégoûtante comme elle veut, mais puisqu'elle n'intéresse pas, elle vous laisse libre. -- A propos, j'ai reèu une longue lettre de Kapp, et une lettre bien intéressante, il est tout à fait ébahi de New York; ce qu'il cite et raconte dans sa lettre, sans être nouveau, a ce cachet de réalité qu'une chose acquiert répétée par un homme que nous connaissons. Oui, la liberté individuelle n'est pas une plaisanterie là. -- Eh bien, caro mio, tôt ou tard nous nous promenerons à New York, je te le dis non en prophète, mais en calculateur. Et l'Europe peut se décomposer et pourrir, comme elle l'entend. -- Frœbel a lu quelques pages V<om> and<ern> Ufer dans ses leèons du mouvement révolut en Europe, il a raconté mes opinions sur la Russie, et tout cela a donné lieu à quelques articles de journaux -- also, ich bin bekannt am andern Ufer.
   K écrit qu'un journal a dit: "Un Russe ne peut être qu'esclave ou anarchiste". -- Le lendemain le cte Gourovsky,
   espion russe, a envoyé demander chez Frœbel qui est l'auteur russe, avec lequel lui (Gour) sympathise complètement. Frœbel n'a pas dit le nom. Mais Gourovsky le rencontrant lui a dit qu'il connaissait que cet ouvrage est de Golovine. -- Transatlantische Cancans. Les Russes sont espionnés même là. Je crois qu'il а des espions dans la Polynésie, Bandalésie et Magnésie.
   D'un autre côté, je suis de mauvaise humeur, cette affaire russe est un plomb, c'est lourd, c'est dégoûtant (on m'a plombé une dent -- passe encore, mais plomber l'esprit) -- et je dois partir juste au moment où il faut encore faire quelques démarches. Ta nouvelle concernant Goloch est bonne, mais l'argent est-il encore en Russie ou non? S'il y est, on peut toujours le confisquer. Comme on a déjà fait. Mais qu'ils sont bêtes, ces gens-là, la Banque de Commerce donne des billets anonymes, qui peuvent être vendus partout. Harcelle un peu tes Souabes, ils n'ont jusqu'à présent rien fait de visible. Rot, à ce qu'il paraît est complètement dégoûté de cette affaire -- et je dois partir. On attend samedi une lettre de Gass; je l'attendrai. Adieu.
   J'ai aussi écrit une dénonciation mais plus est contre toi, à ma mère, demande-lui -- scélérat que tu es!..
   Comme je ne serai pas avant le 5 à Nice tu peux envoyer un petit mot à Marseille poste rest; pourvu que cette lettre arrive le 4.
   Блажен... je te rappelle le Beatus ille qui procul negotiis de Пушкин:
   Перед обедом водку пьет,
   Имеет чин и в бога верит.
   Перевод
   30 мая.
   День нашего отъезда, намеченного на 1 июня, остается без изменений. Мне радостно уезжать с мыслью о том, что тут ли, там ли, но мы, наконец, встретимся; мне весело думать, что я избавлюсь, наконец, от этого судорожного, засасывающего, беспокойного и болезненного существования, которое я влачил в течение полугода. Но в каждом человеке есть большая логическая цельность, и если под давлением обстоятельств он отклоняется от своего пути, то затем постепенно опять возвращается, как маятник, на свою вертикаль. Была минута (ты уже упрекал меня за это), когда я думал, что примирился с Парижем, но я покидаю его теперь с тем же чувством негодования, с каким покидал в 1847 и 1849 годах. Я не утешаюсь вечным ответом, что повсюду в другом месте жизнь еще более отвратительна, -- пусть она будет как угодно отвратительна, но раз она вас не
   интересует, она вас и не затрагивает. Кстати, я получил длинное и очень интересное письмо от Каппа. Он совершенно ошеломлен Нью-Йорком. То, что он приводит и рассказывает в своем письме, хоть и не ново, а все же носит ту печать реальности, которую приобретают факты, когда их подтверждает человек, вам знакомый. Да, личная свобода там -- не насмешка. Итак, саrо mio, рано или поздно мы с тобой погуляем по Нью-Йорку, -- говорю это не как пророчество, а все взвесив. Европа же пусть себе разлагается и гниет сколько ей угодно. -- Фрёбель прочел несколько страниц из "V and Ufer" в своих лекциях о революционном движении в Европе; он изложил мои взгляды на Россию, и все это вызвало несколько газетных статей -- also ich bin bekannt am andern Ufer[59].
   К<апп> пишет, что одна газета заявила: "Русский может быть либо рабом, либо анархистом". На другой день граф Гуровский -- русский шпион -- послал к Фрёбелю спросить, кто этот русский автор, которому он (Гуровский) всецело симпатизирует. Фрёбель не назвал фамилии. Гуровский же, встретив его, сказал, будто знает, что это сочинение Головина. -- Transatlantische Cancans[60]. За русскими шпионят даже там; шпионы, верно, есть и в Полинезии, и в Бандалезии, и в Магнезии.
   С другой стороны, настроение у меня дурное, -- это русское дело, как свинцовая пломба, это тяжело, отвратительно (мне запломбировали зуб -- куда ни шло, но пломбировать мозги...) -- и я должен уехать именно теперь, когда нужно было бы предпринять еще кое-какие шаги! Твоя новость о Голохвастовой приятна, но деньги-то еще в России или нет? Если они там, их всегда могут конфисковать, как это однажды уже было сделано. Но как они глупы, эти люди. Коммерческий банк выдает билеты на предъявителя, которые можно продать где угодно. Потормоши немножко своих швабов, они до сих пор ничего ощутимого не сделали. Видимо, Ротшильду это дело окончательно опротивело, а мне надо уезжать. В субботу ожидается письмо от Гассера, я его дождусь. Прощай.
   Я тоже написал донос, но кроме того -- на тебя моей матери, спроси у нее, злодей ты эдакий!
   Так как я раньше 5-го не попаду в Ниццу, ты можешь послать мне несколько слов в Марсель до востребования; нужно только, чтобы письмо дошло к 4-му.
   Блажен... напоминаю тебе Beatus ille qui procul negotiis Пушкина:
   Перед обедом водку пьет,
   Имеет чин и в бога верит!

32. Л. И. ГААГ, Г. ГЕРВЕГУ и М. К. ЭРН

31 (19) мая 1850 г. Париж.

   31 mai.
   Hört und bewundert, was das für ein Land ist, das Russische Land. -- Noch ein Brief von Gass; et schreibt, daß er eine Audienz bei Nesselrode forderte und ihm die Sache als eine unerhört ungerechte vorstellte. Nesselr war ganz derselben Meinung, und sagte dem Gasser, er soll in der Kanzlei die Prokuration legalisieren. Man nahm die Prokuration an -- aber ein chef de bureau sagte, daß man nicht legalisieren wird. Gas erwiderte, daß selbst der Kanzler befohlen hat. Der chef de bureau aber erwiderte: "Er weiß also nicht, was er befohlen hat"... Den andern Tag hat man die Legalisation abgeschlagen. -- Nun was sagen Sie dazu? Der Kanzler und ein Spion! Und der Spion wie ein Hampden widersetzt sich und macht, was er will. -- Wenn das nicht anders geht, so glaube ich, muß man einen Geschäfstmann nach Petersb schicken, vielleicht müssen Sie auch eine Reise dorthin machen. Schomb ist ein vortrefflicher Mensch, ohne ihn wäre die Sache halb vergessen. Er fordert, daß ich hier noch ein paar Wochen bleibe. Heute gehe ich zu Carlier und werde noch im selben Brief schreiben, ob ich morgen reise oder hier bleibe.
   Freilich wird man auch die andere Summe unterschlagen. Lassen Sie dieses Geld vom Würtembergischen Gesandten oder Konsul grade in die Stuttgart Bank schicken; überhaupt nehmen Sie alle Mittel,sonst können Sie die größten Schwierigkeitenhaben...
   Und du, stolzer Brite Georg, als du mir geschrieben hast, der Kaiser Nik kann wohl Russen plündern, aber doch eine Würtembergerin. -- Er wird bald Stuttgart nehmen und nach Siberien aux travaux forcés schicken mit Häuser und Pedanten, Minister und Philister.
   Agissez, agissez, agissez -- ich mache alles, was möglich ist, eine neue Prokuration war nicht nötig, sie zweifeln ja nicht, daß die erste gut ist, sie wollen nicht legalisieren.
   Sollte alle Hoffnung verloren sein, so muß man recht bedenken, wie man d Billet zurückbekomme. Mit der Post unmöglich -- auch durch den Gesandten. Hier hat mir der Graf Branicky ein Mittel vorgeschlagen, durch seinen chargé d'affaires in London zu verkaufen d Billet, freilich nicht au pair...
   Hier ist es ruhig, aber schlecht ruhig, keine Luft[61]...
   Пишите на Рейхеля, если что есть; никогда не надобно посылать письма вперед. Вот и теперь -- что в Марселе лежат...
   Впрочем, я припишу, остаюсь я или нет; если нет, то завтра едем...
   Прощайте. Скучно.
   Рукой Н. А. Герцен:
   Нет куражу писать вам, друзья, да и вам не будет, верно, охоты читать, не до того. Трудно жить на свете!..
   Дети целуют ваши ручки, тебя, Машенька, благодарят за письмо. Колюточку целуем!
   Ваша Н.
   Пост скрыптум.
   <Рисунок руки - ред.>
   4 часа пополудни.
   Карловинги до того удивились моему прошению еще остаться, что говорят: "Да нечего делать -- две недели можно". Итак, я буду ждать ответа еще от Гассера до 14 июня -- пишите сюда обо всем.
   Весь ваш.
   Kola, sei nicht böse, daß Papa nicht schreibt, aber küßt[62].

33. М. К. ЭРН

Конец мая 1850 г. Париж.

   Пришлю ваше письмо. Ну, с 80 000, видно, также придется проститься. Ни avis[63] у Ружемона, ничего подобного нет. Да и как же Григор<ий> Ив<анович> послал на мам<енькино> имя? Что это за скоты, что за звери. А вы-то -- радости, сюрпризы...

34. Л. И. ГААГ и М. К. ЭРН

1 июня (20 мая) 1850 г. Париж.

   1 июня 1850 г. Париж.
   Вчера я писал вам, что остаюсь здесь ждать ответа, пожалуй до 15 июня. А потому прошу вас сейчас сообщить все подробности насчет голохвастовского долга и если что есть из Штутгарта. Может, вы обо всем этом писали в Марсель -- так еще раз облагодетельствуйте. Пишите прямо на наш адрес. -- Я могу многое вынести, но ожидать, просто ожидать -- и потом "а то лыком -- а то шелком", а только это ужасно. Чего стоит ходить к Рот<шильду> и, наконец, уж к Карлу Ивановичу -- и всё оттого, что не было человека, который бы во-время умел написать строку.
   Едем сегодня в Сен-Клу.
   Рукой Н. А. Герцен:
   Ну, еще бог знает, поедем ли, -- это была моя мысль, провести эти 15 дней где-нибудь за городом: задохнуться можно в Париже, да и квартера наша пропитана, я думаю, заразой -- да нет, кажется. А присутствие необходимо в П<ариже>. Да, такой тяжкой эпохи не было в нашей жизни, была горчее, а это все равно, что быть съедену комарами или клопами; ну, уж потом в море... да так и не выходить оттуда. -- Вчера у нас до ниточки все было готово к отъезду, сегодня разбираемся опять; право, от одного этого Эл<иза> захворает. А впрочем, в сущности-то, все хорошо. Тата выправляется. Вчера мы делали визит Морицу, потом дети завтракали в вашем ресторане Cha El, воображали, что у вас в гостях. -- Я подъезжала к Константину, он уж может ходить.

35. Э. ГЕРВЕГ

1 июня (20 мая) 1850 г. Париж.

   1 juin. Paris.
   An Ort und Stelle... j'ai encore un délai de 15 jours. Ne me donnez pas de horions, chère Emma; je courbais toujours ma tête aux fourches caudines des nécessités -- donc je continue. L'affaire va très mal; à ce qu'il paraît, les autorités de Wurtemberg
   n'ont aucune autorité. -- Je ne resterai pas les 15 jours à Paris, dès que Rotschild aura reèu une réponse définitive -- je m'embarque. Pour toucher Nice, votre main, votre cœur, et partir pour Zurich si le procès m'y oblige. -- Avant mon départ je m'informerai chez Bahrmann concernant vos papiers...
   Je suis las et stupide...
   J'ai reèu une lettre de Kapp, il est tout enchanté de New York. Frœbel a consacré une leèon à ma brochure, ce qui a donné lieu à une polémique dans les journaux allem de New York. -- Je m'en vante
   et mets ma gloire transatlantique
   et transouralienne à vos pieds.
   Перевод
   1 июня. Париж.
   An Ort und Stelle[64]... мне дали отсрочку еще на две недели. Не награждайте меня тумаками, дорогая Эмма, я всегда склонял голову перед Кавдинскими фуркулами необходимости. Итак, продолжаю. Дело обстоит очень плохо, вюртембергские власти, по-видимому, не имеют никакой власти. -- Я не проживу в Париже двух недель. Как только Ротшильд получит окончательный ответ, я отбываю, чтобы тронуться в Ниццу, дотронуться до вашей руки, тронуть ваше сердце и уехать в Цюрих, если этого потребует процесс. -- До отъезда справлюсь у Бармана о ваших бумагах...
   Я устал и отупел...
   Получил от Каппа письмо, он в восхищении от Нью-Йорка, Фрёбель посвятил одну лекцию моей брошюре, что вызвало полемику в немецких газетах, выходящих в Нью-Йорке. -- Хвалюсь этим
   и слагаю свою заокеанскую
   и зауральскую славу к вашим ногам.

36. Г. ГЕРВЕГУ

2 июня (21 мая) 1850 г. Париж.

   Le 2 juin.
   A toi, cher George, deux mots. Attends un peu la réponse de Stuttgart, et pars pour Nice, je te conjure. Emma est trop malheureuse là, et moi, je suis déchiré par la pensée que c'est pour mon affaire que tu restes. -- Tu ne feras rien et personne ne fera rien. -- Sois maudite cette demi-année perdue en d'ignobles tracasseries. -- C'est un parti pris de ruiner les hommes ennemis au gouvernement.
   Et, sacré nom de Dieu, perdre d'un seul coup... on le fait avec courage, on s'oriente, mais être sucé par goutte, traîné des mois, trompé, trahi peut-être -- c'est au-dessus des forces humaines.
   Je reste ici seulement pour savoir des nouvelles des 80 000 fr. -- L'affaire du billet, je la laisse à la providence et aux prières de St. Ignace<.>
   L'idée me vient quelquefois -- si notre chargé d'affaires à Mos n'est pas un espion. Il a été honnête homme, mais... mais tempora mutantur... Fais un dernier effort, écris à Stuttgart, promets beaucoup d'argent et expose la nouvelle affaire, comment peut-on confisquer l'argent envoyé à une Wurtembergeoise qui n'a jamais été ni jugée, ni sous une enquête.
   Weiter, muß man fordern, daß man wenigstens die Renten schickt vom Billet, alle Prozente, die jetzt eine große Summe machen...
   Et cela sera le dernier effort -- je ne peux rien faire. Lorsqu'on a des mulets de frère, et des taupes de chargé d'affaires -- il faut se résigner. Je crois même que le ministre à Stut est un énorme Jean f...re et que Nesselrode l'а tout bonnement intimidé.
   Il fallait envoyer quelqu'un en Russie -- mais qui, mais comment faire?
   На обороте: Егору Федоровичу.
   Рукой H. А. Герцен:
   P. 2 Juni.
   Ein herzlicher Gruß und Kuß.
   N. H.
   Перевод
   2 июня.
   Два слова для тебя, дорогой Георг. Подожди еще немного ответа из Штутгарта и поезжай в Ниццу, заклинаю тебя. Эмма слишком несчастна там, и меня терзает мысль, что ты остаешься из-за моего дела. -- Ничего ты не сделаешь, и никто ничего не сделает. Да будут прокляты эти полгода, потерянные в подлых хлопотах. -- Очевидно, решено разорять людей, враждебных правительству<.>
   Но, черт возьми, когда теряешь всё сразу... это переносишь мужественно, как-то приспосабливаешься, но когда из тебя высасывают всё по капле, месяцами водят за нос, обманывают, а может быть, предают -- это выше человеческих сил.
   Задерживаюсь здесь только для того, чтоб узнать, что слышно о 80 000 фр. -- А дело с билетом предоставлю провидению и молитвам св. Игнатия.
   Иногда у меня появляется мысль, уж не шпион ли наш московский поверенный в делах. Он был честным человеком, но...
   но tempora mutantur[65]. Сделай последнее усилие, напиши в Штутгарт, пообещай много денег и изложи суть нового дела -- как это можно конфисковать деньги, посланные вюртембергской гражданке, ни под судом, ни под следствием никогда не состоявшей.
   Затем, надо требовать, чтобы по крайней мере прислали проценты с билета, все проценты, которые составляют сейчас крупную сумму.
   Это будет последним усилием -- больше я ничего не могу сделать. Когда у тебя братец -- осел, а поверенный слеп, как крот, надобно покориться необходимости. Думаю даже, что штутгартский посланник -- страшный <...> болван и что Нессельроде просто-напросто его запугал.
   Надо бы послать кого-нибудь в Россию. Но кого, и как это сделать?
   На обороте: Егору Федоровичу.
   Рукой Н. А. Герцен:
   П<ариж>. 2 июня.
   Сердечный привет и поцелуй.
   Н. Г.

37. Л. И. ГААГ

3 июня (22 мая) 1850 г. Париж.

   3. Juni.
   Jetzt eben war Reichel bei uns und sagte die gute Nachricht v Gelde -- was wollen Sie damit machen? Schicken Sie durch Ihren Banquier zu Rotschild, auf meinen Namen -- au compte de Mr Alex de Herzen, ich werde amerik Papiere kaufen lassen. Es wird immer vorstellen eine neue Rente von 3 750 fr. -- Dazu werde ich Ihnen noch eine kleine Freude machen -- von den 25 000, die Sie damals gaben, werden schon 18/t nach einem Monat frei.
   Nur mit dem großen Billet geht es nicht vom Fleck.
   Schreiben Sie, was Sie anfangen wollen mit d Gelde und wie Sie bekommen haben etc., etc.
   Georg lacht jetzt, daß ich fürchtete. -- Wir bleiben wahrscheinlich bis d 15. noch hier.
   Adieu.
   Keine Zeit mehr.
   Пишите же.
   Перевод
   3 июня.
   У нас только что был Рейхель и сообщил приятную новость о деньгах. Как вы думаете с ними распорядиться? Пошлите через вашего банкира к Ротшильду на мое имя, au compte de Мr Аlех de Herzen[66]. Я велю купить американских бумаг. Это, во всяком случае, составит новую ренту в 3750 фр. А я вас и еще немного порадую -- из 25 000, которые вы тот раз дали, 18 т. через месяц уже освободятся.
   Только с главным билетом все ни с места.
   Напишите, что вы намерены предпринять с деньгами, как вы их получили etc, etc.
   Георг смеется теперь над моими опасениями. Мы останемся здесь, вероятно, еще до 15.
   Прощайте.
   Больше нет времени.
   Пишите же.

38. Г. ГЕРВЕГУ (приписка)

3 или 4 июня (22 или 23 мая) 1850 г. Париж.

   Oggi о mai...
   "Mai" also Mai, in Anfang Juni, lieber Georg, ja. -- Lasciati ogni speranza. -- Die Welt geht unter wie fauler Fisch... -- Fichtre!
   Перевод
   Oggi о mai[67]...
   "Никогда" -- значит в мае, в начале июня, милый Георг, да. -- Lasciati ogni speranza. -- Мир разлагается, как гнилая рыба... -- Тьфу, пропасть!

39. Г. ГЕРВЕГУ

5 июня (24 мая) 1850 г. Париж.

   Le 5 juin.
   Il est difficile de te le dire, avec quel pénible sentiment de douleur j'ai lu les 3/4 de tes deux lettres je dis 3/4 parce que je n'avais pas le caractère de boire d'un seul trait ces 8 pages d'offenses et d'incriminations.
   Une des choses qui m'a frappé c'est l'inculpation que nous avions laissé partir Emma, et que nous sommes restés à Paris. Et primo, quel mal y a-t-il qu'Emma soit à Nice et qu'elle n'ait pas fait ce voyage avec nous, ou que nous ne soyons pas venus deux jours après? Emma a beaucoup d'amitié pour nous -- mais pour son existence il n'y a rien de nécessaire que d'être avec toi; si elle ne nous voit que quinze jours plus tard -- ce n'est pas un grand changement. -- Je savais très bien cela et je conseillais d'aller à Zurich encore au mois de mars, mais tu n'as pas voulu, tu l'as arrêtée à Paris. Survient cette maudite affaire policière. -- Vraiment, c'est une tâche très facile, post facto, de faire des observations, comme nous les avons faites critiquant, ex<empli> gr<atia> toutes les révolutions. Peut-être je n'aurais pas insisté sur le départ si prompt cinq jours après, mais je demande à tout Paris, si le 20 mai on savait que le 1 juin Paris serait la ville la plus tranquille du monde; j'avais la plus ferme intention de partir le 26. Les circonstances changèrent -- pas le moindre danger à présent, de très graves alors. Et qui donc pouvait prévoir que tu voulais venir à Paris, un mot dans ta lettre suffisait pour arrêter le projet de voyage. Non, tu ne l'as pas dit, tu as laissé faire -- pour nous dire ensuite: "On a été 3 fois chez Car pour vous". -- Et cela s'appelle amitié plenaria. Non, avare en protestations d'amour, je suis avare et sobre en injures, au moins de ce genre. Tu n'as done pas compris sur quoi était basé tout mon droit de demander les délais, je suis propriétaire d'un immeuble dans la ville-même, c'est un droit très important. -- Et qu'en sais-tu au fond ce que j'ai fait et ce que je n'ai pas fait? As-tu là un Alexis qui te le raconte? Et qui donc t'a dit qu'Emma ne voulait pas partir elle aussi -- ou est-ce qu'elle dit le contraire?
   Et enfin de quoi s'agit-il? Tu vas à Stuttgart, tu me fais ce sacrifice de quelques jours et ensuite tu vas à Nice, comme nous. Emma ne pouvait pas partir sans les circonstances, elle voulait à tout prix attendre l'argent de Berlin, l'argent n'est pas venu, et elle à Nice...
   Que je reste ici encore 10 jours ou 8 et que c'est pour mon plaisir, c'est ridicule, je peux faire des fautes, des bêtises, mais de l'hypocrisie -- non. Et enfin, connaissant un peu mon caractère, on a la possibilité de deviner qui donc m'attache à Paris -- le gaz, ou Léontine, ou les frères Provenèaux -- je n'ai personne ici, et je ne vois presque personne.
   L'affaire. On pourrait ne pas s' occuper, c'est prosaïque, c'est ennuyeux. Mais je ne lâcherai pas cette puissance de mes mains -- j'en ai besoin, je ne veux pas me désarmer. -- Eh bien. Est-ce que Gasser n'avait pas écrit il y a 14 jours que dans 8 jours la somme serait remboursée? -- Une semaine après il rend compte de son entrevue avec Nesselrode. L'affaire paraît être terminée,
   il ne faut qu'attendre quelques jours -- craque. On ne légalise pas la procuration. Et ici commence la lâcheté évidente de R -- il n'ose pas s'offenser.
   D'un autre côté -- pas un mot sur vos démarches à Stut, avez-vous fait quelque chose là ou non?
   Dans cette indécision aller -- où -- à Nice? C'est à dire s'éloigner dans un coin et ne rien faire. Aller à Londres, à Zurich même serait plus facile... et je le ferai peut-être après avoir installé ma femme à Nice. -- Concer Schb tu te trompes, il m'a donné un conseil que je ne t'écrirai pas à présent et que je te dirai un jour; ce conseil sera un dernier coup...
   Je regrette que tu perdes à présent le temps pour cette affaire -- mais probablement votre besogne de Bodensee est terminée. Va-t'en à Nice. Peut-être le beau ciel de l'Italie te guérira de cette injuromanie -- c'est de la légèreté, je le fais aussi plus qu'il n'en faut, mais mes inculpations portent un autre caractère, vont plus profondément -- ou ne font que sourire. Ta lettre m'a tout bonnement blessé; en cachant le nom on pourrait penser que cette lettre était adressée à Rufenacht ou à Holinsky ou même à Tardif de Mélo. -- Emma a aussi un peu de cette habitude, -- je trouve que c'est une habitude détestable.
   P. S. Tu peux pour t'édifier encore sur la nécessité du départ d'Emma lui demander, comme elle craignait l'infâme R qui avait fait toute l'affaire, et qui l'avait déjà offensée une fois dans la rue. -- A présent, figure-toi la belle position devant la police correct et ayant un témoin à charge de cette farce d'ignominie. Qu'en dis-tu?
   J'écrirai à l'instant même à Emma. Je lui enverrai une lettre de recommandation à Avigdor pour avoir en cas de besoin quelqu'un.
   Eh bien, quelle conséquence peut-on tirer de ce que je me sois trompé sur l'argent de m-me Goloch? -- On a envoyé une somme -- elle est perdue, on a envoyé une autre -- elle n'est pas perdue. Connais-tu le calcul des probabilités? -- c'est donc 2/2 = 1. Même chance.
   Перевод
   5 июня.
   Трудно передать тебе, с каким тяжелым, мучительным чувством прочел я Ў двух твоих писем, я говорю Ў, потому что у меня не хватило характера испить единым духом эти 8 страниц оскорблений и обвинений.
   Больше всего меня поразил упрек в том, что мы отпустили Эмму, а сами остались в Париже. Но, во-первых, разве это
   так уже плохо, что Эмма в Ницце и что она совершила эту поездку без нас, а мы не приехали два дня спустя? Эмма очень привязана к нам, но для нее необходимо только одно -- быть с тобою; если она увидит нас двумя неделями позже, ничего особенного не случится. -- Я очень хорошо знал это и советовал ей поехать в Цюрих еще в марте, но ты не захотел и задержал ее в Париже. Потом вдруг началась эта проклятая полицейская история. -- Право, post facto[68] весьма легко рассуждать, как это мы делали, критикуя ex gr все революции. Может быть, через пять дней я и не настаивал бы на таком поспешном отъезде, но спросим весь Париж: знал ли кто-нибудь 20 мая, что 1 июня Париж станет самым спокойным городом в мире. У меня было самое твердое намерение ехать 26-го. Обстоятельства изменились -- теперь нет ни малейшей опасности, а тогда грозила очень серьезная. И кто же мог предвидеть, что ты захочешь приехать в Париж? Стоило тебе написать хоть слово, и мысль об отъезде была бы отложена. Но не тут-то было, ты ничего не написал, ты предоставил всему идти своим чередом, чтобы потом заявить нам: "Для вас трижды ходили к Карлье". -- И это называется дружбой plenaria[69]. Нет, скупой на уверения в любви, я столь же воздержан и скуп на оскорбления, по крайней мере такого рода. Ты не понял, значит, на чем основывалось все мое право требовать отсрочки: я владею недвижимым имуществом в самом Париже, -- это очень важное право. -- И много ли ты, в сущности, знаешь о том, что я делал и чего не делал? Уж нет ли у тебя Алексиса, который тебе это рассказывает? И кто тебе сказал, что Эмма тоже не хотела ехать -- или она утверждает обратное?
   И, наконец, в чем дело? Ты поедешь в Штутгарт, ты пожертвуешь для меня несколькими днями, а затем отправишься в Ниццу, как и мы. Эмма не могла бы выехать при создавшихся обстоятельствах: она хотела во что бы то ни стало дождаться денег из Берлина, но деньги не пришли, а она в Ницце.
   Говорить, что я остаюсь здесь еще на 10--8 дней только для собственного удовольствия, смешно. Я могу наделать ошибок, глупостей, но на лицемерие я не способен. И наконец, зная хоть немного мой характер, можно догадаться, что удерживает меня в Париже, -- газ, Леонтина или "Провансальские братья", -- никого у меня здесь нет и я почти ни с кем не вижусь.
   О деле. Им можно было бы и не заниматься, это прозаично, это скучно. Но я не выпущу из рук этой силы, мне она нужна, я не хочу складывать оружие. -- Так-то. И разве Гассер не писал две недели назад, что через неделю деньги будут уплачены? Неделю спустя он дал отчет о своей встрече с Нессельроде.
   Казалось, дело закончено, нужно было подождать только несколько дней -- трах! Не заверяют доверенности. И тут обнаруживается явная трусость Р<отшильда>, он не смеет оскорбиться.
   С другой стороны, ни слова о ваших хлопотах в Штутгарте. Сделали ли вы там что-нибудь или нет?
   При такой неопределенности ехать -- куда -- в Ниццу? Иначе говоря, забиться в угол и ничего не делать. Легче было бы поехать в Лондон, даже в Цюрих, -- может быть, я так и сделаю, когда устрою жену в Ницце. -- Относительно Шомбурга ты ошибаешься. Он дал мне совет, о котором я тебе сейчас ничего не пишу, расскажу как-нибудь, этот совет будет последним ударом.
   Мне жаль, что ты тратишь сейчас время на это дело, но, вероятно, ваши бодензейские труды уже закончены. Ступай же в Ниццу. Быть может, прекрасное небо Италии излечит тебя от твоей мании браниться -- это признак легкомыслия, я тоже грешу этим, и больше чем надобно, но мои обвинения носят иной характер -- они либо проникают глубже, либо вызывают только улыбку. А твое письмо меня просто оскорбило. Если скрыть имя, то можно подумать, что письмо адресовано Руфенахту, или Голынскому, или даже Тардифу де Мело. Да и Эмме не чужда эта привычка, а я нахожу, что это отвратительная привычка.
   P. S. Чтобы лучше убедиться в необходимости отъезда Эммы, можешь спросить у нее, как она боялась негодяя Р<оде>, который затеял все дело и уже оскорбил ее однажды на улице. Теперь вообрази, в каком красивом положении она бы очутилась перед исправительной полицией, имея в этом позорном фарсе подобного свидетеля со стороны обвинения. Что ты на это скажешь?
   Я тотчас же напишу Эмме. Я пошлю ей рекомендательное письмо к Авигдору, чтобы в случае нужды у нее было к кому обратиться. Ну, а какой вывод можно сделать из того, что я ошибся относительно денег госпожи Голохвастовой? Какую-то сумму послали -- она пропала, послали другую -- она не пропала. Знаком ли ты с теорией вероятностей? Ведь 2/2=1. Шансы одинаковы.

40. Э. ГЕРВЕГ

5 июня (24 мая) 1850 г. Париж.

   Le 5 juin. Paris.
   Je mе suis proposé de vous écrire une lettre charmante, avec calembours sots, piquée d'anecdotes... et même de quelques observations contre votre lettre d'hier, lorsque j'ai reèu une philippique
   de George qui m'a d'autant plus révolté que je ne l'attendais pas le moins du monde. -- Comme je vous envoie la lettre, je n'ai pas besoin de faire beaucoup de commentaires -- mais je vous dirai que c'est une étrange manière d'aimer ses amis à condition de les souffleter lorsqu'on sent une démangeaison dans la main droite. -- C'est L'amour et la cravache, vaudev du théâtre Montansier.
   La fine fleur de la lettre est l'accusation que je vous ai poussée à partir pour Nice -- et que je reste encore à Paris. Dieu des dieux, vous savez toutes les circonstances (et lui aussi), j'ai agi comme ami, comme frère -- je n'étais nullement tranquille sur votre compte avant votre départ, -- j'en ai parlé à Haug, à Bernad. Cet infâme R après votre scène avec l'Allemand pouvait faire des choses diablement blessantes. Oui, je vous poussais hors de Paris -- et j'ai bien fait. Et ensuite, quel mal s'en est suivi? -- que vous êtes séparée de nous pour 20 jours. -- J'estimais toujours votre franchise, eh bien dites-le moi -- est-ce que c'est cela qui vous préoccupe? Je suis sûr que vous nous aimez, que vous voudrez nous voir -- mais la question pour vous n'est pas là...
   George me fait le sacrifice à présent de quelques jours -- eh bien, ne me les reprochez pas. Je ferai tout mon possible pour l'engager à terminer au plus vite...
   Vous êtes à présent sans argent, -- mais je serais allé chez votre chargé d'affaires, mais vous ne m'avez rien écrit -- où le trouver. Pouvez-vous attendre jusqu'à notre arrivée? -- Voilà ce que vous ferez[70].
   Nous partons le 15. -- Je ne comprends rien dans le conseil que vous me donnez d'aller à Zurich avec ma femme et ensuite à Nice -- en ajoutant que le voyage à Nice est très long; mais est-ce qu'il sera plus court si on va par Zurich ou par Berlin... voilà, c'est cette logique dont les lois m'échappaient toujours. -- Ne vous fâchez pas si je ne suis pas tout à fait convaincu de la nécessité de faire deux voyages immenses pour obvier <à> un seul très long, mais plus court que les deux ensemble.
   Donnez votre main et rions-en de nos projets, conseils etc. Il y a un fatum, fatalité ou Άν�αγПη -- qui brouille les cartes, débrouille les cartes. E sempre bene.

   Je vous envoie 200 francs par Avigdor, c'est encore mieux, envoyez les prendre chez lui; et si vous n'en avez pas besoin, vous me les remettrez.
   Alessandro furiosо.
   Je n'envoie pas la lettre de George.
   Перевод
   5 июня. Париж.
   Я собирался написать вам очаровательное письмо, начиненное глупыми каламбурами, анекдотами... и даже некоторыми соображениями по поводу вашего вчерашнего письма, как вдруг получил от Георга филиппику, которая меня тем более возмутила, что я меньше всего ее ожидал. -- Я пересылаю вам это письмо и освобождаю себя тем самым от необходимости в подробных комментариях. Должен сказать однако, что это довольно странная манера любить своих друзей при условии, что будешь давать им пощечины всякий раз, как у тебя зачешется правая рука. -- Это "L'Amour et la Cravache", водевиль театра Монтансье.
   Соль письма -- обвинение меня в том, что я побудил вас ехать в Ниццу, а сам до сих пор в Париже. Господи боже мой, ведь вы знаете все обстоятельства (да и он тоже), я поступил как друг, как брат. Пока вы оставались здесь, я отнюдь не был за вас спокоен, я говорил об этом Гаугу, Бернацкому. Негодяй Р<оде>, после вашей сцены с немцем, был способен черт знает на какие оскорбления. Да, я гнал вас из Парижа, и хорошо делал. И потом -- что плохого от этого произошло? -- Вы разлучены с нами на 20 дней. Я всегда ценил вашу искренность, так скажите же мне -- разве это именно то, что вас заботит? Я уверен, что вы нас любите, что вы хотели бы нас видеть, но вопрос для вас не в этом...
   Георг жертвует мне теперь несколько дней, не упрекайте же меня за это. Я сделаю все возможное, чтоб уговорить его поскорее все закончить.
   Вы сейчас без денег -- я, конечно, сходил бы к вашему поверенному, но вы не писали, где его найти. Можете ли подождать до нашего приезда? А вы вот что сделайте[71].
   Мы уезжаем 15-го. -- Не понимаю, почему вы мне советуете ехать с женой в Цюрих, а затем в Ниццу -- добавляя, что путь в Ниццу очень долог, но разве он станет короче, если ехать
   через Цюрих или Берлин? -- вот логика, законы которой от меня всегда ускользали. Не сердитесь же за то, что я не совсем уверен в необходимости совершить два бесконечно долгих путешествия, чтобы избежать одного очень продолжительного и все же более короткого чем два других вместе взятых.
   Дайте же руку, и посмеемся над нашими планами, советами и т. д. Существует фатум, рок или Άν�αγПη[72], которая путает и распутывает карты. Е sempre bene[73].

   Посылаю вам 200 франков через Авигдора, так еще лучше; пошлите за ними, а если они вам не нужны, вы мне вернете их.
   Alessandrо furiosо.
   Письмо Георга не посылаю.

41. Т. А. АСТРАКОВОЙ

7 июня (26 мая) 1850 г. Париж

   Рукой Н. А. Герцен:
   Париж, 1850, июня 7.
   Знаю, моя Таня, что тебе так же тяжело было не получать от меня известий, как мне не писать тебе. Не писала я потому, чтоб письмом моим не наделать тебе более горя, чем молчаньем. Мне было так трудно, так душно, как будто черная туча обернула меня с ног до головы, не только луча -- ни одной ясной точки всю зиму, я трех раз не выходила, все была больна; в постеле я узнала, что тезку мою постигло ужасное несчастие, но какое -- это мне было неизвестно около трех месяцев, и все-то это время я мучилась, в полном смысле этого слова, и день и ночь; теперь страшно вспомнить, что вынес. Какая жестокость оставлять друзей в такой неизвестности! Наконец пришли слухи о ее семье, а от нее и до сих пор ни слова! Бог знает, что бы дал за него. -- Ну, продолжаю мой невеселый рассказ: едва я встала на ноги -- дети, весь дом, кроме самого старшего сына, занемогли, это и другие дела приковали меня здесь, а в то же время необходимость оставить здешний климат, который до невыразимой степени противен моему здоровью, я думала, что погибну здесь... но, мало-помалу, туча расходится, все выздоровели, и я уезжаю в Италию купаться в Средиземном море. Ты пиши мне, и пиши сей час по получении этого письма, на тот же адрес в Цюрих[74] с передачею Мmе Elise Brouker, из Италии напишу новый. Пиши, ты должна это сделать, о всех моих родных. Тезке скажи, что это тяжкий грех не писать мне. Прощай, написала б больше, кабы совсем прояснилось, -- но родство остается непоколебимо никакими грозами и бурями. Надеюсь, что ты понимаешь и ценишь смысл единственного числа.
   Твоя Н.
   Дайте руку -- и да будет мир вам.
   На обороте: Татьяне Алексеевне Астраковой.

42. Г. ГЕРВЕГУ

8 июня (27 мая) 1850 г. Париж.

   8 juin.
   Tout ce que tu as fait, tu `as fait parfaitement bien (à l'exception de la lettre que tu m'as écrite). L'affaire donc n'est pas si facile -- comme tu le vois toi-même.
   L'identité (o Schelling, toi le maestro der Identitätslehre) -- se prouve encore par le très illustre titre de Hofrat, et parce que je suis inscrit au livre de la noblesse du gouvernement de Moscou et propriétaire dans le gouv de Kostroma; le diplôme est resté à Moscou, je le ferai venir...
   Weiter, -- sollten Sie mir den Rat geben, so werde ich bei Rotschild die Zurückgabe des Billets fordern, aber es ist immer bedenklich, solche Sachen durch die Post zu schicken. Geben Sie Ihre Meinung. Heute ist der 8., also kann ich eine Antwort den 12. oder d 13. bekommen.
   Jetzt habe ich nichts in Paris zu machen.

   Weder Gasser noch Sch sind das, was du meinst, aber der R nachdem er Kiselew gesehen hat, ist verflucht abscheulich geworden. Ich habe alle Briefe von Gasser gelesen -- er ist wütend über diese Geschichte und beleid gt; weil auch sein Endossement da ist. Der andre ist nicht beleidbar -- der letzte Makabeer.

   Ich möchte dir doch eine gute Phrase schreiben -- aber ich bin bis jetzt sehr böse über deinen Brief.

Et viv'nos ennemis, les amis!..

   На обороте: Егору Васильевичу.
   Перевод
   8 июня.
   Все, что ты сделал, ты сделал превосходно (за исключением письма, которое ты мне написал). Дело-то, как ты сам видишь, не такое уже легкое.
   Тождество моей личности (о Шеллинг, о maestro der Identitätslehre[75]) подтверждается и блистательным званием надворного советника, равно как и тем, что я внесен в дворянскую книгу Московской губернии и являюсь помещиком Костромской губернии; диплом остался в Москве, я выпишу его сюда.
   Далее, если вы мне это посоветуете, я буду требовать у Ротшильда возвращения билета, но всегда рискованно посылать такие вещи по почте. Сообщите ваше мнение. Сегодня 8-е, стало быть, я могу получить ответ 12-го или 13-го.
   Теперь мне в Париже нечего делать.
   Гассер и Ш<омбург> -- совсем не то, что ты о них думаешь, а вот Р<отшильд>, после того как повидался с Киселевым, стал до черта противен. Я читал все письма Гассера -- он взбешен этой историей и обижен, так как на билете стоит и его передаточная надпись. Другой же -- тот не обидчив -- наш последний из Маккавеев.

   Мне хотелось бы все же написать тебе несколько добрых слов, но я до сих пор еще очень зол на твое письмо.

Et viv'nos ennemis, les amis!..

   На обороте: Егору Васильевичу.

43. Г. ГЕРВЕГУ

11 июня (30 мая) 1850 г. Париж.

   Le 11 juin.
   Tu es, cher George, tout à fait comme Ney, le brave des braves, tu ne te rends jamais et tu fais bien. Tu as tort -- mais il n'y a pas de raison d'en convenir; enfin, moi de guerre lasse, je cèderai -- car répéter pour la 500 fois les mêmes arguments c'est acheter une justification à un prix énorme. --Tu écris que tu portes haut la tête et le cœur, -- moi aussi; mais quelquefois je les porte très humbles, c'est nommément quand j'ai tort, quand, entraîné par un mouvement passionné, j'offense mes amis; tu veux absolument avoir raison, et en manquant tu prends par les sentiments, tu ris et tu pleures -- pour ne pas être forcé de convenir que tu avais tort. Ce n'est pas moi le premier qui l'aie remarqué; Emma aussi bien que moi et avant moi. En moi tu trouveras toujours une résistance acharnée. -- L'autre jour je n'étais pas fâché, j'étais affligé par ta lettre, je sais que tu devais revenir toi-même; mais cela n'est pas assez d'avoir le désir de frapper -- pour frapper; tu es trop habitué aux concessions amicales, -- moi je ne peux le faire, avec toute mon amitié, c'est contre ma nature...
   Pour mettre sur un autre terrain la question, moi je demande où fallait-il aller, quand? -- Est-ce que tu as jamais écrit qu'il fallait venir à Zurich, la seule chose possible pour nous réunir, moi je l'ai proposée, mais Zurich te déplaisait comme ville, -- votre voyage à Stuttg n'était-il pas nécessaire, et il n'y a que 3 jours que vous l'avez terminé. Quand fallait-il donc aller? Si tu n'as pas gardé toutes mes lettres, au moins rappelle-toi les réponses de Gasser, chaque semaine se terminait par une promesse.
   L'affaire entière a été traitée de facile au commencement, eh bien, tu vois à présent que le ministre ne peut pas même obtenir
   de réponse de l'ambassadeur. Et que Rot ne fait rien contre, mais ne fait rien pour. Quelle serait donc la folie de quitter une affaire entamée, sans même connaître l'état dans lequel on la laisse.
   Pourquoi me fais-tu répéter tout cela? Je n'avais d'autre manière d'agir. Enfin on me renvoie de Paris, -- toute la maison malade, mais vers le 1 juin je pouvais partir, non pas pour te rejoindre, mais pour aller à Nice -- eh bien, Rot lui-même était tellement persuadé vers la fin du mois de mai que l'affaire allait se terminer -- qu'il a ordonné d'acheter des papiers amér pour ma mère, que la police a eu l'évidence de la nécessité de rester quelques jours encore.
   A présent, je dois dire concernant le conseil de Sch dont j'ai fait mention l'autre jour; il m'a dit qu'une démarche énergique de la part de R finirait en une semaine l'affaire et en même temps qu'il n'y a pas de doute qu'il ne le fera pas. Si on perd le temps à présent, le gouv russe, voyant que l'affaire n'est pas poussée, s'acharnera encore plus. Donc il faut frapper un coup décisif, le coup décisif serait de demander définitivement <à> R, veut-il continuer ou non l'affaire, et par quels moyens. Sinon -- transporter immédiatement l'affaire à Londres. J'attends demain ou même aujourd'hui la réponse de Bamberger, auquel j'ai communiqué tous les détails -- après avoir fait le transfert, Gasser n'aura qu'à endosser à Pétersb le billet au nom désigné par le banquier anglais. -- En tout cas, c'est un pas -- et qui ne serait pas fait sans moi...
   Tu penses qu'il a un dualisme dans ce que je dis, que je me soumets aux nécessités extérieures. Non, c'est aussi du réalisme, le vin de Xérès me donne régulièrement des maux de tête -- eh bien, je ne le prends pas. Je sais qu'il m'est impossible d'aller à Naples, -- j'aime Naples par-dessus tout -- et bien, non seulement je n'irai pas à Naples, mais je ne me bercerai pas même de projets inexécutables -- qui donc est dans la réalité et qui dans les fantaisies? Mais moi, je ne t'en veux pas pour cela. -- Je déteste Paris - et je restais là parce que je pensais pouvoir faire quelque chose pour le procès. Tu aimes Paris, tu meurs d'ennui à Zurich et pendant 6 mois l'idée ne t'est pas venue de venir passer ici une semaine ou deux; cela ne prouve non plus une grande décision de caractère... Je crois qu'il suffit. -- Amen.
   Ecris donc à Kol que je suis très flatté etc. et que je lui enverrai quelque chose. Reichel t'apportera l'Epilogue, tu peux le faire copier par quelque'un à Zurich (c'est le seul exemplaire) et envoyer sans traduire à Kol mais comme cet Epil<ogue> a déjà été promis par Kapp à la 2e édit de la brochure, moi je donnerai à Campe encore un petit article. C'est dommage seulement que l'Epilogue à lui seul ne présente rien de
   Ganzes, il fallait aussi l'autre article. -- Ou s'il veut attendre, je lui écrirai de Nice quelques "actualia".

Proposition:

   1) M'attendre à Zurich, aller avec moi à Londres, de Londres à Lisbonne, Cadix, Sicile, Malte, Gênes et Nice.
   2) Venir à Nice, faire le même voyage vice versa et retourner par Zurich...
   Qu'en pensez-vous, cela m'occupe fortement. Londres peut devenir indispensable.
   J'irai à Londres et je viendrai te chercher, si tu ne viens pas à Nice.
   Vide la lettre de ma mère.
   На обороте: Егору Федор<овичу>.
   Перевод
   11 июня.
   Дорогой Георг, ты совсем как этот храбрец из храбрецов Ней, ты никогда не сдаешься, и хорошо делаешь. Ты неправ, но убедить тебя в этом невозможно; словом, наскуча долгим сопротивлением, я готов уступить, ибо повторять в 500-й раз одни и те же аргументы значит купить оправдание непомерно дорогой ценой. Ты пишешь, что несешь высоко и голову и сердце, -- я тоже; но иногда я несу их весьма смиренно, а именно тогда, когда я неправ, когда в порыве страсти оскорбляю своих друзей. Ты хочешь во что бы то ни стало быть правым, и когда это тебе не удается, ты начинаешь играть на чувствах, смеешься, плачешь -- лишь бы не быть вынужденным признать свою ошибку. Не я первый это заметил: так же, как я, и до меня заметила это Эмма. У меня ты всегда встретишь ожесточенное сопротивление. -- Но в тот раз я не рассердился, я был удручен твоим письмом, я знаю, что ты и сам бы одумался. Но чтобы ударить -- недостаточно одного желания ударить; ты слишком привык к дружеским уступкам, а я, при всех моих дружеских чувствах, не могу пойти на это: это противно моей натуре...
   Но поставим вопрос иначе: я тебя спрашиваю, куда же надобно было ехать и когда? -- Разве ты хоть раз написал, что нужно ехать в Цюрих? Эту единственную для нас возможность встретиться я предлагал, но Цюрих не нравился тебе как город. А ваша поездка в Штутгарт -- разве она не была нужна, и только три дня назад вы ее завершили. Когда же надобно было ехать? Если ты не сохранил всех моих писем, то припомни хотя бы ответы Гаcсера, каждая неделя заканчивалась обещанием.
   Вначале дело представлялось легким, ну а теперь -- ты видишь, что даже министр не может добиться ответа от посланника. А Ротшильд ничего не предпринимает ни за, ни против. Ведь было бы безумием оставить начатое дело, не выяснив даже, в каком положении его бросаешь.
   Зачем ты заставляешь меня повторять все это? Я был лишен возможности поступать иначе. Наконец, меня высылают из Парижа, все дома больны, но к 1 июня я мог бы уехать, однако не с тем, чтобы присоединиться к тебе, а чтобы отправиться в Ниццу, -- ведь сам Ротшильд в конце мая был настолько уверен, что дело близится к концу, что даже распорядился купить для моей матери американские акции, и полиции было очевидно, что мне необходимо задержаться здесь еще на несколько дней.
   Теперь я должен рассказать о том совете Ш<омбурга>, о котором упомянул в прошлый раз; он мне сказал, что энергичные меры со стороны Р<отшильда> помогли бы закончить дело в одну неделю, но в то же время можно не сомневаться, что тот их не предпримет. Если упустить теперь время, то русское правительство, увидя, что дело не двигается с места, будет еще больше упорствовать. Следовательно, нужно нанести решительный удар. Таким решительным ударом было бы потребовать от Р<отшильда> окончательного ответа -- хочет ли он продолжать дело или нет, и какими средствами. Если нет, немедленно перевести дело в Лондон. Жду завтра или даже сегодня ответа от Бамбергера, которому я сообщил все подробности. После перевода дела в Лондон Гассеру останется только сделать в Петербурге передаточную надпись на билете на имя лица, указанного английским банкиром. Во всяком случае, это шаг вперед -- и без меня он не был бы сделан.
   Ты усматриваешь дуализм в моих словах, когда я говорю, что подчиняюсь внешней необходимости. Нет, это тоже реализм, -- херес постоянно вызывает у меня головную боль, ну что ж, я не пью его. Я знаю, что мне нельзя ехать в Неаполь, а я люблю Неаполь больше всего на свете, -- так вот, я не только не поеду в Неаполь, но не стану даже лелеять этот невыполнимый план. Кто же из нас живет в мире реальном и кто в мире фантазии? Но я не сержусь на тебя за это. Я ненавижу Париж, но я оставался здесь, ибо думал, что могу что-то сделать для процесса; ты любишь Париж -- ты умираешь от скуки в Цюрихе, а за полгода тебе не пришла в голову мысль приехать сюда на недельку или на две; это также отнюдь не свидетельствует о большой решительности твоего характера... Думаю, что достаточно. -- Amen.
   Напиши же Колачеку, что я весьма польщен и т. д. и что я ему пришлю кое-что. Рейхель привезет тебе "Эпилог", дай его
   кому-нибудь в Цюрихе переписать (это единственный экземпляр) и отошли, не делая перевода, Колачеку. Но так как Капп уже обещал "Эпилог" для 2-го издания брошюры, я дам Кампе еще небольшую статейку. Жаль только, что "Эпилог" сам по себе не представляет нечто Ganzes[76]. Надо было бы также и другую статью. Если же он согласен ждать, я напишу ему из Ниццы какие-нибудь "actualia"[77].

Предложение:

   1) Ждать меня в Цюрихе, ехать со мной в Лондон, из Лондона в Лиссабон, Кадикс, Сицилию, Мальту, Геную и Ниццу.
   2) Приехать в Ниццу, проделать то же путешествие vice versa[78] и вернуться через Цюрих...
   Что вы об этом думаете? Меня это очень занимает. Поездка в Лондон может оказаться совершенно необходимой.
   Я поеду в Лондон и заеду за тобой, если ты не приедешь в Ниццу.
   Vide[79] письмо моей матери.
   На обороте: Егору Федор<овичу>.

44. Э. ГЕРВЕГ

11 июня (30 мая) 1850 г. Париж.

   Le 11 juin.
   Hier depuis le matin on a commencé à porter chez moi les lettres que vous avez eu la bonté de m'adresser du 5 juin sous toutes les enveloppes possibles et sur les adresses les plus variées. Je les ai reèues, comme vous pouvez penser, avec un plaisir qui dépasse toutes les limites, d'autant plus que j'avais une migraine des deux côtés de la tête. Tout ce qui est faisable sera fait. -- C'est un peu bête mais ne présente pourtant rien de grave. -- Nous partons le 15. Samedi. Edmond aussi: je l'ai justifié moi-même, mais que voulez-vous, la faiblesse est aussi un vice.
   George sent, à ce qu'il paraît, qu'il a tort, parce qu'il cherche par tous les moyens de me prouver que c'est moi qui ai eu tort. -- Vous savez que chez lui cela veut dire qu'il s'excuse.
   Je pense déjà d'aller de Nice à Londres par Cadix!.. Je ne ferai rien de tout cela.
   Et bien, à bientôt et vivez en paix, et Dieu vous garde des cousins et des moucherons...
   Herrn Junker Horaz meine Empfehlung, so wie auch der gnädigen Frau Ada.
   Перевод
   11 июня.
   Вчера с утра стали приходить ваши письма, которые вы, начиная с 5 июня, столь любезно адресовали мне во всевозможных конвертах и по самым разнообразным адресам. Как вы сами понимаете, их получение доставило мне безмерное удовольствие, тем более, что у меня была двухсторонняя мигрень. Все, что можно сделать, будет сделано. -- Это немного глупо, но не представляет никаких трудностей. -- Мы едем 15-го в субботу. Эдмон тоже; я и сам признал его правым, но как хотите, а слабость -- тоже порок.
   Георг как будто чувствует свою неправоту, ибо всячески старается доказать мне, что именно я был во всем виноват. -- Вы ведь знаете, у него это означает извинение.
   Я уже подумываю о том, чтобы поехать из Ниццы в Лондон через Кадикс!.. -- Ничего этого я не сделаю.
   Итак, до скорого свидания, мир вам, и да хранит вас господь от комаров и мошек...
   Почтение благородному господину Горасу, равно как и милостивой государыне Аде.

45. Л. И. ГААГ

14 (2) июня 1850 г. Париж.

   14 июня.
   Da haben Sie den hochgeschätzten Kapellenmeister Reichel-früher in Egypten Herr Meß Trismegistus genannt. Mehr habe ich nichts für heute zu schreiben. -- Er wird Ihnen die vortreffliche Szene mit dem Baronen erzählen. Ich schicke auch die letzten Brief v Bamberger für Georg, die Sache ist doch nicht zu leicht, und alles hat in London mich gescheutert. Jetzt kann man rechnen, daß R vieles machen wird. Warum hat er früher das nicht gemacht? -- Reichel kann das nicht begreifen. Und es ist doch klar; bis auf die vorletzte Anfwort v Gas hat Rot die ganze Geschichte für leicht gehalten, -- jetzt sah er aber, mit welcher Hartnäckigkeit die Regierung die Zahlung weigert.
   Wenn es möglich wäre, jetzt den Gesandten mit Gasser in Berührung bringen. -- Und doch kann man noch nicht bald ein Ende sehen.
   Großes Glück, daß d Geld von Mme Golochwastow angekommen ist, -- es bleiben bei ihr noch 38 000, wenn sie aber 20 000 zahlt, so ist es gut.
   Перевод
   14 июня.
   Вот вам сам драгоценный капельмейстер Рейхель -- некогда в Египте именовавшийся Гермесом Трисмегистом. Сегодня мне больше не о чем писать. -- Он расскажет вам о великолепной сцене с бароном. Посылаю также последние письма Бамбергера для Георга, однако дело совсем не так просто, все в Лондоне меня отпугнуло. Теперь можно рассчитывать, что Р<отшильд> многое сделает. Почему он раньше этого не сделал? Рейхель не может понять. Между тем ясно -- до предпоследнего ответа Гассера Ротшильд считал всю историю пустячной -- теперь он увидел, с каким упорством правительство уклоняется от платежа. Если бы можно было свести теперь посла с Гассером. -- И все же конец еще не скоро будет виден.
   Большое счастье, что пришли деньги от г-жи Голохвастовой, -- за ней остается еще 38 000, ежели она заплатит 20 000, то и это хорошо.

46. Г. ГЕРВЕГУ

17 (5) июня 1850 г. Тоннер.

   Medice, cura te ipsum!
   Dès que j'eus terminé mes affaires, je me suis mis dans un wagon, et nous sommes à Tonnerre. Je ne croyais pas que notre départ fut nécessaire ou utile avant, pas même trop agréable. A présent comme je laisse les affaires, je ne puis rien ajouter -- je me hâtais lentement, mais je suis en route.
   Ce papier infâme a été acheté par Reichel pour toi, il n'y a pas de dérision plus amère que d'acheter quelque chose d'ignoble comme ce papier, mais il faut l'excuser. Le dernier temps il avait des symptômes d'hydrophobie très prononcés.
   Avant mon départ on m'avait invité à un petit dîner, où nous avons passé notre temps jusqu'à 4 heures du matin...
   Adieu. Je voudrais dire au revoir -- mais comme je ne sais pas quand tu viendras -- j'hésite. Pour le voyage à Londres, il ne pourra s'effectuer que dans 2 mois.
   Summa cum pietate
   A. H.
   Перевод
   Medice, cura te ipsum!
   Покончив с делами, я тотчас же сел в вагон, и вот мы в Тоннере. До сих пор я не считал, чтобы наш отъезд был необходим,
   полезен и даже особенно приятен. Теперь, когда я бросил дела, ничего не могу к этому прибавить -- я поспешал медленно, но я в пути.
   Эта гнусная бумага была куплена Рейхелем для тебя. Нельзя придумать более горькой насмешки, чем купить такую дрянь, как эта бумага, но надобно его извинить. В последнее время у него появились резко выраженные симптомы водобоязни.
   Перед моим отъездом меня пригласили на скромный обед, за которым мы засиделись до 4 часов утра.
   Прощай. Хотел бы сказать до свидания, но, не зная, когда ты приедешь, не решаюсь. Что до поездки в Лондон, то она может осуществиться не раньше, чем через 2 месяца.
   Summa cum pietate[80]
   А. Г.

47. Э. ГЕРВЕГ

17 (5) июня 1850 г. Тоннер.

   17 juin. Tonnerre.
   Dans cinq jours je me précipiterai à vos pieds avec tous mes descendants... etc. Ce n'est que le premier pas qui coûte, vous voyez qu'il est fait...
   Cette lettre viendra, je crois, quelques heures plus tard que nous, peut-être je la porterai moi-même pour être plus sûr qu'elle vous parviendra...
   Vous comprenez donc qu'il n'y a pas de cause de bavarder plus longtemps; nous ne faisons qu'attendre la diligence pour aller à Chalon nous nous arrêterons à Arles. Chojecky brûle de désir de voir les vieux monuments et les jeunes filles d'Arles. Massol lui a monté la tête avec les Abyssiniennes, moi je veux les enfoncer par anticipation.
   Bernacky a reèu votre épître. J'ai été chez lui avec ma femme et les enfants et il a fait les honneurs de la maison "avec la grâce la plus parfaite" (style du Monit<eur> du soir).
   Le reste... je le garde, pour avoir quelque chose à raconter lorsque je serai où die Zitronen blühen.
   A. H.
   Рукой К.-Э. Хоецкого:
   Nous sommes arrivés par un temps magnifique au milieu de tonnerre, ce que me prédispose particulièrement de joindre à la présente l'expression de mon amitié pour vous et pour vos enfants. Dans quelques heures nous nous mettons en route pour ne nous arrêter à Arles, où Herzen veut voir les mines romaines à ce qu'il dit. Dieu donne que cet homme subversif n'ait pas d'autres idées! Heureusement je suis là et tant que j'y serai, la vertu n'aura qu'à s'applaudir de la manière dont nous nous conduirons à son égard.
   Votre dévoué Ch. Edmond.
   Перевод
   17 июня. Тоннер.
   Через пять дней я брошусь к вашим ногам со всем своим потомством... и т. д. Труден лишь первый шаг, -- как видите, он сделан.
   Я думаю, что это письмо будет получено на несколько часов позже нашего приезда; может быть, я сам его доставлю для большей уверенности, что оно до вас дошло...
   Итак, вы понимаете, что незачем продолжать мою болтовню; мы ждем только дилижанса, чтобы ехать в Шалон; мы остановимся в Арле. Хоецкий горит желанием увидеть древние памятники и юных девушек Арля. Массоль вскружил ему голову рассказами об абиссинках, а я уже заранее желаю им провалиться. Бернацкий получил ваше послание. Я был у него с женой и детьми, он встретил нас радушно и "с изысканной любезностью" (стиль "Monit du soir").
   Об остальном... остальное приберегаю, чтобы иметь что рассказать, когда буду там, где die Zitronen blühen.
   А. Г.
   Рукой К.-Э. Хоецкого:
   В прекрасную погоду мы оказались посреди грома, что меня особенно располагает сопроводить настоящее письмо выражением своих дружеских чувств к вам и к вашим детям. Через несколько часов мы снова отправимся в путь и остановимся уже только в Арле, где Герцен, по его словам, хочет осмотреть римские раскопки. Дай бог, чтоб этому ниспровергателю основ не взбрело еще что-нибудь в голову. К счастью, я тут, а в моем присутствии добродетели не придется жаловаться на наше поведение по отношению к ней.
   Преданный вам Ш. Эдмон.

48. Г. ГЕРВЕГУ

19 (7) июня 1850 г. Лион.

   Рукой Н. А. Герцен:
   18, bateau à vapeur Hirondelle --
   de Chalon à Lyon.
   Ce voyage me rappelle si vivement ceux que nous avons faits ensemble; je ne puis pas m'empêcher de ne pas vous dire un mot, serrer la main, causer avec vous -- dans la pensée... parce que le mouvement est très désagréable.
   Рукой К.-Э. Хоецкого:
   Lieber Georg. Da ich krank war und es noch bin, so habe ich ganz vergessen deutsch zu schreiben, ich kann nur Sie für tausend mal freundlich zu küssen.
   Ihrer Edm.
   Рукой H. А. Герцен:
   19. Lyon.
   On monte ici l'observatoire pour voir Mont Blanc. Moi je n'ai besoin ni de montagnes, ni de lunettes pour vous voir (o Emma! о A!), cher besson. En effet, je pense beaucoup à nos excursions... si vous étiez avec nous!...
   Lyon.
   Les lions et les tigres, les ogres (c'est moi) sont arrivés à Lyon -- et l'embrass. Le voyage se fait facilement. Et tout le monde se porte bien. Edmond seul a été malade, mais par malheur il n'est pas mort à Chalon -- et il chante "Ça ira" sans cédille (cela veut dire Kaïra).
   На обороте: G. H.
   Перевод
   Рукой H. A. Герцен:
   18, пароход "Ласточка" --
   из Шалона в Лион.
   Это путешествие так живо напоминает мне те, что мы совершали вместе с вами, что не могу удержаться, чтобы не сказать вам несколько слов, не пожать вам руку, мысленно не поговорить с вами... ибо качка крайне неприятна.
   Рукой К.-Э. Хоецкого:
   Дорогой Георг. Так как я болел и продолжаю болеть, то совсем разучился писать по-немецки и могу только тысячу раз дружески вас поцеловать.
   Ваш Эдм<унд>.
   Рукой Н. А. Герцен:
   19 июня. Лион.
   Здесь поднимаются в обсерваторию, чтобы видеть Монблан. Мне не нужно ни гор, ни очков, чтобы видеть вас (о Эмма! о А<лександр>!), дорогой близнец. В самом деле, я много думаю о наших прогулках... ах, если бы вы были с нами!..
   Лион.
   Львы и тигры, людоеды (это я) прибыли в Лион -- и обнимают его. Путешествие протекает легко. И все чувствуют себя хорошо. Один Эдмон был нездоров, но, к несчастью, он не умер в Шалоне и распевает "Ça ira" без седиля (т. е. "Ка-ира").
   На обороте: Г. Г<ервегу>.

49. Г. ГЕРВЕГУ

21 (9) июня 1850 г. Марсель.

   Le 21 juin. Marseille.
   A peine sortions-nous des wagons d'Avignon, qu'un transport de tes lettres a été apporté par un garèon oriental, qui succombait sous le fardeau. Ce qui est bon -- est bon. Et non seulement le nombre, mais le contenu calme, serein... pourquoi n'as-tu pas envoyé ces lettres à Paris, et la lettre atrabilaire à Marseille (ce serait encore mieux au Havre).
   Eh bien, nous voilà -- presso al fine; jusqu'ici le voyage a été excellent, d'Avignon par chemin de fer, de Dijon à Chalon -- idem, de Chalon à Valence -- par bateau à vap. A présent je pense prendre un bateau jusqu'à Cannes, et aller de la à pied (de cheval) avec ma canne -- pour ne pas faire là quarantaine et pour ne pas rester 28 h en diligence comme Emma.
   Je suis un peu enrhumé (voilà le Sud pour un ours du Nord). Cela m'empêche de goûter pour la dernière fois les vins franèais, sans empêcher de sentir l'atmosphère puante des rues. Cela me rappelle Paris. Il y a dans tes lettres une déclaration d'amour pour Paris. Aime-le. Mais sois bien persuadé que le premier pas vers un avenir meilleur pour l'humanité -- c'est de se dégriser de Paris et de la France. -- Peut-être cela ne viendra pas; oui, c'est très possible que l'Europe n'aie pas d'avenir humain -- mais canin, iroquois. Regarde cette race abâtardie, ces fronts rétrécis, ces yeux qui ne peuvent se concentrer, cette pensée bornée, ce vague des actions et des convictions.
   На обороте: G. H.
   Перевод
   21 июня. Марсель.
   Едва мы вышли из вагонов авиньонских, как какой-то восточный малый, сгибаясь под тяжестью своей ноши, притащил целую кипу твоих писем. Что хорошо -- то хорошо. И не только количество, но и содержание, спокойное, ясное... Почему ты не послал эти письма в Париж, а желчное свое письмо -- в Марсель (еще лучше было бы в Гавр)?
   Ну вот, мы и presso al fine[81]. До сих пор мы ехали превосходно: из Авиньона -- по железной дороге, от Дижона до Шалона -- idem, от Шалона до Валенса -- на пароходе. Теперь я думаю сесть на корабль до Канна, а оттуда с тростью в руках шагом (лошадиным): чтобы избежать карантина и не просидеть, как Эмма, 28 часов в дилижансе.
   У меня небольшой насморк (вот что значит юг для северного медведя). Это мешает мне в последний раз насладиться французскими винами, не мешая однако чувствовать зловоние улиц. Это напоминает мне Париж. В твоих письмах ты признаешься в любви к Парижу. Люби его. Но могу тебя уверить, что первый шаг на пути к лучшему будущему человечества -- это трезвый взгляд на Париж и Францию. А быть может, оно и не наступит; ведь вполне возможно, что у Европы нет человеческого будущего, а только собачье, ирокезское. Взгляни на эту выродившуюся расу, на эти узкие лбы, на эти глаза, взгляд
   которых не может сосредоточиться, на эту ограниченность мысли, на эту неопределенность в действиях и убеждениях.
   На обороте: Г. Г<ервегу>.

50. Г. ГЕРВЕГУ

27 (15) июня 1850 г. Ницца.

   Le 27 juin. Nice.
   Eh bien, voilà! De quoi nous occuper, discuter, disputer, nous fâcher... le billet payé, nous -- à Nice. On dit, lorsque Gibbon a terminé son histoire et lorsqu'il a relu la dernière page, il devint triste. C'est presque la même chose qui m'advint lorsque j'ai reèu la lettre de Sch -- à quoi bon à présent ma haute diplomatie, mes conjectures, mes complications, indications, prévisions -- la chose est gagnée... Plaignez-moi!
   Basta, dorénavant tes oreilles ne seront plus écorchées par des dissertations financières.
   A présent de Nice. Jamais de ma vie je n'ai senti un tel bien-être climatologique comme ici; même la chaleur n'y fait rien. Nous avons des appartements très vastes, nous nous déshabillons, au lieu de nous habiller, nous nous baignons dans l'eau et dans l'air du soir embaumé, doux -- et au diable ces beautés féroces de la Suisse, ces monuments du régime de la terreur géologique. Pour aucun prix je ne monte plus au nord, mais je descends volontairement jusqu'au Basilicate si tu veux, -- au reste, le Piémont est très habitable; je trouve beaucoup de changement, beaucoup plus de douceur gouvernementale qu'en 47 et plus de ressources. Somme générale, je suis tout à fait content d'avoir quitté Paris -- ce cancer général de l'Europe -- et d'avoir fait ce choix et non un autre.
   L'été on peut vivre presque sans argent. Emma payait assez cher avant nous, à présent l'hôte (dont la maison est complètement vide) consent de prendre 10 fr. ou 12 par jour -- chambres, nourriture, bonne -- et tout compris, et sans augmenter quand tu viendras. Nous pouvons rester un mois ou deux à l'hôtel. Et ensuite louer une maison près de la mer. Il y en a une quantité...
   Tu n'écris pas, on dit que tu es fâché -- est-ce que tu nous en veux encore pour la lettre que tu as éc.
   Santo padre, justitia!
   На обороте: Георгу Гервегу.
   Перевод
   27 июня. Ницца.
   Ну, вот и дождались! Не из-за чего больше стараться, спорить, препираться, сердиться... билет оплачен, мы -- в Ницце. Говорят, когда Гиббон закончил свою историю и перечел
   последнюю страницу, ему стало грустно. Почти то же произошло и со мной, когда я получил письмо от Ш<омбурга>. К чему теперь моя высокая дипломатия, мои догадки, сложные расчеты, мои указания, моя предусмотрительность -- дело выиграно... Пожалейте меня!
   Баста! Твой слух впредь уже не будут терзать финансовые рассуждения.
   Теперь о Ницце. Ни разу в жизни я еще не испытывал такого климатологического блаженства, как здесь, даже жара ему не помеха. Комнаты у нас очень просторные; мы раздеваемся вместо того, чтоб одеваться, мы купаемся в воде и в благовонном, теплом вечернем воздухе -- и к черту эти дикие красоты Швейцарии, эти памятники режима геологического террора. Ни за что на свете не стану я больше подниматься на север, зато охотно спущусь, если хочешь, до Базиликаты; впрочем, в Пиэмонте вполне можно жить, я нахожу здесь большую перемену, гораздо больше послаблений со стороны правительства, чем в 47 году, и больше возможностей. В общем, я очень доволен, что покинул Париж -- этот всеевропейский рак -- и сделал именно такой, а не иной выбор.
   Лето можно прожить почти без затрат. Эмма до нас платила довольно дорого, теперь же хозяин (дом его совершенно пустует) согласен брать 10--12 фр. в день за комнаты, со столом и услугами включительно, и ничего не набавлять, когда ты приедешь. Мы можем остаться в гостинице месяц-два. Затем нанять дом у моря. Их здесь множество!
   Ты не пишешь -- говорят, ты сердит. Уж не обижен ли ты все еще на нас за письмо, которое ты написал?
   Santo padre, justitia![82]
   На обороте: Георгу Гервегу.

51. Г. ГЕРВЕГУ

28 или 29 (16 или 17) июня 1850 г.

   29 ou 28.
   J'attends de Zurich la description de l'arrivée du billet, l'effet magique, psychique, chique etc. En attendent je te remercie pour les dernières lettres. Mais que diable fais-tu donc à Zurich, ou par hasard est-ce que tu as trouvé là un perce-cœur quelconque, une Léontine helvétique au teint frais et aux dents noires, -- il faut enfin motiver ou venir. -- Si Reich n'est pas parti, ne pourrait-on l'utiliser pour le pauvre B, au moins lui faire parvenir de l'argent; si c'est possible -- dis à ma mère qu'elle me prête ce que tu jugeras convenable, je pourrais
   même envoyer d'ici. -- Pense à cela et réponds avec Behutsamkeit. Emma a des projets fantastiques -- par malheur, ces choses ne se réalisent presque jamais. Pia desideria!
   Dis-moi encore, comment envoyer à Kolatchek un article, quelle adresse et pourtant je voudrais te lire avant d'envoyer. J'enverrai l'article en franèais, cela n'est pas une chose difficile de traduire.
   J'ai commencé de nouvelles lettres. Ensuite il faut enfin raconter l'histoire de l'invasion des barbares de la rue Jérusalem chez Emma. Qu'en pense votre grâce?

   Je salue tout le monde et m'éclipse.
   На отдельном листке:
   Agis comme on conseille à ce chien.
   Перевод
   29 или 28.
   Жду из Цюриха описания того магического, психического, феерического и пр. действия, которое произвело прибытие билета. А в ожидании благодарю тебя за последние письма. Но какого черта сидишь ты в Цюрихе, уже не завелась ли у тебя там какая-нибудь зазноба, какая-нибудь швейцарская Леонтина со свежим цветом лица и черными зубами -- короче говоря, нужно либо объяснить причину, либо приехать. -- Если Рейхель еще не отбыл, то нельзя ли через него сделать что-нибудь для бедного Б<акунина>, хотя бы переслать ему денег; если это возможно -- попроси мою мать одолжить мне столько, сколько ты сочтешь необходимым, я мог бы даже послать отсюда. Подумай об этом и ответь со всей Behutsamkeit![83] Эмма строит фантастические планы -- к несчастью, подобные вещи почти никогда не удается осуществить. Pia desideria![84]
   И еще скажи, как переслать Колачеку статью, по какому адресу; а все же хотелось бы, прежде чем отослать, прочесть ее тебе. Статью пошлю на французском языке -- перевести ее не представляет трудностей.
   Я принялся за новые письма. Затем надобно же, наконец, рассказать историю вторжения варваров с Иерусалимской улицы к Эмме. Что думает об этом ваша милость?

   Передаю всем привет и исчезаю.
   На отдельном листке:
   Поступай так, как советуют этой собаке.

52. Г. ГЕРВЕГУ

30 (18) июня 1850 г. Ницца.

   30 juin.
   Cette lettre ne doit partir que demain; je suis en retard. -- Rien de nouveau, j'ai un abcès dégoûtant sur la main gauche et j'ai trouvé avec Emma une maison magnifique que je prendrai peut-être. C'est-à-dire non magnifique dans le sens de la richesse, mais de la positioon. Il y a tout près une autre qui pourrait être occupée par toi, voilà le plan:
   <Далее следует план местности (рисунок):
   Petite maison maison
   terrace H<ôtel> Victoria
   jardin
   rue Anglaise hôtel de Londres
   LA MER Rivière sans eau
   Pont - Ред.>
   Il y a un troisième étage, mais un peu sale, dans la maison que j'ai choisie. 200 fr par mois. Pour l'autre on demande 120. Pourtant je reste encore un mois à l'hôtel et je conseille à Emma de rester aussi, le bon marché est humiliant.
   Elle a aussi beaucoup travaillé pour trouver une maison pour nous; je ne sais la remercier dignement qu'en te racontant la manière étrange comme elle s'y est prise. Elle a visité toutes les maisons qui ne peuvent pas être louées par nous, ех<empli> gr<atia> sur des montagnes où il faut avoir 50 domestiques et 25 mulets avec écuries, 40 chambres à coucher, et qui a été occupée par lord Devonshire pour 15 000 par été.
   Emma nous a menés dans toutes ces maisons, en disant ensuite: "Vous voyez que cela ne nous convient pas". Comme la ville n'est pas grande, nous savions que les autres maisons étaient de celles entre lesquelles il fallait chercher. La couronne de ces recherches était hier. Emma nous dit qu'elle a trouvé quelque chose de magnifique, nous allons à S. Hélène. Arrivés là, et après avoir cherché avec le cocher, un cabaretier et un maèon une demi-heure, Emma nous dit que c'est à S. Etienne, nous allons; après quelques heures de voyage par des montagnes nous arrivons -- un jardin magnifique. Une vue encore plus magnifique. La maîtresse de la
   maison, avertie dès le matin, nous attend, donne des fleurs aux enfants, propose un petit verre de lait de chèvre à moi... enfin je demande à voir la maison, la maîtresse dit qu'elle n'est pas encore tout-à-fait arrangée. -- Nous disons: ce n'est rien, et nous allons. Figure-toi ma stupéfaction, lorsque je vois une 20 de maèons travaillant au rez-de-chaussée d'une maison in spe. -- La maîtresse me dit avec la plus grande sûreté qu'elle pense finir la maison vers le mois d'octobre 1851 -- et qu'on travaille déjà 3 mois. Edifié de cet édifice futur, j'ai mis fin aux recherches -- on ne peut mieux trouver. Je te dis que c'est magnifique (quoique un peu sale; que veux-tu -- l'Italie n'est pas Hollandaise).
   Перевод
   30 июня.
   Это письмо будет послано только завтра; я опоздал. -- Ничего нового, на левой руке у меня препротивный нарыв, и мы с Эммой нашли великолепный дом, который, может быть, я сниму. Т. е. великолепный не в смысле роскоши, а в смысле местоположения. Рядом есть другой, который мог бы занять ты, вот план:
   <Далее следует план местности (рисунок):
   Маленький домик дом
   терраса отель "Виктория"
   сад
   Английская улица отель "Лондон"
   МОРЕ Высохшее русло реки
   Мост - Ред.>
   В доме, который я выбрал, есть третий этаж, но грязноватый. 200 франков в месяц. За другой дом спрашивают 120. Однако я остаюсь еще на месяц в гостинице и советую Эмме тоже остаться -- унизительно дешево.
   Эмма тоже немало потрудилась, чтоб отыскать для нас дом, я не могу отблагодарить ее более достойно, чем рассказав тебе, каким странным образом она принялась за это дело. Она обошла все дома, которые мы снять не можем, ех gr расположенные на горе, где нужно держать 50 слуг и 25 мулов; такой дом с конюшнями и 40 спальнями снимал лорд Девоншир, плативший 15 000 за лето.
   Эмма водила нас по всем этим домам, заявляя затем: "Вы видите, что это нам не подходит". Так как город невелик, мы поняли, что остальные -- именно те, среди которых надобно искать. Но венец всего -- это вчерашние поиски. Эмма объявила нам, что нашла нечто великолепное, и мы отправляемся в Сент-Элен; прибыв туда, после получасовых поисков с помощью кучера, трактирщика и каменщика, мы узнаем от Эммы, что это не здесь, а в Сент-Этьене. Отправляемся туда и после нескольких часов путешествия по горам прибываем -- сад великолепен. Еще более великолепный вид. Хозяйка дома, предупрежденная с утра, ожидает нас, дарит детям цветы, а мне предлагает стаканчик козьего молока. Наконец я прошу показать дом, хозяйка отвечает, что он еще не совсем отделан. -- Мы говорим, что это пустяки, и идем. Вообрази мое изумление, когда я увидел десятка два каменщиков, возводивших первый этаж дома in spe[85]. Хозяйка с глубочайшей уверенностью заявила мне, что она думает закончить дом к октябрю 1851 года и что работы ведутся уже 3 месяца. Вид этого неоконченного здания убедил меня, что надо положить конец поискам -- лучшего не найти. Говорю тебе, это великолепно (хотя и грязновато, но что поделаешь, Италия -- не голландка).

53. Л. И. ГААГ и М. К. ЭРН

3 июля (21 июня) 1850 г. Ницца.

   D 3. Juli. Nizza.
   Ich habe alle Rechnungen von Rotschild bekommen. Er fordert Ihren Brief, schicken Sie ihm gleich.
   Jetzt um das Sie sich noch mehr freuen sollen, haben Sie beinahe 20 000 fr. gewonnen auf dem Cursus. Meine Billete waren gezählt 3 fr./85, Ihr Billet 4 fr. für ein Silberrubel. Die ganze Summe, die Ihnen gehört, ist 471 000 fr.
   Gasser hat 6000 fr. für die Ausgaben genommen. Rotschild seine 3% und doch haben Sie 471.
   Ich habe vor der Abreise kaufen lassen -- 100 000 fr. in Virginien, 100 000 fr. in New York. Und jetzt noch 50 000 in New York. Es bleiben also 221 000 -- was wollen Sie damit machen, fragen Sie Georgs Meinung. Ich habe dem Rotschild geschrieben, daß ich auf Ihre Befehle warten werde.
   Da die amerik sehr teuer sind -- 120 für 100, so bekommen Sie 5% anstatt 6%, das heißt, Sie haben jedenfalls 25 000 fr. Rente.
   Was habe ich Ihnen früher gesagt, Sie wollten mir nicht glauben
   in 48. -- Jetzt werde ich Ihr Banquier, und wie wir nur das Geld placieren, nehme ich auf mich die 25 000 zu zahlen.
   Amen mit dieser verfluchten Geschichte, jetzt kann man ruhig sein.
   Ich rate keine französische Papiere zu kaufen. Die englische geben 3%. -- Aber ein Haus oder ein Land könnte man suchen.
   Adieu. Ich habe schon ein Haus gemietet vom 1. August, ein Garten immens.
   Kommt der Herr Doktor Herwegh oder nicht? Ich habe keine Zeit heute ihm zu schreiben[86].
   Марья Каспаровна, прошу скорее к Рокшильду письму. А уж вы на Зонненберге валялись, ну что его зуб?
   Весь ваш.
   Когда вы в Ниццу? Есть и для вас квартира.

54. Л. И. ГААГ

4 июля (22 июня) 1850 г. Ницца.

   4. Juli. Nizza.
   Dieser Brief wird an Ihren Geburstag kommen. -- Ich gratuliere und wünsche, daß wir nach 25 Jahren, alle gesund zusammen diesen Tag <über> die ganze Geschichte des Billets -- lachen -- Herwegh wird ohne Haare, ich ohne Füße, desto lustiger wird es gehen.
   Hört man denn gar nichts aus Rüßland? Wir erwarten Sie hierher. Schicken Sie die Bücher mit der Roulage nach der letzten Grenzstadt, der auch grade nach Nizza. Aber viel besser selber über die Grenze zu bringen. Dann sieht man nicht. Man kann auch ein Depot irgendwo machen, nur näher als in Zürich.
   Oder haben Sie vielleicht andere Projekten?
   Wo ist Reichel?
   Перевод
   4 июля. Ницца.
   Это письмо придет в день вашего рождения. Поздравляю и желаю, чтобы через 25 лет все мы, в добром здоровье, вместе посмеялись в этот день над всей историей с билетом. Гервег будет без волос, я без ног, и тем веселее будет.
   Неужели из России ничего не слышно? Мы ждем вас сюда. Отправьте книги через транспортную контору в ближайший к границе город или прямо в Ниццу. Но гораздо лучше самим перевезти через границу. Тогда не осматривают. Можно также устроить где-нибудь склад, только поближе, чем в Цюрихе.
   А может быть у вас другие планы?
   Где Рейхель?

55. Г. ГЕРВЕГУ

7 июля (25 июня), 1850 г. Ницца.

   Le 7 juillet. Nice.
   Donc vous tous, y compris unseren zarten Mozart-Reichel und Moritz Reichel, vous n'avez pas eu assez de perspicacité pour vous être aperèus qu'il y avait une lettre perdue. Et pourtant vraiment il ne fallait pas de génie d'invention pour comprendre que la première lettre de Nice devait commencer par quelques mots sur l'arrivée. -- Mais comme tu aimes à gronder, tu nous grondes pour la poste, tu me grondes pour les enveloppes même et les adresses. Le climat de Zurich agit mal sur tes nerfs.
   La correspondance languit par manque de franchise de ta part, on n'écrit pas lorsqu'on attend tous les jours un homme; d'après tes lettres à Paris, j'étais sûr de te rencontrer ici deux, trois jours après mon arrivée. C'est ainsi qu'Emma t'attendait aussi. Je ne puis m'imaginer que la cause qui te retient se soit produite après notre départ de Paris. Donc tu savais bien, en nous poussant de deux mains à Nice, que tu n'y arriverais pas encore de si tôt. Moi j'ai perdu tout intérêt à écrire des lettres. La solitude est un peu exagérée ici, je voudrais de tout mon cœur te voir à Nice, mais je n'insiste pas, et je te jure que ce n'est pas un sentiment d'indifférence, mais ma profonde vénération pour la liberté de mes amis. -- Ensuite il m'est impossible de ne pas te faire un reproche: pourquoi laisses-tu donc Emma t'attendre tous les jours --
   pour moi je sais que cela me serait mille fois plus amer qu'une séparation de six mois. Ce qu'il y avait de dégoûtant dans ma dernière existence à Paris, c'était l'incertitude, mais une incertitude qui ne dépendait pas de moi; dès que le temps était venu (d'après ma conviction), j'ai su prendre une résolution. Prends en au moins pour dire, à peu près, que tu viendras au mois d'octobre... de mars... je ne sais quand, mais qu'on cesse de t'attendre chaque jour losqu'il n'y a pas de lettre.
   As-tu écrit concernant Bak; je te prie -- écris un seul mot, par rapport aux hommes arrêtés -- et cite l'exemple de Salvotti que j'ai cité.
   J'ai écrit une petite notice sur le développement du libéralisme et de l'opposition dans la littérature russe. Cela doit être très intéressant par les faits. Mais je suis absolument sans livres, apporte-moi l'ouvrage de Melgounoff Bilder aus der russischen Literatur v<on> König -- n'oublie pas.
   L'article pour Kolatc est traduit par Emma. Mais je ne sais pas si le nouvel article Sur la littérat<ure> ne serait plus à sa place dans son journal. Haug m'a écrit de Kiel d'un article de Hauenschild concernant ma brochure -- l'as-tu? -- J'ai lu le 1 volume de Fallmerayer. C'est un homme de beaucoup d'esprit, d'une érudition immense, il connaît l'histoire russe mieux que nous autres, mais il s'arrête trop sur les descriptions de la nature, des pages entières de Bernardin S. Pierre.
   Réclame la lettre perdue, tu peux dire à la poste que tu as un avis sûr que deux lettres ont été expédiées (une à m-me Haag) le 24 juin de Nice.
   Melg könnte sagen, wo Ogareff ist und ob er keine Hoffnung hat hierher zu kommen; dann müßte man ihm d Mikroskop schicken.
   Перевод
   7 июля. Ницца.
   Итак, ни у кого из вас, в том числе и у unseren zarten Mozart Reichel und Moritz Reichel, не хватило проницательности, чтобы заметить потерю одного письма. Но, право же, не нужно обладать особым воображением, чтобы понять, что первое письмо из Ниццы должно было начинаться несколькими словами по поводу приезда. Но поскольку ты любишь браниться, ты бранишь нас за неаккуратность почты, бранишь меня даже за конверты и адреса. Цюрихский климат дурно действует на твои нервы.
   Наша переписка замирает из-за недостатка искренности с твоей стороны. Не стоит писать, когда ждешь человека со дня на день; судя по твоим письмам в Париж, я был уверен, что увижу тебя здесь через два-три дня после моего приезда. Тогда же ждала тебя и Эмма. Не могу себе представить, чтобы причина,
   удерживающая тебя теперь, возникла после нашего отъезда из Парижа. Стало быть, когда ты настойчиво гнал нас в Ниццу, ты отлично знал, что сам не приедешь туда так скоро. Что до меня, то я потерял всякий интерес к писанию писем. Здесь, пожалуй, уж чересчур уединенно, я от всей души желал бы видеть тебя в Ницце, но я не настаиваю и клянусь, что это не из равнодушия, а из глубокого уважения к свободе своих друзей. Наконец, не могу не высказать тебе упрека: зачем ты заставляешь Эмму ждать тебя всякий день? Я знаю, что для меня это было бы в тысячу раз горше,чем разлука на полгода. В последнее мое пребывание в Париже всего противней была неопределенность, но эта неопределенность не от меня зависела. Как только (на мой взгляд) время пришло, я сумел принять решение. Решай же и ты, и хоть приблизительно скажи, когда приедешь -- в октябре, в марте, -- не знаю когда, но пусть перестанут ждать тебя каждый день, раз от тебя нет письма.
   Написал ли ты о Бакунине? Прошу тебя, напиши же несколько слов о тех, кто арестован, и приведи пример Сальвотти, приведенный мною.
   Я написал небольшую заметку о развитии либерализма и оппозиции в русской литературе. Это должно быть очень интересно благодаря приводимым фактам. Но у меня совершенно нет книг, привези мне работу Мельгунова "Bilder aus der russischen Literatur" v König -- не забудь.
   Статья для Колачека переведена Эммой. Но я не знаю, не подойдет ли больше для его журнала новая статья "О литературе". Гауг писал мне из Киля по поводу статьи Хауеншильда о моей брошюре -- есть ли она у тебя? -- Я прочел первый том Фальмерайера, это человек большого ума, огромной эрудиции, он знает русскую историю лучше, чем кое-кто из нас, но он слишком увлекается описаниями природы -- целые страницы в духе Бернардена де Сен-Пьера.
   Потребуй на почте пропавшее письмо, можешь сказать, что имеешь точные сведения о двух отправленных 24 июня из Ниццы письмах (одно из них -- г-же Гааг).
   Мельгунов мог бы сообщить, где находится Огарев и действительно ли нет никакой надежды, что он сюда приедет; тогда нужно было бы послать ему микроскоп.

56. Г. ГЕРВЕГУ

10 июля (28 июня) 1850 г. Ницца.

   10 juillet. Nice.
   Tu as tellement raison concernant l'inconséquence tragique dans laquelle nous tous movemur et sumus, et individuellement tellement raison parlant de moi -- que moi-même j'ai écrit
   dans l'Epilogue que tu ne connais pas et qui est devenu vieux avant d'être imprimé. (Si Kolat le désire, je le lui pourrais envoyer, mais je crains Hoffm).
   "Et nous, derniers chaînons qui rattachons deux mondes, sans appartenir in à l'un, ni à l'autre -- nous n'avons aucun place aux tables qui sont dressées, nous sommes abandonnés à nos propres forces. Hommes de la négation pour le passé, hommes du doute pour l'avenir, au moins pour l'avenir prochain -- nous n'avons ni domaine, ni port, ni travail dans le monde contemporain, nous sommes appelés à donner un témoignage de notre force et de notre complète inutilité. -- Que faire donc? -- S'en aller, abandonner le monde et commencer une existence nouvelle, donner l'exemple de la liberté individuelle aux autres en s'émancipant des intérêts d'un monde qui va à sa perte? -- Mais sommes-nous prêts à le donner? Emancipés dans nos convictions, sommes-nous libres en réalité? N'appartenons-nous pas, malgré nous, à ce monde que nous détestons et par nos vices, et par nos vertus, par nos passions et par nos habitudes? Que ferons-nous sur un sol vierge -- nous qui ne pouvons passer une matinée sans dévorer une dizaine de feuilles publiques. Nous sommes de mauvais Robinson, il faut l'avouer". -- Avec tout cela Bamb avait le droit de dire que "ce n'est pas sérieux", c'est-à-dire que c'est un syllogisme et non une conduite, une pensée et non une résolution. Nous sommes dans la position des pédérastes, ils ont des remords, ils sentent qu'il y a quelque chose de sale dans leur commerce, et trahissent la raison (se dégradent donc à leurs propres yeux) ne pouvant résister à un entraînement habituel, -- pour nous cet antre de corruption c'est la politique... Mais, parbleu, nous ne sommes ni morts, ni trop vieux, un grand pas vers le sérieux est fait par le changement de l'existence.
   J'ai terminé le 1 vol de Fallmerayer. Je comprends que la lettre à Mazzi doit lui plaire encore plus que la tienne. C'est son idée à lui aussi, que Byzance sera le centre d'un monde gréco-slave. Mais il y a des fautes énormes chez lui, il juge d'après l'Anatolie et les chrétiens de Byzance le peuple russe. Il parle de la haine contre l'analyse et le scepticisme des chrétiens Orientaux, de leur mutisme complet. Tout cela n'existe pas en Russie. Le Russe est idolâtre, froid, lorsqu'il n'est pas civilisé. Avec la civilisation la première chose qui tombe c'est la religion. La noblesse russe est matérialiste, voltairienne. -- Moi je suis prêt à lui écrire sur ce thème. Encore une faute, il ne tient pas compte de la révolution de Pierre le Gr. -- Le tzarisme était à Moscou effectivement byzantin; la pompe, l'extérieur, l'indolence, l'absolutisme muet, la ferveur religieuse -- tout cela était de Constantinople. -- Mais Pétersb a jeté tout cela à tous
   les diables. -- Pierre le Grand qui allait la nuit ivre-mort, entouré de ses ministres, avec un tambour battre le rappel par les rues, Pierre I marié à une garce de Revel -- a terminé complètement l'époque byzantine. Il a commencé l'empire athée, militaire, aucune religion -- à l'exception de la religion de l'Etat, tout pour l'Etat. -- Nicolas voudrait bien retourner -- mais que faire avec la noblesse qui est entièrement conséquente aux principes de Pierre I?
   Fallm termine par une allocution aux rois d'Europe de se préparer à la grande lutte avec le monde gréco-russe -- e tanto poco tedesco... la seule allocution qu'on puisse leur faire, c'est de les prier de s'en aller. Point de salut avec ces messieurs.
   Dis donc à M. Kolat qu'il m'envoie son journal constamment (Nice, poste restante). Et n'oublie pas l'article de Bamb et celui de Fallmer. Je t'ai dit que j'écris à présent une petite lettre concernant la littérature russe -- elle est aux ordres de Kolat. Emma a traduit un article que je t'enverrai demain, mais je voudrais l'imprimer ensemble avec l'Epilogue, ces deux choses se complètent.
   A présent de Loewe. Il faut avoir une permission de Turin pour être officiellement médecin. Mais on n'y regarde pas de trop près si on l'a ou non. On permet d'avoir une pratique chez les étrangers sans permission de Turin. L'été il n'y a pas de pratique. Les Anglais ont deux assassins qui leur fourrent des livres et des kilos de calomel, d'iode, d'arsenic, et d'autres moyens doux dans le genre d'un coup de pistolet tiré à bout portant. Les aborigènes ont deux médecins indigènes qui, effrayés de l'audace des Anglais, ne donnent absolument rien que des bains de mer. Il y a beaucoup d'étrangers chaque hiver -- nous ferions des réclames, je réponds pour les Russes radicaux... mais... mais tout cela est chanceux. Tu ne peux pas répondre pour les Allemands -- les Allemands sont si scrofuleux qu'ils ne sont jamais ni malades ni bienportants: ех<empli> gr<atia> Kapp.
   Eh bien, jamais James Fazy ne pourra obtenir le prénom anglican de "J'aime sans terre". Jetzt kann er 2 m wöchentlich zu den Müttern gehen. -- Evviva! A présent il pourrait bien m'encitoyonner, j'acheterai un mètre de terrain ex-militaire.

   Adieu. Tu penses qu'Emma a une volonté de fer... Vous deux vous avez encore des côtés tout à fait enfantins, et l'immaginativa calda... -- j'aime beaucoup Emma, mais je ne me suis pas aperèu d'une volonté de fer. Activité énergique, oui, plus de sens réel que chez toi -- cela peut être encore. -- Pour aller chez B il faut encore, outre tout cela, être moins pénétrable,
   ne pas s'abandonner pour un instant etc. Au reste on ne parle plus de l'intention de le livrer à Nicolas.
   Recevez l'expression de mes sentiments.
   Перевод
   10 июля. Ницца.
   Ты до такой степени прав в отношении трагической непоследовательности, в которой все мы movemur et sumus[87], и, в частности, до такой степени прав, говоря обо мне, что я и сам написал это в "Эпилоге", которого ты не знаешь и который, еще не выйдя из печати, успел состариться! (Если Колачек хочет, я мог бы его послать ему, но боюсь Гофмана).
   "А нам, последним звеньям, связующим два мира и не принадлежащим ни к тому, ни к другому, -- нам нет места за накрытыми столами, мы предоставлены нашим собственным силам. Люди, отрицающие прошедшее, люди, сомневающиеся в будущем, по крайней мере в ближайшем будущем, -- мы не имеем ни угла, ни пристанища, ни дела в современном мире, мы призваны дать свидетельство своей силы и полной своей ненужности. -- Что же делать? -- Идти прочь, покинуть мир и начать новое существование, дать другим пример индивидуальной свободы, отрешившись от интересов мира, идущего к гибели? -- Но готовы ли мы дать его? Свободные в своих убеждениях, свободны ли мы на деле? Не принадлежим ли мы, вопреки нашей воле, к этому ненавистному нам миру и своими пороками, и своими добродетелями, и своими страстями, и своими привычками? Что станем мы делать на девственной земле, мы, которые не можем провести и утра, не проглотив десятка газет. Мы, надо сознаться, плохие Робинзоны". -- Все это давало Бамбергеру право сказать, что "это несерьезно", иными словами, что это силлогизм, а не руководство к действию, мысль, а не решение. Мы попали в положение педерастов -- они испытывают угрызения совести, они чувствуют, что в их поведении есть что-то грязное, но поступают вопреки рассудку (роняя себя, следовательно, в собственных глазах), не будучи в силах устоять перед привычным влечением; для нас же вертепом разврата является политика. Но, черт побери, мы еще не мертвы и не слишком стары, большой шаг в сторону серьезного сделан переменой жизни.
   Я кончил первый том Фальмерайера. Я понимаю, что письмо к Маццини должно ему нравиться еще больше, чем письмо к тебе. Он тоже разделяет мысль, что Византия станет центром греко-славянского мира. Но он допускает огромные ошибки: он судит о русском народе по Анатолии и христианам
   Византии. Он говорит об отвращении восточных христиан к анализу, к скептицизму, о полной их безгласности. Ничего этого нет в России. Русский человек остается идолопоклонником, остается равнодушным, пока он не цивилизован. Первое, что рушится с цивилизацией, это религия. Русские дворяне -- материалисты, вольтерьянцы. Я готов писать к нему на эту тему. И еще ошибка -- он не считается с переворотом, совершенным Петром Великим. В Москве царизм был действительно византийским: пышность, обличие, апатия, немой абсолютизм, религиозное рвение -- все это пришло из Константинополя. -- Но Петербург послал все это ко всем чертям. Петр Великий, отправлявшийся ночью, в окружении своих министров, мертвецки пьяный, бить в барабан, сзывая по улицам сбор, -- Петр Первый, женатый на ревельской девке, решительно положил конец византийской эпохе. От него ведет начало атеистическая военная империя -- никакой религии, кроме религии государства, все для государства. Николаю очень бы хотелось повернуть вспять, но как быть с дворянством, которое всецело придерживается петровских принципов?
   Фальмерайер заканчивает, е tanto росо tedesco[88], кратким призывом к королям Европы готовиться к великой битве с греко-русским миром... но единственный призыв, с которым можно было бы к ним обратиться, -- это просить их убраться вон. От этих господ нечего ждать спасения.
   Скажи же г. Колачеку, чтобы он регулярно высылал мне свой журнал (Ницца, до востребования). И не забудь статью Бамбергера и статью Фальмерайера. Я говорил тебе, что пишу сейчас небольшое письмо о русской литературе -- оно к услугам Колачека. Эмма перевела статью, которую я завтра тебе отправлю, но мне хотелось бы напечатать ее вместе с "Эпилогом" -- обе эти вещи дополняют одна другую.
   А теперь о Лёве. Чтобы официально быть врачом, надо получить разрешение из Турина. Но есть ли оно или нет -- на это здесь смотрят сквозь пальцы. Заниматься практикой среди иностранцев допускается и без туринского разрешения. Летом практики нет. У англичан есть тут два душегуба, которые пичкают их фунтами и килограммами каломели, йода, мышьяка и прочих нежных средств, действующих вроде пистолетного выстрела в упор. У коренных жителей есть два местных врача; напуганные решительностью англичан, они ничего, кроме морских купаний, не прописывают. Каждую зиму приезжает много иностранцев -- мы создали бы рекламу, за русских радикалов я ручаюсь... но... но все же это дело рискованное. За немцев ты не поручишься -- немцы такие золотушные, что никогда
   не бывают ни больны, ни здоровы: ex gr Капп.
   Ну что ж, Джемс Фази никогда не дождется англиканского имени "Джемс безземельный". Jetzt kann er 2 m wöchentlich zu den Müttern gehen. -- Evviva![89] Теперь он вполне мог бы меня огражданить, я куплю метр земли в бывшей военной зоне.

   Прощай. Ты полагаешь, что у Эммы железная воля. -- У вас обоих есть еще много совершенно ребяческого и immaginativa calda[90]... я очень люблю Эмму, но железной воли у нее не заметил. Живость, энергия -- не спорю, больше здравого смысла, чем у тебя, -- это пожалуй. Но чтобы отправиться к Б<акунину>, надобно, кроме того, обладать большей непроницаемостью, ни на минуту не терять самообладания и т. п. Впрочем, о выдаче его Николаю уже нет и речи.
   Примите выражение моих сердечных чувств.

57. Г. ГЕРВЕГУ

11 июля (29 июня) 1850 г. Ницца.

   11 juillet. Nice.
   Avant tout -- les faits, ensuite viendra une homélie amicale. -- Lorsque j'ai trouvé la maison que nous avons louée, j'ai si bien pensé à toi, que j'en étais sûr que vous prendriez le second. Cette maison a déjà été visitée par Emma avant notre arrivée -- le second lui déplaisait. Dans toutes les autres il n'y avait aucune possibilité. Devais-je insister? -- Emma cherchait une habitation d'un Nabab des Indes pour 1200 fr par an. Cela serait la répétition de la rue du Cirque. Elle en est revenue maintenant, voyant que pour ce prix, il est impossible de louer quelque chose de mieux. -- L'appartement est vide, à mon avis il est bon, il y a 4 ch à coucher et un salon. Encore une fois, je n'insistais pas, parce que je voyais d'un côté que l'appart ne plaisait pas à Emma, et de l'autre -- pas le moindre désir d'en avoir un dans une même maison. Nous avons cherché tout près. Je ne savais pas que traverser une rue ou une ville fût la même chose p toi.
   Moi, je crois que c'est un pas très grand de fait que j'ai loué cette maison, et que nous l'habiterons avant ton arrivée. D'après ta lettre je prévois que dans le cas contraire, nous aurions la répétition de Veytaud. -- Moi, je ne me doutais pas te moins du monde de cette aversion contre la rue Anglaise. Emma a regardé une 50<-aine> de maisons, moi de même. Nous
   n'avons pas même pensé aux maisons près du port avec une puanteur dégoûtante, -- de tout ce que nous avons vu les meilleures maisons sont dans le quartier Anglais, avec des jardins et des vues magnifiques. Cela commence à te déplaire -- l'appartement, c'est assez probable, ne te plaira non plus, il faut y penser à présent, pour ne pas en parler une année entière tous les jours.
   A présent, puisque la chose est terminée pour nous, tu auras au moins le bon goût et l'humanisme de trouver que c'est bon, que èa va. Et quant à toi, l'appartement restera vide jusqu'à ton arrivée. -- Emma a voulu 2 secondes après ta lettre courir là-bas, arrêter, contracter, déménager. Cela n'est pas mon avis -- tu n'as pas le caractère ni assez accommodant, ni même assez tempérant pour ne pas nous punir ensuite. Et faut-il te le dire, cela m'ennuie; faut-il donc s'arrêter dans la vie devant chaque chambre, rue, plat, sauce, mit Grübeleien, faut-il donc attacher des poids énormes à chaque pas, lorsque nous en portons assez sur les épaules. -- Il y aura des inconvénients, je te le prédis; ces inconvénients ont une cause palpable -- l'état financier, si tu pouvais le changer, autre chose, mais comme c'est assez impossible -- Mut des Lebens, et vorwärts, en secouant la poussière des bottes -- sans dépenser ni colère, ni nerfs. -- Voilà l'homélie. Si tu pouvais lire au fond de mon âme, avec quel désintéressement profond je voudrais, pour vous (sans même parler relativement à moi) que les roues de l'existence soient plus graissées chez vous, et que le sabot des caprices et des petites misères ne les arrêtât point. C'est toujours une mouche dans une coupe...
   Tu vois que je suis fort sur l'allégorie, j'ai quelque chose d'oriental, depuis qu'Edmond est allé -- au Sud.
   Aujourd'hui nous allons dans la valleé de St. André -- première journée possible -- c'est à dire, chaleur supportable.
   Compliments et saluts à toute la maison de l'oiseleur.
   Перевод
   11 июля. Ницца.
   Сначала -- факты, затем последует дружеское наставление. --
   Когда я нашел дом, который мы сняли, я, конечно, подумал о тебе и был уверен, что вы займете третий этаж. Но Эмма осматривала уже этот дом до нашего приезда -- третий этаж ей не понравился. В остальных устроиться невозможно. Следовало ли мне настаивать? -- Эмма искала за 1200 франков в год дворец индийского набоба. Это было бы повторением улицы Cirque. Теперь она раздумала, увидев, что за подобную цену невозможно нанять что-либо лучшее. -- Помещение пустует, по-моему, оно хорошее, там есть четыре спальни и гостиная.
   Повторяю, я не настаивал, ибо, с одной стороны, видел, что квартира не нравится Эмме, а с другой -- что у нее нет никакого желания снимать квартиру в том же доме. Мы искали где-нибудь поблизости. -- Я не знал, что для тебя перейти улицу или пройти через весь город -- одно и то же.
   Я же считаю очень удачным шагом, что снял этот дом и что мы поселимся в нем до твоего приезда. Судя по твоему письму, я вижу, что в противном случае нам грозило бы повторение Вето. Я же меньше всего подозревал о таком отвращении к rue Anglaise. Эмма осмотрела домов 50, я тоже. Дома близ порта, с его отвратительным зловонием, нам и в голову не приходили. Самые лучшие из всех, что мы видели, -- в английском квартале, с садами и великолепными видами. Все это уже тебе не нравится -- квартира, весьма возможно, тебе тоже не понравится. Нужно сейчас подумать хорошенько, чтобы после не говорить об этом целый год изо дня в день.
   Надеюсь, что теперь, когда для нас вопрос решен, у тебя хватит по крайней мере такта и гуманности согласиться, что это неплохо, что это сойдет. А что касается тебя, то квартира останется незанятой до твоего приезда. Получив от тебя письмо, Эмма уже через 2 минуты готова была туда бежать, снимать, заключать контракт, переезжать. Я другого мнения -- ты не так покладист и даже не так сдержан, чтобы не казнить нас потом. Нужно ли говорить, что это мне надоело? Нужно ли в жизни останавливаться mit Grübeleien[91] перед каждой комнатой, улицей, блюдом, соусом; нужно ли на каждом шагу подвязывать к ногам тяжелый груз, когда его и на плечах достаточно? -- Неудобства будут, говорю тебе наперед, и причина их очевидна -- это финансовое положение. Если бы ты мог его изменить, другое дело, но так как это почти невозможно, то вооружись Mut des Lebens и vorwärts, отряхнув прах со своих сапог, не растрачивая ни своего гнева, ни нервов. -- Это и есть наставление. Если бы ты мог прочесть в тайнике моей души, с каким глубоким бескорыстием я желаю вам (говоря даже безотносительно к себе самому), чтобы колеса вашей жизни были лучше смазаны, чтобы капризы и безделицы не служили им тормозом и не останавливали их. Ведь это -- как муха в бокале вина...
   Видишь, сколь я силен в аллегориях, во мне появилось что-то восточное с тех пор, как Эдмон отправился на юг.
   Сегодня мы едем в долину Сент-Андрэ -- первый сносный день, т. е. жара терпима.
   Приветы и поклоны всему дому птицелова.

58. Г. ГЕРВЕГУ

13 (1) июля 1850 г. Ницца.

   13 juillet.
   Tu es malade ou tu deviens un peu troglodyte, ce qui n'est pas étonnant à Zurich, on ne peut pas devenir trop... glodyte demeurant face à face avec Schibel -- pourquoi donc cette longue histoire, ces récriminations pour la maison, et pourquoi ce manque de confiance? Moi, à ta place, j'aurais dit: "Certes il y a une cause qu'ils n'ont pas pris les appartements dans une même maison, il faut s'arranger de manière à avoir un appart tout près". Toi, tu te penses abandonné et je ne sais quoi, tu veux rester à Zurich, aller à Genève, je ne sais où. Tu ne feras rien de tout cela, j'ai plus de confiance en toi qu'en tes paroles -- mais pourquoi faire ces alarmes? Et Emma s'est habituée à cela, et vous vous tourmentez par une surexaltation nerveuse -- je commence même à soupèonner que cela vous fait plaisir, -- ces désespoirs, ces paroles atroces, ces résolutions qui ne s'exécuteront jamais. -- Mais le comble de l'injustice, c'est l'inculpation que tu me fais, à moi.
   Moi j'étais le seul qui dès le premier jour -- jusqu'au 13 juillet -- n'avait qu'une opinion, qu'il fallait prendre une maison ensemble... Sans parler de l'évidence que dans nos relations, étant dans une ville étrangère, il faut être réunis, je prenais pour une folie de tenir deux maisons, lorsqu'on peut tenir une. La première fois lorsque j'étais dans la maison de Sue, j'ai regardé les 2 étages. Le 2 n'a pas plu à Emma -- primo (et je le comprends de tout mon cœur), elle ne peut se faire encore aux 2000 Tal. Je voyais avec grande tristesse que ses recherches n'aboutirent à rien; ce n'était pas à moi de dire: "Vous cherchez des logements trop chers pour vous" -- c'était à elle d'y penser. Secondo. -- Tu es un grand psychologue. Mais cela n'empêche en rien de faire des appréciations irréelles -- en quoi, par quoi as-tu vu qu'Emma voulait demeurer dans une même maison? Je ne le crois pas. Elle a un exclusivisme, très compréhensible du reste, et un exclusivisme nourri en elle non seulement par l'amour pour toi, mais aussi par un amour propre un peu napoléonien. -- Elle nous aime, j'en suis si sûr, si convaincu, que si un jour elle me disait le contraire, je ne le croirais pas. Mais pour elle, vivre sous un même toit ou sous deux, est une question secondaire. A présent, en véritable orthodoxe docile, elle le désire. -- Pourquoi n'as-tu pas pensé à tout cela, avant de lancer tes flèches de Vatican d`Oberschönenberg? Je ne t'en veux pas pour tes doutes -- je sais tout ce qu'il y a d'amitié même dans le doute. Mais finissons en avec ces scènes de jeunes filles qui se querellent pour se réconcilier. J'adore la sérénité dans la vie. Sous ce rapport je pourrais citer
   l'harmonie réelle, c'est-à-dire pratique, qui existe entre moi et Natalie -- les grandes questions individuelles sont terminées entre nous -- il y a un calme de confiance et de confiance qui n'est pas enfin troublé par les petites disputes qu'on peut avoir tous les jours. Nous pourrions passer cette année à Nice d'une manière magnifique -- à qui sera la faute si nous ne le faisons pas. -- C'est un fardeau immense que d'éduquer tous les côtés de l'âme jusqu'à cette irritabilité qui fait crier "au feu" à la première appréhension -- n'avons-nous pas assez de malheurs non inventés?
   Pourquoi louer une maison pour 10 mois? -- Solution. Parce qu'à Nice celui qui voudrait prendre non par saisons, mais par mois payerait le double, et celui qui prend pour l'hiver -- paie très peu le reste. Et comme en général la vie provisoire coûte plus cher, j'ai conseillé de louer non seulement pour 10, mais pour 12 mois. Ce qui a été fait. -- Plus de papier. Adieu.
   Перевод
   13 июля.
   То ли ты болен, то ли становишься немного троглодитом -- в Цюрихе это неудивительно: живя друг против друга с Шибелем, слишком... глодитом стать невозможно -- к чему же эта длинная история, эти обиды из-за дома, и почему такое недоверие? -- На твоем месте я бы сказал: "Наверное, есть причина, почему не сняли квартиру в одном и том же доме, надо устроить так, чтобы найти квартиру поблизости". А ты считаешь, что тебя бросили и не знаю что еще, ты хочешь остаться в Цюрихе, поехать в Женеву, не знаю еще куда. Ничего этого ты не сделаешь, я больше доверяю тебе самому, чем твоим словам, но к чему бить тревогу? А Эмма уже привыкла к этому, и вы мучаете себя нервозной сверхэкзальтацией -- я даже начинаю подозревать, что все это -- и взрывы отчаяния, и жестокие слова, и решения, которые никогда не будут выполнены, -- доставляет вам удовольствие. Но верх несправедливости -- это обвинение, брошенное мне.
   Только я один с первого же дня -- по 13 июля -- был того мнения, что надобно снять дом сообща... Не говоря уже о том, что при наших отношениях, находясь в чужом городе, нам, совершенно очевидно, нужно быть вместе, -- я считал безумием держать два дома, если можно держать один. Когда я был в доме Сю в первый раз, я осмотрел оба этажа. Primo, третий этаж Эмме не понравился (я всем сердцем ее понимаю), она еще не привыкла довольствоваться 2000 талеров. Я с глубоким огорчением видел, что ее поиски ни к чему не приводят, но не мне же было говорить: "Вы ищете квартиры слишком для вас дорогие" --
   она сама должна была об этом подумать. Secondo. --Ты великий психолог, но это нисколько не мешает тебе высказывать самые невероятные суждения. Где, в чем ты усмотрел, что Эмма хотела поселиться в том же доме? Я этого не думаю. В ней живет дух исключительности, вообще говоря очень понятный, -- дух исключительности, питаемый не только любовью к тебе, но и самолюбием, чуть-чуть наполеоновским. Она нас любит, я в этом так уверен, так убежден, что если б она когда-нибудь сказала мне обратное, я б этому не поверил. Но для нее жить с нами под одной или под разными крышами -- вопрос второстепенный. Теперь она, как истая и послушная правоверная, этого уже хочет. Почему ты не подумал об этом, прежде чем метать ватиканские стрелы из своего Верхнекрасногорья? Я не сержусь на тебя за твои сомнения, я знаю, сколько дружбы кроется даже в сомнении. Но давай покончим со сценами, приличествующими молоденьким девушкам, которые ссорятся для того, чтобы мириться. В жизни я страстно люблю ясность, здесь я мог бы сослаться на подлинную, иначе говоря, действительную гармонию, существующую между мной и Натали, -- большие вопросы личного порядка между нами решены, у нас воцарился покой -- покой, основанный на доверии, и те мелкие разногласия, которые могут возникать в повседневной жизни, уже не в силах нарушить это доверие. Мы могли бы чудесным образом провести в Ницце нынешний год -- кто будет виноват, если мы этого не сделаем? -- Довести себя до той степени душевной возбудимости, когда при малейшем испуге начинаешь кричать "пожар", значит взвалить на себя огромное бремя: разве у нас мало несчастий, чтобы их еще придумывать?
   Почему надо снимать дом на 10 месяцев? Ответ: потому что тот, кто пожелает снять в Ницце дом не посезонно, а помесячно, заплатит вдвое, тот же, кто снимет на зиму, платит за оставшиеся месяцы совсем немного. А так как обычно временное пребывание обходится дороже, я посоветовал снять не только на 10 месяцев, но на год, что и было сделано. -- Бумага кончилась. Прощай.

59. Г. ГЕРВЕГУ

15 (3) июля 1850 г. Ницца.

   15 juillet.

L'ultima lettera a Zurigo.

   Cher Georges, Ende gut alles gut -- viens ici et laisse à Zurich toutes les Grübelei<en>. Tu as voulu un étage dans la même maison -- tu l'as, tu as voulu un jardin commun, tu en as un comme deux. Tu as même plus ce que tu as voulu -- la rue Anglaise que tu n'as pas voulue; eh bien, va prendre une place dans la diligence. Moi je refuse complètement, sans intervention de force
   majeure (comme incendie, guerre, peste, démosocie...) d'écrire à Zurich.
   Ma femme m'a lu ta dernière lettre -- elle devait le faire, cela serait presque une trahison de ne pas me faire part de tes doutes étranges sur mon compte. J'en étais profondément chagriné. -- Mais qu'as-tu donc, саrо mio, tu prends mes reparties, mes intolérances, enfin mes impatiences pour une preuve que moi j'ai quelque rancune contre toi. Tu es dans l'erreur la plus profonde. Tout ce que j'avais sur le cœur, je l'ai écrit, je l'ai écrit le même jour -- mais je n'avais pas de rancune. Et pourquoi -- suis-je fou? Quelle dose de dureté ingrate tu devais me supposer -- non, non, tu n'y crois non plus.
   Vous avez un mauvais laps de chemin à passer, j'ai cru qu'il ne fallait pas augmenter par des maux fantastiques des maux véritables. -- Depuis mon arrivée à Paris, je répétais la même chose. -- Laissons cela -- à quoi bon ce rôle d'ami perroquet, d'ami aumônier -- quelque chose restera, tu y penseras quelquefois. Quand je regarde cette agitation, que ta correspondance soutient entre Emma et toi -- faut-il te le dire, un sourire me vient sur les lèvres, en pensant qu'au commencement de l'hiver j'en étais aussi agité. -- En attendant, ni toi, ni elle ne pensent, en vérité, à une nécessité très prosaïque de fixer votre manière de vivre, le peu d'argent s'en va dans ce trouble, dans cette agitation stérile. Comment palper à chaque instant, mettre en question à chaque lettre toutes les bases de votre existence?
   Je ne m'approche pas trop légèrement des hommes, mais une fois lié avec eux, je tiens cela pour un fait, le jeux de Gretchen -- "liebt mich, liebt mich nicht" -- n'était possible qu'au commencement -- chez vous cela continue.
   Subjectivement j'étais souvent froissé par ce que j'ai appelé dans une de mes dernières lettres l'intempérance du style. Je trouve qu'il y a quelque chose de leste de traiter tout de suite son ami en goujat. Comprends-tu que c'est la même chose que de flétrir l'amour d'une femme en lui reprochant l'infidélité -- à tort et à travers. On peut dire que c'est de l'amour outré... Mais... mais... j'aime avec fanatisme l'indépendance, même dans les affections.
   Donc. Prends une place dans la diligence. -- Aujourd'hui c'est le 15. Le 1 août nous serons installés dans la maison Sue -- je te donne cette quinzaine, pas plus.
   Ordre du jour donné
   Sous les Alpes Maritimes
   Il 15 luglio.
   Merci pour les renseignements. Rotsch m'a proposé encore à Paris l'emprunt piémontais -- je n'ai pas voulu. Je
   prendrai, au reste, des notes. Il ne vous donnera jamais les 3%. Mais à quoi bon se presser, à présent cette affaire a perdu tout l'intérêt; l'argent est sauvé, de manière ou d'autre on pourra le placer. -- Bamberger qui a pris des renseign à Londres ne conseille que l'Amérique. -- Nous verrons.
   L'article de Fallmer m'intéresse. La lettre à toi est attaquable parce qu'elle est peu développée. Mais je suis prêt à défendre la pensée dirigeante avec acharnement et respect pour un homme comme Fall. -- J'ai lu moi-même dans la Gazette d'Augsbourg l'infamie concernant Bakounine et voilà comment. "Prague. Des bruits sans fondement disent que B sera livré à la Russie, et s'étonnent que l'Autriche a pris sur elle le rôle d'exécuteur de hautes œuvres -- tout cela est une invention grossière. B a été amené à Prague pour être confronté avec d'autres accusés politi. -- La nécessité de cette démarche est complètement justifiée, déjà il y a une vingtaine d'arrestations faites sur les dépositions de B..." Je réponds pour le sens, j'ai lu cela ici vers le 1 juillet, on peut donc retrouver...
   Pour que tu ne fasses point d'illusion, je dois t'avertir les larmes au yeux et le cœur fendu de douleur, qu'on ne peut plus boire du vin de Bourgogne (quoiqu'il soit très bon) -- ni cognac, ni bourgogne, cela échauffe tellement, qu'on craint l'apoplexie. Mais il y en a de très bon bordeau, et, chose étrange, le climat pousse l'homme (das Ebenbild Gottes) -- au bordeau ici...
   Enfin -- est-ce que l'arrivée de Vogt est sûre? Si Löwe venait avant lui, il pourrait aussi donner des leèons.
   Adieu.
   J'ai lu avec vénération pour notre sympathie que la mort de Sir R. Peel nous a fait tout de suite penser à Adèle de Genève. -- Mais je crois que James le Territorial peut à présent la consoler -- au moins avec du gravier.
   Перевод
   15 июля.

L'ultima lettera a Zurigo[92].

   Дорогой Георг, Ende gut alles gut[93] -- приезжай сюда и оставь в Цюрихе все свои Grübelei[94]. Тебе хотелось снять этаж в том же доме -- этаж в твоем распоряжении, тебе хотелось, чтоб у нас был общий сад -- в твоем распоряжении сад, равный по величине двум. Ты получил даже больше того, чего желал, -- Английскую улицу, которой не желал, так садись же поскорее в дилижанс. Что до меня, то я категорически отказываюсь, если только не случится какое-либо чрезвычайное происшествие (вроде пожара, войны, чумы, демосоци...), писать в Цюрих.
   Моя жена прочла мне твое последнее письмо -- она должна была это сделать: не сообщить мне о твоих странных сомнениях на мой счет было бы почти предательством. Они меня глубоко огорчили. -- Но что с тобой, саrо mio, ты принимаешь мои возражения, мою нетерпимость, наконец, мое нетерпение за доказательство того, что я затаил какую-то обиду на тебя. Ты глубоко ошибаешься. Обо всем, что у меня на сердце, я написал, -- написал в тот же день, но никакой обиды я не затаил. Да чего ради, разве я сумасшедший? Сколько же черствой неблагодарности ты должен был предполагать во мне -- нет, нет, ты сам этому больше не веришь.
   Впереди у вас трудные времена, я полагал, что не надобно прибавлять к действительным неприятностям несуществующие. С самого моего приезда в Париж я повторял одно и то же. Оставим это, к чему играть роль друга-попугая, друга-исповедника, -- кое-что в памяти сохранится, и ты нет-нет да и задумаешься над этим. Должен признаться, что, видя возбужденное состояние, в котором твоя переписка с Эммой держит вас, я не могу не улыбнуться, вспоминая, как в начале зимы она и меня приводила в волнение. А пока ни ты, ни Эмма по-настоящему не думаете о весьма прозаической необходимости ввести в определенные рамки свой образ жизни, и небольшие средства тают среди этих душевных тревог, среди этих бесплодных волнений. Можно ли каждую минуту, в каждом письме затрагивать и поднимать все основные вопросы вашего совместного существования?
   Я не очень легко схожусь с людьми, но, однажды сблизившись с человеком, я считаю это за совершившийся факт: играть, как Гретхен, в "liebt mich, liebt mich nicht" можно только вначале, у вас же это все еще продолжается.
   Меня часто коробило то, что я назвал в одном из последних своих писем невоздержанностью стиля. Я нахожу, что как-то легкомысленно обращаться, не задумываясь, с другом, словно с негодяем. Понимаешь ли, это все равно, что надругаться над любовью женщины, упрекая ее ни за что ни про что в неверности. Можно сказать, что это от чрезмерной любви, но... но... я фанатично люблю независимость, даже в привязанностях.
   Итак, садись в дилижанс. -- Сегодня 15-е число. 1 августа мы переедем в дом Сю -- предоставляю тебе эти две недели, не больше.
   Сей приказ дан
   У приморских Альп
   Il 15 luglio[95].
   Спасибо за присланные сведения. Ротшильд предлагал мне еще в Париже пиэмонтский заем, я не захотел. Впрочем, я наведу
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   справки. Он никогда вам не даст 3%. Но зачем же торопиться, теперь это дело потеряло весь интерес, деньги спасены; так или иначе, их можно будет куда-нибудь поместить. Бамбергер, который навел справки в Лондоне, советует только американские бумаги. -- Посмотрим.
   Статья Фальмерайера меня интересует. Уязвимое место моего письма к тебе -- недостаточная полнота изложения. Но при всем уважении к такому человеку, как Фальмерайер, я готов яростно защищать основную идею. -- Я сам читал в "Аугсбургской газете" гнусность о Бакунине, а именно: "Прага. По недостоверным слухам, Б<акунин> будет выдан России, и вызывает удивление, что Австрия взяла на себя роль палача, -- все это грубая ложь. Б<акунин> был привезен в Прагу для очной ставки с другими политическими обвиняемыми. -- Необходимость такой меры полностью себя оправдала. В результате показаний Б<акунина> уже арестовано два десятка человек". За смысл я ручаюсь, я читал это здесь числа 1 июля -- значит, можно отыскать.
   Чтобы ты не строил себе иллюзий, я должен предупредить тебя со слезами на глазах и с разбитым сердцем, что бургундское (хотя оно и очень хорошее) больше пить нельзя -- ни коньяк, ни бургундское: они так горячат, что можно опасаться апоплексического удара. Но есть очень хорошее бордо и, как ни удивительно, здесь сам климат толкает человека (das Ebenbild Gottes[96]) в бордель...
   И, наконец, действительно ли Фогт приедет? Если бы Лёве приехал раньше его, он тоже мог бы давать уроки.
   Прощай.
   Прочел, проникнувшись уважением к сродству наших чувств, что смерть сэра Р. Пиля заставила нас сразу же подумать о женевской Адели. -- Но я полагаю, что Джемс Земельный может теперь ее утешить -- по крайней мере песочком.

60. Г. ГЕРВЕГУ

17 (5) июля 1850 г. Ницца.

Егору Васильевичу.

   Рукой Н. А. Герцен:
   17 Сер<еда>.
   Я с восторгом читала ваши выписки из Веневитинова, во-первых, потому, что они сделаны вами, а потом -- это напомнило мне так живо мою молодость. Александр подарил мне Веневитинова, это был первый поэт, которого я узнала, полюбила, в котором нашла бездну симпатичного; даже я была влюблена в его портрет, который с него сняли уже с мертвого,
   и перед отъездом из России простилась с его могилой. И как знакомы те места, которые вы выписали!.. Эта книга была долго моим другом; с каким наслаждением я перечитаю ее с вами! -- Да как же вы достаете рус<ские> книги? Я так многим поручила прислать мне рус<ских> книг, что, я думаю, осенью мы получим целую библиотеку. -- Все мы ждем с нетерпеньем от вас письма, в котором вы сознаетесь в своей ошибке и назначите день приезда; Ал<ександр>[97] думает, что вы уже в дороге. -- Итак, до свидания.
   Обнимаю вас от души.
   N. Н.
   P. S. à mа dernière lettre du 15.
   Oui, on peut trouver un historien magnifique, je parle de Kavéline ou de Solovieff. Mais je crois que pour les Scythes l'honoraire paraîtra petit -- eh bien, on chauffera par la gloire, la propagande. -- Je t'envoie l'article pour Kolatchek et j'ai un mal de tête beaucoup plus convenable à un chien enragé, qu'à un littérateur polyglotte[98].
   На обороте: Ягору Васильевичу Ервегу.

61. Г. ГЕРВЕГУ

18 (6) июля 1850 г.

P. S. No 2 à la dernière lettre du 15 juillet.

   18 juillet.
   J'ai envoyé hier au nom de ma mère un cahier monstre pour Kolatc, j'attends de toi une lettre fulminante, écrasante -- pour une lettre tant soit peu fâchée que j'ai écrite, si je ne me trompe, le 10. Je profite donc du temps que ta réponse se promène par la Corniche pour donner les instructions suivantes.
   Tu verras toi-même que l'Epilogue et l'autre article se complètent nécessairement -- je voudrais les voir imprimés ensemble, mais comme l'Epilogue est moins imprimable, s'il se trouvait quelque obstacle, il faudrait l'envoyer à Hoffmann & C -- en toute justice il lui appartient parce que j'ai promis. Mais dans un temps où le roi de Saxe, de Wurtemberg etc., etc. ne tiennent pas la parole jurée, je ne veux pas servir de trouble-fête et tenir la mienne, ce qui pourrait même offenser ces petits polissons.
   Est-ce que le journal de Kol paraît à Zurich? Prie-le de m'envoyer du No suivant tous les No. -- Si c'est faisable, je voudrais avoir une dizaine d'exempl de mon article.
   Concernant les livres, on pourrait les envoyer à l'adresse de Visconti, libraire à Nice, par des libraires, aber nicht den ganzen Strunt, einen Teil kann man irgendwo lassen.
   Ensuite que ferons-nous des exemplaires de ma brochure? On peut prendre avec quelques exempl, mais les autres?
   Pourquoi ne pas laisser tout cela chez un libraire pour garder jusqu'à ce que nous demanderions? Ici les voyageurs n'ont aucune difficulté avec les livres, mais lorsqu'on envoie, il y a toujours du fil à retordre.
   Перевод

P. S. No 2 к последнему письму от 15 июля.

   18 июля.
   Вчера я отослал на имя моей матери толстенную тетрадь для Колачека, жду от тебя грозного, сокрушительного письма за мое немного сердитое послание, которое я написал тебе, если не ошибаюсь, 10-го. Итак, пользуюсь временем, пока ответ твой еще гуляет по Корниче, чтобы дать нижеследующие указания.
   Ты сам увидишь, что "Эпилог" и статья естественно дополняют друг друга, я хотел бы, чтобы их напечатали вместе, но "Эпилог" менее годится для печати, поэтому, если возникнут какие-либо препятствия, надобно будет переслать его Гофману и К<ампе>, он по всей справедливости принадлежит им, так как я им его обещал. Но в то время, когда король саксонский, вюртембергский и пр. и пр. не держат своего клятвенного обещания, я тоже не хочу нарушать порядок, сдержав свое, что могло бы даже оскорбить этих проказников.
   Разве журнал Колачека выходит в Цюрихе? Попроси его высылать мне все номера, начиная с ближайшего. -- Если можно, я хотел бы получить экземпляров десять моей статьи.
   Что касается книг, то их можно послать по адресу книжного магазина Висконти в Ницце, через книготорговцев, aber nicht den ganzen Strunt, einen Teil kann man irgendwo lassen[99].
   Затем, что нам делать с экземплярами моей брошюры? Несколько экземпляров можно захватить с собой, а остальные?
   Нельзя ли оставить всё у какого-нибудь книготорговца на хранение, пока мы не затребуем? У приезжающих никаких затруднений с книгами не бывает, но с пересылкой их сюда всегда большая канитель.

62. Г. ГЕРВЕГУ

23--24 (11--12) июля 1850 г. Ницца.

3 suppl<ément> à la dernière lettre.

   23 juillet.
   Qu'aurais-tu dit en recevant une lettre qui ne contiendrait que ces peu de paroles, tu m'aurais inculpé de trahison, d'assassinat, d'inceste, d'être péd... pédicure c'est-à-dire. Et que faire contre la fatalité; à peine eus-je écrit ces mots "23 juillet" qu'Elise vint me dire qu'il y a juste 3 minutes pour finir ma lettre, la cacheter et la porter à la poste, or donc il faut 6 minutes pour aller jusqu'à Visconti et la poste est plus loin. -- A ce récit de Théramène, j'ai voulu dire ce que Thésée avait oublié: "taisez-vous" -- ne voulant pas faire un mauvais calembour le jour même du décès orléanique (ad instar du duc d'Orléans) d'Hippo. Mais Elise était loin -- et moi, pâle, malheureux, avec une lettre d'Emma, de ma femme, de Tata, d'Ada, à toi, à ma mère, à la mer Méditerranée -- non, tu ne me comprends pas et voilà pourquoi il faut venir ici et ne plus parler par écrit -- vois-tu, tu penses qu'il y avait une lettre pour la mer Méditerranée -- du tout -- j'ai voulu courir et me noyer pour ne pas recevoir le 2 août une lettre fulmicotonnante, accablante de toi et pour ne jamais rencontrer Emma me disant: "Et toi, traître". Ainsi je recommandai à Dieu mes enfants et je me proposai de finir comme Méduse.
   Mais la pensée me vint de te féliciter sur la prochaine arrivée à Nice de la belle ctesse octogénaire, de la Didone trois fois abandonnée, elle viendra baigner ses beaux nus sous les Alpes Maritimes -- et grâce à Emma -- sous tes fenêtres. -- Eh bien, j'aurai toujours le temps de me noyer pour l'éternité, je veux voir les beaux nus de la ctesse. A demain...
   24 juillet.
   Je ne t'inculpais pas l'autre jour des dépenses etc., relis la lettre, et tu verras qu'il s'agissait d'Emma. Vos deux dernières années on fait une grande brèche -- et de longtemps elle ne sera comblée. Pour moi, c'était pénible à voir qu'Emma te traitait en enfant et ne te faisait qu'un tableau adouci, c'était pénible pour moi de voir que tu te laissais à ce ménagement -- c'était ein bewußtes Ignorieren. Cela ne doit pas être, parce que èa vous ruinera. Oui, on peut vivre en Italie avec votre revenu -- mais il faut savoir s'arranger. Je t'assure que je connais tes affaires mieux que toi. J'ai vu au mois de janvier quel gouffre il fallait emplir (tu n'écriras pas de cela).
   Pense bien, comme nous sommes encore du vieux monde, pourquoi tu t'es fâché de ce que j'aie dit quelques mots sur ce sujet?
   Corpo di Bacco, nous parlons librement de nos sentiments les plus intimes, les plus sacrés -- et nous n'osons ouvrir la bouche sur les affaires pécuniaires.
   Перевод

3-е прибавление к последнему письму.

   23 июля.
   Что бы ты сказал, получив письмо, содержащее лишь эти несколько строчек? Ты обвинил бы меня в предательстве, в убийстве, в кровосмешении, в том, что я пед... педикюрщик то есть. Но что поделаешь против судьбы? Едва я написал слова "23 июля", как Элиза пришла предупредить, что в моем распоряжении ровно 3 минуты, чтобы закончить, запечатать и отнести письмо на почту; но ведь чтобы дойти до Висконти, нужно 6 минут, а почта еще дальше. -- При этой Тераменовой речи я хотел было сказать то, что позабыл сказать Тезей: "Молчите", -- не желая неудачно скаламбурить в самый день орлеанической кончины (ad instar[100] герцога Орлеанского) Ипполита? Но Элиза была далеко, а я сидел бледный, несчастный, держа в руках письма Эммы, моей жены, Таты, Ады, к тебе, к моей матери, к Средиземному морю -- нет, ты не понимаешь меня, и вот почему тебе нужно приехать сюда, а не объясняться больше письменно: видишь ли, ты полагаешь, что было письмо для Средиземного моря, отнюдь нет -- я хотел бежать и утопиться, чтобы не получить от тебя 2 августа пропироксилиненное, удручающее письмо и чтобы никогда больше не встречаться с Эммой, бросающей мне слова: "И ты, предатель". И вот я поручил богу своих детей и решил покончить с собой, как "Медуза".
   Но тут мне пришла в голову мысль поздравить тебя по случаю предстоящего приезда в Ниццу прекрасной восьмидесятилетней графини, трижды покинутой Дидоны, она приедет омывать свои нагие прелести у подножья Приморских Альп -- и, благодаря Эмме, под твоими окнами. -- Ну что ж, у меня всегда будет время кануть в вечность, но прежде мне хочется увидеть нагие прелести графини. До завтра.
   24 июля.
   В прошлый раз я не тебя винил в лишних расходах и т. д., перечитай письмо, и ты увидишь, что речь шла об Эмме. За последние два года в вашем состоянии образовалась огромная брешь -- и она еще долго не будет заполнена. Мне тяжело было видеть, что Эмма обращается с тобой, как с ребенком, рисуя тебе все в светлых тонах; мне тяжело было видеть, что ты позволяешь так оберегать себя -- это было ein bewußtes Ignorieren[101].
   Так не должно быть, потому что это разорит вас. Да, на ваши доходы можно прожить в Италии, но надобно уметь устраиваться. Поверь мне, я знаю твои дела лучше тебя. Я видел в январе, какую бездонную яму нужно было заполнить (ты не станешь писать об этом).
   Подумай только, до чего мы еще принадлежим старому миру. Почему ты рассердился на то, что я сказал несколько слов по этому поводу? Соrро di Bacco[102], мы свободно говорим о наших самых интимных, самых заветных чувствах -- и не смеем рта раскрыть, когда дело касается денежных вопросов.

63. Г. ГЕРВЕГУ (приписка)

30 (18) июля 1850 г. Ницца.

   On peut envoyer l'épilogue tout bonnement à Hoffmann & Campe auxquels il est promis.
   Перевод
   Эпилог можно просто послать Гофману и Кампе, которым он обещан.

64. Г. ГЕРВЕГУ

30 (18) июля 1850 г. Ницца.

   30 juillet.
   Tu m'as fait beaucoup de plaisir en me disant... devine, si tu peux, -- en me disant que tu étais malade. Je commenèais déjà à m'indigner sérieusement de ces délais éternels, d'autant plus que je savais que tu trouvais qu'il fait encore trop chaud pour le voyage, et je le savais parce que ma mère a écrit: "Je suis d'accord avec G qu`il fait, etc." J'ai pensé que dans ces temps révolutionnaires la chaleur pouvait continuer jusqu'au mois de mai de l'année 1857.
   Par un ordre du jour daté de Zurich, tu mis une défense complète à faire des suppositions, hypothèses, probabilités et autres opérations, par lesquelles l'esprit humain cherche à savoir ce qu'il ne sait pas -- concernant ton absence. Mais tu sais la faiblesse de l'homme; après avoir longtemps pensé, nous nous sommes arrêtés à cette supposition: "Ma mère a écrit il y a deux mois que tu avais coupé tes cheveux -- or donc tu attends qu'ils repoussent pour repousser du littoral Suisse la barque qui doit te rendre à Nice". -- C'était la dernière hypothèse lorsque ta
   lettre a dit que tu étais malade. Pourquoi ne m'as-tu pas écrit avant? je t'aurais ménagé beaucoup de reproches de la part d'Emma, et j'aurais trouvé les moyens de la consoler, mais comme j'étais moi-même tanto poco arrabiato -- j'ai aussi pesté, vociféré, julesfavrisé tes retards. Au reste -- Dieu et Löwe aidant -- cela doit passer et tu viendras -- et cela sera fini.
   Il y a ici à l'hôtel une femme de chambre qui ne parle ni le franèais, ni l'italien, mais un jargon incompréhensible. Emma a de suite commencé à parler avec elle. Elle est allée d'une supposition magnifique, si on estropie tous les mots franèais et italiens, elle doit comprendre. Exempli gratia, elle dit à la femme: "Porta cana dans l'appartamiento del aguuia fredigosca", ou: "Ba la cete parquetoccio nel Salione mangisco"...
   C'est bien dommage que la femme de chambre comprenne encore moins cette nouvelle langue.
   Tout ce que ma femme et Emma ont écrit concernant mes disputes avec Emma, n'est que la suite d'une calomnie qui ferait honneur à Basile. Il n'y a qu'un seul point sur lequel nous disputons: en vérité je suppose qu'il ne faut rien faire lorsqu'on n'a rien à faire -- et Emma pense que c'est alors qu'il faut faire.
   Moi, je dis non seulement, il ne faut pas mentir, mais qu'il ne faut pas dire la vérité -- lorsqu'on peut s'en passer... etc. Moi, je suis vieux conservateur, et en qualité de Slave et de Russe -- un peu plus rusé.
   Melgounoff déplore depuis 5 ou 6 ans l'ouvrage de Kœnig, il lui a dicté sous des influences de clocher. Par ex, il parle de Khomiakoff comme d'un grand poète etc. Il me fallait pour faciliter la mémoire. Au reste, j'ai fait un traité politique, au lieu d'un littéraire.
   Je pourrais préparer pour le 1 sept l'article.
   Dis à Kol de m'envoyer le journal sous bande, mais affranchi -- autrement cela ne partira pas.
   J'ai reèu le Peuple, l'article de Proud est froid, le reste...!
   Et encore un mot. Tu demandes pourquoi je ne réponds pas sur tes dispositions égalitaires. Premièrement il n'y avait pas de question, et ensuite je ne répondais pas, parce que je les rejette complètement, absolument, comme offense à notre amitié, comme ironie du mot même de la bessonnerie, comme Spießbürgerlichkeit, comme Philisterei -- et comme impossibilité complète. -- A ces conditions (si je les prenais au sérieux) je céderai mon appart à la cotesse d'Ag ou au vte d'Arlincourt, -- voilà ma réponse et je trouverai fort juste, si tu prends les mêmes mesures disciplinaires contre la ctesse (au moins le jour).
   Proposant à Emma de demeurer ensemble, sans parler de choses intimes, je représentais l'immense économie d'avoir une salle
   à manger, une cuisine, un cuisinier, enfin je pensais moi à une vie commune et non à un voisinage vertical. Sans me faire perdre quelque chose -- cela aurait diminué vos dépenses de la moitié. -- Comment le faire avec l'étiquette espagnole que tu exiges? Comment dresser aujourd'hui la table en bas, demain chez toi, comment enfin savoir quand il faut être sur la terrasse et quand dans le jardin qui est commun, et si une promenade dans le jardin est équivalente à une visite...
   Je n'ai pas répondu -- et voulais passer à l'ordre du jour pur et simple. Tu ne l'as pas voulu.
   Weiter: tu me demandes "où j'ai montré le courage de la vie?" -- Nulle part -- mais 1° est-ce que c'est une cause pour que tu n'en aies pas, ou que moi ne puisse le comprendre et 2° où est-ce que j'ai montré le contraire? Dans la crainte de perdre la moitié de la fortune, mais je me tiendrais pour fou à lier, pour Struve, pour S Siméon le Stylite, si je n'avais pas épuisé tous les moyens pour la sauver, et même si cela avait duré 16 mois au lieu de 6.
   Mais tout cela n'empêche pas de te dire que tu as parfaitement raison en parlant des Slaves et encore plus des Russes, c'est vrai au point que même Gans à Berlin disait que l'imitation et l'acceptibilité sans assimilation est le caractère distinctif des Slaves. -- Il y a de graves considérations pourtant à faire; la manie de se jeter sur tout, de tout entreprendre et étudier est une suite de l'état dans lequel on se trouve. N'oublie jamais l'état abnormal qui est créé pour nous autres par la civilisation forcée. Par malheur le peuple restant de l'autre côté, le gouvernement a pu civiliser et opprimer en même temps. De là l'ironie, de là cette démangeaison d'émotions, pour s'oublier, et pas de racines. La période de Pétersbourg n'est qu'une dure école, n'est qu'une transition -- et ce que tu vois n'est que le caractère de la transition.
   Je ne sais pas pourquoi tu parles de mon patriotisme, je connais plus que vous la race slave, j'en parle; je vois comme Haxthausen l'immense possibilité du développement et la jeunesse vigoureuse de la race. Je vois, comme Fallmerayer qu'une guerre, une lutte à mort avec la Russie est imminente et que la vieille Europe succombera. Custine en parla, Donoso Cortès en est convaincu. Que la Russie crèvera comme un vampire, -- cela peut être, mais elle pourra aussi légèrement passer au communisme le plus illimité, comme elle s'est jetée avec Pierre le Grand dans l'Européisme.
   Non seulement la victime n'est pas douteuse, mais elle est faite moralement. La Turquie sans exagération n'est pas aussi dépendante de la Russie comme l'Allemagne. La question de SchlesHol est une dernière épreuve.
   L'exemple de Sas -- ne prouve pas grand'chose contre le caractère, l'exemple d'Ogareff, donnant la liberté à 1900 paysans -- peut en cas de besoin servir d'objection. -- Et là-dessus je me prosterne à vos pieds.
   Dis à Kolat que la première lettre sur la Russie est prête, mais il faut la traduire. Au lieu de parler de la littér, je parle du développement des idées politiques jusqu'en 1812.
   Перевод
   30 июля.
   Ты доставил мне большое удовольствие, написав о том... догадайся, если можешь, о чем, -- о том, что ты был болен. Я уже начинал всерьез возмущаться этими вечными отсрочками, тем более что мне стало известно, будто ты считаешь погоду еще слишком жаркой для путешествия, а мне это стало известно, так как маменька написала: "Я согласна с Г<еоргом>, что погода и т. д." Я подумал, что в нынешние революционные времена жара может затянуться до мая 1857 года.
   Приказом из Цюриха ты безоговорочно запретил заниматься какими бы то ни было предположениями, гипотезами, теориями вероятности и прочими операциями, при помощи которых человеческий разум стремится узнать то, чего он не знает, -- касательно твоего отсутствия. Но ты ведь знаешь человеческую слабость; после долгих раздумий мы остановились на следующем предположении: "Два месяца назад маменька написала, что ты остриг волосы -- уж не ожидаешь ли ты, пока они отрастут, чтобы оттолкнуть от швейцарских берегов челн, который доставит тебя в Ниццу". Такова была последняя гипотеза перед твоим письмом с сообщением, что ты болен. Почему ты не написал мне об этом раньше? Я бы избавил тебя от многих упреков со стороны Эммы и нашел бы способ ее утешить, но я и сам был tanto росо arrabiato[103], я тоже бранился, ругался, жюльфавризировал твои проволочки; впрочем -- с помощью бога и Лёве -- все это пройдет, ты приедешь, и с этим будет покончено.
   Здесь в гостинице есть горничная, которая не говорит ни по-французски, ни по-итальянски, а на каком-то непонятном жаргоне. Эмма тотчас стала с ней разговаривать. Она исходила из такого великолепного предположения: если калечить все французские и итальянские слова, та должна понять. Exempli gratia она говорит женщине: "Приносите в аппартамиенто холодный вода" -- или "Подметайте паркеточчо в обеденный салионе"...
   Очень жаль, что этот новый язык горничная понимает еще меньше.
   Все, что моя жена и Эмма написали о моих спорах с Эммой, -- только следствие клеветы, которая сделала бы честь Базилю. Разногласия у нас лишь в одном пункте: действительно, я думаю, что не нужно ничего делать, когда нечего делать. А Эмма думает, что именно тогда-то и нужно.
   Я утверждаю, что не только не нужно лгать, но не нужно говорить и правду, когда можно обойтись без этого... и т. д. Что до меня, то я старый консерватор, а как славянин и русский -- чуть похитрее.
   Мельгунов уже 5-й или 6-й год оплакивает работу Кёнига, он ему диктовал ее, находясь под влиянием церковников. Например, он говорит о Хомякове как о великом поэте и т. д. Она мне была нужна, чтоб освежить кое-что в памяти. Впрочем, я написал политический трактат вместо литературного.
   Я мог бы приготовить статью к 1 сентября.
   Скажи Колачеку, чтобы он присылал мне журнал бандеролью, но пусть франкирует, иначе не уйдет.
   Я получил "Peuple", статья Прудона холодна, остальное...!
   Еще одно слово. Ты спрашиваешь меня, почему я ничего не отвечаю по поводу твоих уравнительных требований. Во-первых, об этом не было речи, и, во-вторых, я не отвечал потому, что решительно и безоговорочно отвергаю их как оскорбление нашей дружбы, как насмешку над самим понятием союза близнецов, как Spießbürgerlichkeit[104], как Philisterei[105] -- и как вещь совершенно невозможную. На таких условиях (если бы я их принял всерьез) я мог бы уступить свою квартиру графине д'Агу или виконту д'Арленкуру -- вот мой ответ, и я счел бы вполне справедливым, если бы ты принимал такие же дисциплинарные меры против графини (по крайней мере днем).
   Предлагая Эмме поселиться вместе, не касаясь вопросов личного порядка, я указывал на огромную экономию, которая достигается при общей столовой, общей кухне, общем поваре, -- словом, я-то думал о совместной жизни, а не о вертикальном соседстве. Я ничего не потерял бы при этом, а вы сократили бы наполовину расходы. -- Но как все это совместить с тем испанским этикетом, которого ты требуешь? Как это сегодня накрывать стол внизу, завтра у тебя, как, наконец, узнавать, когда надобно находиться на террасе, а когда в саду, который является общим, и надобно ли прогулку по саду считать равноценной визиту...
   Я не ответил, я хотел просто перейти к очередным делам. Ты этого не захотел.
   Weiter[106], ты спрашиваешь, "где я проявил жизненное мужество?" -- Нигде, но 1-е -- разве это основание для того, чтобы
   и у тебя его не было или чтобы я не мог понимать, в чем оно состоит? И 2-е -- где же это я проявил обратное? Боясь потерять половину состояния? -- Но я счел бы себя за буйно помешанного, за Струве, за св. Симеона Столпника, если бы не исчерпал всех возможностей для спасения денег, даже в том случае, если бы на то потребовалось не 6, а 16 месяцев.
   Но все это не мешает мне утверждать, что ты совершенно прав в своем суждении о славянах и, еще более, о русских, -- это бесспорно, и сам Ганс в Берлине говорил, что подражание и восприимчивость без ассимиляции -- отличительная черта славян. Однако необходимо серьезно принять в соображение, что мания набрасываться на все, желание все испробовать и изучить -- это следствие существующего положения вещей. Нельзя забывать того ненормального положения, которое создалось для людей нашего круга в результате принудительной цивилизации. К несчастью, народ оставался по другую сторону, и вот правительство получило возможность одновременно и цивилизовать, и угнетать. Отсюда ирония, отсюда жажда эмоций, чтобы забыться, и отсутствие корней. Петербургский период -- лишь суровая школа, лишь переходное время, и то, что ты наблюдаешь, всего только особенность этого переходного времени.
   Я не понимаю, почему ты говоришь о моем патриотизме; я знаю славянскую расу лучше, чем вы, и я говорю о ней. Как и Гакстгаузен, я вижу огромные возможности развития и мощную юность этой расы. Как и Фальмерайер, я вижу, что война, смертельная борьба с Россией неминуема и что старая Европа падет. Кюстин говорил об этом, Донозо Кортес в этом убежден. Быть может, Россия так и издохнет вампиром, но она может и перейти к самому неограниченному коммунизму с той же легкостью, с какою она бросилась с Петром Великим в европеизм.
   Неизбежность жертвы не только не вызывает сомнения, но морально она уже принесена. Без всякого преувеличения, Турция находится в меньшей зависимости от России, нежели Германия. Вопрос о Шлезвиг-Голштинии -- последнее испытание.
   Пример Сазонова не является серьезным опровержением характерных черт, пример Огарева, отпустившего на волю 1900 крестьян, может, если понадобится, служить возражением. Засим низко вам кланяюсь.
   Скажи Колачеку, что первое письмо о России готово, но его надобно перевести. Вместо того чтобы говорить о литературе, я говорю о развитии политических идей до 1812 года.

65. Г. ГЕРВЕГУ

2 августа (21 июля) 1850 г. Ницца.

   2 août.

Addition pénultième à la lettre du 15.

   Pourquoi restez-vous 4 ou 3 jours à Genève et non 43 ou 34? Dis cela à la compagnie. Et voilà la preuve, si on n'a rien à faire à Genève, on ne peut se résigner à rester 3 jours, seulement dans l'espérance de voir Golovine et le libraire Kessmann et sa femme, m-me Kessfrau. -- Si on a à faire quelque chose, comment peut-on terminer une affaire sérieuse en 3 jours, il faut 3 semaines, 3 mois etc.
   J'ai reèu ta lettre, je suis tout-à-faitissime d'accord avec toi sur tous les points; au reste, je n'ai jamais dit que je prends la seule possibilité du renouvellement du vieux monde par une nouvelle race, je mettais toujours l'autre élément, l'élém volcanique à côté. Mais c'est aussi une race nouvelle, elle qui n'a rien reèu de cette civilisation que le malheur. -- Oui, c'est une position exceptionnelle, aristocratique qu'on nous fait, mais que faire? Se taire? Mais il y a quelquefois une démangeaison de leur dire en face qu'on comprend au moins la position. -- Regarde ce qui se passe en France, c'est déjà la démence de l'agonie, diese ziellose Unruhe, das Umsichgreifen des Sterbenden. Et regarde la bêtise, la stupidité même dans Emi Girardin. La presse entière peut être abolie (la presse existante) sans un grand mal. -- Et l'épisode de Schleswig! Ce qui couve, ce qui agite l'âme du peuple, n'est pas encore disible, pas même comme mythe. Eh bien -- comment donc ne pas rester dans une position d'expectation, de séparation?
   J'ai terminé l'ouvrage de Fallmerayer, il y a des choses "stupendisch", concernant la puissance de l'élément slave dans la Grèce moderne. Voilà la scène où se produira la tragédie slave; les véritables scènes sont toujours près de la Méditerranée.
   Adieu. Demain ou après demain nous déménageons.

Rue Anglaise, maison Sue.

   A rivederci.
   Перевод
   2 августа.
   Предпоследнее прибавление к письму от 15-го.

   Почему вы остаетесь в Женеве на 4 или на 3 дня, а не на 43 или на 34? Рассказывай кому хочешь. И вот тебе доказательство -- если делать в Женеве нечего, никто не согласится oстаться еще на 3 дня ради одной надежды увидеть Головина
   и книжного торговца Кессмана с его женой мадам Кессфрау. Если же есть что делать, то можно ли закончить серьезное дело в 3 дня? На это нужно 3 недели, 3 месяца и т. д.
   Твое письмо получил, я совершенниссимо согласен с тобой по всем пунктам; впрочем, я никогда не говорил, что считаю возможным возрождение старого мира лишь через новую расу, я всегда ставил рядом другой элемент, -- элемент вулканический. Но это тоже новая раса, -- раса, которая не получила от нынешней цивилизации ничего, кроме горя. -- Да, разумеется, мы поставлены в исключительное, аристократическое положение, но что делать? Молчать? Но иногда так неудержимо хочется хотя бы сказать им прямо в лицо, что мы понимаем, как обстоит дело. Обрати внимание на то, что происходит во Франции, это уже безумие агонии, это ziellose Unruhe, das Umsichgreifen des Sterbenden[107]. Обрати также внимание, сколько глупости, тупости даже у Эмиля Жирардена. Вся печать (существующая печать) может быть упразднена без особого ущерба. -- А события в Шлезвиге! То, что назревает, то, что волнует душу народа, еще не укладывается в слова, даже в виде мифа. Ну, как не занять выжидательной позиции, как не отмежеваться?
   Я закончил труд Фальмерайера, там есть вещи "stupendisch"[108] относительно господства славянского элемента в современной Греции. Вот театр, на котором разыграется славянская трагедия, подлинная арена действий всегда находится близ Средиземного моря.
   Прощай. Завтра или послезавтра мы переезжаем.

Rue Anglaise, дом Сю.

   A rivederci[109].

66. Г. ГЕРВЕГУ

3 августа (22 июля) 1850 г. Ницца.

Clôture de la correspondance.

   3 août.
   Avec la correspondance il faut en finir avec les explications, mésentendus et les entendus, caro mio. Oui, nous nous sommes conduits quelquefois en enfants, d'autres fois en vieillards, toujours sous l'impression de quelque irritation nerveuse. C'est vraiment pitoyable, et pourtant il fallait passer par là, il fallait connaître où les angles saillants ne correspondent plus aux angles rentrants de l'autre. Ce n'est pas comme expérience, comme critique
   ou observation préméditée que je l'entends. La vie elle-même pousse de petits cailloux sous les pieds, en heurtant on s'aperèoit, etc., etc.. -- Tu aimes tant soit peu dans ces cas de fermer les yeux, moi non -- voilà toute la différence. Das ewige Räsonieren est insupportable, mais je déteste das ewige Schonen; votre philosophie pratique (caro mio, ne t'en fâche pas) de la vie avec Emma ne vaut pas le diable; la main sur le cœur, je ne vous accuse pas, ni l'un, ni l'autre -- mais je trouve qu'on pourrait acquérir plus de poésie mâle à la place de la poésie de jeunes filles, je trouve que vous êtes grandis par le temps, et les manches deviennent courtes, et les couleurs sont un peu trop enfantines. Si tu veux me comprendre tu me comprendras; je ne veux pas dire par cela que notre jeunesse est passée, je ne veux pas t'entraîner dans la prose d'une existence d'indifférence et de bonne santé -- mais je crois que votre existence pourrait être plus facile, plus musculeuse, et j'ai parlé tant, à tort et à travers, parce que nommément à présent, vous avez besoin de quelque courage, vos circonstances étant changées.
   J'ai disputé, j'ai parlé avec Emma plus ce que nous avons écrit, elle voit avec la plus parfaite clarté que j'ai raison -- mais cela n'a pas la moindre influence sur elle; elle aime encore l'excentricité, l'agitation -- elle reste une femme Schillerienne avec le développement Gœthique; par malheur, au lieu de richesse cela fait un tohu-bohu. -- Mais je n'en parlerai plus, ni par écrit ni en paroles. Tout ce que j'avais à dire sous ce rapport, je l'ai dit, -- repetitio est mater -- de l'ennui.
   Et pour te prouver que moi, comme feu l'archevêque Robespierre après la fête de Dieu -- je suis toujours prêt à combattre pour la justice, même lorsqu'un homme est en voyage, je te dirai que précisément tu n'as pas compris ni la disposi[110]
   Demande à Fazy, si je mets une assez grande somme d'argent dans la banque de Genève -- pourra-t-il me faire alors citoyen? -- Adieu.
   Je ne suis pas, comme tu vois, le Robespierre.
   Garde les cigares.
   Перевод
   Завершение переписки.

   3 августа.
   Вместе с перепиской надо покончить и со всеми объяснениями, расхождениями и соглашениями, caro mio. Да, мы иногда вели себя как дети, иной раз как старцы, и всегда -- под впечатлением какого-нибудь нервического раздражения. Жаль, конечно,
   и все же через это надо было пройти, надо было узнать, где выступающие углы одного не соответствуют вогнутым углам другого. Но я не рассматриваю это ни как опыт, ни как критику, ни как заранее задуманное наблюдение. Жизнь сама бросает под ноги камешки; споткнувшись о них, замечаешь, и т. д., и т. д. -- Ты любишь в таких случаях чуть-чуть прикрыть глаза, а я нет -- вот и вся разница. Das ewige Räsonieren[111] невыносимо, а я ненавижу das ewige Schonen[112]; практическая философия (не сердись, саrо mir) вашей с Эммой совместной жизни ни черта не стоит; положа руку на сердце, я не обвиняю вас, ни того, ни другого, но я нахожу, что можно было бы обрести, вместо девической поэзии, более мужественную; я нахожу, что с годами вы выросли и рукава стали коротки, да и краски, пожалуй, слишком детские. Если хочешь понять меня, то поймешь; я не хочу этим сказать, что наша молодость прошла, я не хочу тащить тебя в прозу безразличного существования в добром здоровье, но я думаю, что ваша жизнь могла бы быть более легкой, более мускулистой, и я столько на все лады говорил об этом потому, что теперь-то, когда обстоятельства ваши изменились, вам и нужно некоторое мужество.
   Я спорил, я говорил с Эммой больше, чем мы об этом писали, и для нее совершенно ясно, что я прав, но это не оказывает на нее ни малейшего влияния; ей по-прежнему нравится эксцентричность, возбуждение -- она остается шиллеровской женщиной с гётевским развитием, что, к несчастью, не обогащает, а производит один сумбур. -- Но я не стану больше говорить об этом ни письменно, ни устно. Все, что я хотел сказать по этому поводу, я сказал, -- repetitio est mater -- скуки.
   И чтобы доказать тебе, что я так же, как покойный архиепископ Робеспьер после праздника тела господня -- всегда готов бороться за справедливость, даже когда человек в пути, я скажу тебе, что ты как раз ничего не понял ни в расположении[113]
   Спроси у Фази, сможет ли он сделать меня гражданином, если я внесу довольно крупную сумму денег в женевский банк? -- Прощай.
   Как видишь, я не Робеспьер.
   Сохрани сигары.

67. Г. ГЕРВЕГУ

6 августа (25 июля) 1850 г. Ницца.

   6 août.
   Je dirai comme le vicomte d'Arlincourt: "Dieu le veut" -- oui, Dieu veut que tu te fatigues avec Emma des choses les plus faciles,
   et que tu mettes des efforts inouïs pour soulever un brin de paille. -- Je crois qu'à la fin tu me détesteras pour mon langage et je n'en ai pas d'autre. -- Hier Emma s'adresse à moi pour trouver ensemble un moyen que tu puisses venir seul ici. Mais si tu avais ce désir, pourquoi es-tu donc resté à Zurich -- ensuite, quoi de plus simple que de dire à présent que tu as reèu de telles lettres, que tu te décides à faire une surprise, etc. Et à la fin des fins je comprends que cela serait beaucoup plus agréable de venir tout seul -- mais enfin il n'y a pas de quoi désespérer si on vient autrement; rester pour cela quelques jours à Turin -- mais c'est une plaisanterie.
   Tu m'inculpes de ce que j'ai engagé ma mère de venir ici, et que miei dolci sospiri ont ému Mselle E. Pour cela n'est pas vrai, ma femme a lu toutes les lettres... Sais-tu que tu pousses le rigorisme ou la naïveté jusqu'à prendre les choses qu'on écrit au bas d'une lettre -- pour des engagements sacrés. Elles m'écrivaient <à> chaque lettre de leur désir; qu'elles arrivent le 20 août ou le 10 septembre; cela n'a pas d'importance pour moi, et je te dirai encore plus, je me tiens et je me tenais toujours dans une telle indépendance qu'il leur est difficile de changer en quoi que cela soit notre train de vie. Je suis très avare en matière de protestation d'amour et de sympathie, mais je suis comme toujours très humain avec les personnes étrangères. D'autant plus que, ex<empli> gr<atia> mes rapports avec mselle E ont toujours été parfaitement bienveillants, sans aucune intimité. J'ai écrit à Bernacky: "Quittez donc votre Paris empesté, ayez le courage d'abandonner les journaux et venez vous baigner dans la Méditerranée". Eh bien, si Bernacky (comme il se le proposait) venait demain ici -- est-ce à dire que moi j'en serai la cause? Au reste -- cela suffit.
   Tu m'as déjà expliqué une fois la théorie de la superexcitation nerveuse; je ne l'admets pas, et tu peux te moquer comme tu veux de ce que je prêche le courage de la vie, la mesure. Prêcher n'est pas le mot, je le sens, je le dis à ceux qui me sont chers -- pourquoi donc souffrez-vous plus qu'il n'en faut, vous blâmez les enfants qui crient lorsqu'ils tombent -- eh bien, ne criez donc pas, même intérieurement. On s'emporte, on se fâche -- on passe outre. Emma s'est tellement habituée à cela, c'est-à-dire au désespoir que cela devient périodique, sans cause, et cela passe sans consolation. -- Gronde-moi comme tu veux, mais il m'est impossible de sympathiser avec cela, et je regarde avec tristesse, enfin je regarde comme on regarde une maladie -- qui est curable.
   J'ai écrit dans le sens voulu, ou plutôt Nat a écrit à ma mère, d'après le désir d'Emma.
   Au revoir.
   Рукой H. А. Герцен:
   Qu'est-ce que c'est encore, mon cher besson, èa n'a pas de nom! Rester à Turin?... Je n'y crois pas, tout bonnement. Nous vous attendons, attendons, attendons, le pantalon même vous attend déjà. A l'a fini. -- Selon moi, on ne pouvait pas s'arranger mieux que nous l'avons fait. Jardin, maison, cuisinier -- pas magnifique mais parfait, et si vous donnez encore un coup de maître...
   Venez, venez et venez... Je n'ai rien de mieux à dire ni pour vous, ni pour moi!.. Je salue de tout, de tout, de tout mon cœur Genève, Rhône et notre bessonnière ci-devant etc.
   Перевод
   6 августа.
   Я скажу, как виконт д'Арленкур: "Так угодно богу" -- да, богу угодно, чтобы вы с Эммой мучились над самыми простыми вещами и ты должен был прилагать неслыханные усилия, чтобы поднять соломинку. -- Думаю, что в конце концов ты меня возненавидишь за мой язык, -- а другого у меня нет. -- Вчера Эмма обратилась ко мне с просьбой придумать вместе какой-нибудь способ, чтобы ты мог приехать сюда один. Но если тебе этого хотелось, почему же ты оставался в Цюрихе? -- И чего проще сказать теперь, что ты получил какие-то письма, что желаешь сделать сюрприз и т. п. В конце концов, я понимаю, что гораздо приятнее приехать одному, но не из чего приходить в отчаяние, если приедешь и не один; оставаться из-за этого несколько дней в Турине -- ведь это смешно.
   Ты ставишь мне в вину то, что я пригласил мою мать приехать сюда и что miei dolci sospiri[114] взволновали м-зель Э<рн>. Ну, уж это неправда, жена моя читала все письма. Знаешь, ведь ты в своем ригоризме или в своей наивности доходишь до того, что принимаешь за священные обязательства фразы, которые обычно ставятся в конце письма. Они писали мне в каждом письме о своем желании приехать; 20 августа или 10 сентября -- это не имеет для меня значения, и скажу даже больше: я сохраняю и сохранял всегда за собой такую независимость, что им трудно в чем бы то ни было изменить наш образ жизни. Я весьма скуп на уверения в любви и симпатии, но здесь, как всегда, я подхожу очень по-человечески к посторонним людям. Тем более что мои отношения, ex gr с м-зель Э<рн> всегда были самыми доброжелательными, но без какой бы то ни было близости. Я написал Бернацкому: "Покиньте же ваш зачумленный Париж, имейте мужество оставить ваши газеты и приезжайте купаться в Средиземном море". Что же, если бы Бернацкий (как он сам предполагал) приехал назавтра сюда -- значит, можно было бы сказать, что я этому причиной? Впрочем -- довольно.
   Ты мне уже изложил однажды теорию нервной сверхвозбудимости; я с ней не согласен, и ты можешь издеваться как угодно над тем, что я проповедую мужество в жизни и соблюдение меры. Проповедовать -- я сам это чувствую -- не то слово, но я говорю дорогим мне людям: зачем же вам страдать больше, чем следует? Вы браните детей, которые поднимают крик, когда падают, так не кричите же сами, даже внутренно. Бывает, что выходишь из себя, злишься, но не останавливаешься на этом. Эмма настолько привыкла к такому состоянию, т. е. к отчаянию, что оно возникает у нее периодически, без всякой причины и проходит без всякого утешения. -- Брани меня как хочешь, но я не могу сочувствовать ничему подобному, и я с грустью гляжу на это, -- словом, гляжу как на болезнь, которую можно вылечить.
   Я написал то, что от меня требовали, -- вернее, Натали написала моей матери по желанию Эммы.
   До свидания.
   Рукой Н. А. Герцен:
   Что опять случилось, мой дорогой близнец, этому нет названия! Остаться в Турине?.. Я просто не верю. Мы вас ждем, ждем, ждем даже pantalon уже вас ожидает. А<лександр> это устроил. По-моему, мы обосновались как нельзя лучше. Сад, дом, повар -- все хотя и не роскошно, но чудесно. А если вы еще приложите свою руку мастера...
   Приезжайте же, приезжайте, приезжайте -- ничего лучшего ни для вас, ни для себя не могу сказать!.. Кланяюсь от всего сердца Женеве, Роне и нашему бывшему гнезду близнецов и т. д.

68. Г. ГЕРВЕГУ

11 августа (30 июля) 1850 г. Ницца.

   11 août.
   Vieni, sposa da Libano.
   J'ai écrit cela avant votre arrivée à Genève, eh bien je bisse...
   Les lettres de la Russie sont plus ou moins, non, moins ou plus dégoûtantes. -- Mon rôle de bourreau des amis wird wieder in Anspruch genommen. Venez donc, nous attendons -- tout est suspendu,
   И не пьется водочка
   По этой причине.
   Comment feras-tu ici sans vin, il est impossible d'en boire. Au reste, j'ai trouvé du bordeaux très bon (Léoville). Vous devez arriver le 20 d'après nos comptes.
   Salut et devoir.
   Перевод
   11 августа.
   Vieni, sposa da Libano.
   Я написал это перед вашим приездом в Женеву. Ну что ж, бисирую...
   Письма из России более или менее, нет, менее или более противны. От меня wird wieder in Anspruch genommen[115] исполнение роли палача своих друзей. Приезжайте же, мы ждем -- все приостановлено,
   И не пьется водочка
   По этой причине.
   Как ты будешь тут обходиться без вина, здешнее пить невозможно. Впрочем, я нашел очень хорошее бордо (Леовиль). По нашим расчетам, вы должны приехать 20-го.
   Поклон и почтение.

69. Г. ГЕРВЕГУ

15 (3 августа) 1850 г. Ницца.

   Le 15 août.
   Oui, саrо mio, ce n'est donc pas en vain que je répétais et rerépétais à Genève que nous en souviendrions encore maintes fois de ce temps tranquille -- à présent c'est toi qui le dis, -- mieux tard que jamais.

   Je ne veux rien écrire, comment peut-on écrire quelques jours avant l'arrivée.
   Distribue de ma part tout ce qu'il faut en compliments.
   Рукой H. A. Герцен:
   J'écrirai la fois prochaine, на сей раз только привет с embrassements.
   Перевод
   15 августа.
   Да, саrо mio, значит я не напрасно повторял и повторял в Женеве, что мы еще не раз вспомним об этом спокойном времени. Теперь и ты говоришь это -- лучше поздно, чем никогда.

   Я ничего не буду писать; как можно писать за несколько дней до приезда?
   Передай от моего имени все положенные приветы.
   Рукой Н. А. Герцен:
   Напишу в следующий раз, на сей раз только привет с объятиями.

70. Д. МАЦЦИНИ

13 (1) сентября 1850 г. Ницца.

   13 sept 1850. Nice.
   Votre lettre m'a fait beaucoup de bien, il y a tant d'expressions sympathiques, amicales, et on est si heureux de les entendre d'une personne qu'on aime et qu'on estime. Oui, je vous estime de tout mon cœur et je n'ai aucune crainte de vous dire franchement ma pensée concernant les publications dont vous me parlez dans votre lettre. Vous m'écouterez avec indulgence, n'est-ce pas?
   Vous êtes le seul acteur politique du dernier temps dont le nom est resté entouré de respect, de gloire, de sympathie; on peut être en désaccord avec vous, il est impossible de ne pas vous estimer. Votre passé, Rome de 1849 vous obligent à porter haut le grand veuvage -- jusqu'à ce qu'un nouvel avenir viendra inviter le combattant.
   Eh bien, c'était triste pour moi de voir ce nom ensemble avec les noms de ces hommes incapables qui ont compromis une position admirable, qui ne nous rapellent rien que les désastres amenés par eux.
   Ce n'est pas une organisation -- c'est la confusion. Ni vous, ni l'histoire n'ont plus besoin d'eux, tout ce qu'on peut faire pour eux -- c'est de les amnistier. Vous voulez les couvrir de votre nom, vous voulez partager avec eux votre influence, votre passé, -- ils partageront avec vous leur impopularité et leur passé.
   Regardez le résultat. Quelle est la bonne nouvelle qui nous est apportée par le Proscrit et par la proclamation? Où est l'enseignement grave et douloureux qui nous a été imposé par les terribles événements depuis la journée du 24 février? C'est la continuation du vieux libéralisme et non le commencement de la nouvelle liberté, ce sont des épilogues, et non des prologues. Pourquoi ces hommes ne peuvent s'organiser comme vous le désirez -- parce qu'on s'organise non sur la base d'une sympathie vague, mais d'une pensée profonde, active -- où est-elle? Où est le progrès depuis la Montagne de 92? Ces hommes sont les bourbons de la révolution, ils n'ont rien appris.
   D'un autre côté, la première pièce devrait avoir un grand caractère de sincérité; eh bien, qui pourra lire sans un sourire ironique le nom d'Arnold Rouge (que je connais beaucoup et que j'estime) sous une proclamation qui parle au nom du Dieu et de la providence -- de Rouge, qui a prêché depuis 1838 dans les Hallische Jahrbücher l'athéisme, pour lequel l'idée de la providence (s'il est logique) doit être toute la réaction en germe.
   Cette concession, c'est de la diplomatie, de la politique -- moyens de nos ennemis. Malheureusement cette concession était inutile; la partie théologique de la proclamation est du
   luxe, elle n'ajoute rien ni à la popularité, ni à l'entendement. Les peuples ont une religion positive, une église. Le déisme n'appartient qu'aux rationalistes, c'est le régime constitutionnel dans la Théologie, c'est une religion entourée d'institutions athées.
   Vous avez jeté un coup d'œil sur mes deux brochures, faites en autant pour un assez long article qui a paru dans le journal de Kolatchek sous le titre Omnia mea mecum porto. Vous verrez qu'il m'était impossible de vous parler un autre langage. Ce que je demande, ce que je prêche, c'est la rupture complète avec les révolutionnaires incomplets, -- ils sentent la réaction à deux cents pas. Après avoir accumulé faute sur faute, ils tâchent encore de les justifier, -- meilleure preuve qu'ils les feront encore une fois. Prenez le Nouveau Monde -- quel vacuum horrendum, quelle triste rumination des aliments verts et secs -- et qui restent toujours mal digérés.
   Ne pensez pas que c'est une manière de dire pour ne pas travailler. Je ne reste pas les bras croisés, j'ai encore trop de sang dans les veines et trop d'énergie dans le cœur pour me complaire dans le rôle de spectateur passif. Depuis l'âge de 13 ans jusqu'à 38 j'étais au service d'une seule idée, j'avais un seul drapeau: guerre à toute autorité, à tout esclavage au nom de l'indépendance absolue de l'individu. Je continuerai cette petite guerre de partisan en véritable cosaque, "auf eigene Faust" -- comme disent les Allemands, -- attaché à la grande armée révolutionnaire, mais sans me mettre dans les cadres réguliers -- jusqu'à ce qu'elle ne soit complètement réorganisée,c'est à dire révolutionnée.
   En attendant j'écris; peut-être cette attente durera plus longtemps, que nous ne le pensons, -- peut-être, mais cela ne dépend pas de moi de changer le développement capricieux de l'espèce humaine. Mais parler, convertir -- cela dépend de moi, et je le fais en m'y donnant entièrement.
   Quant aux articles sur la Russie, dès que j'aurai quelque chose -- je vous l'enverrai. Je signe à présent tous mes articles de mon pseudonyme russe Iscander -- j'ai un long article sur la Russie, mais je l'ai déjà promis pour le journal de Kolatchek qui devient un organe très avancé de l'Allemagne.
   En Allem et nommément en Autriche la propagande va avec une rapidité incroyable; le ministre actuel, -- par politique et par opposition au régime dégoûtant de la Prusse -- tolère beaucoup plus la liberté de la presse, il pense que lorsque le temps viendra, on mettra un bâillon, -- mais ce qui sera dit sera dit.
   Quant à la Russie, les nouvelles sont tristes. On se résigne, on désespère, la tyrannie est atroce, on a arrêté des individus soupèonnés d'avoir été en correspondance avec moi, on fait des perquisitions domiciliaires. Le mécontentement pourtant est
   grand, les paysans et plus encore les schismatiques, murmurent; je ne crois en Russie à aucune autre révolution qu'à une guerre de paysans. Celui qui saura réunir les paysans schismatiques comme Pougatcheff a réuni les cosaques de l'Oural -- frappera à mort le despotisme glacial de Pétersbourg.
   Vous me pardonnerez et la franchise et la longueur d'une franchise; vous ne cesserez pas de m'aimer, de me compter parmi les hommes qui vous sont dévoués, mais qui sont aussi dévoués à leurs convictions.
   Je me trouve bien dans ma solitude -- l'isolement le plus complet, une manière de vivre de Mont Athos et une nature admirable, -- je me purifie. Loin des hommes on se concentre, on comprend mieux, on devient plus soi-même.
   Ma femme remercie pour votre salut par le sien. Le climat est très bon pour elle, je pense rester ici encore une dizaine de mois.
   Salut, sympathies, amitiés et respect sans bornes.
   Перевод
   13 сентября 1850. Ницца.
   Ваше письмо подействовало на меня очень благотворно: в нем так много сочувственных, дружественных выражений, а их так отрадно слышать от человека, которого любишь и уважаешь. Да, я вас уважаю всем сердцем и нисколько не боюсь откровенно высказать вам мое мнение относительно прокламаций, о которых вы говорите в своем письме. Вы меня выслушаете снисходительно -- не правда ли?
   Вы -- единственный политический деятель последнего времени, имя которого осталось окружено уважением, славою и сочувствием. Можно не соглашаться с вами, но не уважать вас нельзя. Ваше прошедшее, Рим 1849 года -- обязывают вас гордо нести великое вдовство, пока грядущие события вновь не призовут бойца.
   Потому-то мне было больно видеть ваше имя вместе с именами людей неспособных, скомпрометировавших превосходную ситуацию, -- с именами, которые нам только напоминают бедствия, ими на нас навлеченные.
   Это не организация -- это одно смешение. Ни вам, ни истории эти люди больше не нужны; все, что для них можно сделать, -- это отпустить им их прегрешения. Вы их хотите покрыть вашим именем, вы хотите разделить с ними ваше влияние, ваше прошедшее -- они разделят с вами свою непопулярность и свое прошедшее.
   Посмотрите на результат. Что за благую весть принес нам "Le Proscrit" и прокламация? Где следы грозных и мучительных уроков, которые дали нам страшные события, последовавшие за
   24 февраля? Это -- продолжение старого либерализма, а не начало новой свободы, это эпилоги, а не прологи. Почему эти люди не могут организоваться так, как вы желаете? Потому что нельзя организоваться на основании неопределенных симпатий: необходима глубокая и активная мысль -- но где же она? Где прогресс со времен Горы 92 года? Эти люди -- бурбоны революции: они ничему не научились.
   C другой стороны, первая публикация должна была бы быть исполнена великой искренности. Но кто же может прочесть без иронической улыбки имя Арнольда Руге (я хорошо его знаю и уважаю) под прокламацией, говорящей во имя бога и божественного провидения, -- того самого Руге, который с 1838 года проповедовал атеизм в "Hallische Jahrbücher", для которого идея провидения (если он логичен) должна представлять в зародыше всю реакцию.
   Эта уступка -- это дипломатия, политика, это -- оружие наших врагов. К несчастью, такой компромисс был совершенно лишним; богословская часть прокламации -- чистая роскошь: она ничего не прибавляет ни к популярности, ни к разумению дела. Народы имеют положительную религию, церковь. Деизм -- религия рационалистов, это конституционная система в богословии -- религия, окруженная атеистическими учреждениями.
   Вы перелистали обе мои брошюры, перелистайте также и довольно длинную статью, появившуюся в журнале Колачека под заглавием: "Omnia mea mecum porto". Вы увидите, что говорить с вами иначе я не мог. Я требую, я проповедую полный разрыв с неполными революционерами: от них на двести шагов несет реакцией. Нагромоздив ошибку на ошибку, они все еще стараются оправдать их, -- лучшее доказательство, что они их повторят. Возьмите "Nouveau Monde" -- что за vacuum horrendum[116], что за печальное пережевывание пищи, и зеленой и сухой -- и которая все-таки остается плохо переваренной.
   Не думайте, что с моей стороны это предлог отклониться от дела. Я не сижу сложа руки, у меня еще слишком много крови в жилах и энергии в сердце, чтобы удовлетвориться ролью страдательного зрителя. С 13 до 38 лет я служил одной идее, был под одним знаменем: война против всякой власти, против всякой неволи, во имя безусловной независимости лица. Я буду продолжать эту маленькую партизанскую войну, как настоящий казак, "аuf eigene Faust"[117], как говорят немцы, связанный с великой революционной армией, но не вступая в правильные кадры ее, пока она совсем не преобразуется, т. е. не станет вполне революционною.
   В ожидании этого я пишу; может, это ожидание продолжится дольше, чем мы думаем, -- может быть -- но не от меня зависит изменение капризного людского развития. Но говорить, обращать зависит от меня, и я это делаю, всецело отдаваясь этому.
   Что касается статей о России, я вам пришлю, как только у меня что-нибудь будет. Я подписываю теперь все статьи своим русским псевдонимом "Искандер". У меня есть большая статья о России, но я ее уже обещал для журнала Колачека, который делается весьма передовым органом Германии.
   В Германии, и именно в Австрии, пропаганда развивается с невероятной быстротой; теперешний министр -- из политических соображений и из оппозиции отвратительному прусскому режиму -- обнаруживает гораздо более терпимости к свободе печати. Он думает, что когда настанет время, всегда можно будет заткнуть рот печати, -- но ведь то, что будет сказано, будет сказано.
   Что касается России, вести оттуда печальны. Одна покорность судьбе, одно отчаяние и ужасная тирания; несколько человек, заподозренных в переписке со мною, были арестованы; производятся домашние обыски. Однако недовольство велико: крестьяне и особенно раскольники ропщут. Я не верю ни в какую революцию в России, кроме крестьянской. Тот, кто сумеет объединить раскольников и крестьян, как Пугачев уральских казаков, поразит насмерть ледяной петербургский деспотизм.
   Простите мне и мою откровенность, и длину этой откровенности и не переставайте ни любить меня, ни считать среди преданных вам людей, но преданных также и своим убеждениям.
   Я чувствую себя хорошо в своем уединении -- полная изолированность, образ жизни как на Афоне и дивная природа, -- я очищаюсь. Вдали от людей углубляешься в себя, лучше все понимаешь, больше становишься самим собою.
   Моя жена благодарит вас за поклон и с своей стороны кланяется вам. Климат здесь очень для нее хорош, и я думаю остаться тут еще месяцев десять.
   Привет, сочувствие, дружба и безграничное уважение.

71. А. Ф. ОРЛОВУ

23 (11) сентября 1850 г. Ницца.

   Ваше сиятельство,
   граф Алексей Федорович,
   императорский консул в Ницце сообщил мне высочайшую волю о моем возвращении в Россию. При всем желании я нахожусь в невозможности исполнить оную, не приведя в ясность моего положения.
   Прежде всякого вызова, более года тому назад, наложено было запрещение на мое имение, отобраны деловые бумаги, находившиеся в частных руках, наконец захвачены деньги, высланные мне из Москвы. Такие строгие и чрезвычайные меры против меня показывают мне, что я не только в чем-то обвиняем, но что прежде всякого вопроса и всякого суда -- признан виновным и наказан -- лишением части средств моих.
   Я не могу надеяться, чтоб одно возвращение мое могло меня спасти от печальных последствий политического процесса. Мне легко объяснить каждое из моих действий, но в процессах этого рода судят мнения, теории, -- и на них основывают приговоры. Могу ли я, должен ли я подвергать себя и все мое семейство такому процессу?
   Ваше сиятельство оцените простоту и откровенность моего ответа и повергнете на высочайшее рассмотрение причины, заставляющие меня остаться в чужих краях, несмотря на мое искреннее и глубокое желание возвратиться на родину.
   С чувством искренней преданности и глубочайшего почтения честь имею пребыть

вашего сиятельства покорнейшим слугою.

   Александр Гepцен.
   Ницца 1850. Сентября 23.
   На обороте: Его сиятельству графу Алексею Федоровичу Орлову.

ЧЕРНОВАЯ РЕДАКЦИЯ

   Monsieur le Comte,
   Le Consul Impérial de Nice m'a communiqué [la volonté] l'ordre de S. M. de rentrer en Russie. Indépendemment de [mon désir] ma volonté je me trouve dans l'impossibilité d'obtempérer à l'ordre de S. M.
   Bien avant la [communication] sommation faite par M. le Consul de Nice, mes biens ont été séquestrés, des fonds qui m'étaient destinés ont été retenus, tout cela non seulement sans jugement, sans sommation et sans les formalités, prescrites par la loi, mais sans que j'ai eu connaissance de [quoi on m'accusait] ce qu'on m'inculpait. Ces mesures extraordinaires [ne pouvaient être que le résultat de quelque inculpation vague] montraient avec évidence [non seulement] que j'étais non seulement accusé [de quelque chose], mais [même] déjà condamné à la perte [sans avoir été] d'une partie considérable de mes biens -- [quoique je n'étais ni inculpé, ni jugé] sans avoir été jugé.
   Il m'est impossible de présumer que je ferai tomber une accusation politique par mon seul retour, quoique il m'est bien facile d'expliquer tous mes actes, mais dans les procès [politiques] de ce genre on inculpe ordinairement non les faits, mais les
   opinions et les théories. Dois-je, monsieur le Comte [faire courir] soumettre le sort de toute ma famille aux chances douteuses d'un procès politique.
   Vous apprécierez, monsieur le Comte, la simplicité et la sincérité de ma réponse et soumettrez à S. M. Imp. les causes qui me forcent à rester [dans les pays étra] hors de la Russie.
   Agréez l'assurance de mes hommages respectueux avec lesquels j'ai l'honneur d'être, m. le Cte,
   Votre serviteur dév
   Herz.
   Nice.
   Перевод
   Граф,
   императорский консул в Ницце сообщил мне [волю] приказание е. в. возвратиться в Россию. Независимо от моей воли я нахожусь в невозможности исполнить приказание е. в.
   Много ранее [сообщения] требования, предъявленного мне г. консулом в Ницце, на мое имение было наложено запрещение, предназначавшиеся мне деньги задержаны, и все это не только без суда и вызова и без соблюдения законных формальностей, но и без того, чтобы мне стало известно [в чем меня обвиняют], что мне вменяется в вину. Такие чрезвычайные меры [могли быть вызваны лишь каким-либо неопределенным обвинением] со всей очевидностью показывали [не только], что я не только обвинен [в чем-то], но [даже] уже приговорен к лишению [не будучи] значительной части моих средств [хотя я не был ни судим], не будучи [обвинен, ни] судим.
   Мне нельзя ожидать, что одним своим возвращением я смогу сбросить с себя политическое обвинение, хотя мне легко объяснить каждое из моих действий, но в процессах [политических] этого рода обычно вменяют в вину не действия, а мнения и теории.
   Должен ли я, граф, [подвергать] ставить судьбу всего моего семейства в зависимость от сомнительных шансов политического процесса.
   Вы оцените, граф, простоту и откровенность моего ответа и повергнете на рассмотрение е. в. причины, заставляющие меня остаться [в чужих краях] за пределами России.
   Примите уверение в совершенном почтении, с которым имею честь быть, граф,

вашим покорным слугою.

   Герцен.
   Ницца.

72. РУССКОМУ КОНСУЛУ В НИЦЦЕ А. И. ГРИВУ

23 (11) сентября 1850 г. Ницца.

   Monsieur le Consul,
   J'ai l'honneur de vous prévenir que j'ai expédié aujourd'hui la lettre à monsieur le Comte Orloff, dans laquelle j'ai exposé les motifs qui ne me permettent pas de retourner immédiatement en Russie.
   Agréez l'assurance de mes hommages respectueux avec lesquels j'ai l'honneur d'être,

monsieur le Consul,

   Votre serviteur dévoué
   Alexandre Herzen.
   23 septembre 1850.
   Nice.
   Перевод
   Господин консул,
   имею часть уведомить вас, что я отправил сегодня письмо графу Орлову, в котором изложил причины, не позволяющие мне немедленно возвратиться в Россию.
   Примите уверенье в чувствах почтения, с которыми имею честь быть,

господин консул,

   вашим покорным слугою.
   Александр Герцен.
   23 сентября 1850 г.
   Ницца.

73. М.-А. ПИНТО

23 (11) сентября 1850 г. Ницца.

   Le 23 septembre. Nice.
   Il n'y a pas longtemps que vous avez, cher monsieur Pinto, quitté Nice en me donnant la permission de vous écrire en cas de besoin -- et je frappe déjà à votre porte. Vous pouvez vraiment m'obliger en prenant des renseignements sur ma position en Piémont. Pour cela il faut vous dire ce qui s'est passé.
   Il y'a quatre jours de cela, m-r le consul de la Russie est venu chez moi et m'a transmis l'ordre impérial de retourner immédiatement. J'ai refusé. C'est plus que probable qu'à présent Nesselrode insistera sur mon éloignement du Piémont (je ne crois pas qu'il ose aller jusqu'à demander l'extradition d'un homme qui n'est coupable que d'un crime géographique, qui ne veut pas vivre sous le 59 degré de lat boréale). C'est pour cela qu'il m'est absolument nécessaire de savoir si je puis rester tranquille après une note de la Russie. Mais ne voulant par m'afficher
   avant que cela soit nécessaire, j'ai inventé un autre moyen. Je désire acheter une propriété à Nice ou dans les environs, j'ai placé une partie de mon bien dans les fonds sardes, mais avant de m'établir je veux un permis de séjour ou une garantie quelconque contre les éventualités d'une expulsion. Quelles sont les lois sous ce rapport? -- Ne dois-je pas exposer l'affaire au ministre de l'Intérieur? Enfin, que me conseillez-vous, cher monsieur Pinto? Si on me garantit ma position, je transporterai toute ma fortune en Piémont. Sinon, je me proposerai d'aller à Londres -- qui me dégoûte, ou en Suisse que je déteste, ou en Amérique -- qui m'ennuie.
   La note dont je parle ne peut venir avant un mois (j'expédie ma réponse écrite aujourd'hui). Auriez-vous assez d'amitié pour charger quelqu'un de savoir le contenu?
   Peut-être même le gouvernement russe s'abstiendra, car les relations diplomatiques ne sont pas tout à fait rétablies.
   En tout cas j'attendrai une réponse, écrivez-moi, poste restante ou maison Sue, et ne vous fâchez pas que je prenne au sérieux les offres obligeantes de mes amis.
   Ma femme vous salue.
   Tout à vous A. Herzen.
   P. S. Je voudrais prévenir la note, -- c'est pour cela que j'écris à présent.
   Перевод
   23 сентября. Ницца.
   Еще совсем недавно, дорогой господин Пинто, уезжая из Ниццы, вы разрешили мне написать вам в случае нужды -- и вот я уже стучусь к вам в дверь. Вы окажете мне истинную услугу, если наведете справки о моем положении в Пиэмонте. Для этого надо вам рассказать, что произошло.
   Четыре дня тому назад меня посетил русский консул и передал мне высочайшее повеление немедленно вернуться на родину. Я отказался. Более чем вероятно, что теперь Нессельроде будет настаивать на моей высылке из Пиэмонта (не думаю, чтобы он пошел еще дальше и осмелился потребовать выдачи человека, который виновен лишь в географическом преступлении, т. е. просто не желает жить под 59-м градусом северной широты). Вот почему мне совершенно необходимо узнать, могу ли я спокойно оставаться здесь после ноты русского правительства. Однако, не желая привлекать к себе внимания раньше, чем это будет необходимо, я придумал другой способ. Я хочу приобрести земельное владение в Ницце или в ее окрестностях; часть моего капитала помещена в сардинские процентные бумаги, но прежде чем обосноваться, мне нужно получить разрешение на
   жительство или какую-либо гарантию против возможной высылки. Какие существуют законы на этот счет? -- Не следует ли мне изложить свое дело министру внутренних дел? Одним словом, что вы мне посоветуете, дорогой господин Пинто? Если мне гарантируют спокойствие, я переведу все свое состояние в Пиэмонт. Если нет, мне придется переехать в Лондон, который мне претит, или в Швейцарию, которую я терпеть не могу, или в Америку, которая наводит на меня скуку.
   Упомянутая нота может прийти не раньше, чем через месяц (я послал письменный ответ сегодня). Не окажете ли вы мне дружескую услугу, поручив кому-нибудь разузнать содержание ноты?
   Может быть, русское правительство даже воздержится от этого шага, ибо дипломатические отношения еще не вполне восстановлены.
   Во всяком случае я буду ждать ответа; пишите мне до востребования или на дом Сю и не гневайтесь, что я принимаю всерьез любезные предложения моих друзей.
   Моя жена вам кланяется.
   Весь ваш А. Герцен.
   P. S. Мне хотелось бы принять меры до получения ноты -- поэтому я и пишу вам теперь.

74. М.-А. ПИНТО

4 октября (22 сентября) 1850 г. Ницца.

   Le 4 octobre 1850. Nice.
   Mille et mille remerciements, cher monsieur Pinto, pour votre bonne lettre. Si vous pensez que l'expulsion est peu probable, faut-il alors écrire au ministre ou non? N'est-ce pas mieux d'attendre encore une réponse (car il est de toute nécessité que le gouvernement russe m'écrive quelque chose après mon refus donné par écrit).
   Je crains qu'en m'affichant trop précipitamment je tournerai l'attention de la police, et qu'alors on demandera à Paris ou à l'ambassade -- et quoique ni la préfecture, ni notre ambassade ne puissent rien dire, mais les cancans des mouchards sont pires que le caquetage des vieilles femmes.
   Si on pouvait demander tout particulièrement le ministre ce qu'on fera avec un Russe en cas que son gouvernement voulût demander son expulsion. Cela serait peut-être mieux. Pourtant je vous donnerai tous les détails de ma position. J'ai quitté la Russie en 1847. Lorsque le gouvernement Russe a vu que j'ai fait passer le capital que j'avais en Russie à Paris, il a mis le séquestre su mes biens (sur une possession seigneuriale à Kostroma); il a intercepté une partie de mon argent -- ensuite il a fait une
   sommation à moi, j'ai refusé de rentrer. Je désire me fixer, moi et ma famille -- c'est à dire ma femme et trois enfants -- en Piémont, à Nice ou près de Nice, j'ai acheté une rente de 9000 fr (c'est à dire pour une somme de 150 000 du 5%) de Piémont par Rotschild et Avigdor.
   J'ai en ma disposition un capital de 200 000 outre la rente sarde, que je pourrais employer à l'achat d'une grande propriété (tous les titres sont chez moi. La maison Avigdor en a connaissance, de même que d'autres capitaux aussi que j'ai placé en Amérique -- à New York, Ohio, Virginie), tout cela donne certaines garanties pour le gouvernement. Je suis propriétaire d'une maison à Paris. Jamais l'idée n'a passé par ma tête de m'occuper de politique en Piémont. Je désire avoir un point fixe (me naturaliser si cela était facile à faire) pour ma famille; je désire avoir la certitude que sans une provocation de ma part je ne serai pas victimé à la politesse diplomatique envers la cour de Pétersbourg.
   Si vous pensez que c'est utile d'en parler de ces détails à m-r le ministre, vous m'obligerez infiniment, je vous autorise d'en agir comme vous le trouverez bien et je serai en tout cas reconnaissant à l'impossible.
   Au reste, si vous le conseillez encore, je suis prêt à vous envoyer une lettre pour le ministre et exposer avec encore plus de clarté mes désirs; la réponse ne peut venir que vers la fin du mois d'octobre et comme il n'y a pas d'ambassadeur russe, elle viendra à Nice chez le consul.
   Vous aurez besoin de toute votre condescendance et de toute votre bienveillante amitié pour me pardonner de vous inquiéter de cette manière; mais je vous assure, que plus les choses vont mal, plus on a le besoin d'avoir un petit port pour finir ses jours après le naufrage, au moins pour attendre que le mistral et la tramontane cèdent au vent plus humain.
   Vous m'obligerez infiniment en me donnant un petit mot de réponse; dois-je envoyer avant la note de Nesselrode (si note il y a?) -- un mémoire où est-ce qu'on peut demander l'opinion du min d'après les renseignements donnés. Je ferai aveuglément ce que vous me conseillerez.
   Tout à vous
   Al. Herzen.
   Ma femme vous salue bien amicalement.
   Jusqu'à présent nous sommes très bien à Nice.
   Перевод
   4 октября 1850 г. Ницца.
   Тысячу раз благодарю, дорогой господин Пинто, за ваше милое письмо. Если вы полагаете, что высылка маловероятна,
   то стоит ли писать министру или нет? Не лучше ли подождать ответа (ибо русское правительство непременно должно что-нибудь написать в ответ на мой письменный отказ)?
   Боюсь, что, выступив слишком рано, я привлеку внимание полиции, и тогда обо мне запросят в Париже или в посольстве, и хотя ни префектура, ни наше посольство ничего не могут сказать, однако сплетни шпиков еще хуже, чем болтовня старух.
   Нельзя ли частным образом спросить у министра, как поступят с русским подданным, в случае если его правительство потребует его изгнания? Это, может быть, будет лучше. Впрочем, опишу вам свое положение во всех подробностях. Я покинул Россию в 1847 г., после чего русское правительство, узнав, что я перевел капиталы из России в Париж, наложило секвестр на мое имущество (родовое поместье в Костроме); власти перехватили часть моих денег, затем потребовали моего возвращения, но я отказался вернуться. Я хочу обосноваться вместе с семьей, т. е. с женою и тремя детьми, в Пиэмонте, в Ницце или около Ниццы; я приобрел в Пиэмонте через Ротшильда и Авигдора ренту в 9000 фр. (т. е. 5% от суммы в 150 000).
   Я располагаю капиталом 200 000 помимо сардинской ренты и мог бы употребить его на покупку крупного земельного владения (все ценные бумаги при мне; банкирский дом Авигдора осведомлен об этом, так же как о прочих суммах, помещенных мною в Америке -- в Нью-Йорке, Огайо, Виргинии), все это представляет известные гарантии для правительства. Кроме того, я владелец дома в Париже. Мне никогда и в голову не приходило заниматься политикой в Пиэмонте. Я хочу иметь постоянное пристанище для своей семьи (натурализоваться, если это нетрудно сделать); хочу быть уверенным, что без какой-либо провокации с моей стороны меня не принесут в жертву дипломатической вежливости по отношению к петербургскому двору.
   Если вы сочтете полезным сообщить эти подробности господину министру, вы меня бесконечно обяжете; предоставляю вам действовать, как вы найдете нужным, и во всяком случае, даже при неудаче, буду вам благодарен.
   Впрочем, если вы посоветуете, я готов переслать вам письмо к министру и изложить свои пожелания с еще большей ясностью; ответ может прийти не раньше конца октября, и так как здесь нет русского посольства, он будет передан консулу в Ниццу.
   Вам потребуется вся ваша снисходительность и доброжелательная дружба, чтобы простить беспокойство, которое я вам причиняю; но уверяю вас, что чем хуже идут дела, тем сильнее стремишься обрести тихую пристань, где можно было бы после кораблекрушения окончить свои дни или по крайней мере дождаться, когда мистраль и трамонтана сменятся более мягким ветром.
   Вы меня бесконечно обяжете, черкнув мне несколько слов в ответ -- должен ли я послать письмо до ноты Нессельроде (если таковая нота будет) или можно просто узнать мнение министра на основании данных мною разъяснений. Я слепо исполню все, что вы мне посоветуете.
   Весь ваш
   Ал. Герцен.
   Моя жена дружески вас приветствует.
   До сих пор нам в Ницце очень хорошо.

75. М. К. РЕЙХЕЛЬ

24 (12) ноября 1850 г. Ницца.

   24 ноября 1850. Ницца.
   Я только ждал совершенного окончания начала свежей дочери, чтобы положительно сказать, что все окончилось хорошо. Сегодня с обеда будет 5 день. Все это в порядке. Ну, а об вас я все пел, когда узнал, что вы мери-лись, следующее:
   Жду я мою Мери,
   Милую Мери мою,
   Веду ее в mairie,
   Возьму ее в Лювру,
   Отдам ее я мэру
   Для разного примеру.
   Из этого видите, что вы мне мерещитесь беспрестанно, mehr als viel[118].
   Письма ваши хороши. Вы делаете обратное тому, что мальчишки: те уходят подальше, чтобы показать нос, а вы уехали за тридевять земель, чтобы оказывать дружеские чувства. -- Ну, дайте вашу руку, тонкую, длинную -- так, как в песне поется о конопле.
   Я больше удивился, что у меня родилась Ольга, нежели то, что родилась дочь. Но с Любашей как-то соединяются одни ненавистные воспоминанья прачек и марательниц, а с Ольгой -- Олег Вещий. К тому же хорошо по части равенства:
   Саша
   Тата
   Коля
   Оля
   А если будет еще лет через 10, то я назову просто "Ля".
   Что же письмо о Бакунине?
   А вот что-то из России? Известите, если есть что.
   Отдали ли письмо Массолю -- жду ответа.
   <Рисунок руки. Рядом - запись, обведенная рамкой - ред.>
   Что же Ротбург
   и Шомшильд?

76. М. К. РЕЙХЕЛЬ

25 (13) декабря 1850 г. Ницца.

   25 декабря.
   Ваши письма отраду мне в старости подают; право, карейшая "Машá", как вас называют немцы, думая, что это по-русски.
   Вот за это вам, что пишет об вашем мерильстве брачном Мельгунов, прошу затвердить: "ему желаю быть основной тоникой; ей доминантой, обоим желаю accord parfait с разрешением en fis, и этому fis желаю перехода из mineur в majeur, даже в tambour majeur, -- только не в русский и немецкий dur. Fermata".

1849 1850

77. ГЕРВЕГАМ

   Je crois que la meilleure manière d'écrire la lettre à M. de Pragen est de l'écrire au nom de Mme Haag.
   Перевод
   Я думаю, что лучший способ написать письмо к г. Pragen -- это написать от имени г-жи Гааг.

78. Г. ГЕРВЕГУ

   G. Herw.
   Je n'ai pu me décider d'envoyer cette lettre de peur, je ne veux pas enrichir la poste; au reste, je prierai d'envoyer cette lettre par Adelhaid -- elle aura tout l'air de venir par la poste.
   Перевод
   Г. Герв<егу>.
   Я со страху не смог решиться отправить это письмо; я не хочу обогащать почту; впрочем, я попрошу отправить это письмо через Адельгайду -- оно будет иметь вид полученного по почте.

1851

79. Э. ГЕРВЕГ

7--12 января 1851 г.

(26--31 декабря 1850 г.). Ницца.

   Payé à Jeannette }
   à Mallard } 380
   au docteur }
   Les places p les enfants -- 65
   Gymnastique et Jenny -- 45
   Pour Mme Reichel
   d'après l'ordre de madame -- 50
   A Chartreux -- 600
   Pour d'autres comptes -- 50
   1190
   Ma mère ne veut rien pour les leèons de dessin, elle vous les offre, et j'ajoute les 300 fr qui resteront chez moi en lettre de change sur m-r Avigdor.
   A. H.
   Jeannette a voulu faire des emplettes, mais je n'ai pas eu le courage de les lui permettre.
   Перевод
   Уплачено Жанетте }
   Маллару } -- 380
   доктору }
   Места для детей -- 65
   Гимнастика и Женни -- 45
   Г-же Рейхель по распоряжению мадам -- 50
   Шартрё -- 600
   По другим счетам -- 50
   1190
   Моя мать ничего не хочет брать за уроки рисования, она их дарит вам, и я прибавляю 300 франков, которые останутся у меня в виде векселя на имя г. Авигдора.
   А. Г.
   Жанетта хотела сделать кое-какие покупки, но у меня не хватило духа ей их разрешить.

80. Г. ГЕРВЕГУ

16 (4) января 1851 г. Ницца.

   16 janvier 1851, N[119].
   Je jure sur mon honneur que je n'ai lu que la première page -- cette dissertation est trop longue pour l'état dans lequel je me trouve. Je n'ai pas besoin ni de commentaires, ni de correspondance. Je laisse pleine liberté à tout le monde. Qu'on respecte la mienne. Et si on ne savait pas respecter mon amitié -- qu'on ait des égards à mon malheur et à ma haine, je les exige.
   Перевод
   16 января 1851, Ницца.
   Клянусь честью, я прочел только первую страницу -- такая диссертация слишком длинна для меня в моем теперешнем состоянии. Я не нуждаюсь ни в объяснениях, ни в переписке. Я предоставляю полную свободу всем. Но пусть уважают и мою свободу. И если не умели уважать моей дружбы -- пусть считаются с моим несчастьем и моей ненавистью, я этого требую.

81. С. И. и Т. А. АСТРАКОВЫМ

18 (6) января 1851 г. Ницца.

   Рукой Н. А. Герцен:
   Не пеняй, Таня, что я так редко, так мало пишу, я не заслуживаю горьких упреков. Самой мне хотелось бы иной раз поговорить -- возьмешь перо в руки -- и опять положишь. Вместо радости -- не наделать бы горя ... в сию минуту 1851 года, января 18, 5 часов пополудни -- все мы живы, здоровы и вместе ... что же еще прибавить? О, много, слишком много б можно -- поэтому-то я и пожму только тебе крепко, крепко руку. Да будет тебе хорошо. Привет сердечный тем, кому он будет приятен, да и тем, кому неприятен, лишь тем говорить его не надо, на что же делать неприятное кому б то ни было...
   A N отошли не медля, я прошу тебя, мою записочку, отошли же не медля.
   Твоя N.
   Здравствуйте.
   Прощайте.
   На обороте рукой Н. А. Герцен: Татьяне Алексеевне.
   Рукой M. К. Рейхель:
   Сердечный поклон от меня, милая барыня, вот письмецо посылаю на этот раз не франкируя, чтобы оно не лавируя нашло прямо хозяйку. Ваша -- А получили ли мое письмо с вложением?

82. Э. ГЕРВЕГ

21 (9) января 1851 г. Ницца.

   21 janvier.
   Madame, Мr Vogt part pour Gênes. Tout le monde connaît la rupture, personne -- le véritable état des choses.
   Vos confidences concernant votre mari dans nos entretiens de Paris m'ont montré que v ne ménagez pas vos prochains. Vous me permettrez donc de v rendre responsable si quelque chose d'attentatoire à l'honneur de ma famille sera ébruité.
   Vous me ferez encore une grâce, c'est de cesser toute correspondance avec moi. Je n'ai absolument rien à vous dire, ni vous à moi -- les choses blessantes peuvent très bien être susentendues. Dans votre dernière lettre, il v a plu par exemple de vous moquer de ma position en la trouvant égale à la vôtre. Et en quoi, s'il vous plaît? Vous étiez du secret, madame, comme vous me l'avez avoué v-même, vous pressiez tous les jours la main d'un ami, aidant à le perdre, en perdant votre propre dignité.
   Vous avez pris part à rendre malheureux un homme après avoir entretenu toute votre famille à ses frais, et avoir payé vos dettes avec son argent.
   Car vous, madame, vous connaissez trop le monde pour ne pas croire à la plaisanterie des 200 frcs que vous m'avez payés par mois.
   Non, madame, la différence est immense même en cela que de ma bouche il n'est jamais sorti une parole contre N; je ne l'ai pas traînée dans la boue comme vous faisiez avec votre mari en parlant avec moi. -- J'ai bonne mémoire, madame, et aucune parole ne sortira de cette bouche, car je l'aime d'un amour digne et fier, car je sais qu'elle a un grand amour pour moi -- et qu'elle reste.
   Tandis que vous n'êtes pas gâtée sous ce rapport.
   Madame, c'est dur, mais c'est l'honneur outragé qui parle. Recevez mes désirs sincères de ne plus continuer de correspondance hors le cas où vous aurez une véritable nécessité d'argent que je me donnerai le plaisir de v envoyer.
   P. S. Je ne répondrai plus, madame, à aucune lettre, je n'en recevrai pas même; pour les petites affaires il vaut beaucoup mieux de v adresser par l'intermédiaire de Mr Vogt.
   Перевод
   21 января.
   Милостивая государыня, г. Фогт уезжает в Геную. О разрыве знают все, никто -- об истинном положении вещей.
   Откровенности ваши относительно мужа во время наших парижских бесед показали мне, что ближних своих вы не щадите. Позвольте мне поэтому считать вас ответственной, если разгласится что-либо задевающее честь моей семьи.
   Окажите мне еще одну любезность -- прекратите всякую переписку со мною. Мне совершенно не о чем говорить с вами, а вам со мной -- вещи же оскорбительные с полным успехом могут остаться подразумеваемыми. В своем последнем письме вы вздумали, например, поиздеваться над моим положением, находя его таким же, как ваше. В чем же сходство, скажите на милость? Вы, сударыня, посвящены были в тайну, как сами мне в том признались, вы ежедневно пожимали руку друга, способствуя в то же время его гибели и теряя при этом всякое право на уважение.
   При вашем соучастии человеку причиняли горе, а вы между тем содержали на его средства всю свою семью и оплачивали свои долги его деньгами.
   Ибо вы, сударыня, слишком хорошо знаете свет, чтобы принять всерьез шутку о 200 франках, которые вы мне выплачивали ежемесячно.
   Нет, сударыня, различие неизмеримо велико, хотя бы потому, что с моих уст никогда не срывалось ни одного слова против Н<атали>; я не обливал ее грязью, как это делали вы в отношении своего мужа, разговаривая со мною. -- У меня превосходная память, сударыня, но ни одно слово не вырвется из этих уст, ибо я люблю ее любовью, полной достоинства и гордости, ибо я знаю, что ее любовь ко мне велика, и потому что она остается.
   Вы же не избалованы в этом отношении.
   Сударыня, сказанное -- жестко, но то говорит поруганная честь. Поверьте в мое искреннее желание не продолжать более переписки, кроме того случая, когда вы испытаете действительную нужду в деньгах, которые я с удовольствием вам пошлю.
   P. S. Я не буду более отвечать, сударыня, ни на одно письмо, я не стану даже принимать их; по мелким вопросам вам гораздо лучше прибегать к посредничеству г. Фогта.

83. Д. ФАЗИ

22 (10) января 1851 г. Ницца.

   Nice, 22 janvier 1851.
   Monsieur,
   Me voilà de rechef dans l'humble position d'un solliciteur devant vous.
   Vous vous rappelez certainement mes rêves de naturalisation chez vous à Genève, et la bonté avec laquelle vous les avez encouragés. On me propose maintenant de faire une pareille démarche ici; mais vous concevez très bien les causes qui me font préférer la naturalisation genévoise. -- Je sais que pour tout cela ma présence est nécessaire, et je suis tout prêt à me mettre en chaise de poste et m'abriter sous la protection de M. Kohler. Mais il y a deux questions que vous me permettrez de vous adresser. -- Combien de temps dois-je rester à Genève? et puis-je compter positivement que la naturalisation sollicitée ne sera pas refusée?
   Mes titres sont prosaïques, j'offre à la ville une petite somme, je mettrai si on désire 50 000 fr. dans la banque de Genève, je suis propriétaire d'une maison à Paris et d'un capital que je ne demande pas mieux que d'employer en Suisse.
   J'ai ensuite un passeport et une carte de séjour, qui certifient que je suis domicilié à Genève depuis le mois de juin 1849.
   Vous me mettrez, cher Président, hors de l'atteinte du tzar, et la ville ne perdra rien, ayant un fainéant de plus.
   J'attendrai avec impatience une réponse de vous. Dites-moi franchement votre opinion, en cas d'impossibilité, je ne perdrai pas le temps et j'accepterai ce qu'on propose ici.
   Recevez mes salutations sincères.
   A. Herzen.
   Nice s mer.
   Maison Sue au bord de la mer.
   Перевод
   Ницца, 22 января 1851.
   Милостивый государь,
   вот я снова перед вами в скромной роли просителя.
   Вы, вероятно, помните, как я мечтал получить гражданство у вас в Женеве и как благосклонно вы поощряли меня в этом. Теперь мне предлагают начать подобные же хлопоты здесь: но вы прекрасно понимаете, какие причины заставляют меня предпочесть женевское гражданство. -- Я знаю, что для этого необходимо мое присутствие, и готов в любую минуту сесть в почтовую карету и вверить себя покровительству г. Колера. Но позвольте мне обратиться к вам с двумя вопросами. -- Сколько времени придется мне пробыть в Женеве? И могу ли я твердо рассчитывать, что мне не будет отказано в просьбе о натурализации?
   Мои доводы самые прозаические, я принесу в дар городу небольшую сумму, внесу, если пожелают, 50 000 франков в женевский банк, -- я владелец дома в Париже и имею капитал, который охотно поместил бы в Швейцарии.
   Далее у меня есть паспорт и свидетельство о прописке, удостоверяющее, что я проживал в Женеве с июня месяца 1849 года.
   У вас, дорогой президент, я окажусь недосягаемым для царя, а город ничего не потеряет, если в нем будет одним бездельником больше.
   С нетерпением буду ожидать вашего ответа. Скажите мне откровенно ваше мнение; если это невозможно, я не буду терять времени и соглашусь на то, что мне предлагают здесь.
   Примите мои искренние приветствия.
   А. Герцен.
   Приморская Ницца.
   Дом Сю на берегу моря.

84. МОСКОВСКИМ ДРУЗЬЯМ

2 февраля (21 января) 1851 г. Ницца.

   2 февраля 1851. Ницца.
   Итак, наконец, случай писать к вам. -- Я писал к вам в августе, но мое письмо воротилось ко мне через два месяца. Оно цело, но я его не пошлю. Скажу коротко и добрее то, что в нем пространно и исполнено горечи или, лучше, сердечной боли. Ваши последние письма удивили меня. Это старчество, резонерство, вы заживо соборуетесь маслом и делаетесь нетерпимыми не хуже наших врагов. У вас было одно благо, маленький дружеский кружок, он распался. Тон, с которым вы пишете об "гнусной истории, об грязной истории, об омуте, в котором вы не хотите купаться", возмутителен; вы эдак говорите о лучшем друге, говорите мне -- и не прибавляете в доказательство ничего, кроме слов дурака Закревского. Зачем вы согласны с ним, -- и что вам за дело до мнения "порядочных людей" -- т. е. Бербендовского и Перхуновского. И чем же вы будете дорожить в жизни, если вы не дорожили такою связью... подумайте!
   Дурно сделаете вы, если рассердитесь за эти строки -- я вас люблю; еще больше -- я знаю, что вы лучше ваших писем, я не так опрометчив, чтоб верить вам на слово; но не хорошо то, то вы привыкли с таким цинизмом судейским говорить о друге. Я не мог не высказать вам всего этого: моей независимой натуры и откровенной переменить нельзя. Отбросьте эту дрянь, отбросьте вашу безутешную мораль, которая вам не к лицу, это начало консерватизма... этим путем вы не уйдете дальше Каченовских, Дальманов и Венедеев.
   Ну, давайте ваши руки -- и согласитесь, что вы жестоко поступили, по крайней мере жестоко выражались.
   Об себе я могу мало сказать. 1850 год был годом тягчайших испытаний, да, друзья мои, я уцелел от всевозможных единоборств, я уцелел -- но я не тот. Жизнь моя действительно окончилась, потому что у меня нет ни одного верования больше, не я, а люди развили мой скептицизм, кругом обман, ни на что нельзя опереться... и если я буду писать, то это единственно с целью заявить людям, что я сколько-нибудь их знаю и не верю ни в их будущее, ни в их настоящее. -- Индивидуально для себя я жду одного свиданья с вами -- при малейшей возможности я примчался бы в Москву. Проезд нашего приятеля оживил меня... Неужели никто не приедет?.. Ведь эдак откладывать в долгий ящик, пожалуй, сам прежде попадешь в ящик. Если б вы могли передать Nat и ему, что я жажду как последнего утешения поговорить с ними; какие препятствия, чего нельзя желающему. Отчего, если нужно, не взять денег у Филиппыча; кстати о деньгах -- не мешало бы напомнить ему и Михайловичу, что пусть они плотят хоть по 6 проц<ентов> -- мне здесь деньги очень нужны и не на один вздор. Проц<енты> заплоч<ены> до осени 1849. Между прочим, возьмите сейчас 200 руб. сер. и отошлите Егору Ив<ановичу> для отправления в Тамбов Аксинье Иван<овне>. -- Все это необходимо, и писать случается так редко, что прошу вас -- не ждите повторения. Да велите сказать Егору Ив<ановичу>, что он может для того же употребления и еще взять из процентов. -- Если же хотите проц<енты> прислать сюда, то чего же лучше как на имя маменьки и на адрес Avigdor'a, здешнего банкира, обязав Ценкера или Редлиха отвечать за доставку; вексель (оставить вторые векселя у себя) может быть на Париж, на Марсель, все равно. -- Ну, довольно по части министерства финансов.
   Жизнь европейская огадела мне до невозможности. Все мелко, все развратно, все гнило, толкуют о том, чтоб насиловать, а у самих impuissance[120] и знают, что как до дела дойдет не тут-то было, а все ярятся. Наконец, нравственное растление всего образованного действительно доходит до чудовищного. В одной Англии есть порядочные люди. -- И, странное дело, чем больше меня здесь начинают признавать, чем больше мне уступают мест и прав в их делах -- тем дальше я с ними расхожусь, тем меньше у меня доверия. Я счастлив, что живу в таком захолустье, как Ницца. Кстати, я сижу день и ночь за испанской грамотой и еду около конца нынешнего месяца в Барселону и оттуда до Кадикса по литоралю, прошу это объявить маросейскому андалузцу. Дети и дом останется здесь, также и маменька.
   Прощайте, друзья, мне казалось, что я ужасно много
   напишу, но дух стал короток, прощайте. Любите меня, да пришлите хоть по жеребью одного из вас сюда. Передайте непременно в Саранск мою просьбу... грех будет, если не сумеют сладить. Мое путешествие в Испанию продолжится не больше как до конца мая. -- И денежную комиссию справьте.

Ах где эти острова,

Где росла трын-трава!

Братцы!

85. А. КОЛАЧЕКУ

12 февраля (31 января) 1851 г. Ницца.

   Nice, le 12 février 1851.
   Voilà, monsieur, l'avant-dernière partie de mon article sur la Russie, dans une huitaine je vous enverrai la conclusion. -- Vous m'obligerez infiniment en m'envoyant chaque fois 2 exemplaires et expédiant après 8 ex des N<os> qui contiennent l'article par un libraire quelconque à l'adresse de Visconti libr à Nice.
   Quant à la brochure -- arrangez-vous comme cela vous paraîtra mieux et dites-moi un mot après.
   Il y a une faute très grave dans le 1 art page 17 dernière ligne: au lieu de "Beschränkung" -- lisez "Unbeschränktheit" -- il faudrait insérer cela dans la livraison qui va paraître.
   J'ai lu avec beaucoup d'attention l'article plein de verve et de talent où on me maltraite avec tant d'esprit que j'en suis enchanté. Mais il y a une grande erreur dans la manière d'envisager mes articles de ce point de vue. Non, je n'ai pas prêché un égoisme aristocratique, il y a peut-être plus d'amour que d'orgueil dans "l'admonition", mais d'un amour outragé, brisé. L'auteur n'a pas voulu voir le côté tragique, fatal, lyrique, si vous le voulez, de la chose.
   Ce ne sas des essais logiques, ce sont des aspirations vers une autre activité, c'est l'articulation de la douleur, et de la nécessité de s'émanciper de l'activité passée.
   L'auteur pense qu'il reste avec le peuple, qu'il va au peuple. Mais de grâce, regardez la France, le peuple par instinct a anticipé les hommes politiques, il ne s'occupe pas le moindre du monde de la montagne, de la dotation, de Changarnier -- a mes yeux с'est un progrès immense et pourtant c'est la mort de l'état existant, et de la démocratie telle qu'elle existe. Eh bien qui de nous deux, s'il vous plaît, est plus près du peuple, moi, disant qu'il n'y a rien à faire avec les politiciens, criant à l'émancipation de l'individu, montrant les bouts de galon dans tout ce qu'on appelle libre ou l'auteur?
   Je suis convaincu que dans les voies révolutionnaires dans lesquelles on marchait jusqu'à present on ne peut qu'accélérer le triomphe complet du despotisme. Je ne vois pas d'hommes libres, je crie donc, halte là -- commenèons par nous émanciper nous-mêmes, ne donnons pas toutes nos forces à cette rumination des hauts-faits du Parlement ou de la Chambre, occupons-nous de quelque autre chose que de ces querelles entre les morts (qui peuvent très bien enterrer les uns les autres comme dit l'écriture). --
   Pourquoi j'ai parlé? -- Parcequ'il mblait[121] que j'avais quelque chose à dire, j'avais des Erlebnisse, des doutes, des larmes -- et je parlais. Je m'éloignais emportant une tristesse profonde -- je me détournais avec dévouement. L'auteur ne m'a pas tenu gré de cela.
   Au reste je vous demanderai la permission de répondre après. Les quelques lignes écrites à la hâte ne sont pas dirigées pour les lecteurs de votre journal, mais seulement pour vous.
   Schreiben Sie mir deutsch, ich habe die französische Sprache nur aus Koketterie gewählt, um meine Unbeholfenheit in der deutschen zu verbergen.
   Grüßen Sie Herrn Löwe et recevez les salutations les plus sympathiques.
   A. Herzen.
   J'irai pour deux-trois mois en Espagne, mais comme ma maison reste à Nice, adressez ici tout ce que vous désirez.
   Si on ne pouvait insérer la dédication à Bak faîtes imprimer sous le titre:

"A mon ami et frère Bakou"

   au reste on pourrait l'imprimer à la fin.
   Перевод
   Ницца, 12 февраля 1851 г.
   Вот, милостивый государь, предпоследняя часть моей статьи о России, через неделю пришлю вам заключение. -- Вы бесконечно меня обяжете, если каждый раз будете посылать мне по 2 экземпляра номеров со статьей, а потом отправлять по 8 экземпляров через какого-нибудь книгопродавца в книжный магазин Висконти в Ницце.
   Что до брошюры -- поступайте так, как сочтете нужным, и потом известите меня.
   В первой статье на странице 17 в последней строке есть очень серьезная ошибка: вместо "Beschränkung" -- следует читать "Unbeschränktheit" -- надо бы исправить это в следующем выпуске.
   Я прочел с большим вниманием пылкую и талантливую статью,
   где меня громят с таким остроумием, что я пришел в совершенный восторг. Но самая манера рассматривать мои статьи с такой точки зрения -- большая ошибка. Нет, я не проповедовал аристократического эгоизма, в моих "увещаниях", быть может, больше любви, чем гордости, но любви оскорбленной, разбитой. Автор не пожелал увидеть трагическую, фатальную, лирическую, если хотите, сторону вопроса.
   Это не логически обоснованные очерки, это стремление к новой деятельности, это вопль страдания, сознание необходимости отрешиться от прежней деятельности.
   Автор думает, что он остается с народом, что идет к народу. Но посмотрите, бога ради, на Францию, -- народ инстинктивно опередил политических деятелей, он меньше всего на свете интересуется "горой", дотациями, Шангарнье -- на мой взгляд, это огромный прогресс, и однако это гибель существующего строя, гибель демократии, какова она теперь. Так вот, скажите пожалуйста, кто же из нас ближе к народу, я ли, когда убеждаю не иметь дела с политиканами, призываю к освобождению личности, разоблачаю все так называемые свободы, -- или автор статьи?
   Я убежден, что на тех революционных путях, какими мы шли до сих пор, можно лишь ускорить полное торжество деспотизма. Я нигде не вижу свободных людей, и я кричу: стой! -- начнем с того, чтобы освободить самих себя, не будем тратить сил на пережевыванье высоких подвигов парламента или палаты депутатов, займемся чем-нибудь другим, а не этими дрязгами между мертвецами (которые отлично могут сами хоронить друг друга, как сказано в писании).
   Почему я начал говорить? -- Потому что <мне>[122] казалось, что мне есть чтó сказать, я познал Erlebnisse[123], сомнения, слезы -- и я заговорил. Я уходил, унося с собой глубокую скорбь, я отстранился, сохраняя преданность делу. Автор не оценил этого по достоинству.
   Впрочем, я попрошу у вас разрешения ответить ему позже. Эти несколько строк, набросанных наспех, предназначены не для читателей вашего журнала, а только для вас.
   Schreiben Sie mir deutsch, ich habe die französische Sprache nur aus Koketterie gewählt, um meine Unbeholfenheit in der deutschen zu verbergen.
   Grüßen Sie Herrn Löwe[124] и примите мои сердечные приветствия.
   А. Герцен.
   Я поеду на два-три месяца в Испанию, но так как дом мой по-прежнему в Ницце, адресуйте сюда все, что вам будет угодно мне послать.
   Если нельзя вставить посвящение Бакунину, распорядитесь напечатать под заглавием:

"Моему другу и брату Бакунину".

   Впрочем, можно это напечатать и в конце.

86. К. КАППУ

18 (6) марта 1851 г. Ницца.

   Le 18 mars 1851. Nice.
   Cher monsieur Kapp! Je ne sais pas si vous avez reèu de Zurich 50 exemp V<om> andern Ufer que je vous ai fait envoyer, il y a 4 mois. Vous me le direz dans une petite lettre, et voilà une nouvelle proposition: je publie un ouvrage sur la Russie sous le titre Du développement des idées révolutionnaires en Russie -- je voudrais bien envoyer chez M. Mangelsdorf au moins 25 exemp en commission -- le prix sera entre 3 et 31/2 francs. Ecrivez-moi comment je dois vous les expédier. Que fait Jakoby, je voudrais lui envoyer aussi à Königsberg.
   Il y a deux semaines que j'ai reèu une lettre de New York, votre frère se porte bien, et ses affaires ne vont pas mal.
   Adieu. Je vous salue de tout mon cœur.
   A. Herzen.
   Adresse: Nice Maritime (Piémont), Maison Sue, au bord de la mer.
   Перевод
   18 марта 1851 г. Ницца.
   Дорогой господин Капп! Не знаю, получили ли вы из Цюриха 50 экземп<ляров> "V andern Ufer", которые я 4 месяца тому назад распорядился вам послать. Известите меня об этом письмецом, а вот и новое предложение: я издаю сочинение о России под заглавием "Du développement des idées révolutionnaires en Russie", мне весьма хотелось бы послать г. Мангельсдорфу на комиссию по меньшей мере 25 экземпляров -- цена будет 3--31/2 франка. Напишите мне, каким образом я должен вам их переслать. Что поделывает Якоби, я не прочь бы отправить и ему в Кёнигсберг.
   Две недели тому назад я получил письмо из Нью-Йорка, ваш брат здоров, и дела его недурны.
   Прощайте. От всей души кланяюсь вам.
   А. Герцен.
   Адрес: Приморская Ницца (Пиэмонт), дом Сю, на берегу моря.

87. С. И. и Т. А. АСТРАКОВЫМ

20 (8) марта 1851 г. Ницца.

   Рукой Н. А. Герцен:
   Вчера я получила твое письмецо, моя милая, добрая Таня, оно так тронуло меня, что я сейчас же отвечаю; а когда пошлю ответ, еще не знаю.
   Глупенькая ты моя, как же ты не отгадываешь причины моего краткого писания, когда я тут же и объясняю его, говоря, что боюсь наделать тебе более горя, чем радости, своим многоглаголанием.
   Твое настоятельное требование успокоивает меня, и я рада поговорить с тобой. "...Хорошо ли мне?.." -- трудно отвечать на это. Ведь ты знаешь мою натуру, знаешь мое детство, юность... с ранних лет мне нужно было знать и любить безмерно... а окружающее меня вгоняло, втесняло меня в самое себя; то, что должно было питаться, развиться, расцвесть, -- выглянув в жизнь, замирало на первом шаге или возвращалось назад отравленным и разъедало бездны мучений во мне, внутренний мир становился все шире и шире, а стенки делались все тоньше и тоньше... но потерплю, думала я, -- подожду... -- и ждала, и терпела в надежде осуществления моих идеалов, удовлетворения моих требований, а идеалы и требования росли между тем со мною, перерастали меня... Если б не Александр, я погибла б, совсем бы погибла... ну уж тут мне нечего прибавить тебе нового, ты знаешь, что он мне... потом Саша, -- чувство матери поглотило меня совершенно, все другие задремали... вот дальше, дальше в жизнь -- и они пробудились с новой силой, с большей энергией, я рылась на каждом шагу до тех пор, пока дорывалась до ключа, много и по-пустому труда было, -- но там, где являлась хоть тень симпатии, я привязывалась страшно, горячими кусками сердца платила за одно доброе расположение; и все живое, сладкое иль горькое, частное иль общее, все -- привлекало, увлекало меня, обращалось во мне вместе с кровью покамест... я и не искала одного хорошего, искала полноты -- и нашла ее; более жизнь не может дать, я расстанусь с ней с величайшей благодарностью, как бы рано ни пришлось расставаться.
   Через несколько дней.
   Смешно бы было мне писать все это кому-нибудь, кто меня знает и любит менее тебя, -- тебе мне нужно объяснить, что мне только хорошо не могло и не может быть, никогда, а очень хорошо и очень дурно всегда.
   Последняя дочка моя, Оленька, красавица, здоровенькая, любимица всей семьи; кормилица у нее чудесная женщина... ну видишь, ты меня уверила, что можно писать к тебе, так я и хочу дать тебе понятие о нашем житье-бытье. Тата выросла, славная такая, ее я учу гимнастике, танцевать, рисовать, музыке, а потом немножко русской грамоте, вот и все; и со всем этим она большая вольница, целый день на дворе и в саду, сад у нас огромный, теперь уж там цветут фиалки; деревья покрыты апельсинами, розы... коза -- единственный товарищ Наташи. Против дома -- море... в жары тут же у берега и купаются ребятишки. Коля как маленький царек живет у Л<уизы> Ив<ановны>, их дом несколько шагов от нас, мы видаемся несколько раз в день, у него гувернер отличный человек, любит его и учит его с любовью к ребенку и к ученью, Коля говорит по-немецки, читает, пишет, весел и здоров как нельзя больше, умен и сметлив поразительно и не изменил своей страсти к Машеньке. О ней я не пишу тебе, потому что ты с ней в переписке сама; жаль нам было расстаться с ней, лишь дай бог ей счастья.
   Саша -- почти с меня ростом, милый, благородный малый -- он, мне кажется, будет натуралист и живописец; тому и другому учится постоянно и с большею наклонностью, чем всему остальному. Знакомых у нас -- двое, трое и только.
   После всех бурь дети -- моя пристань. Для себя я не ищу в жизни более ничего; пересоздавать мир -- отложила попечение. Если я могу под старость видеть детей, слышать о них, быть для них старой няней, верной собакой -- для меня довольно. Все страсти, все самолюбивые, несбыточные замыслы унеслись, сознание, что отдаю себя всю, что делаю насколько только есть во мне -- успокоивает меня. Если я научу детей быть любимыми -- стало и любить -- из этого одного стоило жить...
   В будущее я не заглядываю, что будет то будет, все прошедшее -- настоящее для меня...
   Все урывками пишу тебе; то то, то другое... то лень. Ну, так... Да, все мое прошедшее я ношу с собою, оно -- я сама. И после всех бурь не утратилось во мне ни любви, ни теплоты; Таня, я часто вспоминаю даже о шляпе Кет<чера>, которой он покрыл меня от солнца 8-го мая, как увез меня... все святыня, все мощи, все люблю, люблю, люблю страшно...
   А что же ты не написала мне ни о ком и ни о чем, коли можно нам переписываться?
   Я все поджидала письма от N, да и не придумаю, что такое, что она не пишет... ждать уж не буду, а пошлю. -- С<ергею> Ив<ановичу> жму руку -- вот как... да, если б он показывался на Лондонской выставке, так и я бы на старости лет потащилась туда.
   От N письма жду, жду, жду, жду, жду... поторопи ее! -- Да и сама пиши через Машеньку.
   Твой старый друг.
   Руку -- руки и память.
   20/8 марта.
   На обороте рукой Н. А. Герцен: Татьяне Алексеевне.
   Машенька! Предаю судьбу письма этого -- в твои руки.

88. А. КОЛАЧЕКУ

30 (18) марта 1851 г. Ницца.

   30 mars 1851. Nice.
   Mon cher monsieur Kolatchek,
   J'ai reèu votre lettre et je m'empresse de vous dire, que les 10 exempl dont je vous ai parlé ne sont plus nécessaires, et voici la cause: quelques Russes m'ont prié d'imprimer mon manuscrit (qui était écrit en Franèais) ici, en Piémont -- j'ai donc accédé à cela, à condition de ne pas faire paraître avant la publication de la conclusion dans votre Revue. Cette édition tirée à 500 ex et principalement dirigée pour la Russie, me permet de ne pas en prendre les exemp Allemands.
   Ne m'en voulez pas pour les observations contre le correcteur, je crois bien que ce n'est pas sa faute -- avec quelle horreur j'ai lu par ex que mon ami le poète Koltzoff a été zu Tode gepudelt. -- J'ai eu entre mes mains la traduction. "Mea culpa!"
   Je ne saurai vous dire si je vous enverrai bientôt ma réponse. Je voudrais beaucoup écrire à ce sujet -- non pour la polémique, mais pour démontrer que ce n'est pas l'individualisme négatif (le satan des chrétiens) que je prêche -- mais l'autonomie, l'autocratie de l'individu. Non le repos du dépris -- mais une activité dans une autre sphère sur d'autres bases. Non l'abstention froide et dédaigneuse -- mais un dévouement libre[125]. -- Or. Le cœur est gros, je voudrais beaucoup dire, mais je ne sais pas, je suis distrait, préoccupé. -- Enfin, je crois que je quitterai bientôt Nice, et alors peut-être je vous enverrai quelque chose. En tout cas faites-moi parvenir ce qu'on écrira contre. Au moins l'article de Solger a le mérite d'être plein de verve et d'intelligence; tandis qu'un autre (à propos de Buchner) -- ne partage pas ces avantages, quoiqu'il est excessivement peu poli.
   Peut-être j'aurai le plaisir de vous voir vers le mois de mai -- mes plans espagnols finissent par les Alpes à ce qu'il paraît.
   Je vous salue fraterne.
   Herzen.
   Ma mère et la ci-devant Mselle Ern (qui a eu l'avantage d'avoir été damée et porte le nom de Frau Reichel) -- vous saluent.
   Перевод
   30 марта 1851. Ницца.
   Дорогой господин Колачек,
   я получил ваше письмо и спешу сообщить, что те 10 экземпляров, о которых я писал, мне уже больше не нужны, и вот почему: несколько русских просили разрешить им напечатать мою рукопись (написанную по-французски) здесь, в Пиэмонте, -- и я согласился с условием, что она не выйдет в свет до опубликования заключительной части в вашем журнале. Появление этого издания, которое будет напечатано в количестве 500 экземпляров и предназначено главным образом для России, позволяет мне не брать экземпляров на немецком языке.
   Не сердитесь на меня за нападки на корректора, я вижу, что это не его вина, -- с каким ужасом я прочел, например, что мой друг, поэт Кольцов, был zu Tode geрudelt. -- А ведь у меня был в руках перевод. "Mea culpa!"[126].
   Не могу сказать, скоро ли я пришлю свой ответ. Мне хотелось многое написать на эту тему -- не ради полемики, но для того чтобы доказать, что я проповедую вовсе не всеотрицающий индивидуализм (сатану христиан) -- но автономию, автократию личности. Не покой отщепенца -- но деятельность в иной сфере, на иной основе. Не холодное, высокомерное отрешение, но свободную преданность[127]. -- И вот. На душе тяжело, я хотел бы многое сказать, но сам не знаю -- я рассеян, озабочен. -- Словом, я, вероятно, скоро уеду из Ниццы, и тогда, может быть, пришлю вам что-нибудь. Во всяком случае присылайте мне все, что напишут против меня. Статья Зольгера имеет по крайней мере то достоинство, что написана горячо и умно, между тем как другая (по поводу Бухнера) -- не блещет этими качествами, хотя и чрезвычайно невежлива по тону!
   Быть может, я буду иметь удовольствие увидеть вас в мае -- мои испанские планы, кажется, ограничатся Альпами.
   Шлю вам братские приветствия.
   Герцен.
   Моя мать и бывшая мадемуазель Эрн (которой посчастливилось пройти в дамки, и она именуется теперь фрау Рейхель) -- вам кланяются.

89 А. КОЛАЧЕКУ

15 (3) апреля 1851 г. Ницца.

   15 avril 1851. Nice.
   J'ai eu le plaisir de recevoir votre bonne lettre, cher monsieur Kolatchek. Si vous avez un éditeur pour ma brochure (en Allem) je ne demande pas mieux, mes conditions sont d'une simplicité antique -- l'éditeur doit m'envoyer 500 fr. de Fr, 25 exemp de la brochure -- et voilà tout. Mais il m'est impossible de permettre une édition sans la corriger, d'après le texte franèais -- que je vous enverrai dans une dizaine de jours. Les trois premières parties fourmillent de fautes. Outre cela j'ai ajouté à l'épilogue quelques pages (Socialisme russe et l'émigration) -- c'est absolument nécessaire.
   L'édition franèaise a été prise par Franck à Paris, j'en ai gardé une centaine d'exempl. Si Schultheß (ou un autre libr) désire une vingtaine, j'enverrai, le Ladenpreis est de 3 fr., pour les libraires 2 fr. -- J'ai reèu un de ces jours une note de la librairie Wohler d'Ulm, ne veut il pas accepter pour payement quelques exemp V<om> and<ern> Ufer et de la brochure franèaise? -- Si vous êtes en correspondance avec lui vous m'obligerez. A propos des comptes, j'en ai reèu deux petites notes de Schultheß et l'autre de Wohler pour la Deutsche Monatsschrift.
   J'ai pensé que votre revue m'est envoyée par la rédaction -- pour montrer comment mes articles sont imprimés, en tout cas il me suffit à présent d'avoir un exempl. -- Savez vous que j'ai reèu quelques No<os> de votre revue trois fois, il y a une petite confusion, je vous la dénonce.
   J'ai lu hier la traduction de Wolfsohn, Franck l'a envoyée, elle est bonne. J'étais bien jeune lorsque j'écrivais de pareilles nouvelles.
   Envoyez de grâce à l'adresse de Vogt 3 exempl de cette traduction, pour ma mère, qui vous salue, -- je dis à l'adresse de Vogt, car je pense toujours à quitter Nice.
   Je vous salue de tout mon cœur.
   A. Herzen.
   P. S. Mon compatriote Golovine me charge de vous demander s'il n'y a pas de possibilité de trouver un éditeur en Brème ou à Zurich pour une brochure Allemande Umriss einer Volksphilosophie -- dont le manuscrit est à présent à Leipzig chez Avenarius, qui refuse de l'imprimer pour des causes politiques. Certainement M. Golovine exigera un petit payement. Vous m'obligerez infiniment, en me disant votre opinion.
   Перевод
   15 апреля 1851. Ницца.
   Я имел удовольствие получить ваше милое письмо, дорогой господин Колачек. Если у вас есть издатель для моей книжки (немецкой), я ничего лучшего не желаю, мои условия классически просты -- издатель должен послать мне 500 французских франков и 25 экземпляров брошюры -- вот и все. Но я ни в коем случае не разрешу печатать, не исправив ее по французскому тексту, который я вам пришлю дней через десять. Три первые части кишат ошибками. Кроме того, я добавил в эпилоге несколько страниц ("Русский социализм и эмиграция") -- это совершенно необходимо.
   Французское издание вышло у Франка в Париже, я сохранил сотню экземпляров. Если Шультгес (или другой издатель) захочет получить десятка два, я пришлю. Ladenpreis[128] -- 3 франка, книготорговцам 2 франка. -- На днях я получил извещение от книжного магазина Волера в Ульме; не хочет ли он получить в уплату несколько экземпляров "V and Ufer" и французской брошюры? -- Если вы состоите с ним в переписке, вы меня очень обяжете. Кстати о счетах: я получил два небольших счета от Шультгеса и один от Волера за "Deutsche Monatsschrift". Я думал, что ваш журнал высылается мне
   редакцией, чтобы показать, как напечатаны мои статьи, -- во всяком случае теперь мне достаточно одного экземпляра. -- Знаете ли вы, что некоторые NoNo вашего журнала я получал по три раза, здесь какое-то недоразумение, сообщаю вам об этом.
   Вчера я прочел перевод Вольфзона, Франк прислал мне его, перевод хорош. Я был еще очень молод, когда писал такие повести.
   Пришлите, пожалуйста, на адрес Фогта 3 экземпляра этого перевода для моей матери, которая вам кланяется, -- я даю адрес Фогта, потому что все еще собираюсь уехать из Ниццы.
   Приветствую вас от всего сердца.
   А. Герцен.
   P. S. Мой соотечественник Головин просит узнать у вас, нельзя ли найти в Бремене или в Цюрихе издателя для немецкой брошюры "Umriß einer Volksphilosophie" -- рукопись находится сейчас в Лейпциге у Авенариуса, который по политическим причинам отказывается ее печатать. Разумеется, г. Головин потребует небольшого вознаграждения. Вы бесконечно меня обяжете, если выскажете свое мнение на этот счет.

90. Н. А. ГЕРЦЕН

5 июня (24 мая) 1851 г. Марсель.

   5 июня. Марсель.
   Все как следует, и Марсель на месте, приехали сюда так себе, ничего, в пять часов утра, в 12 отъезжаем в Лион и утром 7-го будем в Париже. Жар на дороге был страшный, к тому же за нами сидел вонючий и больной жид в шубе. Паспорты спрашивали 4 раза. -- Здесь мы умылись и разоделись, ничего еще не потеряно из несессера -- но, надеюсь, к Лиону окажется. Я, вероятно, не остановлюсь в Hôtel Mirabeau. Впрочем, мне все сдается, что я еду на два, на три дня в Париж, может, даже махнем в Лондон или в Фрибург, смотря по погоде, а, кажется, она не отличная. Наконец, всего бы лучше опять в Ниццу хоть на время, -- каков-то ответ от министра.
   Ты знаешь, друг мой, неприятную пустоту головы после дороги, хотелось бы сказать и то -- да после. Последние пять-шесть дней я был покойнее, мне стало мерещиться, что будущее не все покрыто одной черной полосой -- я так привык себя считать под каким-то фатумом, что даже принимаю и светлое. Об этом после и после -- а теперь прощай.
   Caшe, как сказано, будет большое письмо особо. Поцелуй всех детей, особенно несчастную Олю с видом грудной вдовы.
   Александре Христиановне (ей-богу, нельзя такое длинное
   имя носить) жму руку, верно, ее здоровье лучше от моря, от того, что мы за морем, от того, что нет ни дразнителей, ни свидетелей.
   Ну, а Тате будет тоже со временем особое письмо, а теперь только:
   Папа кланяется.
   Полковник вел себя всю дорогу превосходно, т. е. мы оба молчали, спали и нюхали жида. Он, т. е. не жид, а полковник, здоров.
   NB. Я оставил в спальной NoNo, списанные с сардинских фондов. Спрячь эту записку.

91. Н. А. ГЕРЦЕН

6 июня (25 мая) 1851 г.

   6 июня. Пятница.
   Au bord du "Bourdon"[129] на Роне. --
   12 часов пополудни и мы уже отобедали.
   Рукой В. А. Энгельсона:
   Вчера мы писали вам из Марселя, -- это сообщаю я вам так по аккуратности моей привычной. -- Теперь вот плывем мы по Роне. В кабине сидит жандар, который наблюдает за французом, его добычею, завтракающим с премиленькою буфетчицею парохода.
   Видите, как дело: господина везут два жандарма и не выпускают из глаз; он было заснул в каюте, тогда жанд<арм> пришел и сел тихо, как словно мать родная, возле, а арестант, должно быть, видел во сне жену, детей и прочий вздор, лицо его стало печально, и полковник взглянул на солдата, тот покраснел, сконфузился и посмотрел в окно.
   Рукой В. А. Энгельсона:
   Да ведь чужое дело скоро позабыто, скажу вам лучше, что Александр Иванович печется обо мне словно о птенце, кормит pâté froid[130], спрашивает, отчего я мало ем и т. п. Он здоров по видимому, я здоров и по видимому и в самом деле. -- В Лионе мы отдохнем сутки, потом пароходом поедем по Соне до Chalon, а оттуда по железной дороге до Парижа. Вы видите, что перо скверное, оттого я больше писать не буду, не взыщите и не подумайте, что я выпил, ничуть, -- а только тряска парохода и скверное перо. В Авиньоне в Hôtel d'Europe чучело собаки, которым восхищались Саша и Наташа, все еще существует. -- До свидания
   ...да, оно существует, до свидания. А дальше путь идет так: из Парижа едем мы в Нью-Йорк и Калифорнию. И обо всем следующий раз. А впрочем, хотя полковник и говорит, что одна тряска, однако он, будучи не пьян, тоже и не терёз.
   Детям и всем.
   Тата, представь себе, что корабль, на котором я ехал, называется "Bourdon". Bourdonnons. Bourdonnons[131]. -- Поцелуй же Колю и Олю.

92. Н. А. ГЕРЦЕН

7 июня (26 мая) 1851 г. Лион.

   6 или 7 июня 1851. Лион.
   Вчера нельзя было отослать письма, и мы посылаем оба вместе. Все идет хорошо; но переезд от Марселя до Лиона устроен варварски, а потому, если вам придется ехать, я напишу целую инструкцию, как брать места и куда.
   Полковник вчера к вечеру наконец-таки поприустал, я его обмыл тепленькой водой, попоил винцом и уложил в десять спать, теперь он встал и прыгает -- мы могли бы сегодня к вечеру быть в Париже, но думаем остаться -- в хорошем городе можно остаться, отчего же в хорошем городе не остаться, т. е. до пяти вечера. Видите ли, как теперь быстро идет: от Шалона прямо железная дорога через чудовищный туннель в 4500 метров, и мы, стало, завтра утром рано в Шалоне, в 7 по железной дороге и 3 часа пополудни в объятиях Mselle Cousin.
   Путь наш был долею отравлен арестантом, о котором я писал с лодки: молодой человек, недавно женатый, богатый, -- как француз, показывал он вид совершенного беспечья, но, глядя пристально, так и видны были когти кошек, которые скреблись на душе. Взгрустнулось нам от этого зрелища, нет, в Париже нам, кажется, не жить. Mais comme tout est compensé dans le meilleur des mondes possibles[132] -- вот и забавная часть пути. На дороге из Марселя мы сидели в купе, а внутри поместилась англичанка с братом, очень недурная, -- мы подумали, отчего же это нам судьба не дала ее в соседи. Едем мы станцию, другую, садится в дилижанс человек, может, очень почтенный, но без носу, англичанка прострадала два, три реле и стала умолять, чтоб ее пустили в купе (осмотревши прежде, есть ли у нас два носа, и притом не два в сумме, а у каждого по носу), с нами ехал démoc[133] и тотчас уступил место. Ну мы ее закутали и так приголубили, что довезли вместе до самого Hôtel d'Europe, где она через коридор от нас.
   Что я тебе скажу о себе -- здоров я до противности, так что полковнику делается тошно, как Шпоньке при виде жиру индеек
   своей тетушки. Хлопоты и тракасри не дают ни малейшего места сосредоточиться. Не скажу, впрочем, чтоб очень было хорошо на душе, men Herz gleicht ganz... да не морю, а кисло-сладкому хлебу, и, право, я один из самых печальных шутов в мире. Я иду в какое-то новое будущее, похожее на этот туннель в пять верст -- целого, я это чувствую, ничего не осталось в душе, но много дорогого, и я еще раз повторю, что в последнее время мне казались возможны счастье не счастье, -- а светлая, хотя и трагическая симпатия -- но дальше не пойду сегодня, как только издали коснусь, то у меня кипяток в груди и слезы на глазах... К тому же у меня сделались физиологические воспоминания вроде безумия, совершенно спокойно засыпаю я, и вдруг во сне что-нибудь из чернейших дней былого -- и кончено, я не могу быть ни светел, не могу даже свыкнуться, как мало, как мало была оценена сторона сердца во мне.
   Пожить одному мне хорошо, опомниться... а это, впрочем, вздор, зачем же привыкать к утрате, к несчастью, привыкать к пустой жизни, к холодному старчеству, нет, пусть рана не заживает, пусть мучит, унижает, давит, -- леченье одно и может быть -- воскреснувшая из гроба любовь, -- и Христос был три дни в аду после смерти и прежде воскресенья. Прощай. Хотелось бы плакать -- а потому довольно.

   Саше кланяюсь уж не как маленькому, а как молодому другу и прошу его в память мою не терять времени и даже не забывать, как мне были неприятны некоторые манеры его.
   Что Александра Христ<иановна>? Два или восемь. Я думаю, вы живете славно, и я всего более хочу возвратиться в Ниццу или возле. Книги в Париж отправлены. -- Если не позволят нам в Ницце, наймем у принца Монака, не шутя это было бы отлично.
   Маменьке земно кланяюсь.
   Пишите лучше на адрес Мар<ьи> Каспар<овны> p r à M. Alexandre[134].

93. H. A. ГЕРЦЕН

9 июня (28 мая) 1851 г. Париж.

   9-е июня. Париж.
   Вчера, друг мой, в 8 вечера приехали мы безостановочно из Лиона, теперь эта дорога просто ничего, мы были в 24 часа в Париже, новой железной дорогой от Шалона.
   Самый въезд в Париж был скучен, прозаичен, освещение мутно после Италии, и какая-то тягость ломила душу; были в
   пяти отелях, все занято, наконец, поместились в маленьком "Prince Régent" на улице Hyacinthe S. Honoré, но писать туда не нужно, а лучше на Мар<ью> Касп<аровну>, буду же к ней пилигримствовать.
   Сейчас записал белье: 1 paletot
   1 pantalon
   3 chemisettes[135] и пр.
   для прачки и заметил ей, что надо крахмалить. Помнишь, как я с удивлением и хохотом писал из Перми, что хозяйка предлагала мне корову... тогда шло в гору, в гору, и именно оттого ничего не было видно впереди, теперь с тормозом шажком под гору и все видно, теперь не смешно и белье записать.
   Получил твою записку от Mselle Cousin. Благодарю за нее, она писана так, как надобно, она меня много утешила, и Оленькин дагерротип, я не знаю отчего, но он как-то на меня действует как calmant[136]. Полков<ник> живет в другом этаже... Совершенное одиночество, тишина, ни одного знакомого лица... я искал этого, но на душе все же нехорошо. Не знаю как, но я переменился совершенно в последние полгода. Меня постоянно разъедает какая-то злоба и какая-то тоска. Я в 40 лет могу à la Гретхен сказать:
   Meine Ruh ist hin,
   Mein Herz ist schwer,
   Ich finde sie nimmer
   Und nimmermehr.
   В 14 лет это больно, но с тем вместе хорошо к росту, а сердцу сложившемуся трудно. Сегодня утром я сидел, думал и вдруг слезы полились градом, все это новое. А святое равнодушие ко всему, что бы ни случилось, в Англию, в Америку, куда угодно, лишь вы были бы живы, лишь бы я знал, что это не торжество для гнусного эгоизма; желание мести у меня развивается более и более. -- Ты называла это самолюбием, я тут вижу то же чувство, которое проводило меня черезо всю жизнь, наполнило все артерии, все волосяные сосуды и которое только так казалось слабым, оттого что оно мне было естественно, что я в нем жил, -- теперь оно стало latent[137], оттого что оно больное чувство, оттого что оно теперь столько же отравляет меня, сколько живит.
   Мне что-то сомнительно, можно ли здесь поселиться, очень сомнительно, и гораздо скорее можно вообразить, что отсюда ни за что ни про что выгонят. Что у вас Бонфис -- какой ответ дает. За сим Англия. В Швейцарии я не могу жить -- разве один.
   Не в Ницце -- так в Турине, в Генуе можно поместиться. Только очень скоро всего этого не узнаешь. Мы с полков<ником> не на шутку собираемся в Лондон, 12 часов в пути.
   Марья Касп<аровна> встретила с распростертыми объятиями и была просто вне себя от радости. Они живут очень мило, маленькая квартирка, деревья и bal Mabille возле.
   Нынче отправляюсь к Ротшильду и к Пальмье.
   Если наша Офелия в духе, т. е. весела, что к ней так удивительно идет, то скажи, что мы в дороге беспрестанно вспоминали и веселье, и изгонянье, и пр. Хотя говорили мы мало, как все сердило и бесило, что делалось. Полков<ник> всю дорогу вез дагеррот<ип> Офелии при себе и иногда посматривал даже украдкой от меня (меня заведомо считают врагом всего нежного); в силу этого и взяв в расчет их нервность, я начинаю обдумывать, нельзя ли их, как эти escargots[138], телеграфически приладить для быстрых сношений. Например, ты что хочешь передать, скажи Ал<ександре> Хр<истиановне>, она подумает, а полковник с дагерротипа прямо мне и скажет.
   Маменьке я напишу особо, потому что нечего писать. Марья Каспар<овна> ее ждет, я нашел лицо Мар<ьи> Касп<аровны> изменившимся от ее положения. Рейхель гордо и значительно посматривает на плоды своих музыкальных занятий. Все у них, как кажется, хорошо. Чего же лучше. Коле приписую.
   В письмах, скажи всем, чтоб были осторожны, а если есть от Гаврил<овича>, то сперва прочти, и если сально, оставь до меня.
   Получено ли наше письмо из Лиона? Это 3-е после отъезда. Я буду нумер ставить.
   Обнимаю тебя, Саша, и целую, когда будет больше досуга, напишу целое письмо. Мы ехали новой железной дорогой, возле Дижона туннель в 4200 metr. Это значит 4 с половиной версты под целой горой.
   <Рисунок местности - ред.>
   Энгельсон смотрел на часы: ровно шесть минут. Возле Тоннера машина остановилась и мы ждали час и 17 минут.

94. H. A. ГЕРЦЕН

10--11 июня (29--30 мая) 1851 г. Париж.

   10 июня 1851. Париж.
   Ну, писать вы довольно скупы, вчера ничего не было, сегодня еще не знаю. -- Солнца нет, небо серое, а впрочем, я уже теперь начинаю чувствовать всю разницу с климатом Ниццы, нет той устали, чувствуешь себя свежее. Вчера мы были в театре -- глупо. Здесь такой сумбур и хаос, что надобно жить закрывши глаза, понять нельзя ничего, всё предсказывает грозу, но какую -- трудно сказать.
   11-е июня.
   Письмо твое от 5 принесли еще вчера. Я думаю, ты права, мы должны были сплавиться, сделаться необходимостью друг для друга, я всегда так думал, страшный опыт показал иное, но, может, он победится. Иногда кажется, что и этот опыт должен выработаться в новую силу, что тут-то и завершение развития, потеря последней религиозной мечты -- т. е. что следует сделаться независимее, свободнее, умнее. Да. Но почему это? С такой премудростью -- прощай поэзия в жизни, равнодушье старости; это и без того с летами придет, -- я ведь был ужасно молод, чист даже по-детски во многом до этой страшной осени, тут я переродился и стал вовсе не так прост и прям, как прежде, я чувствую, что я стал зол, скрытен, постоянно присущее чувство великого оскорбленья, как дрожжи, бродит и мучит. -- Ты скажешь, что я опять все говорю о себе да о себе. Да о чем же, друг мой, говорить мне с тобою, как не об нас. -- Разлука наша теперь должна быть время pour se recueillir[139], она чрезвычайно на месте. Если б только дойти мне до кроткой грусти и тебе до того, чтоб понять, что все это не было заслужено мной, как ты говоришь, и не имело того характера, -- который я понимаю, отчего ты придаешь -- тогда с склоненной головой мы наружно забудем прошедшее, тогда не нужно говорить, тогда свяжутся порванные концы и гармония восстановится вполне, тогда и воспоминанья об наших первых годах не будут тебе казаться так бедны; тогда последние остатки демонического, лихорадочного и солнечного чувства иссякнут. О если б это было!
   Воспитанье детей дает огромный шаг вперед -- и наших детей. Я вчера еще долго с Мар<ьей> Касп<аровной> смотрел дагерротипы их.
   Должно быть, Мар<ья> Кас<паровна> многое знает. Я это замечаю по тому, как она тщательно избегает малейший
   намек, малейшее воспоминанье. Я ей душевно благодарен за эту пощаду, особенно в первые дни я был так неспокоен, взволнован. Ну, прощай, мой друг, дай руку, обними меня -- моей любви "ни ветер не разнес, ни время не убелило". -- Это чувство -- моя moelle epinière[140], оно проводит меня (что б ни было) до гроба.
   Мы с полковником собираемся завтракать. -- Он кланяется, до сих пор все идет недурно, сегодня хотим слушать Альбони. -- Едим мы с изяществом невероятным, мало, но все с перышком и с шичком.
   Как только Барман получит мои бумаги из Фрибурга, я начну действовать, а именно чтоб получить дозволение поселиться в Южной Франции -- превесьма хвалят Бордо, а не то и в Монпелье. Переезд вам будет легкий. Но прежде я все же побываю в Фрибурге -- и хотелось бы хоть на смех Панину возвратиться в Ниццу.
   Маменьке, Луизе и детям всем поклоны и поцелуи. Писать что-то не хочется. Александре Хр<истиановне> посылаю отрывок из "Прессы", вот, мол, какие сногсшибающие есть в Париже.
   Спроси Фока, как адрес того виртембергского чиновника, которому следует послать деньги за маменьку.
   Ну что ваш рок -- хорошо ли кормит? Кормилице почтенье.
   Шпильману спасибо за его письмецо, да для чего же он извиняется.
   Harum, bitschkarum, bim, bam, bum.
   Aschgrau, dunkelgrau -- это все Шпильману.

95. САШЕ ГЕРЦЕНУ

12 июня (31 мая) 1851 г. Париж.

   Любезный Саша, в ожидании твоего рапорта о твоих занятиях за прошлую неделю я хочу написать тебе несколько слов. Ты входишь теперь в тот возраст, когда дети бедных людей начинают уже работать и серьезно заниматься, а потому я тебе расскажу не о Цюрихе, не о ипподроме, а о том, что здесь было в суде.
   Ты слыхал о знаменитом французском мыслителе Викторе Гюго; вчера судили его сына за то, что он написал в журнале статью, в которой говорил, что казнить людей отвратительно. Отец его сам стал защищать сына и, предвидя, что его сына все же обвинят и посадят в тюрьму, вот чем он кончил свою речь:
   "Сын мой, тебе делают сегодня великую честь: тебя считают достойным страдать за правду. С сегодняшнего дня ты вступаешь в действительную жизнь. Ты можешь гордиться, что в твоих летах ты уже на той скамье, на которой сидели Беранже и
   Шатобриан, -- будь тверд и незыблем в твоих убеждениях, ты их принес в крови, ты им научился у твоего отца".
   Сына Гюго осудили на шесть месяцев. Когда они с отцом вышли из суда, народ, ожидавший их, окружил карету и кричал: "Да здравствует Гюго!" Гюго отвечал: "Да здравствует республика!"
   Ты видишь, дружок Саша, что как ни больно отцу, что он должен сына отдать в тюрьму, но что для него этот день останется как один из лучших в жизни. Вспомни маленького Грибуля: и он пострадал за правду и за желание, чтоб всем было хорошо. Те, которые гонят, осуждают за это, те хотят, чтоб только им было хорошо.
   Надобно быть или Грибулем, или Бурбоном: надобно бороться, собою жертвовать или приносить себя на жертву друзей и врагов. Но быть Грибулем не только выше, но и веселее. Помнишь, как он в тюрьме приучил мышей, лягушек и пел песни? На совести у него ничего не было, он сделал свое дело, а какой-нибудь Бурбон, отравивши жизнь другим, мучится, завидует, боится, стыдится.
   Так-то и я хочу со временем видеть тебя идущего по дороге, по которой я шел 25 лет. Не думай, чтоб нужно было натыкаться самому на беды -- нет, надобно быть готовому на всякую борьбу. Не придет она -- можно другое делать. Но если придет -- что бы ни было, стой за свою истину, за то, что ты любишь, а там что бы ни вышло.
   Целую тебя крепко.
   Мамаше скажи, что я вчера получил головинс<кое> письмо. Скажи еще, чтоб Мамаша послала у Visconti взять No "Прессы" от 12 июня и прочла бы весь процесс Гюго, но только в "Прессе".
   Кланяйся Александре Христиановне. Занимайся как можно больше русским языком. Ты никогда не забывай, что ты должен быть русский.
   Тате и Коле будут следующие письма. Скажи только Тате, что ей кланяется Palmier, у которого я вчера обедал.
   Энгельсон кланяется.
   А ты не забудь поцеловать руку у бабушки, пожать у Луизы и Шпильмана.
   Кланяйся Рокке и всем.
   Вчера мы слушали Alboni.

96. ТАТЕ ГЕРЦЕН

12 июня (31 мая) 1851 г. Париж.

   Милая Тата,
   я вчера обедал у твоего старого приятеля у Пальмье, и мы поминали об тебе и пили за здоровье Мамаши и вас. -- Обезьянок
   здесь нет, а я поищу что-нибудь другое. Ты только будь умна, тотчас вставай с постели, как проснешься. Целую тебя очень много и Оленьку.
   Папа.
   Сейчас была Элиза и с своей маленькой дочкой, на ней твоя шляпка. Элиза кланяется премного.
   Поцелуй Сашу.

97. Н. А. ГЕРЦЕН

13--14 (1--2) июня 1851 г. Париж.

   13 июня. Париж.
   Париж решительно утратил способность меня веселить, я скучаю -- и тут, душа моя, я забываю о других внутренних причинах, а говорю просто о том, что они не рассеиваются, -- удивительно, как все меняется, когда мы меняемся. Вот лучшее доказательство, что школьники напрасно ищут истинную истину, есть только человеческая истина. -- Мы были в театре Montansier, я хохотал, но мне было скучно, вчера водил я полковника в Мабиль, он никогда не видал, его ужасно электризовал шик танцев, я только и веселился им и в сущности пропадал со скуки. Улицы, журналы, разговоры -- все скучно, ни одного живого слова, все газетные рассуждения -- битые места, седые от неисполнения надежды, и как-то все это поверхностно -- нет, не хотел бы я поселиться в Париже.
   Многие говорят, что юг Франции для нас возможен, Пальмье советует поселиться не в Марселе, а в окрестностях, советует, если без моря, то выбрать Бордо или Ним (Саша пусть тебе покажет все это на карте), я думаю тоже, что это недурно, на первый случай мы могли бы съехаться в Марселе, путь тебе легкий.
   Я готов бы был ехать хоть сегодня, я сыт Парижем. Меня держит вот что: Шаллер писал мне, что мои бумаги окончены будут к 15, стало, к 20 придут сюда, я только этого и жду, чтоб начать мои демарши.
   1-е. Если можно будет остаться в Пиэм<онте>, я возвращусь через Фрибург, и разве, разве только с полков<ником> сбегаем на выставку, что займет не больше десяти дней.
   2-е. Если нет, то переедете вы в июле в Марсель, и я прямо отсюда поеду вас устроить.
   3. Если, наконец, и это нельзя -- то остается forcément[141] Англия. -- Жаль, очень жаль, что для меня Швейц<ария> отравлена присутствием этого Каина de la bessonniere. --
   Жаль, что и мерзавка эта в Piémont'е -- ну, да против судьбы прать нельзя.
   Все это надобно решить скорее, -- иногда какие-то грозные предчувствия тревожат, неопределенные, но страшные. А впрочем, кто перенес то, что я перенес -- тот перенесет все, что попадет на плечи. Но это значит старость, равнодушная, бесчувственная -- только ее нет еще в главном; кровь еще льется огнем, и в душе у меня так же два противуположные потока, два кровообращенья, любовь и ненависть, любовь со страданием и ненависть с раскаянием, да, да, с раскаянием, самым жгучим, что я не раздавил эту змею. Я презираю себя за эту слабость.
   Кстати, в утешенье тем, кто думает о бедности этих господ: Гуман, портной, мне сказывал, что он на днях отправил по ее заказу платья -- величественно и поэтически несут судьбу, а ты пишешь, т. е. писывала, о суме и милостыне, о помешательстве и вертерстве. О, как невыразимо хорошо именно такое крапулезно-мелко-мещанское существо, полное эгоизма и lâcheté[142], отправить dahin, dahin. Как я был слеп, я слушаю теперь, что говорят посторонние о их характере вообще, и рву себе волосы -- ну, да и наказан за ошибку. Много ли было писем с моего отъезда оттуда?
   Тат<ьяне> Алекс<еевне> тотчас по получении письма отослал 350 фр., да еще через Мар<ью> Каспар<овну> велел ей взять у С<ати>на в Москве 100 серебр.
   Пришли на адрес Мар<ьи> Касп<аровны> газету, в которой будет интерпелляция Valerio, и попроси Шпильмана послать sous bande[143] 1 экзем<пляр> в Турин M. Valerio, 1 -- в редакцию "De l'Opinione", один в редакцию "Progresso", и если еще есть такие же листы -- журналам, это может сказать Фок. Головин еще спокойно в Турине, как же книги возвратились? Пусть он спросит у Висконти, послал ли он в Геную, а то и туда в редакцию какого-нибудь оппозиционного журнала можно послать. Все это из тех NoNo, которые были посланы к Голов<ину>. Да, кстати, я Дельену остался должен, кажется, 6 или 7 фр., ему следует отдать.
   14 июня.
   Небо вечно серо, почти никогда нет солнца, -- тоска по Италии, но климат здешний для меня несравненно здоровее, я теперь уже чувствую перемену, нет этой устали и тяжести. Но жить все же кажется противно, по крайней мере до перемены. Полковник, кажется, проклинает на чем свет стоит за то, что поехал, я, как ни желаю, не могу быть веселым собеседником,
   и чем бы разговор ни завязался (или он пуст) -- оканчивается заупокой. Твое присутствие еще наполняло все пропасти, один взгляд детей действовал лекарственно -- но в этом клостральном одиночестве, в этой жизни в сторону нет ничего смягчающего. Писать я решительно не могу, все кажется так мелко, так ненужно. Все это, может, и послужит на что-нибудь, но все это тяжело. И ты, друг мой, не сердись за печальные звуки, которые примешиваются ко всему. Представь иногда себя на моем положении, и ты простишь это оханье или этот стон. Как далеко от меня желание мучить тебя моими словами, да они и не мучительны, если любовь воскресла, -- а ведь в это-то мне и необходимо верить, чтоб жить.
   Если письмо из Лиона не пришло, требуйте, оно было отправлено 7 числа.
   В заключение скажу, что я решительно не пью водки.
   Жму дружески руку Алекс<андре> Христ<иановне>. Ну что, как ведет себя Фок No 47?

98. Н. А. ГЕРЦЕН

15 (3) июня 1851 г. Париж.

   15. Воскресенье.
   Пишу сегодня, друг мой, оттого что вчера Маша опоздала за меня отправить свое письмо. -- Думаю, что скоро разрешатся все вопросы, мне хочется всего более опять в Ниццу или в Пиэмонт. Здесь в воздухе примешано что-то оскорбительное и раздражающее. Ни меня, ни полков<ника> в сущности ничто не веселит, мы натягиваем веселье. Представь себе, что мы вчера были в Chateau Rouge на бале втроем -- кто же третий, отгадай... Бернацкий, который свеж, умен, откалывает комплименты, ну словом, моложе полков<ника>.
   В одинокой жизни моей я еще более вижу, как я мало имею способности к фамилизму. Мне нравится эта совершенная тишина, целое утро душа человеческая не взойдет, кроме мальчика с кофеем, мне нравится совершенное безучастие, самобытнее стоишь, умирай себе, порти себя, никому нет дела. Думая об этом вчера, я с горькой улыбкой вспомнил, что ты меня упрекала когда-то за то, что взятое поглубже должно было служить лучшим доказательством, как сильна моя любовь. -- Было время, в которое ты не хотела ее видеть, и это своего рода крик совести. -- Ты упрекала, что я говорил с предилекцией о жизни в трахтире одному. Да что же удивительного, что человек, который ищет семейной жизни, живет в ней? Тут нет сильного чувства, это та форма жизни, которая ему сообразна. Но
   когда люди по внутренному влечению имеют настолько дикости, довольства собой, независимости и общих интересов, когда такие люди не могут без страданий и боли оставить семью на неделю или на две, когда все мелкие невзгоды этой жизни покрываются одним присутствием существа, которое сделалось необходимо, как кислород для жизни, -- тогда вряд упрек обдуман ли. Если б наши отношенья были на одну степень слабее с моей стороны -- я начал бы новую жизнь, с моей энергией, с моей силой, -- ан нет, я сижу с стиснутыми зубами, я боюсь своих снов, я боюсь воспоминаний, мне больно глубоко внутри -- и хотя много добра ты сделала мне в последние дни и первой запиской, но ведь боль, как ты пишешь, и в отрезанном мне чувствуется.
   Сейчас получил от Гол<овина> вырезку из газет, да я желал бы иметь, мне это нужно, тот No "Gazetta piemontese", где помещена tornata[144] Камеры 10-го июня, когда были интерпелляции, пришли его на имя Мар<ьи> Каспар<овны> -- если же нельзя скоро достать, то сохрани до приезда или до свиданья.
   Мне кажется, что можно будет воротиться. Детей обнимаю.

99. МОСКОВСКИМ ДРУЗЬЯМ

19--20 (7--8) июня 1851 г. Париж.

   19 июня 1851. Париж.
   Я сидел в величайшей хандре и, конечно, всего менее ожидал от вас письма -- как вдруг оно явилось. Спасибо за несколько строк, они отогрели меня, повеяли тепло на душу и я до вечера был весел. (Бывало, я был весел 24 часа в сутки, tempi passati[145].)
   Какие у меня планы -- трудно сказать, теперь я здесь один, все наши в Ницце, я полюбил в жизни случайность, доверяться случайности умнее, нежели делать умные планы. Все же не выйдет по желанию. Ну, господа, полицейская германдада, травят людей как зверей, не дают покоя ни минуты. Теперь я воюю с пиэмонтским министерством по милости Панина, жившего в Ницце, оппозиция за меня горой, журналы и интерпелляции в Камере ардантные -- не знаю, чем кончится. Если ничем, уеду в Единбург -- должно быть, удивительно хорошо жить в стране, не зная языка. A propos, в Испании я вовсе не был, только собирался. Здесь жить и думать нечего, в Швейцарии
   скучно. Пиэмонт я люблю, там люди помоложе, у них еще lune de miel[146] свободных учреждений и у короля такие усы и такая борода, что он поневоле в прогрессе. Но если, несмотря на усы, он меня не пустит -- кроме Англии нет места, в Лондоне я жить не хочу, у меня там столько друзей -- что этот город мне противен. -- Я со временем вам пришлю мою переписку с разными правительственными лицами, посмеетесь от души -- но на деле все это скучно и fade[147].
   Вы не находите в моих книжках того симпатического элемента, который был прежде, -- его нет во мне. Я не любить научился здесь, а ненавидеть, не смеяться, а оскорблять. Я страшно одинок,
   Всюду встречи безотрадные,
   Ищешь, суетный, людей,
   А встречаешь трупы хладные
   Иль бессмысленных детей.
   Дети эти могут и привязываться, да глупы из рук вон. -- Один человек подошел было поближе, одного человека я полюбил было -- это самый худший, этот показал мне все двоедушие, всю пропасть безнравственности гнусного поколения, к которому мы принадлежим, -- поколения, которое могло бы фурнировать и не одного Горгия венгерского.
   Полгода тому назад смерть прошла возле меня -- после того я окончательно закалился в моей злобе, в моем недоверии.
   Хотелось бы перед финалом поглядеть на вас, много дали бы вы мне сил -- а иной раз я боюсь вас, мне кажется, что гармоническое отношение оттого и живо в нас, что мы в разлуке; в разлуке именно все то забывается, что мешает гармонии... И то, друзья мои, я на вас был сильно сердит и писал вам презлое письмо, кажется, в генваре, да оно не дошло, видно, до вас. Я сердился за вашу нетерпимость, за юридическую точку зрения etc., etc.
   Я напечатал в Ницце небольшую брошюрку о России, это исправленное издание статей, бывших в журнале Колачека о России -- искаженных редакцией и переводчиком; достаньте. Прочтите еще, если не читали, в том же журнале за 1850 "Deutsche Monatss" статейку "Omnia mea mecum porto" и в декабрьской книжке мой "Эпилог". Есть еще письмо о Франции "Erinnerungen eines Russen...", но это вам трудно достать, оно напечатано в Лондоне в журнале Кинкеля и Гауга "Kosmos" -- а оно бы вас позабавило.
   Брошюрка находится у Франка в Париже, rue Richelieu 67.
   Зачем вы жалеете об том, что я остался здесь. В сторону самолюбие и скромность -- когда был для России такой орган в Европе, вся моя сила, все мои помышления обернуты к вам -- и голос мой получил вес. Не далее еще как два дня тому назад, я толковал часа два Мишле об России, я их заинтересовал Россией. Что я сделал бы в России с железным намордником? А пр<опо?>, посмотрите, как в здешнем revue "Liberté de penser" подробно излагают все сказанное мною о России, -- с этой стороны я не могу упрекнуть себя, что был недеятелен, и не могу думать, чтоб там сделал больше.
   Но вперед не знаю, что будет, я устал, я сломан, я состарелся... будущности у меня нет, это я знаю, да я ничего и не жду, я не обрадуюсь ничему особенно, да и не умру, кажется, ни от какого удара. Я писал в одной неудавшейся и неоконченной статейке: "Я равно не желаю ни жить очень долго, ни умереть завтра. Пускай себе придет конец так же случайно и бессмысленно, как начало -- да, по правде сказать, как и самая середина..."
   "Под сим телом погребен N.N. Жития его было 38 лет... Да будет ему пищеварение легко. А ты, читатель, приими дух его с миром".
   Кажется, на этом можно и остановиться, тем более что я не верю, дойдет ли это письмо.
   Я хочу напечатать повесть, которую вы, кажется, читали -- "Долг прежде всего", -- и думаю о другой, откуда приведенные слова, под заглавием "Межуев-fils"[148] -- но главное, что мне мешает, -- это тоскливая апатия, я решительно ничего не делаю, кочую по кафе и читаю газеты, больше ничего.
   Как скверно вы все сделали, что не прислали книг русских, сколько я ни просил. Это просто антигуманно.
   P. S. Я перечитал твое письмо. Да вы всё не так смотрите на мою философию истории, это не наука, а обличение, это бич на нелепые теории и на нелепых риторов-либералов, фермент -- и больше ничего, но это захватывает и ведет к жизни, это сердит и заставляет думать. Но об этом другой раз.
   Целую вас. Прощ<айте>.
   20/8 июня
   Вверху перед текстом: NB. Я требую и прошу известить о получении этих строк как-нибудь.
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   100. H. А. ГЕРЦЕН

20 (8) июня 1851 г. Париж.

   20 июня.
   Ну, вот, друг мой, что: будто тише и улеглось на сердце. Вчера я писал в Москву, и тьма воспоминаний занимали целый день... Теперь я жду твоего письма, и если оно будет хорошо, то и нынче будет покойный день. -- Полков<ник> скучает и грустит, он хочет на днях (когда я поеду в Фрибург) из Лиона ехать прямо в Марсель. Решить еще ничего нельзя, одно яснее прочего -- что жить во Франции скверно, -- и опять Англия или Пиэмонт. Бумаг все еще нет, их-то я и жду, во всяком случае к 1 июлю я уеду отсюда. Здесь каменная плита на душе. -- Кажется, что в Турин можно, ответ министра ободрителен. Полков<ник> советует в Единбург, я не прочь, вот будем вдали, -- вдали от всех. Если б тебе было довольно меня, с каким восторгом полетел бы я туда, мне ничего не нужно, наконец, я хочу окончить жизнь с возобновленной любовью. Но в твоих ли это силах. Могу ли я дать столько... Я не верю в себя...
   Итак, Саше будет 12 лет. Святое, великое время 1839 года, как я был счастлив тогда. Зачем ты не скрыла от меня, как мало полноты ты нашла в этом былом, -- оно у меня носилось таким светлым воспоминанием, а теперь оно подернуто флером -- и я боюсь приподымать. Ведь я оттого-то и был так счастлив, что верил столько же в твое счастье, как в свое.
   Если б судьба утешила меня не во мне, но в Саше, если б, как я ему писал, я мог бы преемственно передать мою недосказанную речь и мое недоделанное дело -- долею он получил это в фибрине, вторая доля разовьется жизнию с нами. Я не способен учить, может, со временем -- но к пропаганде я способен. Ему раскрыта дорога ширины необъятной, j'ai tiré le cordon[149] -- стоит только идти.
   Гран<овский> ждет еще, что я сделаюсь великим писателем, нет, моя будущность переломлена. Сил я принес много -- оттого-то я и мог выдержать, но на выдержку и защиту пошло все. И вот тут-то и призвание детей, рода -- продолжать личный труд, сменить уставшего. Тут действительная аристокрация. -- Но, если и дети пойдут в другую сторону... это будет моя вина, именно оттого-то и будет это больнее, а может, и не доживу до этого -- а может, переживу, несчастие не опиум, от которого Шпильм<ан> не может отделаться, все мелет жернов.
   Вчера был у меня Абель, какой он отвратительный дурак, дурак-немец. Это не то, что дурак всех стран, подхалюзый дурак. Он мне был противен -- ни такту, ни деликатности -- словом, немец.
   Писем, видно, не будет. Вчера тоже не было.

101. САШЕ ГЕРЦЕНУ

20 (8) июня 1851 г. Париж.

   20 июня 1851. Париж.
   Любезный Саша, тебе через пять дней будет двенадцать лет. Поздравляю тебя, мой друг, ты становишься больше и больше человеком. Пора тебе продолжать начатое мною: я сам был по тринадцатому году, когда пошел по трудной дороге, и вот двадцать пять лет шел я по ней; ни тюрьма, ни ссылка, ни даже вы все не отклонили меня, я служил на пользу России словом и делом... Теперь я устал, но тебе приготовил и место, и имя, которое ты можешь носить с гордостью; ты будешь уметь воспользоваться ими, ты будешь продолжать спокойнее и дольше -- я буду радоваться твоим успехам. Но для этого первое дело -- образование: учись, учись и учись.
   Я тебе привезу рельефные карты географические, -- это мой подарок. А пока возьми у Мамаши 10 франков и истрать их как хочешь. Проведи этот день весело, -- это будет второй раз, что я этот день провожу не с тобой: в 1849 году я был в Женеве, -- это был дурной год.
   Прощай, целуй Тату, Олю и Колю, ein Gruß[150].
   Также и бабушку.
   Сегодня я иду смотреть оперу, сделанную из "Пиковой дамы" Пушкина.
   Надеюсь, что ты мои письма бережешь.
   Обнимаю тебя.
   Еду в Лувр. Сегодня второй день, что писем нет.

102. Н. А. ГЕРЦЕН

21--22 (9--10) июня 1851 г. Париж.

   21 июня.
   Судьба полковника и их обоих не так легко сложена, друг мой, как ты думаешь. Есть люди, рожденные с силой, с светлым взглядом, с энергией, -- натуры полные надежд, лучезарные -- они не выработывают из себя яда, но страшно страдают, когда им дают отраву. Они верны себе, отражая боль страданием и улыбкой счастие. Долею я принадлежу к таким натурам. Я юношей не искал ни Огар<ева>, ни тебя, встретившись вами, и не сразу, а мало-помалу, я наполнялся любовью к вам, мне надобно было уехать в Вятку, чтоб отдать себе отчет -- тебя я полюбил всей способностью любви в моей душе и верил беспредельно -- и беспредельно глубоко пал потом и беспредельно
   страдаю, даже не думаю, чтоб когда-либо изгладился, залечился рубец, нанесенный прошлым годом. -- Полковник -- совсем напротив, он страданьем любит, он страданьем чувствует, мыслит, для него жизнь не пир, не праздник, а болезнь, он слаб телом, он не верит в себя, он мучает ее потому, что он сам мучается. Он страшно привык ко всему, что пугает душу, et il a une certaine intempérance de style qui la lui fait non seulement avouer mais renchérir sur son scepticisme etc[151]. Я понял, что он ее ужасно любит только в их приезд из Неаполя. Прежде я думал, что их связь -- связь дружбы, участия, привычки, потом увидел с его стороны раздраженную страсть, а с ее -- раздражительную. Они влекут себя к гибели, им надобно не так тесно жить вместе, больше пространства, больше интересов, -- горе строящим дом свой не в своей и не во всемирной груди.
   Но я скорее думаю, что все обрушится на нем, а не на ней.
   Теперь иду в посольство швейцарское, кажется, бумаги пришли. Это дело окончено. Больше недели здесь не пробудем, а там через Фрибург.
   Вчера был у меня Мишле -- он вельми доволен брошюркой.

   Детям сегодня не пишу. Записочку твою от 17 принесли. -- Прощай.
   Целую детей и вдову грудную.
   P. S. Добрый сын и злой интендант могут говорить что угодно, я поеду в Турин через Швейцарию и в Ницце буду.

   22-е.
   Полковник собирается ехать прямо к вам -- он не может жить без нее, я люблю и уважаю его любовь. Он нездоров. Пальмье находит, что он много имеет порчи в организме -- об этом, разумеется, не говори. Я полагаю, что он поедет 27 или 28. Итак, к 4 будет дома: ровно месяц; я долго в Фрибурге не заживусь.

103. Н. А. ГЕРЦЕН

22 (10) июня 1851 г. Париж.

   22 июня. Воскресенье.
   Вот твое письмо от 18. Я до такой степени привык быть откровенным, друг мой, что и теперь признаюсь, что несмотря на глубокое чувство симпатии к тому, что ты пишешь о воспитании --
   все вместе произвело на меня опять тягостное действие. Я хочу невозможного -- и хочу любви 1838 года, той, в которую я верил, я готов ревновать к детям, мне что-то мало в этом, мне что-то кажется это удалением от меня, желанием занять себя... и снова ужас истомляет мою душу. Да, я молод, я жажду еще любви для себя, -- но уже ее не будет. Я должен абдикировать, а как трудно скидается корона после 11 лет, зачем я не умел дожить себя в эти 11 лет, зачем воскресли мечты юности тогда, когда -- раненный навылет -- мне осталось идти в инвалиды.
   Но не перетолкуй слов моих. Да, соединимся на великом деле воспитанья, надгробная группа своего былого, поставленная в поучение юной жизни, -- да, да, -- ты видишь, мой дебют недурен, я буду писать для Саши, это мне легче, нежели давать уроки. Но только я ему буду проповедовать не одну любовь -- а и ненависть; кто никогда не ненавидел, тот еще не жил вполне, какое это живое, вечно присущее, вечно жгучее чувство. -- В моей жизни недоставало долго этой живости... она взошла. Не одну веру надобно проповедовать -- но готовить к сомненью, готовить к тому, что жизнь принесет потом из-за угла, à l'improviste[152].
   С полк<овником> много толковали мы вчера, для него Ал<ександра> Хр<истиановна> -- его дитя, словом, вся сторона сердца, -- боюсь я за него, -- и он-то на словах так бравировал и говорил, что женился для того, чтоб ей было ехать с кем, и рад бы был новой встрече... Я, может, очень ошибаюсь, но не думаю, чтоб она могла так любить, она порывиста -- но скупа собой. Встреча с ними весьма замечательна, я желал бы ее сделать полезною, но трудно иметь влияние на него.
   Прощай. Гран<овский> пророчит мне судьбу великого писателя, -- а я до того утратил всякий талант, всякую охоту писать, кроме писем к тебе, что досадно -- просто двух слов не умею связать.

   Теперь опять о проектах. Жить или не жить в Ницце зависит не от меня, не от интенданта -- а от известной тебе твари. Зачем mir nichts, dir nichts[153] переезжать из города, где все есть для ученья. В южной Франции -- для климата хорошо, но так, как дела идут, жить в провинции во время полицейского террора невозможно. Швейцария вся открыта -- но там есть одно дыхание лишнее и в этой близи может прийти мне желание приостановить его. Может, пустят и в Париже остаться -- это я узнаю через Бернацкого, но все же нечего ехать теперь.
   Я не могу думать, чтоб не пустили в Пиэмонт -- тогда успеем переменить планы. Теперь 20 июля я в Ницце.
   Что за поляк был у вас, будьте осторожны.
   Письма до моего приезда адресуйте по-прежнему Марье Каспар<овне>.
   "Мольер" Ж. Занд из рук вон плох, а мог бы быть хорош.

104. Н. А. ГЕРЦЕН

24 (12) июня 1851 г.

   24 июня.
   Записочку твою от 19 вчера получил. В Лондон я не поеду, у меня нет никаких любопытств, а что можно было узнать, я узнал. Брейтон -- город полуфранцузский и возможный в Единбурге жить дешево. Сегодня Бернацкий спрашивает позволения в случае нужды проехать через Францию. Все это в предположении, что нельзя остаться в Пиэмонте. На юг Франции я раздумал селиться -- не по капризу, а потому, что террор растет со всяким днем, там нельзя отвечать за один час, что же это за жизнь.
   Документы все пришли. Барман выдал пасс швейцарский, сардинское посольство визировало, след. сообщения нет. Завтра вечером мы выезжаем, а 27 я оставляю полковника в Лионе и еду в Фрибург, куда буду 1 июля. Письмо теперь можешь адресовать -- à Fribourg (Suisse), poste restante[154].
   Вчера y меня сидел часа три Мишле, успех моей брошюры в серьезном кругу велий, вообще меня что-то здесь ласкают, не понимаю отчего; я был вчера же у Ротшильда, он меня принял с величайшим радушием, и узнавши, что я собираюсь в Лондон, велел без моей просьбы написать рекомендательное письмо к Lionel Ротшильду. Он мне сообщил, что О'Коннель Авигдор прибыл в здешнюю столицу, я его постараюсь увидать.
   Франк отошлет три карты выпуклые на Висконти. Европа, Швейцария и Россия, других, кроме Германии (которую я Саше позволяю не знать), нет, господин этот обанкротился. -- Я сейчас иду с Мар<ьей> Касп<аровной> покупать всякую всячину.
   Внутри я продолжаю скучать на другую методу, но все так же пустота, боль, страшные воспоминания[155]. Того покойного доверия, о котором ты пишешь, нет, мне все кажется, что ты из сожаленья, из резигнации успокоиваешь. Благодарю
   и за это, но не того хотелось бы. Я смотрю на полковника и думаю: любовь истинная -- это анафема, которая рано или поздно стащит человека в пропасть, надобно легче любить -- тогда это чувство бросает венки из роз; как он страдает и в разлуке и в сознании того, что он не так любим. Я утешаю его, пользуясь тем, что имею два фунта стеарина в день на собственное сожжение, которых у него нет. -- Мы даже ни разу весело не выпили бутылки вина, хотя пили много.
   Как нелепо и бедно замышлен "Мольер" Ж. Занд, посылаю тебе с полков<ником> экземпляр, подумай, что бы можно было сделать, если б она представила, что жена Мольера его прежде в самом деле любила. Впрочем, прочтите.
   В "Республике" и в "Univers" было напечатано об моей истории в Сардинии. -- По всему, стало, отсюда отправляться пора. Скажи маменьке, что Шидеру 820 фр. -- т. е. 400 гулденов.
   Детушки-мелкота,
   Отворяйте ворота,
   Скоро приедет ваш Папаша.
   Рады ли вы ему будете?
   Умны ли вы?
   Мне полковник все напишет, он приедет прежде меня.
   А ты, милый Саша, пожалуйста, не пиши в твоих письмах каламбуров -- зачем перенимать одно дурное. Пиши просто, это всего лучше.
   Тата, поцелуй Колю и Олю.
   Palmier свихнул себе последнюю ногу и лежит -- и писал ко мне, чтоб для развлеченья я прислал дагерротип Таты и Саши.
   Сейчас письма от 19 и 20-го. Благодарю за них. Что Ал<ександра> Хр<истиановна> пишет насчет причин высылки -- это смешно, и если так, то я напечатаю все это в позор дураку интенданту.
   В Турин еду и буду там около 10-го.
   Сейчас увижу Авигдора.

105. САШЕ и Н. А. ГЕРЦЕНАМ

25 (13) июня 1851 г. Париж.

   25 июня. Париж.
   Для дня твоего рождения, любезный Саша, я выезжаю отсюда и приближаюсь к вам; для меня нет лучше средства праздновать этот день; без вас, вдали от вас мне скучно.
   Я привезу, сверх карт, очень умную игрушку для тебя и Коли вместе: два телеграфа со всеми знаками больших телеграфов, так что ты можешь сообщать через стол Коле все, что хочешь. Но для этого надобно выучиться знакам. Я уверен, что Коля поймет тотчас, а ты постарайся ему хорошенько объяснить.
   Едем мы сегодня вечером, ночью будем в Тоннере, утром в Дижоне, а ночью в Лионе. Там мы отпразднуем именины бабушки, а 28 разъедемся; 29 к ночи я приеду в Женеву, а 1 июля буду в Фрибурге. Ты всякий день можешь, стало, по карте справляться.
   Я выбрал тебе материю на платье, которое Мат. дарит. Ну а как не понравится? Я точно такое подарил Мар<ье> Кас<паровне> и, чтоб лучше его разглядеть, прибавил зрительную трубочку.
   Я рад, что я еду; особенно буду рад, когда уеду. Что-то этот раз я сделался очень львом, в моде; вчера получил письмо от одного профессора. Все это должно разрешиться полицейской гадостью; наконец это надоело.
   Пиши тотчас в Фрибург.

106. ТАТЕ ГЕРЦЕН

25 (13) июня 1851 г. Париж.

   Тата,
   зачем же ты все падаешь, ведь и мне больно, когда ты ушибаешься.
   Я тебе купил такую игру, что можно из кусочков делать всякие портреты и рожицы.
   Прощай, маленькая душка.
   Твой Папа.
   25 июня.

107. САШЕ И ТАТЕ ГЕРЦЕНАМ

Между 8 и 25 июня (27 мая и 13 июня)

1851 г. Париж.

   Саша и Тата, Папаша вас целует много и много. Письмами Таты я очень доволен, также и Колиными; но ты, Саша, мог бы писать побольше, обо всех и о твоих занятиях, как и где с Женни гуляешь. Поклонись ему. А ты, Тата, скажи Рокке, что я всякий день вспоминаю о его кофее, здесь прескверный. -- Оленьке поклон.

108. САШЕ ГЕРЦЕНУ

8--25 июня (27 мая--13 июня)

1851 г. Париж.

   Саша, тебе особенно поручаю расцеловать Колю и Тату. Напиши мне, как они себя ведут и поминают ли об старике Папаше, который думает об вас и день и ночь.
   Папа.
   Краски отличнейшие тоже пришлю или привезу.

109. ТАТЕ ГЕРЦЕН

8--25 июня (27 мая--13 июня)

1851 г. Париж.

   Здравствуй, Таточек, думаешь ли ты часто о старичке Папаше, а Папаша об тебе часто думает, и ему жаль, что Таточка не приходит здороваться. Маша тебя целует и спрашивает, не ссоришься ли с Колей, я сказал: "Тата теперь большая и умная, Коля тоже -- и не ссорятся".

110. ТАТЕ ГЕРЦЕН

8--25 июня (27 мая--13 июня)

1851 г. Париж.

   Таточка,
   здесь в Елисейских Полях ездит какой-то человек в маленькой тележке, запряженной 8 собаками, небольшими, и ездит так скоро, что едва поспеешь за ним бежать. А сзади за ним еще собак восемь. Мы с Э<нгельсоном> утешаемся этим. Целую тебя за твои милые письма, я тебя часто вижу во сне.
   На обороте: Наталье Александровне.

111. Н. А. ГЕРЦЕН

28 (16) июня 1851 г. Женева.

   28 июня 1851.
   Женева. Кафе.
   Что со мною и как, суди сама.
   Он все рассказал Саз<онову>... Такие подробности, что я без дыханья только слушал. Он сказал, что "ему жаль меня, но что дело сделано, что ты упросила молчать, что ты через несколько месяцев, когда я буду покойнее, оставишь меня"...
   Друг мой! Я не прибавлю ни слова. Саз<онов> меня спросил, что это, будто ты больна. Я был мертвый, пока он говорил. Я требую от тебя ответа на последнее. Это все превзошло самые смелые мечты. Саз<онов> решительно все знает... Я требую правды... Сейчас отвечай; каждое слово я взвешу. Грудь ломится... И ты называешь это связным развитием.
   Еду я завтра в Фриб<ург>... Так глубоко я еще не падал. Письмо ко мне в ответ на это адресуй в Турин, poste restante.
   Неужели это о тебе говорят?.. О боже, боже, как много мне страданий за мою любовь... Что же еще... Ответ, ответ в Турин!

112. САШЕ ГЕРЦЕНУ

28 (16) июня 1851 г. Женева.

   28 июня.
   Здравствуй, Саша! Часто ли ты думаешь обо мне, маленький друг мой? Думай: мне от этого будет веселее, легче. Я, может, приеду скорее, нежели думал, -- может, около десятого. Как бы я дорого дал, если б я мог теперь перейти к вам, посмотреть, как ты и Тата спите.
   Прощай, друг мой.
   В Фрибург я приеду 30 июня, пробуду 5 дней; если 6 выеду, то 8 буду в Турине.
   Опиши мне, как ты встретил полковника.

113. Н. А. ГЕРЦЕН

28 или 29 (16 или 17) июня 1851 г. Женева.

   Еще дополнение для полковника. Дядя Саз<онова> прислал ему сенатское и царское решение об нем. Сенат приговорил к ссылке в каторжную работу за ослушание высочай<шего> повеления. Но Госуд<арственный> совет смягчил и государь утвердил... risum teneatis...[156] осудить его, Сазонова, на вечное изгнание из пределов империи. -- Вот наказание-то для эмигранта. Дядя ему прислал 6000 фр. -- и он едет в Лондон.
   Немец, который видел в Праге Бакунина, говорил, что последнее время его держали прикованным к стене!

114. Н. А. ГЕРЦЕН

Около 29 (17) июня 1851 г. Женева.

   Детей обнимаю, буду им писать из Фрибурга, а теперь некогда, надобно кой-куда сходить. Я поздно вчера лег и проспал сегодня.
   Маменьке и всем как следует.
   Зачем заплатили за книги, которые воротились, -- Гол<овин> должен был их требовать из Турина.

115. М. К. РЕЙХЕЛЬ

29 (17) июня 1851 г. Женева.

   29, утро. Женева.
   Сегодня вечером я еду в Фрибург и, следственно, завтра буду там, пробуду никак не долее 4 или 5 дней, стало, получивши это письмо, вы можете отправить, буде есть еще письма, просто в Турин poste restante.
   Ступивши на швейцарскую землю, я почувствовал действительно себя свободным; да, здесь, до военного занятия всей страны, опасности нет, сверх того, швейцарца в самом деле нельзя изгнать из Пиэмонта. Стало, с этой стороны все хорошо. С других сторон, что вам сказать, -- я состарился, это писал я вам, это вы видели сами, минутами как будто я попадаю на старую колею, но нет того элемента лимпидности, темная вода, мутно, туманно и очень незабавно. А ведь вы, Марья Каспаровна, очень добро меня встретили и проводили, дайте вашу руку, старые друзья; смотрите, чтоб долгое отсутствие, иные занятия не ослабили (вы не сердитесь, натура человека слаба, изменчива, в ней ничего нет заветного) в вас вашей деятельной дружбы. Может, жизнь опять столкнет нас -- все может быть, потому что все случайно.
   Вероятно, вы отослали уже ответ Бернацкого.
   Прощайте, жму руку Рейхелю.
   Доволен ли был Маврикий игрушками?
   Полковник печальный поплелся из Лиона -- он много страдает, оттого что много любит, он сжег себя внутренним огнем, и этот огонь не зальешь ваннами пальмовыми.
   Еще раз прощайте. Кланяйтесь Бернацк<ому>.

116. САШЕ ГЕРЦЕНУ

2 июля (20 июня) 1851 г. Фрибур.

   2 июля. Фрибург.
   Любезный Саша,
   вчера ездил я с здешним канцлером в Мора и оттуда с префектом в деревню, которая нас приняла: Бург, а по-французски Шатель. Маленькая деревенька; жители вышли навстречу,
   и синдик сказал мне речь на изломанном немецком языке, на которую я отвечал как умел; потом поднесли мне огромный стакан вина, и учитель школы сказал свою речь. Синдик извинялся, что не успели приготовиться и, главное, что не стреляли. Люди они все добрые и простые, мной остались очень довольны и звали приехать со всеми на будущий год. Прощай, друг мой.
   Целую Тату, Колю, Оленьку.
   Бабушке поцелуй руку.

117. Н. А. ГЕРЦЕН

5 июля (23 июня) 1851 г. Женева.

   5 июля. Суббота.
   Женева.
   Час тому назад приехал я сюда, вот уж и ближе к тебе, мой друг. Не знаю, как-то пойдет в Пиэмонте, думаю выехать послезавтра в 11 вечером -- а если не найду место, то 8; стало, 10 буду в Турине и 13 могу быть дома; но это еще не верно.
   Праздник здесь колоссальный, я был действительно тронут величием приема федерального знамени и депутации из Аргау; да, что ни говори, а здесь республика.
   Писать не могу, устал ужасно, в час ночи сел я в дилижанс и приехал, не выходя почти, в четыре часа перед обедом. Но усталь мне благодетельна, только рука не пишет и мысли не вяжутся.
   Я все разузнал насчет воспитания в Вевее -- если нужно, можно и там быть, а сверх того, мы ни разу не думали об Итальянской Швейцарии, т. е. о Тессине; говорят, Лугано очень милый город и пока не будет европейской войны, там жить можно.
   Прощай, друг мой, мне несколько лучше, но все это зависит от сновиденья, от воспоминанья, от ничего.
   Детей целую.
   Шамбери вздор.

118. САШЕ ГЕРЦЕНУ (приписка)

10 июля (28 июня) 1851 г. Турин.

   10 июля 1851.
   Турин.
   Мамаша тебе так много пишет, что меня прижала к краю. Зато скоро, друг мой, поговорим: я думаю, через три дня мы можем отправиться.

119. САШЕ ГЕРЦЕНУ

13 (1) июля 1851 г. Турин.

   13 июля 1851. Турин.
   Может быть, любезный Саша, мы успеем приехать во вторник, а в среду почти наверное можешь ожидать в дилижансе, который идет из Генуи; он останавливается, кажется, в Hôtel York. Получил ли ты телеграф? Научи Колю играть, -- это игрушка преумная и должна его много забавлять.
   Я с глубоким удовольствием прочел в письме Энгельсона, что он доволен твоим поведением. Впрочем, тебе тринадцатый год, и, если б мы были люди бедные, ты должен бы был уже работой снискивать себе хлеб и помогать семье. Ты можешь сам заметить, что дети работников гораздо умнее, солиднее, особенно во всем практическом; они меньше боязливы и осторожнее. То, что с ними делает необходимость, то нам надобно достигать волею.
   P. S. Сейчас принесли ваши письма от 11-го.

120. ТАТЕ ГЕРЦЕН

13 (1) июля 1851 г. Турин.

   Рукой Н. А. Герцен:
   Таточка, душечка, милушечка, ласточка, звездочка, цветочек, радость ты моя!
   Я тороплюсь к тебе. Скоро увижу тебя, и как нам будет весело вместе, я расскажу тебе, как я ездила по горам и долам. А пока до меня, крошечка моя, будь здорова и весела и умна.
   Поцелуй Олю так, как я тебя целую. Пупоньку обними.
   Твоя мама.
   Турин, 13 июля 1851.
   Ну, вот мы и едем и едем... машина постукивает, лошади фыркают, бич хлопает, всё едем и вдруг приехали... Франсуа бежит отворять ворота. Рокка жарит и печет. А Тата-то -- та... бежит, кричит и бух Папаше на шею...
   Смотри за Хоецким, чтоб он не шалил.
   Александре Христиановне поклонись пониже, да руку пожми покрепче.
   Рукой Н. А. Герцен:
   Поклонись Мари и Жюли.

121. ТАТЕ ГЕРЦЕН

29 июня--13 июля (17 июня--1 июля)

1851 г. Швейцария.

   Таточка моя, как я давно тебя не видал. -- Ты бы теперь подошла ко мне и рассказала бы что-нибудь, Фогтову сказочку а вот вдали-то и нет, не увидишь тебя.
   Что Оленька, не выросла ли и так же ли мила?
   Кланяйся Александре Хр<истиановне>, а Э<нгельсону> скажи, что я бы теперь дал дорого-дорого, чтоб он был со мною.

122. А. А. ЧУМИКОВУ

26 (14) июля 1851 г. Ницца.

   Nice Maritime. 26 июля 1851.
   Милостивый государь!
   Письмо ваше от 22 июля я получил и спешу искренно поблагодарить вас за него. Мне так редко удается слышать симпатическое слово по-русски -- хотя я и не сомневаюсь в некотором сочувствии к моим трудам. Не сомневаюсь я потому, что источник их -- одна любовь к России, к народу будущего. Я никогда не чувствовал яснее, насколько я русский, как в последние годы.
   Благодарю вас за предложение и принимаю его с радостью. Если у вас много материалов, т. е. тетрадь, то вручите ее просто Франку или его помощнику Фивегу, надписавши на мое имя. За этою тетрадью явится к 10 августа один господин с запиской от меня. Если же сведения ваши поместятся на двух или трех листах -- перешлите, не франкируя, сюда: Мr А. Herzen. Nice Marit (Piémont). Maison Sue, au bord de la mer[157].
   Я на днях еду отсюда, буду в Генуе или Специи, но адресуйте, это вернее, и тотчас мне доставится.
   Si vous désirez prendre avec vous deux ou trois exempl de ma brochure, j'en serai enchanté. Monsieur Franck aura l'obligeance de vous la remettre gratis, si vous me le permettrez[158].
   Жму вашу руку
   Ал. Герцен.
   P. S. В Париже письма распечатывают, особенно на имена, известные Карлье; в Пиэмонте не распечатывают, и потому
   лучше послать по почте не из Парижа. Как бы я ни желал противного, но предоставляю вам сохранить ваше incognito.
   Вот еще замечание: если вы будете посылать не из Франции, Англии и Швейцарии, то необходимо франкировать, иначе письмо не отправится. Пиэмонт не имеет почтового договора с немцами.

123. А. А. ЧУМИКОВУ

9 августа (28 июля) 1851 г. Ницца.

   Nice, 9 août 1851.
   Письмо ваше от 5 получил я вчера. За бумагами к Франку уже послано, я опасаюсь почты за вас и за собственные имена в ваших бумагах; меня компрометировать невозможно, я открыто стою в той кучке людей, против которых всемирная полиция идет крестовым походом, а потому посылайте все что хотите на мое имя из Парижа или Берлина и России, -- но знайте, что, кроме Швейцарии, Англии и Пиэмонта, письма будут прочтены. Я останусь в Ницце до конца мая, если не вышлют во второй раз (полагаю, что этого не будет: первый раз им обошлось солоно, благодаря энергическим интерпелляциям Валерио в Камере) -- и буду ждать ваших присылок с нетерпением.
   Вы спрашиваете о надеждах, о демократии. Мое мнение о европейской демократии вы знаете; взгляните еще на мою статью "Omnia mea mecum porto" и "Lebe wohl", помещенные в журнале Колачека прошлой осенью, кажется, в октябре и в декабре. Демократия стоит вся на старой монархической и христианской почве; она, как Бурбоны во время революции, ничему не научилась в грозные два года после 1848, -- народ, между тем, более и более переходит от симпатии к ней к равнодушию. В Июньские дни 1848 он ее звал на площадь, -- но она спряталась. 13 июня 49 она сошла на площадь, но народ не пошел. Народ не с ними, он ужасно много научился: массы, как женщины, учатся не школой, а несчастиями и разом узнают каким-то инстинктом и созерцанием конкретную истину. Когда я говорю "народ" -- я, разумеется, говорю об одном народе, который существует в Европе, -- о французском народе. Насколько вся образованная часть Франции развращена, гнусна и не имеет никакого будущего, настолько велики пролетарии и даже крестьянин, -- и это важнейшая победа после 1848. Раньше французский крестьянин был консерватором, теперь же все возбуждено, -- разумеется, не по политическим вопросам, а по социальным. Кто не социалист -- тот легитимист (быть легитимистом глупо, но не подло; сверх того, легитимисты далеки от
   власти); реакционный консерватизм начинается с городской цивилизации; все города заражены им, кроме тех, в которых много работников; орлеанизм -- самая позорная проказа и самая вредная, но сила. -- В цивилизованном классе есть меньшинство официально революционное; оно-то именно и стоит на одном месте, обойденное реакцией и народною мыслью. Это критическое положение ждет своего Сервантеса: Дон Кихот революционных кругов стоит своего рыцарственного предшественника. Если бы реакция не была так невежественна и глупа, она давно бы подавила морально эту литературно-политическую партию с ее полупониманиями, полумерами, с ее "правом работы и правом инсуррекции". Работник с своим тактом чисто критическим улыбается над правом работы и не верит в право восстания, когда не чувствует себя в силах; а когда силен, то не нуждается в праве.
   Отойти от литературно-либеральных людей, от парламентских привычек оппозиционных членов, от прежних неисправимых политических республиканцев -- для меня казалось необходимостью; я это говорил до тех пор, пока озлобил против себя добрых людей. С ними, я убежден, революция может только погибнуть. Меха новые -- для вина нового.
   Еще несколько слов о французском народе. Народ вообще слишком хвалят, это революционный jargon[159]: французский народ вовсе не готов ни к социализму, ни к свободе, -- но он готов к революции; сознание общественной неправды, злоба и удивительное единство -- вот его сила. Французский народ -- армия, армия не демократии, как воображают монтаньяры, а армия коммунизма.
   Но ведь в борьбе армия-то и нужна. И вот отчего французы теперь, как и прежде, стоят в авангарде. Индивидуальность, уважение к лицу больше развито в Италии (т. е. в Риме и Романье), даже в Испании; вообще итальянец самобытен, больше любит независимость -- но его силы разбросаны, не устроены; жить с ними славно, они доблестны, благородны, чисты даже -- но les faubouriens Антония и Марсо, но лионский Croix rousse, но gamin и voyou[160] -- вот истинные надежды истории и человечества. -- Коммунизма бояться нечего, он же неотвратим, это будет истинная ликвидация старого общества и введение во владение нового.
   Переходя к частному, я не могу вам сказать, чего бы вы не знали прежде. Все приостановлено до мая 1852, все едва дышит, ждет; веры в торжество революции я не имею, но она может восторжествовать, особенно при помощи этого элисейского шута. Если реакция победит -- в Европе будет страшно,
   победа может продлиться на целое поколение, от 15 до 17 лет; надобно бежать в Америку, борьба не будет возможна.
   Если хотите, это вопрос совершенно личный, потому что победа реакции вызовет через поколение такой отпор и такой разгром, о каком мы и не мечтали.
   Позвольте мне теперь объяснить мое выражение "народ будущего". Я нахожу в нашей русской душе, в нашем характере что-то более мирное, нежели в западных европейцах. Разумеется, речь о лицах; как народ мы еще страдательны. Немцы, напр<имер>, при всей своей учености, при освобождении теоретической мысли, не имеют даже притязания на то, чтоб быть народом будущего, -- и не правда ли, что фразу Deutschland -- Volk der Zukunft[161] без смеху нельзя читать: "К лицу ли вам эти вещи?" Про Россию говорить это -- до того не смешно, что французы (в ней) чают соперника и не стыдятся сознавать, что тут есть сила, -- вспомните, это говорит Кюстин; французы ненавидят Россию, потому что они ее смешивают с правительством, но вне ненависти есть уважение. У Австрии и Пруссии не меньше, а больше штыков, но их французы презирают.
   Кент говорит прогнанному Лиру: "В тебе есть что-то заставляющее меня называть тебя царем". Я вижу это помазание на нашем челе. Да, одна дерзость подумать о том есть или патент на китаизм, или великая надежда. Ну, мы не китайцы.
   Но будущего нет, оно делается людьми, и, если мы будем продолжать гнить в нашем захолустье, может из России в самом деле выйти avortement[162]. Тут-то и является наше дело, наше признание. Что можем мы делать? Всякое слово человека преданного есть дело; я, по необходимости оставшийся на западном берегу, я только и желаю быть вашею бесцензурною речью; я, между прочим, для того и не старался о возвращении, чтоб знакомить Европу с Россией и быть свободным ее органом. Эмиграция очень полезна теперь, но русских дельных очень мало; я могу назвать одного Сазонова, человека сильно даровитого и имеющего вес в европейском движении. Подождите, чем окончится май 1852, и приезжайте к нам. (Русские, желающие оставаться в Европе, никогда не берут никаких мер и теряют свое именье, -- это благородно, но несовершеннолетне). Если победа с нашей стороны, будем работать вместе. До тех пор пишите, говорите и посылайте мне материалы. -- Как? Это вы придумаете: или через книгопродавца, или через банкиров.
   Прощайте, жму горячо вашу руку. Спасибо вам за письмо и за симпатию. Готов всегда писать, лишь бы было безопасно для вас.
   Читали ли вы последнюю книгу Прудона и его конфессии 2 изд<ание>. -- Ему надобно простить ругательный тон против Руссо и революции 93 года за огромные достоинства последних этюдов. Это -- долею озлобление от тюрьмы, долею темная сторона этого огромного таланта. Как далеко оставил он за особою всех французов, напр<имер>, в статье "Justice". Еще видел я объявление о книге de Hott'a; книги я не имею, но жду от de Hott'a много хорошего.
   Желал бы я вам послать мои "Briefe aus Italien und Frankreich", но не нашел ни одного экземпляра и не знаю, есть ли у Франка.
   Прошу вас написать о получении письма.
   Г.
   Когда бы вы вздумали что-либо послать без имени и очень верно, то посылайте так, через банкиров: Confié aux soins bienveillants de Mrs de Rothschild à Paris. Pour remettre à Mselle Olga[163].
   Но если можно, пишите просто.

124. M. К. РЕЙХЕЛЬ

12 августа (31 июля) 1851 г. Ницца.

   Рукой Таты Герцен:
   Моя милая Маша, мы живем теперь в новом доме, у нас хорошо. Целую тебя.
   Твоя Тата.
   1851, августа.
   Рукой Н. А. Герцен:
   Радуюсь за тебя, Машенька, и утешаю себя в отсутствии Коли тем, что ему весело. Пиши мне об нем, много. Напиши, какую нашла в нем перемену. Жму руку, будь здорова. Рейхелю челобитье.
   И от меня боковой поклон прошу принять прямо и за меня расцеловать Колю.
   12 августа.

125. М. К. РЕЙХЕЛЬ (приписка)

Около 12 октября (30 сентября) 1851 г. Ницца.

   Посылаю вам место о моей книге Мишле так, как оно было передано Даметом в "Avenir", -- он, т. е. Мишле, еще в "Evénement" раскомплиментил. Дайте эту штуку Мельгун<ову>; если б можно ее довезти до Москвы, это был бы ответ. Письмо
   мое будет напечатано особо, я вам его доставлю к 1 ноября. Скажу вам вперед, что это -- одна из самых удачных вещей; сначала я сердился на Мишле, а потом на наших трамблеров, -- это помогло. Как это они не поймут, что с сумой нищего лучше идти в Европу и кричать о России, нежели так жить, как они. A propos, скажите Мельг<унову>, что я к нему писал на днях, адресуя во Франкф<урт>; пусть он выпишет: v. H. Humbert im Humbertschen Hause. Да что же еще нового о Русланде?
   Был ли Рейхель у Бернацкого? Я его сильно прошу сообщить Мишле, что ему будет письмо, и сказать, что я очень буду рад, если он велит его напечатать в "Evénement" с ответом или без...
   Уж кутить, так кутить, --
   Я пишу так и быть...
   Ну, сделали же пользу они, хотевши мне намордник надеть ругательными письмами!
   Александру-Николаю Рейхелю и его отцу-родителю почитание.

126. КОЛЕ ГЕРЦЕНУ

Конец октября -- начало ноября 1851 г. Ницца.

   Рукой Н. А. Герцен:
   Mein lieber Sohn! Mein Kola! Du bist wieder mit Großmutter und Luise, ich habe viel Freude!
   Vorgestern kommt die Sonne zu und sagt: "Ich war in Paris, ich habe meinen lieben Kola gesehen, hab ihn geküßt, alles geküßt, sein Gesicht, seinen Rock, seinen Hut, seine Schuhe; Kola ist sehr schön, denn er ist gut und fleißig" -- das freut mich sehr, mein Schatz. Nun jetzt, ich werde die Sterne bitten zu dir gehen in der Nacht, um zu sehen, wie du schläfst und was du träumst, jeder Stern wird dir einen Kuß von Papa, Mama, Sascha, Tata und Olinka bringen.
   Deine Mama.
   Ich grüße Spillmann, danke ihm und bitte, kein Skelett zu kaufen, aber was anderes zu suchen für Sascha sein Naturstudium.
   Ich küsse dich auch vielmal, lieber Kola, sei gesund und munter. Sage Spillmann, daß ich in einer Woche ihm mein neues Buch schicken werde.
   Перевод
   Рукой H. А. Герцен:
   Мой милый сын! Мой Коля! Ты опять с бабушкой и Луизой, я очень рада!
   Позавчера приходит солнце и говорит: "Я было в Париже, видело моего милого Колю, поцеловало его, расцеловало его всего, его лицо, его куртку,
   его шляпу, его башмаки; Коля очень хорош, потому что он добр и прилежен" это меня очень радует, сокровище мое. А теперь я попрошу звезды пойти дочью к тебе и посмотреть, как ты спишь и что тебе снится, каждая звезда принесет тебе поцелуй от папы, мамы, Саши, Таты и Оленьки.
   Твоя Мама.
   Привет Шпильману, благодарю его и прошу не покупать скелета, а поискать что-нибуль другое для Сашиных занятий естественными науками.
   Я тоже целую тебя много раз, милый Коля, будь здоров и бодр. Скажи Шпильману, что через неделю я пошлю ему свою новую книгу.

127. Ж. МИШЛЕ

7 ноября (26 октября) 1851 г. Ницца.

   Monsieur,
   Votre lettre m'a fait un bien immense; j'en étais profondément touché. Permettez-moi de serrer votre main, avec reconnaissance, avec vénération, avec amitié.
   J'ai encore foi en 1852, et si j'ai parlé de notre perte à la fin de ma lettre, je n'ai pensé qu'à nous autres Russes. Nous sommes à l'avant-garde de l'arrière-garde, pour nous, comme Russes, il n'y a rien, que de servir d'exemple comme Pestel, Mouravioff, Bakounine.
   Voilà les détails biographiques sur notre ami malheureux, après demain je vous enverrai ceux concernant Pétrachevsky. Et je prendrai la liberté de vous adresser encore 3 exempl de ma lettre, craignant que Franck ne pourrait la recevoir que dans une semaine.
   On critique ici ma langue franèaise. J'avoue mon ignorance. Un Polonais de mes amis, M. Chojecki, a bien voulu corriger mon manuscrit; mais avec tout cela il y a des fautes; je n'ai qu'à demander votre indulgence. Lorsque j'écris le russe, je suis complètement libre, je me sens là dans mon élément, je me laisse entraîner, sans penser à l'arrangement des mots.
   J'attends vos observations, elles me seront précieuses. Je vous dois beaucoup, car j'étais dans une apathie maladive les derniers temps. Vous m'avez réveillé et, plus encore, votre dernière lettre, si sympathique, m'a réchauffé le cœur, grâce vous soit rendue.
   Je vous salue de tout mon cœur.
   A. Herzen.
   Je tâcherai d'avoir les portraits de nos martyrs; ils existent, mais ce n'est pas facile de les faire venir de Moscou.
   Перевод
   Милостивый государь,
   ваше письмо было для меня неоценимым благом; я был им глубоко тронут. Позвольте мне пожать вашу руку с чувством признательности, глубокого уважения и дружбы.
   Я еще сохранил веру в 1852 год, и если в конце своего письма упомянул о нашей гибели, то имел в виду лишь нас, русских. Мы находимся в авангарде арьергарда, и поэтому нам, русским, остается только служить примером, подобно Пестелю, Муравьеву, Бакунину.
   Посылаю вам биографические подробности о нашем несчастном друге. Послезавтра вышлю вам такие же сведения о Петрашевском. Позволю себе также адресовать на ваше имя еще три экземпляра моего письма, так как опасаюсь, что Франк сможет получить их не раньше, чем через неделю.
   Здесь критикуют мой французский язык. Признаю свое неведение. Один из моих польских друзей, г-н Хоецкий, любезно выразил готовность исправить мою рукопись, но и после этого в ней остались ошибки. Мне остается лишь просить вас о снисхождении. Когда я пишу по-русски, я совершенно свободен, тут я чувствую себя в своей стихии, даю себе волю, не задумываясь над расположением слов.
   Жду ваших замечаний, они будут для меня драгоценны. Я вам многим обязан, так как в последнее время находился в состоянии болезненной апатии. Вы пробудили меня -- и, более того, ваше последнее письмо, столь благожелательное, согрело мне душу. Признательность моя безгранична.
   От всей души приветствую вас.
   А. Герцен.
   7 ноября 1851.
   Приморская Ницца.
   Постараюсь достать портреты наших мучеников. Они имеются, но не так-то легко получить их из Москвы.

128. М. К. РЕЙХЕЛЬ

11 ноября (30 октября) 1851 г. Ницца.

   11 ноября 1851 г.
   Вот теперь-то у вас, вероятно, "сарынь на кичку" -- Шпильман шумит, Коля кричит, Луиза болит голову, Луиза Ивановна покупает, Адельгейда бегает, дилижанс свищет:

Les v'la donc partis[164]

   A y нас Наталья Александровна No 1 в лихорадке, ветер, тишина и слабительный лимонад. Саша рисует вату и думает,
   что это облака, для бабушки. Ольга гораздо живее представляет, что как бы человек ни был молод, а нужды имеет большие и малые.
   Avviso importante[165].
   Я послал два экземпляра брошюры на адрес Луизы Ивановны 7 числа, их можно получить на почте, если не получены, до отъезда. Один из них отдайте Сазонову для Прудона, а у него есть для Массоля. Сверх того, у Франка в вашем распоряжении 5 экземп<ляров>, да только попросите, ради бога, Рейхеля спросить его, отослал ли он по приказанию Мишле, чтобы непременно в редакции журналов доставить. От Мишле я получил превосходное письмо, насчет этого письма он будет отвечать в издании своих легенд.

Турне сильвуплэ.

   А я уже с тех пор еще статейку махнул о Бакунине. Мишле ее пришлет и напечатает. Да, хотел бы он портрет, помните, что у Боткина был, -- как бы, где бы? Головин взбешен, что я написал брошюру к Мишле, из зависти. А здесь что-то толкуют, что скоро, с позволеньем сказать, в кандалы рефугиариев, да всех на остров Сардинию, а потом сортировать:
   Прусских -- к прусским,
   Русских -- к русским etc., etc...
   За хохол да на съезжий двор,
   За виски да стисни.
   Вот вам и Фегрд Мануйлоч, я даже -- шью! уши навострил в Швейцарию. Мельгунову второй экземпляр отдайте.

129. Ж. МИШЛЕ

15 (3) ноября 1851 г. Ницца.

   Nice, 15 novembre 1851.
   Monsieur,
   De grâce disposez de la petite notice sur Bakounine, comme vous le désirez, son but était de vous faciliter votre travail sur lui, elle ne vous a pas déplu et c'est tout ce que je désirais. Maintenant si ce souvenir d'un ami et d'un martyr peut encore servir pour soulager un malheureux -- j'en serai tout heureux.
   En faisant imprimer, on pourrait, pourtant dire, que la notice est insuffisante; je n'ai, ici, aucun moyen de me renseigner.
   (Après la prise de Prague, il ne demeurait pas à Ketten comme je l'ai dit, mais à Dessau.)
   Les journaux allemands commencent à parler de sa mort "à la suite d'une hydropisie". Serait-ce vrai? Pauvre Bakounine! Je vous envoie, monsieur, un petit croquis que ma femme a fait de mémoire, la ressemblance est assez grande.
   Quant aux autres articles, je voudrais bien voir quelques passages dans un journal, et si faire se peut l'article entier dans la Liberté de penser.
   Mon compatriote qui a écrit les deux articles est un travailleur vigoureux et il ne fait que commencer, cela serait pour lui un encouragement, qu'il mérite sous tous les rapports. Son nom est encore un secret.
   A propos de nom, je prierai de signer ma lettre sur Bakounine par mon pseudonyme Iskander, tout ce que j'ai imprimé en Russe, a été signé de la même manière.
   Je pense, monsieur, avoir reèu toutes vos lettres, une lettre du 3 nov m'est parvenue un jour plus tard, mais le temps était horrible. Quant au Piémont, les lettres ne sont pas décachetées ici. La Chambre a refusé ce droit au ministère. Mais les lettres qui me viennent de Paris, portent très souvent des traces suspectes; tandis que les lettres venant de la Suisse ou de l'Angleterre sont toujours bien cachetées.
   Je vous salue de tout mon cœur.
   A. Herzen.
   La nouvelle concernant le nom de la Pologne m'est suspecte, car l'année passée, avant le nouvel an on disait la même chose. Au reste il n'y aucune cruauté, ni aucune absurdité complètement impossible pour Nicolas et ses ministres.
   Un mot concernant ma langue franèaise pour laquelle vous êtes si indulgent. J'ai eu, en effet, quelque succès comme styliste dans la littérature russe. J'ai essayé en 49 pour la première fois d'écrire des articles, allemands et franèais, mais j'ai bientôt vu qu'il me manque une connaissance approfondie et sûre des langues, je prenais par l'audace, -- et je ne pouvais me résigner à étudier, lorsque le cœur, la pensée débordaient; mais il m'est impossible de ne pas faire corriger, le côté matériel de la langue. Je combats comme un preux chevalier pour mon style, avec mes amis les correcteurs -- mais je cède humblement pour le subjonctif.
   M. Biernacky pourrait bien dire si le croquis de Bakounine lui paraît aussi ressemblant.
   Je vous ai envoyé le 7 ou le 8 sous bande encore 3 exemp de ma brochure, les avez-vous reèus? C'est toujours pour contrôler la poste que je le demande.
   Перевод
   Ницца, 15 ноября 1851.
   Милостивый государь,
   прошу вас располагать моей небольшой заметкой о Бакунине по своему усмотрению: ее целью было -- облегчить вашу работу о нем. Вы нашли ее приемлемой -- это все, чего я желал. Если же теперь это воспоминание о друге и мученике сможет еще облегчить страдания несчастного, я буду очень рад.
   Отдавая статью в печать, следовало бы однако указать, что она недостаточна: я здесь совершенно лишен возможности навести справки. (После взятия Праги Бакунин жил не в Кеттене, как сказано у меня, а в Дессау.)
   Немецкие газеты заговорили о его смерти "от последствий водянки". Неужели это правда? Бедный Бакунин! Посылаю вам, милостивый государь, небольшой эскиз, который моя жена набросала по памяти. Сходство довольно большое.
   Что до других статей, то мне бы хотелось видеть несколько отрывков в одной из газет и полностью, если это возможно, статью в "Liberté de penser".
   Мой соотечественник, которому принадлежат обе эти статьи, -- энергичный труженик, и он делает лишь первые шаги. Это было бы для него ободрением, которого он заслуживает во всех отношениях. Его имя -- пока тайна.
   Кстати, об имени. Прошу подписать мое письмо о Бакунине моим псевдонимом Искандер, как подписано все, что я напечатал по-русски.
   Я полагаю, милостивый государь, что получил все ваши письма. Одно из них, от 3 ноября, запоздало на день: была ужасная погода. Что до Пиэмонта, то здесь письма не вскрываются: палата отказала министерству в праве на это. Но письма, которые я получаю из Парижа, очень часто носят подозрительные следы, тогда как письма из Швейцарии и Англии всегда запечатаны исправно.
   Приветствую вас от всего сердца.
   А. Герцен.
   Известие относительно переименования Польши кажется мне сомнительным, так как и в прошлом году перед Новым годом говорили о том же. Впрочем, нет такой жестокости и такой нелепости, которые были бы совершенно невозможны для Николая и его министров.
   Два слова по поводу моего французского языка, к которому вы столь снисходительны. В русской литературе я действительно добился некоторого успеха как стилист. В 49 году я впервые попробовал написать несколько статей по-немецки и
   по-французски, но вскоре убедился, что мне не хватает углубленного и точного знания языков. Я брал смелостью и не мог принудить себя заняться изучением этих языков, когда переполнены были сердце и разум. Поэтому мне приходится поручать кому-либо исправление грамматической стороны языка. Я воюю за свой стиль с моими друзьями-корректорами как доблестный рыцарь, но смиренно уступаю, когда речь идет о сослагательном наклонении.
   Г-н Бернацкий мог бы сказать, находит ли и он сходство в наброске портрета Бакунина.
   Я выслал вам 7-го или 8-го бандеролью еще три экземпляра моей брошюры. Получили ли вы их? Спрашиваю об этом все еще для того, чтобы проверить почту.

130. Н. А. ГЕРЦЕН

17 (5) ноября 1851 г. Фрежюс.

   10 h du matin. Fréjus.
   A Cannes on ne sait absolument rien. Le capitaine est malade. J'irai à Hyères à l'instant même. Cela ne va pas si vite, il faut 10 heures pour arriver. On dit que les passagers sont tous à Hyères.
   Adieu. Je te recommande encore une fois la patience: je ne perdrai pas mon temps.
   J'embrasse les enfants.
   Alex.
   Пeревод
   10 часов утра. Фрежюс.
   В Канне совершенно ничего не известно. Капитан болен.
   Я немедля отправлюсь в Иер. Это не так быстро делается, надобно 10 часов, чтобы туда добраться. Говорят, что все пассажиры находятся в Иере.
   Прощай. Снова советую тебе запастись терпением: времени терять я не буду.
   Целую детей.
   Алекс.

131. М. К. РЕЙХЕЛЬ

23 (11) ноября 1851 г. Ницца.

   23 ноября, вечер. Ницца.
   Искренний, ближайший друг Марья Каспаровна, мне принадлежит великий и тяжелый долг сказать вам, что я воротился в Ниццу один. Несмотря на все старания, я не нашел нигде следа наших. Один сак Шпильмана достали из воды.
   Что у нас и как провели эту неделю -- страшно вздумать. Десять раз я брал перо писать к вам -- и не мог, решительно не мог. Что это сон, безумие ... дайте мне вас прижать к моей груди, плакать с вами, останьтесь вы наша сестра во имя этого Ангела. Буду писать все подробно, не теперь только. Я даже боюсь вашего ответа. Наташа очень плоха, она исхудала, состарилась в эту проклятую неделю. Она надеется. Консул и все отыскивают по берегу -- я не знаю, что может быть, но не верю.
   Бедная Луиза Ивановна -- какая смерть!
   Фу, как все гадко, отвратительно, я смотрю теперь на других детей как будто в последний раз.
   Дайте же руку, помните, что у вас есть Саша, берегите себя -- я, отец Коли, успокоиваю вас. Прижмитесь теснее к нам, наша жизнь не должна идти врозь.
   Я пишу один, Нат<аша> лежит, она хотела писать -- но не могла.
   После напишу. Еще раз во имя Коли и вашего малютки, будьте сильны.

   Луиза и Адельгайда целы.
   Помните, я говорил, что в жизни ничего нет прочного, заветного... вот она и сломилась. Угол где-нибудь и доживать: ничего, ничего после такого глупо-чудовищного удара -- ничего не надобно.
   На обороте:
   Cher Reichel, des choses atroces ont frappé ma famille, atroces... J'en écris à Marie, mais donnez cette lettre avec ménagements. Oh que j'ai vieilli dans cette semaine[166].

132. M. К. РЕЙХЕЛЬ

28 (16) ноября 1851 г. Ницца.

   28 ноября. Ницца. 1851.
   Дайте руку вашу -- прибавить мне нечего, последние надежды исчезли: сегодня 13-ый день и все молчит.
   Бедна стала жизнь. И злоба в душе, рядом с страданьем; дом наш изменился, стен узнать нельзя, да, бог посетил его -- точно чума была или казнь. Даже люди присмирели, будто испугались. Один я стою и дерзко смотрю судьбе в глаза -- пусть еще что-нибудь выдумает, мне все равно: готов умереть или
   жить, -- готов, -- т. е. окончен. Наташа в дурном состоянии: то спит часов пять-шесть, то в какой-то неестественной экзальтации, чисто нервной, и тает, точно после месяцев болезни.
   Дети здоровы, Оленька растет.
   Я все боюсь ваших писем, так сердце и сожмется, как подают пакет.
   Прощайте, берегитесь, умоляю вас... Я буду вам писать и расскажу все после, дайте немного забыть.

133. Ж. МИШЛЕ

30 (18) ноября 1851 г. Ницца.

   Nice, 30 novembre 1851.
   Monsieur,
   Un de mes amis vous a informé du malheur affreux qui a frappé ma famille. Il m'était impossible de vous écrire moi-même, et vous remercier pour votre lettre du 15 nov.
   Maintenant je reviens à la vie, avec un fond de douleur sans bornes et d'une colère impuissante. Ce qui blesse le plus dans ces sinistres, c'est qu'il n'y a pas même de lutte possible, on n'a pas la consolation de haïr son ennemi, de maudire, d'injurier son bourreau. Le monde physique, c'est un chaos à demi-organisé, désordre consolidé, un tâtonnement aveugle, ivre, stupide et inintelligent.
   J'ai perdu ma mère, mon fils âgé de 8 ans et un ami. C'était l'instituteur de mon fils, jeune homme de 25 ans. Nageur parfait, il pouvait se sauver, il tenait déjà une corde, lorsque ma mère, entraînée par l'eau, cria: "Sauvez l'enfant". Le jeune homme, voyant que personne ne peut lui donner l'enfant, lâche la corde et se précipite vers le petit, il le prend sur ses bras -- et le steamer disparaît sous l'eau. Le nom de ce jeune homme sublime est Jean Spillmann.
   Ah, monsieur, si vous connaissiez un statuaire, j'élèverais un monument à cet ami dévoué, près du phare d'Hyères. Quel groupe -- ma mère qui au moment de la mort ne pense qu'à son petit-fils et implore de le sauver, le jeune homme qui meurt pour le sauver, et l'enfant beau comme un ange. -- Je donnerais volontiers 15, même 20 000 francs pour ce monument. Il m'est impossible d'offrir plus. -- C'est une scène de la vie intime de ces réfugiés, ennemis de la famille et de la moralité...
   Je serai très reconnaissant à M. Noël s'il désire signer les articles, en général faites tout ce que vous trouverez bon et gardez -- moi votre amitié.
   Je vous serre la main avec beaucoup de sympathie.
   Al. Herzen.
   Перевод
   Ницца, 30 ноября 1851.
   Милостивый государь,
   один из моих друзей известил вас о страшном несчастии, поразившем мою семью. Сам я был не в состоянии вам написать и поблагодарить за ваше письмо от 15 ноября.
   Теперь я возвращаюсь к жизни, но душа полна безграничной скорби и бессильного гнева. Самое мучительное в этих роковых несчастьях -- то, что борьба невозможна, не имеешь даже утешения ненавидеть своего врага, проклинать и поносить своего палача. Физический мир -- это какой-то полуорганизованный хаос, упроченный беспорядок, блуждание ощупью, слепое, пьяное, бессмысленное и неразумное.
   Я лишился матери, восьмилетнего сына и друга. Это был учитель моего сына, молодой человек 25 лет. Прекрасный пловец, он мог спастись. Он держался уже за веревку, когда моя мать, увлекаемая течением, крикнула: "Спасайте ребенка!" Молодой человек, видя, что никто не может передать ему ребенка, выпускает веревку и бросается к малышу, берет его на руки -- и в это мгновение пароход исчезает под водой. Имя этого благородного юноши -- Иоганн Шпильман.
   Ах, сударь, если у вас есть знакомый скульптор, я воздвиг бы у Иерского маяка памятник этому преданному другу. Какая группа: моя мать, в момент гибели думающая только о внуке и умоляющая спасти его; юноша, жертвующий собой ради его спасения; и ребенок, прекрасный как ангел. Я охотно дал бы 15, даже 20 тысяч франков за такой памятник, больше предложить не могу. Это сцена из интимной жизни изгнанников, <жертв> врагов семьи и нравственности...
   Я буду очень признателен г. Ноэлю, если он пожелает подписать статьи своим именем. Вообще же поступайте так, как найдете нужным, и не лишайте меня своей дружбы.
   С искренней симпатией жму вашу руку.
   Ал. Герцен.

134. М. К. РЕЙХЕЛЬ

1 декабря (19 ноября) 1851 г. Ницца.

   1 декабря 1851. Ницца.
   Я жду с нетерпеньем и боюсь письма от вас. Как страшно у вас теперь. У нас первый день была какая-то судорожная преоккупация. А у вас письмо -- и молчание. Чем ближе человек, тем труднее писать.
   Воображенье мое до сих пор отказывается представить, я все думаю -- завтра кто-нибудь будет.
   Жму руку Рейхелю. Прощайте.
   И письмо из России не дошло до меня.

135. M. K. РЕЙХЕЛЬ

3 декабря (21 ноября) 1851 г. Ницца.

   3 декабря 1851. Ницца.
   Я читаю и перечитываю ваше письмо и благодарю вас от души. Мы в самом деле близки с вами. Вы из любви к нам сделали то самое, что мы сделали для вас. Вы имели деликатность, нежность скрыть стон и умерить печаль.
   Дайте же еще раз руку. Нет надежды на будущее -- мы слишком стары, но силу иметь надобно. Сила в горести -- победа. Ну, печально идти, так печально, -- тяжело нести судьбу, так тяжело, пусть ломаются плечи, грудь и голова.
   Свирепость судьбы против маменьки ужасна, невыразима, едва полтора года пожила она. И как покойно и весело ехала она к нам, все эти вещицы, подарки даже Фогту и жене его, о которых рассказывала Луиза... и вдруг, между надеждами и планами -- смерть. Смерть в море, холод -- невероятно, голова отказывается верить. И у нас здесь ждали, когда показался пароход "Nante et Bordeaux" с торжеством, весь дом был освещен фонарями.
   В тот же вечер отправился я в Hyères. У меня была смутная надежда на спасенье Коли, насчет маменьки я не надеялся, Луиза видела, как она поскользнулась и упала в море. -- Вечером с жандармами и комиссаром осматривал тела, наших не было. Тяжело было ехать назад с такою вестью, что сказать - но и тут на дороге я думал об вас не меньше, чем о Наташе, я слышал, что вы сами кормите. Я продиктовал Луизе первое письмо, чтобы вас приготовить.
   Когда всякая надежда на спасенье была невозможна, мы ждали, что по крайней мере тела найдут. Хотел ехать в Hyères схоронить их. Но и этого утешенья нет. Только на море в первые дни было большое пятно оливкового масла, над тем местом, где потонул корабль, и нашли сак Шпильмана. Шпильман вел себя героически, он погиб за Колю, для Коли. Вы некоторые подробности видели в "Прессе"; он держал в руке веревку, брошенную из лодки, когда маменька, увлекаемая водой, закричала ему (что слышала Адельгейда): "Retten Sie nur Kolia"[167]. -- Шпильман кричал: "Donnez l'enfant!"[168] Но было поздно. Коля стоял у борта, поставленный Шпильманом,
   пока он ходил за веревкой. Видя, что вода поднимается, Шпильман бросил веревку и ринулся к Коле, он его взял, поднял на руки и бросился в воду. Далее никто не видал ничего. В одно мгновенье пароход был под водою. Лодка торопилась отъехать, чтобы не попасть в водоворот, и пароход ушел на 20 футов глубины.
   Говорят, что вытащили из воды немца замертво и привели в жизнь в больнице, что этот немец был в отчаянии о своей семье, не взял денег, не записался и ушел неизвестно куда. Иногда мне сдается, что это Шпильман; писали мы в Цюрих. Я мечтаю о статуе, о группе Шпильмана с Колей на руках и внизу утопающая женщина, последнее слово которой: "Спасите дитя". На днях я отправляю туда известного живописца Каффи (помните, может, по Риму) сделать вид того места между Hyères и островами. Пришлю и вам.
   Результат всего -- что жизнь страшна, что решительно не на что опереться. Завтра, может быть, вы получите весть о нашей смерти -- или мы оба об вашей. Остается одно настоящее, но чтобы им пользоваться, надобно силу, юность и охоту.
   Прощайте, переводите Рейхелю письмо и пожмите ему руку.

136. М. К. РЕЙХЕЛЬ

Около 5 декабря (23 ноября) 1851 г. Ницца.

   Ницца. Декабрь 1851.
   На этот раз буду писать мало -- вот после удара частного удар общий. Скоро пора думать об Англии; я, впрочем, становлюсь равнодушен ко всему -- это старость, довольно -- пора паруса подобрать, усталь страшная.
   Погоди немного,
   Отдохнешь и ты.
   Прощайте, наш добрый, добрый друг. Пришлите, sous bande[169], брошюру Мишле "La Pologne et la Russie" -- там, кажется, его ответ мне.

137. М. К. РЕЙХЕЛЬ

8 декабря (26 ноября) 1851 г. Ницца.

   8 декабря 1851. Ницца.
   Еще остается 23 дня 1851 года. Двадцать три несчастия еще могут случиться. Между губами и кубком всегда есть место протолкнуться беде. Наконец, я думаю, что в этом хаосе уже не страшно и не жалко погибнуть. -- Едва мы стали оправляться
   и привыкать к ужасному лишенью 16-го ноября, вдруг уже не семья, а целая страна идет ко дну, и с ней, может быть, век, в который мы живем.
   Это новая гомеопатия -- ударом более общим снимать удар частный. Но, наконец, силы сочтены, боль и все прекращаются минутами и дают место одеревенелому равнодушию.
   Мы отрезаны от вас. Вчера не было курьера. Я даже думаю -- писать или нет?
   ...Помните ли вы, как в евангелии пророчится конец мира? Матери возьмут детей своих и разобьют об камень, -- время это пришло. Все страшное и черное, что я пророчил с 49 года, страшнее и чернее сбывается.
   Зачем мы, маленькая кучка людей, развились и ослабили нервы, зачем мы не Дмитрий Иванович Пименов, не Егор Иванович. Они переживут нас всех и 1-го января 1862 г. поедут спокойно поздравлять друг друга, говоря о морозе и желая "нового счастья".
   Помните ли мой эпилог 49 году? Что же я скажу за надгробье 1851 году? Какое проклятье... пора уж и молчать.
   С 16 ноября, кажется, прошел год, два, и думать о 1 января просто кажется смешно, будто еще лет пятнадцать. Вы знаете, что военным или морякам год в кампании или экспедиции считается за два, ну а такой год, по справедливости, как считать, я думаю, что я ровесник Бернацкому.
   9 ч. вечером.
   Получил ваше письмо и последние вести... Молчу. Вы поймите и предшествующую болтовню, вялую, не то пишу, что хочется. Погодите располагать будущим, сговоримся как-нибудь вместе. Вряд и тут долго ли климат продержится.
   Швейцария или Англия.
   Да, я и не сообщал вам, что мне следует, исполняя письмо, давно написанное маменькой, вручить вам 10 000 фр. Я по этим делам и вступил в сношения с Ротшильдом.
   Ну и прощайте, ночь, ночь и финал -- право, я рад, что у меня сегодня болит голова.
   Очень хотелось бы знать о здоровье Николая Ивановича, Массоля и пр.
   Да что Мельгунов не пишет?
   Прощайте, обнимаю вас, и Рейхеля, и Сашу.

138. М. К. РЕЙХЕЛЬ

14 (2) декабря 1851 г. Ницца.

   14 декабря 1851. Ницца.
   На сегодня буду писать мало, опоздал, не оттого, что много дела, а оттого, что ничего не делаю. -- Вас мы помним и любим
   не по-прежнему, а больше. -- Бедный, бедный Коля и как не начаться равнодушью ко всему! Зачем? А спрашивать-то и не у кого. А тут жизнь своей мышьей беготней рассеивает -- и это противно, но зато в иную минуту так горько. -- Об общем что сказать вам: по-моему, это шаг вперед, но для нас лично все погибло, это-то и есть смерть старого общества, которую проповедовали.
   Прощайте. Дружески обнимаю вас. Рейхеля благодарю за Шомбурга.
   Пришлите же sous bande хоть два экземпляра "Pologne et Russie" Michelet. Стоит 60 cts и продается à la Librairie nouvelle[170], 15 Bd des Italiens.

139. M. К. РЕЙХЕЛЬ

22 (10) декабря 1851 г. Ницца.

   22 декабря 1851. Ницца.
   Особенного писать нечего, я задержал письмо, думая, что будет от вас, но почты нет и не будет сегодня (т. е. сегодня придет вчерашняя), видно, дороги плохи.
   Я, кажется, забыл вам написать, что в записке маменьки назначены 3000 фр. Марии Фед<оровне> Корш, -- ведь, я думаю, вам легче бы переслать их через Шомшильда. А я и без того боюсь, писал я к Ег<ору> Ив<ановичу> открыто. Поэтому как бы не догадались по вашим письмам, о ком речь. Я только жду известья о продаже моих фондов, чтобы писать Ротшильду, доверенность я послал 17 числа; уж попросите благодушно Рейхеля сходить да спросить Шомбурга, получены ли и проданы ли фонды. Тогда я тотчас напишу, чтобы вам выдали деньги -- 13 000, а вы три и отправили. Насчет Беляева советую вам написать ему, чтобы пока % прислал. Пожалуйста, вы не церемоньтесь, пишите просто ему.
   Что вы хотите делать с 10 000? Поступите по совету Шомбурга.
   Письмо мое вроде записки министра финансов, я сегодня глуп. Простите. У меня, наконец, в душе одна злоба и Тrotz[171] на смех судьбе, людям -- жить и обижать.
   Ваш последний могикан.

140. П. Ж. ПРУДОНУ (черновое)

26 (14) декабря 1851 г. Ницца.

   Nice, 26 décembre 1851.
   Je vous remercie beaucoup pour votre excellente lettre du 27 nov, elle m'a fait un grand bien. [La] Une sympathie [des personnes que nous aimons, que nous estimons sans bornes] pareille nous rend notre souffrance plus humaine, moins accablante.
   Vous me dites [en terminant]: "Hâtez-vous de pleurer vos malheurs domestiques car bientôt si un effort suprême de raison pacificatrice ne vous rend le calme, vous verrez des choses, qui vous rendront le cœur de pierre pour toutes vos misères".
   Vos paroles prophétiques se sont terriblement accomplies. Et la raison pacificatrice n'a pas fait de grands efforts. -- [Et réellement] Je n'ai plus de larmes. Il me semble parfois, que la catastrophe terrible, qui m'a enlevé ma mère, mon fils et un ami le 16 du mois passé, est déjà très éloignée. Entre le sinistre personnel et le présent un monde entier a fait naufrage. Sa perte était prévue. Vous lui avez dit, il y a deux ans: "Ce n'est pas Catilina qui est à vos portes -- c'est la mort". Mais le malheur surprend toujours. La mort qui frappait alors aux portes, les a entrouvertes maint. Triste [métier de ne lire que] et lugubre métier que des messes de morts et de passer immédiatement de l'enterrement de ses proches à l'enterrement général -- sans donner un peu de repos au cœur brisé.
   Mais il faut laisser aux morts -- enterrer les morts. Nous n'appartenons pas au passé qui s'écroule, nous appartenons à l'avenir.
   Comme nous serions heureux de vous savoir hors de Paris et hors de France. -- Paris c'est Jérusalem après Jésus, gloire à son passé, à sa grande révolution, mais il a terminé sa carrière. Le règne de la bourgeoisie libérale, civilisée, frondeuse -- est passé. Elle a tout vendu pour garder son argent, pour cette simonie elle doit être traitée comme les Nègres, comme les Russes. Elle craignait l'excès de liberté -- eh bien elle aura l'excès du despotisme; elle ne voulait rien céder au peuple -- eh bien le peuple [fume] se croise les bras, lorsqu'on la fusille. Elle inventait un spectre rouge, elle tremblait devant une barbarie -- venant d'en bas; la barbarie vient d'en haut. Y a-t-il au monde une idée plus pauvre que l'idée de l'ordre; l'ordre abstrait -- c'est la mécanique, c'est la négation de l'initiative, de la métamorphose. L'ordre et l'avarice -- mais le principe monarchique a été mille fois plus riche, plus social, plus poétique. La police et la bourse au lieu du trône et de l'église!
   La France retombée dans l'enfance, et la Russie, qui n'en
   est pas sortie encore -- toutes les deux sous un joug dégradant -- [sont arrivées] arrivent au même niveau. La Russie n'a rien gagné, la France a tout perdu. Le despotisme préparera des moyens colossaux pour le communisme -- et non pour le conservatisme. Il n'y a de conservatisme qu'en Angleterre, et elle seule restera comme un échantillon magnifique du monde civilisé, du monde chrétien et féodal; je pense que pour nous (avant l'Amérique) il n'y a pas d'autre endroit; car si nous pouvons entrevoir le fil rouge du progrès à travers la barbarie, il me semble qu'il est impossible de traîner, sans y être forcés, une existence triste et humiliante dans ce luxe de bassesse et de servitude, dans cette débauche d'arbitraire et de despotisme. Certes on pourrait commencer par la Suisse (moi, je suis naturalisé Suisse) -- mais j'ai peu de confiance dans cette république fossile -- "libres comme les montagnes" disent les Suisses, oui "et stériles comme les montagnes".
   Votre œuvre a été immense, vous avez tout fait pour montrer le danger, vous leur avez indiqué les moyens de salut, de transition, les solutions organiques, la nécessité de la morphologie sociale, qui demandait à haute voix de nouvelles formes. Le monde civilisé depuis New York jusqu'à Moscou vous admirait. Et la partie civilisée de la France vous a-t-elle jamais compris? Lorsque vous disiez -- développement, elle comprenait destruction, vous parliez en pacificateur -- et on prenait vos paroles pour des cris de guerre. Eh bien maintenant c'est trop tard, ils auront un cataclysme terrible. Les braves gens craignaient de perdre sur les fonds publics -- et ils ont perdu l'honneur, les libertés, les droits, ce qui n'empêche pas qu'ils perdront aussi sur les fonds.
   Jusqu'à présent nous vivons tranquillement sous la protection de la Croce di Savoia -- mais je pense quitter Nice dans deux, trois mois. De grâce, comptez sur moi, sur mon dévoûment et mon amitié. -- Je vous suis obligé plus que vous ne le pensez. Hegel et vous -- vous avez fait la moitié de mon éducation philosophique, je serai heureux de pouvoir travailler ensemble avec vous ou vous être utile. Je vous serre la main avec beaucoup, beaucoup de sympathie.
   Перевод
   Ницца, 26 декабря 1851 г.
   Я очень благодарен вам за ваше превосходное письмо от 7 ноября, оно подействовало на меня весьма благотворно. Такое сочувствие [людей, которых мы любим, которых безгранично уважаем,] делает наши страдания более человечными, менее тягостными.
   Вы говорите [заканчивая]: "Торопитесь оплакать ваши частные горести, ибо вскоре, если последнее усилие примиряющего разума не сведет покоя на землю, вы увидите вещи, от которых сердце ваше окаменеет и вы сделаетесь нечувствительными к собственным бедствиям своим".
   Ваши пророческие слова страшным образом сбылись. Примиряющий разум не прилагал больших усилий. [И действительно]. У меня нет больше слез. Мне иногда кажется, что страшная катастрофа, которая 16-го числа прошлого месяца отняла у меня мать, сына и друга, случилась уж очень давно. За время, прошедшее после личного несчастья, потерпел крушение целый мир. Его гибель была предвидена. Вы сказали ему два года назад: "Не Катилина стоит у ваших ворот, а смерть". Но горе всегда застает врасплох. Смерть, которая тогда стучалась в ворота, теперь их приотворила. Печальная и скорбная обязанность [служить лишь] присутствовать на заупокойных мессах и прямо с похорон своих близких идти на общие похороны, не дав ни малейшего отдыха разбитому сердцу.
   Но надо оставить мертвым погребать мертвых! Мы не принадлежим прошлому, которое рушится, мы принадлежим будущему.
   Как были бы мы счастливы знать, что вы за пределами Парижа и за пределами Франции. Париж -- это Иерусалим после Иисуса; слава его прошлому, его великой революции, но он завершил свой жизненный путь. Царство либеральной, цивилизованной, фрондирующей буржуазии прошло. Она продала все, чтобы спасти свои деньги; за эту симонию она заслуживает, чтобы с ней обращались как с неграми, как с русскими. Она боялась чрезмерной свободы -- ну что же -- она получит чрезмерный деспотизм. Она ничего не желала уступить народу, и вот народ [покуривает] сложа руки смотрит, как ее расстреливают. Она выдумала красный призрак, она дрожала перед варварством, идущим снизу, и вот варварство пришло сверху. Существует ли на свете более убогая идея, чем идея порядка; абстрактный порядок -- это механика, это отрицание инициативы, метаморфозы. Порядок и скупость -- но ведь монархический принцип был в тысячу раз богаче, социальнее, поэтичнее. Полиция и биржа -- взамен престола и церкви!
   Франция, впавшая в детство, и Россия, еще не вышедшая из него, -- обе, сгибаясь под унизительным ярмом, оказались на одном уровне. Россия ничего не приобрела, Франция все потеряла. Деспотизм подготовит огромные возможности для коммунизма -- а не для консерватизма. Консерватизм сохранился в одной лишь Англии, и она одна останется великолепным образцом мира цивилизованного, мира христианского и феодального; я думаю, что для нас (до Америки) нет другого
   места, ибо, если мы и в состоянии различать сквозь варварство красную нить прогресса, то мне кажется невозможно, не будучи к тому принужденным, влачить печальное и оскорбительное существование среди такой необузданной подлости и раболепства, среди такого безудержного произвола и деспотизма. Конечно, можно было бы начать с Швейцарии (я сам натурализованный швейцарец), но я не очень-то верю в эту окаменелую республику: "свободны, как горы", говорят швейцарцы, да, но и "бесплодны, как горы".
   Ваш труд был безмерен, вы все сделали, чтобы предупредить об опасности, вы наметили средства спасения, пути перехода, органические решения, указали на необходимость социальной морфологии, громко требовавшей новых форм. Весь цивилизованный мир, от Нью-Йорка до Москвы, восхищался вами. А понимала ли вас хоть когда-либо цивилизованная часть Франции? Когда вы говорили -- развитие, она понимала -- разрушение; вы выступали со словами умиротворения, она принимала их за призыв к войне; ну, а теперь слишком поздно -- их постигнет страшный катаклизм. Бедняги боялись потерять на своих процентных бумагах -- и вот они потеряли честь, свободы, права, что нисколько не помешает им потерять и на процентных бумагах.
   Мы живем пока спокойно, под покровительством Croce di Savoia[172], но через два-три месяца я думаю покинуть Ниццу. Рассчитывайте, прошу вас, на меня, на мою преданность и дружбу. -- Я обязан вам больше, чем вы думаете. Гегель и вы, -- вот кто наполовину определил мое философское развитие. Я был бы счастлив, если бы мог работать с вами и быть вам полезным.
   Жму вашу руку с большой, большой симпатией.

ДРУГАЯ РЕДАКЦИЯ ПИСЬМА

   26 décembre 1851. Nice.
   Je vous remercie beaucoup pour votre excellente lettre du 27 novembre, elle m'a fait un grand bien. Votre sympathie m'est chère, elle m'a rendu mes souffrances moins accablantes, plus humaines.
   Vous me dites: "Hâtez-vous de pleurer vos malheurs domestiques, car bientôt, si un effort suprême de raison pacificatrice ne vous rend le calme, vous verrez des choses qui vous rendront le cœur de pierre pour toutes vos misères".
   Ces paroles prophétiques se sont terriblement accomplies. Et la raison pacificatrice n'a pas fait de grands efforts. Je n'ai
   plus de larmes. Il me semble parfois que la catastrophe terrible qui m'a enlevé ma mère, mon enfant et un de mes amis, est déjà très éloignée. Un monde entier a eu le temps de faire naufrage depuis ce sinistre. Triste sort de passer immédiatement de l'enterrement de ses proches à l'enterrement général -- sans donner un peu de repos au cœur brisé!
   La perte de ce monde a été prévue, mais le malheur frappe toujours comme quelque chose d'inattendu. Les déductions dialectiques ne consolent pas. Il y a plus de deux ans que vous avez dit: "Ce n'est pas Catilina qui est à vos portes, c'est la mortz: Elle frappait alors, maintenant elle a ouvert les portes. Le règne de la révolution bourgeoise est passé, le règne du libéralisme frondeur, du républicanisme rhétorique, des mots, des abstractions, est terminé. La bourgeoisie a vendu la liberté, l'honneur, tout pour garder son argent et ses monopoles: eh bien, il est juste que pour cette simonie elle soit punie par un esclavage sans bornes. On craignait l'excès de liberté -- on aura l'excès de despotisme, on craignait la barbarie d'en bas -- on aura la barbarie d'en haut, on ne voulait rien céder au peuple -- eh bien, le peuple reste tranquille lorsqu'on fusille les républicains au nom de l'ordre. Y eut-il jamais au monde une idée plus maigre, plus pauvre que l'idée de l'ordre? L'ordre et l'avarice au lieu du trône et de l'église! Mais le principe de la monarchie catholique était mille fois plus poétique, plus social. La manie de l'ordre et de l'accaparisme c'est la peste qui emporte ce monde; il termine d'une manière ignoble, mais enfin cela le tuera aussi, comme le communisme l'aurait fait, et ses destinées s'accompliront. Mais il faut laisser aux morts enterrer les morts.
   Comme nous serions heureux de vous savoir hors de Paris et hors de la France. Paris, c'est Jérusalem après Jésus; gloire à son passé, -- mais c'est un passé.
   Il ne reste maintenant qu'un seul échantillon de la civilisation, un seul pays conservateur, c'est l'Angleterre. L'individu ne peut être libre que là. Hors de l'Angleterre il n'y a que la Russie -- la Russie jeune de Pétersbourg et la vieille Russie en France. Entre les deux, comme un chiffon entre deux diamants l'Allemagne, lymphatique, transcendentale et passive. Nous pouvons entrevoir le fil rouge du progrès à travers la barbarie qui a englouti le continent, mais il est impossible de traîner, sans y être forcés, une existence humaine au milieu de ce luxe de bassesse, au milieu de cette débauche d'arbitraire.
   Votre œuvre a été immense. Vous avez tout fait pour montrer à la France le danger qui s'approchait. Vous avez indiqué les moyens de salut, les transitions. Le monde entier, depuis Moscou jusqu'à New York, vous admirait. Eh bien, franchement, la France vous a-t-elle compris? Lorsque vous parliez de paix --
   elle comprenait guerre, lorsque vous parliez en pacificateur -- on prenait vos paroles pour un cri de haine.
   Maintenant -- troppo tardi: la catastrophe est arrivée, les cosaques de Vincennes, les prêtres de l'ordre ont le dessus -- détournons-nous du spectacle affligeant d'un monde en démence et sachons nous émanciper, nous sauver si nous n'avons pu sauver le monde.
   Je vous serre la main avec beaucoup de sympathie. Comptez sur moi, je serai bien heureux de vous prouver par des actes toute l'amitié et tout le dévouement que je vous porte.
   A. H.
   Перевод
   26 декабря 1851 г. Ницца.
   Я очень благодарен вам за ваше превосходное письмо от 27 ноября, оно подействовало на меня весьма благотворно. Ваше сочувствие мне дорого, оно сделало мои страдания менее тягостными, более человечными.
   Вы говорите: "Торопитесь оплакать ваши частные горести, ибо вскоре, если последнее усилие примиряющего разума не сведет покоя на землю, вы увидите вещи, от которых сердце ваше окаменеет и вы сделаетесь нечувствительным к собственным бедствиям своим".
   Эти пророческие слова страшным образом сбылись. А примиряющий разум и не прилагал больших усилий. У меня нет больше слез. Мне иногда кажется, что страшная катастрофа, которая отняла у меня мать, ребенка и одного из друзей, случилась уже очень давно. Со времени этого несчастья успел потерпеть крушение целый мир. Печальная участь -- переходить прямо с похорон своих близких на общие похороны, не дав ни малейшего отдыха разбитому сердцу!
   Гибель этого мира была предвидена, но горе всегда поражает как нечто неожиданное. Диалектические дедукции не утешают. Больше двух лет тому назад вы сказали: "Не Катилина стоит у ваших ворот, а смерть!" Тогда она стучалась, теперь она отворила ворота. Царство буржуазной революции прошло, царство фрондирующего либерализма, риторического республиканства, слов, абстракций -- кончилось. Буржуазия продала свободу, честь, все, чтобы сохранить свои деньги, свои монополии; ну что же, справедливо, что за эту симонию она наказана безграничным рабством. Боялись чрезмерной свободы -- получат чрезмерный деспотизм, боялись варварства снизу -- получат варварство сверху, не желали ничего уступить народу, так вот, народ остается спокойным, когда республиканцев расстреливают во имя порядка. Существовала ли
   когда-либо на свете более скудная, более бедная идея, чем идея порядка? Порядок и скупость -- взамен престола и церкви! Но ведь принцип католической монархии был в тысячу раз поэтичнее, социальнее. Страсть к порядку и стяжательству -- вот чума, которая уносит этот мир; он идет к концу позорным образом, -- впрочем, это его так же убьет, как убил бы коммунизм, и судьба его свершится. Но надо оставить мертвым погребать мертвых.
   Как были бы мы счастливы знать, что вы за пределами Парижа и за пределами Франции. Париж -- это Иерусалим после Иисуса; слава его прошлому, но это прошлое.
   Теперь остался один лишь образец цивилизации, одна страна, охраняющая что-то, это Англия. Только там личность может быть свободной. Кроме Англии, только Россия -- молодая петербургская Россия и старая Россия во Франции. Между ними двумя, как лоскут между двумя алмазами, Германия, лимфатическая, трансцендентальная и пассивная. Мы в состоянии различить сквозь варварство, поглотившее континент, красную нить прогресса, но невозможно, не будучи к тому принужденным, влачить человеческое существование среди такой необузданной подлости, среди такого безудержного произвола.
   Ваш труд был безмерен. Вы все сделали, чтобы предупредить Францию о приближающейся опасности. Вы наметили средства спасения, переходные ступени. Весь мир, от Нью-Йорка до Москвы, восхищался вами. А понимала ли вас, откровенно говоря, Франция? Когда вы говорили -- мир, она понимала -- война, когда вы выступали как умиротворитель -- ваши слова принимались за крик ненависти.
   Теперь troppo tardi[173]: катастрофа наступила, венсеннские казаки, попы порядка одержали верх -- отвернемся же от печального зрелища мира, впавшего в безумие, и постараемся освободиться, спасти себя, если мы не могли спасти мир.
   Жму вашу руку с большой симпатией. Рассчитывайте на меня, я был бы очень счастлив доказать вам на деле всю дружбу и преданность, которые питаю к вам.
   А. Г.

1852

141. M. К. РЕЙХЕЛЬ

1 января 1852 г. (20 декабря 1851 г.) Ницца.

   1 января 1852.
   Я вчера уж думал, думал, что бы вам написать и с каким новым счастием поздравить, начал было, да глупо.
   Не хочу даже проклинать прошедший год, я проклинал 49, я проклинал 50, для 51 это мало. Но вот каков был год, что я, по совести, нисколько не желаю видеть 1 янв<аря> 1853 года, все равно -- жив не жив, и еще более все равно -- в Америке, в Ницце, в Шлюссельбурге.
   Fuimus, -- были! Давайте-ка руку вы, последняя могиканка нашего круга, который свелся голов на пять. Как вы встретили Новый год, а мы недурно -- Наташа четвертый день в постели, колотье и общее нервное расстройство, доходящее до tic douloureux, грудь, глаза -- все болит. Это -- отдание 16 ноября.
   Об Америке мысль Рейхеля, может, и дельная, но торопиться не надобно, погодите, и соберемтесь куда-нибудь вмеcте. Здесь все еще тихо, но я думаю весною перебираться в Швейцарию, а если война будет, то в Брейтон.
   Франк никаких книг мне не посылал, что же это значит, да уж и брошюрку Мишле-то бы sous bande[174]. А я за ваше неоставление вам приготовил подарочек, только пришлю не ближе как к 1 февралю, отгадайте.
   Ну, и довольно. Я все не писал к вам на траурной бумаге, но вы уж слишком знаете, и черный ободок не прибавит.
   Прощайте. Узнайте от Мел<ьгунова>, что сделалось с Вольфзоном, я ему послал рукопись в октябре, письмо в ноябре, ни слуха, ни духа. Пусть он требует в почтамте.
   Рейхеля и Китайца поздравляю, особенно Китайца, да не
   с Новым годом, а с тем, что в память страсти Прасковьи Андреевны к Сян-лину и Маюкопу он отрастил хохол, -- это показывает, что у него семейные чувства и уважение к старшим развито.
   Ну что же ваши С<танкевичи> не едут. Все еще боятся? А я жду из России вестей, вот уж год прошел, а еще там никого не сослали, не посадили на кол, не повесили за мою брошюру. Эдак, пожалуй, страх-то не был основателен. И вряд не опаснее ли здесь писать, нежели там даже не читать.
   Нат<аша> кланяется много.
   Полковник поздравляет.

142. Ж. МИШЛЕ

5 января 1852 г. (24 декабря 1851 г.). Ницца.

   5 janvier 1852. Nice.
   Monsieur, il у a une semaine que j'ai eu le plaisir de recevoir votre lettre du 25 décembre. Ne m'en voulez pas mon silence. Je n'avais rien à dire, digne d'être entendu par vous. Ma tête est vide, mon cœur commence à s'endurcir.
   J'ai apporté assez de courage pour braver la vie, mais enfin mes épaules fléchissent, une lassitude indicible s'empare de moi. A peine je me sentais un peu soulagé des deux terribles catastrophes, desquelles l'une m'enleva ma mère et mon fils, et l'autre jeta le linceul d'un monde entier, pour couvrir les cercueils des miens qui s'effaèaient devant l'énormité du malheur universel -- qu'un nouveau coup de foudre tombe sur ma tête.
   Ma femme indisposée depuis l'événement du 16 novembre, est gravement malade d'une pleurésie. Je n'ai ni la force d'espérer, ni la force du désespoir. J'ai un seul devoir au monde -- envers mes enfants, je me dévoue, tête baissée et maudissant la vie.
   Pardonnez-moi de vous entretenir de mes souffrances. Vous en avez assez autour de vous.
   Je vous remercie beaucoup pour les renseignements concernant le monument; je tiens fortement à cette idée, mais je ne puis rien dire pour le moment. Mes pensées sont incohérentes, je vous prierai la permission d'écrire sur ce sujet une autre fois.
   J'ai déjà écrit, il y a deux ou trois semaines, pour avoir votre dernier ouvrage Pologne et Russie, j'attendais l'exemplaire que vous avez eu l'amitié de me promettre, et je n'ai rien reèu encore...
   Je vous serre bien affectueusement la main.
   A. H.
   Перевод
   5 января 1852. Ницца.
   Милостивый государь, неделю тому назад я имел удовольствие получить ваше письмо от 25 декабря. Не сетуйте на меня за мое молчание. Мне решительно нечего было сказать заслуживающего вашего внимания. В голове у меня пустота, сердце начинает черстветь.
   У меня нашлось достаточно мужества, чтобы выстоять перед жизнью, но плечи мои начинают сгибаться, невыразимая усталость овладевает мною. Едва я стал приходить в себя после двух ужасных катастроф, одна из которых лишила меня матери и сына, а другая -- набросила саван на целый мир, чтобы скрыть гробницы моих близких в огромности всеобщего несчастья, как новый удар, подобно молнии, разразился над моей головой.
   Моя жена, захворавшая после события 16 ноября, сейчас тяжело больна -- у нее плеврит. Я не чувствую в себе ни силы надеяться, ни силы отчаяния. У меня остался в жизни единственный долг -- по отношению к моим детям, и я жертвую собой, склонив голову и проклиная жизнь.
   Извините меня, что занимаю вас своими страданиями -- их достаточно и вокруг вас.
   Очень благодарен вам за сведения относительно памятника, этой мыслью я очень дорожу, но сейчас ничего не могу сказать. Мои мысли спутаны, и я прошу разрешения написать вам по этому поводу в другой раз.
   Две-три недели назад я уже писал вам насчет экземпляра вашего последнего сочинения "Польша и Россия", который вы мне дружески обещали. Я ждал его, но до сих пор ничего не получил...
   С искренней симпатией жму вашу руку.
   А. Г.

143. М. К. РЕЙХЕЛЬ

5--6 января 1852 г.

(24--25 декабря 1851 г.) Ницца.

   5 января. Утро.
   Я думаю, или, лучше, спрашиваю: что же, будет всему этому конец или нет. И что судьба опрокинулась на меня -- неужели нет хуже людей на свете.
   Поди, ищи тут справедливость. Rouge ou noire, -- rouge -- выиграл, rouge -- проиграл. Наконец, я хвастался силой, но не хочу больше иметь ее.
   Болезнь Наташи развилась в злую плерези, вчера ставили пиявки, сегодня пиявки, дают опиум, чтоб унять боль хоть наружно. Между тем силы уходят, и что из всего этого будет -- не знаю. К тому же оказывается, что 16 ноября пришло в начале беременности. Все это вместе в лучшем случае предполагает несколько месяцев страданий -- а тут еще, пожалуй, ехать отсюда. Ну, словом, чаша полна.
   Как Байрон-то был прав, говоря, что порядочный человек не живет больше 38 лет. Смолоду, сгоряча еще идет, а потом меньше да меньше сучьев, ветвей, листа и к зиме готов.
   Прощайте. Письмо это пойдет завтра, я еще припишу.
   4 часа.
   Хуже, хуже и хуже...
   6-е. Вечер.
   Ну, еще два дни жизни. Довольно вам сказать, что полтора суток не было никакой надежды, Бонфис и Фогт были безотлучно, последний ночевал. Плерези развилась -- сил нет. Лихорадка, как разумеется. -- Пиявки и каломель победили на первый случай, с сегодняшнего вечера лучше. -- Если эта чаша пройдет мимо, то последнее спасибо жизни. Я изнашиваюсь.
   До какой степени слаба и изменилась Наташа, вы не можете представить. Она не может одна перевернуться.
   Письмо мое идет завтра утром. Если не будет лучше, я его не пошлю. Стало, лучше, если вы получите.
   Ваше письмо получил, сегодня. Берите пиэмонтские фонды или белгийские 21/2 %, они довольно выгодны, -- впрочем, Шомшильд знает.
   Прощайте.
   Рейхелю и М<ельгунову> жму руку. Устал, устал, подам в отставку из людей.

144. М. К. РЕЙХЕЛЬ

8 января (27 декабря 1851 г.). Ницца.

   8-го, четверг.
   Вчера был ужасный день. Я потому уже не писал, tic douloureux с воспаленьем в боку и кашляет. К ночи стихло. Сегодня relâche[175], но кризису, т. е. важной перемены еще нет, поту не было, воспаленье легче. Силы мало.
   На сей раз рассуждать не хочу: и то только одна вера в вашу дружбу и боязнь, что вы еще более будете беспокоиться, не получив вести, заставили меня взяться за перо.
   Дети ничего. Письмо пойдет завтра утром рано, а потому вечером припишу. Сегодня седьмой день, а по другим -- шестой. Мне начинает казаться, что пароксизмы сравнительно слабее. Вчера утром я почти терял надежду.
   Прощайте.

145. М. К. РЕЙХЕЛЬ

9 января 1852 г. (28 декабря 1851 г.). Ницца.

   9 января. Утро.
   Второй день без пароксизма, но лихорадка продолжается. Пота не было. Вообще все вместе -- к лучшему, если только слабость потом не одолеет.
   Можно надеяться на жизнь, столько же, сколько от 4 до 7 не было надежды. Заметьте, что плерези в левом боку и легком, т. е. возле сердца.
   Третьего дня был день страшный. Теперь жизни мышья беготня и суета начинает поднимать голову из-под савана.
   Вчера получил письмо от Шпильм<анова> друга, никаких вестей нет, стало, бессомненно и он погиб, и отправил матери 4000 фр.
   Больше ничего. И усталь, и скука, и как-то все становится пуще, пуще около... все уходит и, удаляясь, кивает головой, говоря:
   Погоди немного,
   Отдохнешь и ты.
   И это обман, разве гнить значит отдыхать; решительно человек не удался природе.
   Прощайте.

   Что же à la fin des fins[176] брошюрка Мишле существует или нет, и Франк что мне посылал или нет?
   9 часов вечера.
   День прошел спокойно, и опасность очень уменьшилась. Остается ожидать транспирации и быть осторожным.
   Послезавтра буду писать опять.

146. M. К. РЕЙХЕЛЬ

11 января 1862 г. (30 декабря 1851 г.) Ницца.

   11 января. Вечер.
   Хотя прямого кризиса не было, но болезнь очевидно уменьшается, и, если ничего не помешает снова, можно положительно надеяться. Но какая бережь надобна, и прошла ли такая болезнь бесследно? -- Сколько сил унесено.
   Ну, словом, год этот удался.
   Письмо ваше получил, но портрета еще нет. Сегодня рожденье бедного Коли. Больше писать нечего, прощайте. Погода скверная -- и на сердце темь и усталь.
   Рейхелю жму руку.

   10 часов вечера.
   Все идет хорошо. Нат<аша> благодарит вас очень за портрет -- который еще не получен...

147. М. К. РЕЙХЕЛЬ

16 (4) января 1852 г. Ницца.

   16 января 1852. Ницца.
   Портрет Коли и письмо потом получили. Портретом, признаюсь, я не совсем доволен, присланный из Штутг<арта> лучше, но все же и Нат<аша> и я благодарим очень.
   Болезнь перешла опасный период, но выздоровление медленно и тягостно, еще Нат<аша> не может ни приподняться, ни лечь на правый бок, лихорадка все продолжается, и поту еще не было. Слабость чрезвычайная, сегодня три недели с начала болезни и 12 дней с воспаленья. Кроме нескольких ложек бульону, она ничего не брала в рот.
   И я что-то старею, голова болит чаще и чаще. Скука такая, тоска, что, наконец, если б не дети, то и все равно, впереди ничего, кроме скитаний, болтовни и гибели за ничто. Если б в Москве не было так бесконечно глупо, проситься бы домой. Да ведь и туда свезешь же себя самого.
   Finita la commedia[177], матушка Марья Каспаровна. Укатал меня этот 1851 год. -- Fuimus -- были.
   Пришлите письмо Тат<ьяны> Ал<ексеевны>; да что же Егор-то Иваныч, хочет отмолчаться, о люди, люди. -- А в "Прессе" только и пишут, что об Рейхелевых обеднях; вы эдак не метите ли в питер<скую> капеллу -- вот протекция-то тогда. Что Мельгу<нов>?
   Вечер.
   Хоец<кий> просит вас или Рейхеля побывать у Mme Lemoine насчет его малютки. Дело в том, что он хочет знать, получила ли она большое письмо и может ли он благонадежно послать деньги г. Беше в Нантер, да сверх того он желает знать, что маленькая -- как там содержана. Не гневайтесь за комиссии -- у всех, видите, своя зазноба.
   Прощайте.

148. М. К. РЕЙХЕЛЬ

20--21 (8--9) января 1852. Ницца.

   20 января.
   Все шло было довольно хорошо, но пластырь до того стал мучителен, что стали делаться спазмы и нервные припадки. Не думаю, чтоб это было очень опасно, но страдания страшные. Сегодня всю ночь Н<аташа> не спала, к утру сделалась страшная слабость. И все еще нельзя ни повернуться, ни привстать -- три недели.
   Письмо ваше и Тат<ьяны> Ал<ексеевны> получил. Вы пресмешные, между прочим, толкуете о том, что я не забываю вам писать. Да сколько ж нас остается старомосковцев, да и много ли новоприбывших. Пустота около меня делается с всяким днем страшнее. Есть добрые люди -- бог с ними, есть умные -- черт с ними, те недопечены, эти пережжены, а все, почти все, готовы любить до тех пор, пока не выгоднее ненавидеть. Я за вас держусь не только из дружбы к вам, а из трусости -- ну как и последние могикане, Огар<ев>, Астр<аковы>, вы, канете в воду, а тут еще семья поуменьшится -- так эдак и останешься сам большой.
   На записке Луизы Ивановны находится 1500 фр. Вере Артамоновне, о которых я Егору Ивановичу писал. Но он не отвечает; пожалуй, я их через вас и Рот<шильда> пошлю на его имя. Даже предварительно вы можете ему написать, что я беру на себя все потраченные им для Луизы Ивановны деньги и что прошу особенно продолжать жалованье Вере Арт<амоновне>.
   Я вам очень не советую деньги брать ни у Бел<яева>, ни у Ог<арева>, лишь бы знать, что они у них. По 8 проц<ентов> вы здесь не найдете помещенье, а если год-два и задержат, я ручаюсь за уплату.
   21.
   Сегодня ночь прошла хорошо и можно надеяться значительного улучшения. Прощайте. Завтра или послезавтра пошлю обещанный подарок, который пригодится снаружи для вас, а снутри для Саши.
   Рейхелю поклон.

149. M. К. и A. РЕЙХЕЛЯМ

2 февраля (21 января) 1852 г. Ницца.

   2 февраля 1852. Ницца.
   Пожалуйста, вы не укладывайте ваших чемоданов и не ездите ни в Гокенкукерлинг, ни в Унтер Лауб Циген -- без моего позволения. Вот посадили свинью за стол, а она и ноги на стол. Я вам не даю позволения уезжать из Парижа (без моей визы) -- надолго. А именно я сперва хочу знать, поеду ли я в Пекин или Каир, буду ли сидеть на креслах отца (это намек на Père-Lachaise) -- или на скамейке матери (это дальние апроши к намеку на Mme Galère) и еще более хочу знать: что вы и Рейхель можете по первому свисту -- ехать если не ко мне, то к детям. Дело в том, что после 16 ноября и начала января я убедился, что в прописях очень дельно замечено, что "все люди смертны", -- причем прибавлено: "но Кай человек, следственно, Кай смертен". Вы можете сомневаться, что я Кай, во что я человек -- трудно, ибо звери не курят и не пьют водку. Черед, кажется, за мной.
   Это не мешает мне прожить лет полтораста; но я русского авось начинаю не любить.
   Во всей Европе (и Австралии) у меня нет человека, к которому бы я имел более доверия, как вы (оттого, собственно, я вам ничего и не доверял). Огарев в России и вы здесь. -- Но вы в качестве женщины мало можете сделать, в дружбе и высокой чести Рейхеля я отроду не сомневался, а потому, considérant cela et autre chose[178],
   читайте вместе.
   Cher Reichel. Vous êtes un des hommes les plus purs que je connaisse; vous m'aimez comme un homme, lié depuis l'enfance avec Marie, et vous ne me refuserez pas le service que je vous demanderai.
   Vous avez une preuve de l'état maladif de ma femme.
   Moi, je peux mourir d'un coup d'apoplexie... ou d'un coup d'Etat.
   Que feront les enfants? On gaspillera le bien, on négligera tous les soins. J'ai des amis excellents -- mais ils ne peuvent pas rester près de mes enfants.
   Prenant tout cela en considération, je veux vous nommer un de mes exécuteurs testamentaires et membre de la tutelle sur mes enfants. (Tout à fait comme le président.)
   Je vous enverrai des instructions détaillées. Je désire que Marie ait une influence très grande sur l'éducation, et vous -- sur la gestion des biens.
   Comme tout cela ensemble peut vous prendre beaucoup de temps, vous n'aurez rien contre une rémunération de ma part...
   Pour le coup, vous aurez pour collègues:
   tuteur { Sasonoff
   { Engelson
   seul exécut { J. Challer de Fribourg
   Bonfils, Dr
   et vous direz que j'ai agi en bon père.
   Je finis le testament par un calembour -- Mut der Konsequenz: Er Exlz!
   Mais ne partez pas ou allez seul de Paris avant l'automne.
   A. Herzen.[179]

150. H. И. САЗОНОВУ (черновое)

15--16 (3--4) февраля 1852 г. Ницца.

   Рукой Н. А. Герцен:
   Ницца 1852, февр. 15.
   Я желаю, Николай Иванович, вас, как и всех, принимающих живое участие в моем муже, вывести из заблуждения насчет нашего отношения
   с ним. Александр спишет для вас копию с письма, которое я написала и отправлю [в скором времени] завтра. Вы увидите из него, что я не имею нужды в [его] великодушии моего мужа, в том смысле, как вы его понимаете.
   Хоть я для вас остаюсь и останусь, вероятно, навсегда [тою нез] такою же незнакомой, как и [всегда] прежде, -- но, как женщина, пришедшая в себя после безумного увлеченья, и как жена вашего друга, -- я прошу вас соединиться с ним и защитить меня от моего врага.
   Н. Герцен.
   Переписываю тебе письмо сам, потому что моя жена не может долго писать, она не покидает еще постели.
   "Vos persécutions et vos infamies me forcent à vous répéter aujourd'hui devant des témoins ce que je vous ai déjà écrit depuis longtemps. Oui, mon entraînement pour vous a été grand, aveugle, mais votre caractère traître, vil, juif et votre égoïsme effréné m'ont bientôt apparu dans toute leur effroyable nudité -- au moment de votre départ, aussi bien qu'après. Tandis que la dignité et le dévouement d'A grandissaient à tout moment. Ma malheureuse passion n'a servi que de piédestal pour élever à une nouvelle hauteur mon amour pour lui. Ce piédestal vous avez essayé de le couvrir de boue, mais vous ne savez plus porter atteinte à notre union, à présent plus que jamais indissoluble et inébranlable. Vos dénonciations basses et calomnieuses contre une femme n'inspirent à mon noble ami que du mépris et du dégoût pour vous, -- vous vous êtes complètement déshonoré par cette lâcheté. -- Où sont donc vos protestations d'une vénération religieuse pour ma volonté, d'adoration pour mes enfants (!), vos serments de disparaître de la surface de la terre plutôt que de troubler le répos d'Al... Ne vous ai-je pas dit de tout temps que je ne survivrais pas un jour à une séparation de lui, que s'il venait à me quitter ou à mourir, je resterais seule tout le reste de ma vie. Quant à ma promesse de venir vous voir un jour, oui, je l'ai faite, j'avais besoin de la faire, j'avais encore de la pitié pour vous, car j'ai voulu vous dire adieu d'une manière humaine. Vous m'avez rendu impossible l'accomplissement de cette promesse. Depuis votre départ vous n'avez pas cessé à me torturer pour avoir d'autres. Vous avez voulu disparaître pour des années, aller en Egypte -- emportant une ombre d'espérance. [Voyant que vous n'avez] Lorsque vous avez vu que vous n'aviez pas réussi, vous m'avez proposé une foule d'arrangements absurdes et ridicules, et vous avez terminé par des menaces de publicité, par des menaces de me séparer avec Al, de le forcer à vous tuer, à avoir un duel avec vous, enfin vous disiez que vous ne vou, arrêteriez à aucun crime, pour arriver à votre but -- [vous tes nez bien la partie] les intimidations n'ont plus de prise sur moie vous les avez trop souvent répétées. Je n'ai qu'à répéter ce que
   je vous ai dit dans ma dernière lettre (d'octob ou de sept 1851): "Si je ne pouvais rester, comme mère, comme épouse, j'y resterais bonne, servante. Je reste dans ma famille, ma famille -- ce sont mon mari et mes enfants -- point de pont entre vous et moi. Vous m'avez rendu odieux même le passé".
   [Vos intimidations, vos menaces de suicide, d'assassinat n'ont plus de prise sur moi, vous les avez trop de fois répétées... et pourtant cela serait le moment de vous défaire d'une existence qui est au comble de l'opprobre.]"[180] Это выпущено <1 нрзб.>

   Письмо это было переписано, когда я получил твой ответ. -- Я было призадумался, посылать или нет. Если ты не веришь
   мне, если тебе хочется защищать этого негодяя, -- делай как знаешь и не бери моей стороны. Но так как я не хотел бы лишиться твоей помощи, то в последний раз скажу тебе, в чем дело. -- Ни истинной, высокой страсти, ни безумья я не вижу, а вижу зависть, досаду и дерзость. До страсти мне нет дела. Вопрос проще. Держу ли я насильно -- интимидациями, натягиванием, уговариванием женщину или нет. Где доказательства, где ее обещание, [ее] желание уйти? Совсем напротив -- женщина, по несчастью увлекшаяся, хочет остановиться, ей не позволяют и, потеряв всякую надежду, лезут на дуэль и позорят ее направо и налево. -- Если ты сомневаешься, что человек, делающий на женщину цинический донос и хвастающийся таким делом -- мерзавец, считай меня мерзавцем. Он хочет отравить мою семейную жизнь, но я предостерегся, он одного не предполагал, именно что я готов не стреляться с подлецом -- а дать публичность всему делу. Я слишком чист -- чтоб мне бояться всякого суда. -- Жена моя, раз раскаявшись, готова на всякие покаяния.
   16, вечер.
   Отвечай скорее.

151. М. К. РЕЙХЕЛЬ.

18 (6) февраля 1852 г. Ницца.

   Рукой Н. А. Герцен:
   Машенька, вот уже несколько дней меня мучает, что я не могу собрать довольно сил, написать тебе письмо-исповедь. Я не хочу ни с кем быть в ложном отношении, не только с тобой, по многому одним из самых близких существ мне, как всей семье моей. Прежде это не мучило меня и в голову не приходило, потому что оно было для меня совершенно прошедшее, выстраданное, выболевшее, отболевшее; потому что я готова была, желала выйти перед всем светом и сказать с гордостью: "Да, увлеченье мое было безумно (кто знает меня, тот знает, что мне увлечься нелегко), испытанье велико, -- но я вышла из него закаленная, с большой силой, с большой верой в себя и во все святое, истинное, заветное; тот, кто вел меня с детства, кто дал мне жизнь, кем я жила, -- я достойнее его теперь, чем когда. Но сказать это всему свету я не могла и была уверена, что оно останется втайне навек; вышло не так, -- тут мне надо рассказать тебе несколько фактов для объяснения. После того, как я открыла все Александру, необходимо было немедленно оставить наш дом. Я не могла оттолкнуть человека бесчеловечно, я хотела объясниться и расстаться достойным образом. А<лександр> был согласен со мной. Но там оскорбленное самолюбие поглотило все человеческое. После отъезда начались требованья примирить их, устроить непременно возвращенье в дом; не успевая в этом -- требованья оставить А<лександра> хоть через долгое время, хоть дать тень надежды на это, обещая тогда замолчать, исчезнуть, -- я не говорю о том, было ли для меня когда в возможности хоть подумать дать кому-нибудь это обо мне, не только обещать исполнить "видящие да видят".
   Мщенье возрастало неистовым образом, ни малейшего следа, никакого другого чувства пошли страшные угрозы -- публичность, смертоубийство; наконец, клятвы вынудить во что бы то ни стало Александра убить его, клятвы не остановиться ни перед каким преступленьем для того, чтобы меня "обманутую, потерянную спасти против моей воли".
   Никакие просьбы с моей стороны не могли остановить эту бесплодную, безумную, страшную переписку (в которой я увидела такую черноту, грязь, что глазам своим не верила), ни даже обещания -- с согласия Александра -- увидеться через год. В октябре и в сентябре я сказала, наконец, что не пишу более, что не приму больше писем. Но отосланные письма возвращались по десяти раз, я жгла их потом не читая и думала (опять безумье!), что все кончено, начала успокаиваться, жить обновленною жизнью, юнее стала, свежее... до ноября. Несчастье наше спаяло нас с Александром еще более, мы терялись друг в друге, помогая друг другу нести невыносимое но сила моя сломилась, я была полуживая, потом болезнь "Скажите по совести, есть ли 24 часа жизни?" -- спросил Александр доктора. -- "Я отвечаю за 4 дня, -- ответил тот. Вслед за этим письмо оттуда к Александру, с оскорбленьями ему, с доносами и страшнейшими клеветами на меня, оклеветав уже Александра перед кем мог, что он насильно меня держит и тиранит. Я узнала это едва воскресающая -- гигантская сила явилась во мне для защиты его, его, моего Александра, и вот я перед всем светом как желала.
   Мне больно только, что до тебя после многих чужих дойдет мой голос.
   Прощай, устала.
   Твоя душа -- мера в суде; что до меня касается, несмотря каков он -- до гроба та же к тебе.
   Н. Герцен.
   Ницца, 1852. Февр<.> 18.
   Вместо длинного письма от меня, любезная Марья Каспаровна, вот вам письмо, которое объяснит все. Да, эта женщина встала с двойной ореолой, я больше, нежели прежде, горд ею и собою. Но -- поймите, отчего я молчал. Такие процессы проделываются не легко. Я мечтал, что тайна останется между нами. -- Я ошибался. Зачем мне тайна ... я смело иду рука в руку с моей женой и смело говорю: виновата ли она, что нашелся человек, который ничего не нашел в груди своей, что бы остановило его употребить дружбу средством. Да, она была не infaillible[181] -- но вот ров, разделяющий высокие натуры от пошлых. Она встала выше Раскаянием. Мы, как говорит Энгел<ьсон>, саламандры, прошедшие огнем. (Кстати, Энг<ельсон> страшно много сделал для меня.)
   Итак, вашу руку. Я мог иметь минуты слабости -- но я живуч. Вы, кажется, начали меня оплакивать -- а я, видите, восстал из гроба. Буду писать потом больше. Прочтите все это Мельгу<нову>, пожалуй, Саз<онову>. -- Энгел<ьсон> переписал вам свой ответ и письмо. Как бы в Россию не дошел вздор...
   Вверху перед текстом Герцена: Отвечайте немедленно.

152. M. К. РЕЙХЕЛЬ

20 (8) февраля 1852 г. Ницца.

   20 февраля. Ницца.
   У меня точно большой, тяжелый камень свалился с груди тем, что вы теперь через нас знаете страшную историю, которая чуть не сгубила нас. Я переболел эту эпоху -- и, разумеется, по самому этому закалился. Что теперь может быть -- это не внутренное, это физическое окончание, оно может быть губительно -- но только физически. Впрочем, все humainement possible[182] я сделаю, чтоб и этого не было. Мое положение так безусловно чисто, что нет в мире jury d'honneur[183], которое не было бы с моей стороны.
   Словом, я начал действовать -- c'est le réveil du lion[184], -- такой злодейской безнравственности я не ждал; на несколько времени это пришибло меня.
   Прилагаю записочку в Россию, отошлите ее с Сабур<овым> -- вместо той, которую я дал. А не с Саб<уровым>, так с кем-нибудь. -- Писал ли Мельгу<нов> и кому, прежде, или вы -- мне все это надобно знать.
   Мантилья сегодня приехала. Благодарим.
   Прощайте. Жму руку Рейхелю.

153. М. К. РЕЙХЕЛЬ

26 (14) февраля 1852 г. Ницца.

   26 февраля.
   Ожидая от вас письма, начинаю грамотку, и опять и опять поручения. 1е. Вот вам два письма: одно к Нат<алье> Алекс<еевне>, другое к Тат<ьяне> Ал<ексеевне>; если была бы возможность их послать с оказией, было бы лучше, но можно и по почте. Только я бы советовал послать к Нат<алии> Ал<ексеевне> через Юлию Богдановну, потому что через Астракову слишком часто посылали. Письмо же к Тат<ьяне> Ал<ексеевне> можно послать позже.
   2е. При случае отошлите прилагаемое письмо к Ник<олаю> Ив<ановичу>, я потерял его адрес; что он не даст еще раз, а то Рейхелю не весело ездить с моими писульками.
   3е. Скажите Мельгунову, чтобы непременно прислал в письме шведскую мелодию, которую он пел, -- я по ней болен.
   4го нет.
   А и письма нет. Что же вы замолкли?

154. М. К. РЕЙХЕЛЬ

1 марта (18 февраля) 1852 г. Ницца.

   1 марта.
   Насчет маленькой Хоецкой надобно что-нибудь сделать; я напишу об этом на особом листе у него. Он идет сегодня к Кошуту потолковать. А вот у меня какая явилась мысль: хочу попробовать поехать в Бельгию, но для этого надобно бы проезд иметь через Францию и Париж. Рейхель кабы, будучи на улице Лафит, зашел к Шомб<ургу> и спросил бы его, как это сделать.

155. М. К. РЕЙХЕЛЬ

6 марта (23 февраля) 1852 г. Ницца.

   6 марта.
   Ну что концерт? И что все дела по части маленькой Х<оецкой>? Вот бы Стан<кевичам> ее сюда привезти, он бы и сам съездил за нею, да здешняя трагикомедия остановила. Негодяй этот написал Эн<гельсону> ответ -- трудно себе представить такое совершенное отсутствие всякого подозрения нравственного чувства или совести. Во-первых, он ему говорит, что письмо его слишком длинно (вы помните, оно в несколько строк), ничего не говорит насчет обвинения в безумии и насчет презрения с моей стороны. Отводит всех свидетелей (как будто бывают дуэли без свидетелей) и требует встречу со мной à huis clos[185]. Мы ничего не будем отвечать. Он говорит, что приложенное письмо он не читал, и заключает, что в мире нет человека, достойного его понять. Пусть приедет, тут увидим, что и как. Его супруга вздумала мне прислать по городовой почте какой-то пакет с тремя печатями, но я надписал своей рукой refusé[186] и не взял из почтового бюро. Это холодное презрение и молчание сводит мещан с ума. A propos, он пишет, что я разгласил всю эту историю, а что он скорее умрет, нежели кому-либо скажет слово. Was sagen Sie dazu[187].
   На первый случай -- бояться нечего; впрочем, у меня в столе лежит пистолет на случай визита, и я не выхожу на улицу без оружия. Думаю, впрочем, что далее руки не пойдет, но клевет и гнусности будет много. Что вы глухо пишете о ваших слухах, Колач<ек>, что ли, ими снабжает? Мельг<унов> мог бы ему раскрыть глаза, à propos, отчего же он не пишет.
   Вечер.
   Хоец<кий> получил письмо, Беше не отдает маленькую. Нельзя ли милостиво дать знать Mme Lemoine, что Хоец<кий> готов вести процесс и что в его распоряжении будет хоть 5000 фр., если понадобится; a la longue[188] дитя все же отдадут; это не мешало бы довести до сведения Мате[189], rue Mazarine 40 ou 42 chez Mme Aligre. Вы не сердитесь за все сии докуки.
   За ваше последнее письмо благодарю, письмами Саз<онова> я недоволен (это между нами) -- он трактует совершенно поверхностно и хочет отстранить дуэль, которого, вероятно, и не будет, ибо тот господин только этим и хочет реабилитироваться, а я не боюсь торжественно отказать; если моя честь зависит, после 25-летней публичной жизни, от такого мерзавца, я хочу быть обесчещен.
   Н<аташа> хотела вам писать завтра, но я посылаю письмо для дела Х<оецкого> сегодня.
   Вексель Вере Ар<тамоновне> пришлю, да нельзя ли вам через кого намекнуть Сатину, чтоб он отдал Егор Ив<ановичу> 5000 фр., из коих 4 Петруше и 1 Акс<инье> Иван<овне>. Они мне должны бездну процентов, могут же с Павловым заплатить раз.
   Хочу оставить в конце апреля Ниццу и испытать перед Англией Бел<ь>гию. Для этого здешний новый консул Аладенис послал третьего дня представление, нет ли у Бернацкого знакомых (т. е. чтоб дали пропуск по Франции) или у Шомшильда.
   Засим прощайте. Буду скоро опять писать.

156. М. К. РЕЙХЕЛЬ

8 марта (25 февраля) 1852 г. Ницца.

   Рукой Н. А. Герцен:
   6 марта.
   Давно б сообщила тебе, кабы было что, но ни мы, ни кто догадаться не можем, что выплывет из этого не ада, а грязного шантажа.
   Ты знаешь письмо Э<нгельсона>, на него в ответ говорят, что оно -- слишком длинная (?) диссертация, что третьему вмешиваться тут нельзя (как же дуэль без секундантов?), что только с глазу на глаз с А<лександром> можно решить дело и что, наконец, вложенное письмо (мое) не читано, по незнанию, от кого оно (я подписала всеми буквами свое имя), а по письму видно, что читано, да и как же не прочесть опроверженья причины вызова? Храбрых, наступательных действий от такой трусости и ожидать нельзя; но так как отношенья с А<лександром> оставались единственным якорем спасенья в свете (имя и пр.), и как этот якорь подрезан мною, то все гнуснейшие козни мужа и жены и устремились против
   меня, для того чтобы (как он выр<ажался>) реабилитировать его перед А<лександром> и перед светом.
   Ты должна писать нам, если знаешь более нас. Пославши вызов А<лександру>, он в то же время известил об этом жену, а об ответе на этот вызов ни слова, напротив: уверяет, что я пишу ему страстные письма. Вот все, что знаю.
   Не понимала я ни мести, ни презренья -- пришлось ощущать то и другое в высшей степени.
   Когда бы прекратились эти внешние дрязги -- сколько у нас с А<лександром> материала на прекрасную жизнь, жизнь полную, глубокую, мудрую -- гармоническую!
   Хоть у меня и не было со встречи с ним ни одного мгновенья, в которое я бы не чувствовала более или менее ясно одного кровообращенья с ним, как с сросшимся близнецом, но при всем бывала Фома неверный, наконец, как он же, вложила персты...
   Восход нашей жизни сливается с закатом, только зарево последнего жарче.
   Ну, вот я написала тебе столько, сколько ты и не просила, -- нужды нет, если оно не для тебя, так для меня. Иной раз душа через край, и не всякий раз можно удержаться отлить.

   Послала ли письма в Россию? Поскорее пошли.
   Писавши тебе первое письмо, я не думала, чтобы кто третий его читал, да и Саз<онова> мудрено обратить, он никогда не предполагал сердечной стороны в нашем отношении с А<лександром> и неблагоприятствовал мне издавна, особенно за то, что не мог этого отношения поставить в уровень с своим итальянским... Мне противно, что я пишу об этом, но может быть тебе пригодится для объясненья.
   Я встаю с постели, но только для того, чтобы одеться и лечь в нее опять.
   Море еще страшнее, еще ужаснее! Нет, не жизнь мне с ним в соседстве! Это слабость, я сержусь на себя и не могу победить. Бегу, бегу из Ниццы, как только будет возможно! -- Да и Саше нужен большой город, теперь он здоровяк такой, еердцем его и головой я тоже довольна, а характер, необходимый в жизни, никогда не разовьется при нашем воспитании, когда ему необходимы равные, борьба нужна, так хоть на некоторое время общ<ественное> завед<ение> придется, скрепя сердце (может, Брюссель). Коли С<танкевичи> хорошие люди, так они рады будут случаю сделать доброе дело -- прислать сюда малютку -- бедная! Спасайте ее во все руки.
   Н.
   Письмо это я начала вечером вчера и уснула с ним, а А<лександр> свое рано утром сегодня отправил, так и я ж, хоть поздно, да отправлю сегодня же.
   Тата целует тебя, она такая умница, большая выросла, кроме нее, никто мне не служит. Оля бегает, как снежный шарик, по комнатам, живая, как А<лександр>, и питает к нему великую страсть.
   Видно или нет из письма E<гора> Ив<ановича>, что мы, или хоть я, можем писать к нему?
   Прощай и будь здорова.
   8 марта.
   Зачем вы не пишете и никто не пишет? И без писем и с письмами довольно скверно, но ведь надо писать и не отвечать.

157. M. К. РЕЙХЕЛЬ

13 (1) марта 1852 г. Ницца.

   Рукой Н. А. Герцен:
   13.
   От души радуемся и поздравляем с успехами концерта. Хотелось бы послушать из него что-нибудь, у нас есть кому спеть.
   Ай да Сашка Богатонов, хоть бы ты его дагерротип прислала, ведь усадила же я Оленьку. А смирением его не слишком увлекайся, Оля была уж такая, водой не замути -- и сделалась такая, что боже упаси. -- Расцелуй его за меня.
   Я хотела тебе написать некоторые подробности_ _ _ но из письма к М<ельгунову> увидишь en gros[190].
   N.
   Сию минуту твое письмо -- ну, коли под печатью молчанья хранилось что-нибудь для нас угрожающее, вредное, ты сломала бы эту печать -- я уверена в этом, а, стало, это клеветы, которые он на меня делал перед женой, во 1-х, перед А<лександром>, перед своими друзьями и, наконец, передо мной самой.
   На ответ Эн<гельсона>, которого у тебя копия и где вложено было мое письмо, он писал ты знаешь что, уж я тебе писала, -- вдруг, третьего дня письмо Энг<ельсона> является с целыми печатями (??) на мое имя с припиской на пакете, что это письмо не ему, а мне (?)... Ну вот и гадай. -- Да прочтите же Колач<еку> мое-то письмо, а вызова нового, о котором ты пишешь, нет.
   На сей раз две строки. Прочтите прежде письмо к Мел<ьгунову>, оно вам объяснит дело. Вызова второго не было. -- Хорошо, кабы М<ельгунов> Колач<еку> прочел письмо от Н<аташи> и от Энгельсо<на>. А впрочем, все вместе так скучно -- что лучше 5 дуэлей.
   Прилагаю вексель в 2500--2000, отошлите Егору Ив<ановичу> с тем, чтоб 1500 Вере Арт<амоновне>, а 500 Акс<инье> Ив<ановне> отослал; остальные 500 -- оставьте у себя и за комис<сии>.

158. М. К. РЕЙХЕЛЬ (приписка)

14 (2) марта 1852 г. Ницца.

   14 марта 1852.
   Вы видите, что дело не так, как вы думаете. Будьте же так добры написать и, если что можно, сделайте.
   Все в восхищении от успеха концерта. Мельг<унов> мне писал об нем. Жму руку Рейхелю.
   Corpo di Вассо[191], когда же сойдет покой на главы наши или уж с землей...
   Тяжела шапка Мономаха! -- Скажите Мельг<унову>, чтоб он хорошенько потолковал с Кол<ачеком>, если считает нужным.
   Не послать ли вам к Mme Lemoine, чтоб она узнала, Мат<ьё?> в Париже ли?
   Пишите ответ, не ленясь.

159. М. К. РЕЙХЕЛЬ

16 (4) марта 1852 г. Ницца.

   16 марта. Сегодня 4 месяца после 16 нояб<ря>.
   Неутомимейший из корреспондентов, я опять за пером. Вчера Х<оецкий> получил письмо от Mme Lemoine, она пишет, что Беше, услышав о том, что у Х<оецкого> есть деньги, между прочим сказал: "Пусть сделают сомацию (une sommation légale)[192], то я и отдам". Из этого мне кажется, что если ему предложить фр. 500, 1000, то он устроит хорошо; я охотно дам на это, но только надобно сделать осторожно и сначала более 500 не давать, т. е. не предлагать. Потому, во-первых, что он вдвое запросит, и потому еще, что в таком случае процесс не может стоить дороже.
   Вчера получил я из Парижа проект надгробного памятника, заказанного Мишле, вы можете проект этот видеть, сходивши от меня в улицу Rue Madame No 26, chez M. Auguste Préault -- statuaire. Я ему пишу сегодня ответ, фигура и колонна хороши. Но вот мое замечание: "Votre idée est pleine de cette beauté triste et lugubre qui fait tant souffrir l'homme dans l'ancienne tragédie par la fatalité -- car au fond la douleur n'est que la conscience d'une lutte terminée, de l'homme vaincu, de la démence cosmique triomphante. Mais il y a encore un fait que je voudrais y ajouter, un enfant qui tend ses petites mains, demandant du secours -- et la douleur n'ayant que des larmes et couverte, comme elle est chez vous, ne s'apercevant même pas de l'enfant. Cela serait l'individualisation, la spécification du monument"[193]. Вы ему можете рассказать всю историю и о Шпильмане, -- нельзя ли барельеф прибавить -- или медальон сзади.
   Памятник я еще не закажу тотчас -- место не выбрал, может, поставлю его в будущем саду нашем, где?.. но проект надобно отделать в голове и на бумаге à tête reposée[194]. Может, и Мел<ьгунов> съездит. -- А может, кстати, и нас под этот памятник вы велите положить.
   Я получил превосходное письмо от Гаука по этому делу, т. е. по дуэльному. Он, Мельг<унов> и Энгельс<он> показали себя самыми близкими людьми и самыми глубоко понимающими. Об вас я забываю в этих случаях, вы всегда были часть семьи, а после 16 нояб<ря> еще сроднились больше. Письмо Гаука -- ответ на писанное мною к Мац<цини>, -- если такие люди за нас, то еще можно пожить и опозоренному. Мне надобно одно -- год времени, тогда я восторжествую вполне, но, признаюсь, мои силы истощаются на борьбу, а главное -- на перенесение дерзостей и сплетней; первая минута слабости -- и я оправдаюсь перед дураками, и я дам волю чувству мести...и иcпорчу великую позицию. -- А потому лишь бы сил, лишь бы сил.

160. Э. ГАУГУ

Около 16 (4) марта 1852 г. Ницца.

   Cher Haug,
   Votre lettre du 10 mars m'a fait un bien immense. J'ai tant souffert ce dernier temps, je suis tellement brisé, froissé dans tout ce qu'il y avait de plus cher, de plus saint pour moi, qu'il y a des moments où les forces m'abandonnent, un désespoir complet s'empare de moi, je me sens déchu, avili... Votre lettre m'a trouvé dans un de ces moments, elle m'a remis, -- grâce vous en soit rendue! Oui, j'accepte la solidarité fraternelle, j'accepte votre main -- non pour combattre pour moi, mais pour me soutenir dans une lutte difficile à terminer comme je le désire.
   Pourtant avant de vous engager plus loin dans cette affaire triste, noire, il vous faut connaître les faits. Je veux vous les raconter; cela me coûte beaucoup, mais il le faut. Après le récit, je vous dirai: "Jugez et agissez maintenant d'après votre cœur".
   Vous m'avez rappelé dans votre lettre une conversation que nous avons eue, en nous promenant une nuit près de la Madeleine. Oh, que je vous remercie de vous en être rappelé. Cette conversation non seulement abrège ma tâche pénible, mais elle me sert de preuve, de base, de document -- au moins par rapport à vous. Oui, j'ai ouvert alors mon âme, je vous ai dévoilé mon
   cœur. Cela m'arrive rarement, je ne parle jamais de mes sentiments, il y a je ne sais quelle pudeur qui m'en empêche, -- mes sentiments sont pour moi seul. -- Je vous disais donc alors qu'une seule femme a joué un rôle dans ma vie, et que ce rôle était immense, que je n'ai aimé qu'une seule femme et que cet amour était vivant dans mon cœur, comme le premier jour. Une sympathie profonde nous a liés, lorsque nous étions encore enfants, et cette sympathie a survécu à toutes les vicissitudes d'une existence orageuse. J'ajouterai maintenant que ce même amour me donne la force de supporter le supplice de ma position actuelle. Oui, notre union a fait un miracle bien plus grand que la durée de quatorze années: elle a survécu à une secousse qui devait amener sa perte. Jamais nous n'étions plus étroitement liés qu'après le malheur qui nous a frappés; il nous a soudés encore plus l'un à l'autre; les offenses que je supporte pour elle, la moitié du crime que je prends sur moi -- ont découvert un nouveau terrain pour notre sympathie.
   Nous ne sommes pas les mêmes -- et c'est à cause de cela que rien n'est changé entre nous.
   Nous entrâmes fiers dans la vie, nous tenant par la main; nous pensions que nous passerions la tête haute devant la foule étonnée. Qu'y avait-il à craindre après douze années d'amour, d'union?.. Une rencontre impure, un souffle délétère auquel on n'a pas su résister, nous rappela à l'humilité.
   Nous sortons maintenant de la vie plus humbles, accablés d'une réminiscence terrible, nous allons vers la tombe, la tête baissée, flétris, mais nous tenant par la main comme autrefois. Il n'y a pas de coupable ou d'innocent entre nous: celui qui a trouvé la force d'absoudre a pris sur lui la solidarité du passé. Que celui qui nous méprise, s'éloigne, qu'il nous oublie; notre lien, si humainement saint, est traité de prostitution -- par l'homme qui l'a prostitué. Mais vous qui nous aimiez tant, vous devez vous arrêter, vous devez approfondir ce que je vous dis, et savoir reconnaître le caractère de cette union impérissable sous la boue et l'ignominie dont on l'a couverte.
   Je passe aux faits. -- Lorsque nous nous rencontrâmes pour la seconde fois avec l'individu en question, il était bien malheureux. Conspué par les hommes de son parti, accusé de lâcheté et même d'improbité pour l'expédition de Bade, -- sa position n'était pas meilleure à l'intérieur. Attaché par des liens d'argent à une femme qu'il n'aimait pas et qui lui faisait bien sentir ses bienfaits, il ne pouvait rien entreprende, corrompu et efféminé qu'il est par la soif la plus ardente de petites jouissances. Il était seul; il y avait des hommes qui respectaient ses talents, il n'y avait pas un seul qui eût estimé son caractère. Je lui tendis ma main. Je voyais au fond de cette âme énervée un
   talent poétique, une pensée grave qui m'éblouissait. Il s'attacha à moi avec passion; il ne me quittait pas; jamais de ma vie un homme ne m'a tant parlé de son amitié, -- il était jaloux de moi, il éloignait mes amis, il m'appelait frère, besson, unique ami et soutien; il m'écrivait que si je voulais l'abandonner, il se cramponnerait à moi, car pour lui il n'y avait pas d'existence sans moi; il me reprochait ma froideur et versait des larmes au souvenir de notre rencontre. Je vous montrerai ses épîtres qu'heureusement j'ai conservées. Cette amitié enthousiaste, ardente pour moi et un amour sans bornes pour mes enfants, firent le premier rapprochement entre N et lui. Elle s'abandonnait sans scrupule à une telle sympathie -- il avait tout le temps pour entraîner de plus en plus une femme qui tomba plus naïvement que ne l'aurait fait une autre, en se défendant. Rien n'a arrêté cet homme profondément dépravé, il n'a rien trouvé dans son cœur qui lui eût dit, ce qu'il y avait de lâche, d'ignoble dans un attentat pareil. Ni respect pour les enfants, ni respect de l'hospitalité, ni respect de soi-même -- car il continuait ses interminables déclarations d'amour pour moi.
   Savez-vous ce que c'est qu'un doute qu'on n'ose pas prononcer, un soupèon qu'on n'a pas le courage d'avouer? Je ne veux pas vous faire l'histoire lyrique de ce temps affreux -- nous en parlerons un jour, -- aujourd'hui je vous dirai seulement que j'ai vieilli dans cette lutte, que j'ai dépensé pour elle tout ce qui me restait de forces et d'énergie. -- "Non, -- me disais-je, -- c'est impossible, comment aurait on caché de moi la vérité, de moi, l'ami dévoué, sincère -- on m'aurait abaissé au rôle d'un spectateur -- par quoi ai-je pu mériter tant de mépris?" -- D'un autre côté, je voyais clairement qu'on évitait toute explication. -- C'est de Paris au mois de décembre 49 que j'ai commencé à montrer plus clairement mes soupèons. J'étais seul à Paris, N restait à Zurich où l'individu demeurait dans la maison de ma mère. N protestait dans ses lettres, me parlait de ce lien indissoluble qui nous unissait, et finit par venir à Paris.
   Pendant mon séjour à Paris j'ai eu la possibilité de mieux étudier le caractère de l'individu. Il y avait toujours quelque chose qui me révoltait en lui, -- une injustice égoïstique, une grossièreté cruelle envers les autres, et plus encore envers sa femme qu'il exploitait pécuniairement d'une manière indigne. Mes lettres de Paris étaient pleines d'indignation contre ses procédés, je l'accusais avec toute ma sincérité et sans ménagement. Ses réponses devenaient de plus en plus tendres, il ne parlait que d'une existence commune "pure et sérieuse -- loin des hommes, existence qui devait servir d'exemple et être le commencement de la vie de l'avenir pleine d'harmonie"... Je lui répondis:
   "Vous importerez dans cette vie un élément dissolvant, égoïstique qui l'empoisonnera", et je lui citai les vers de Pouchkine qui fait dire à un homme "fuyant la vieille civilisation" par un vieux Bohémien qui le chasse de son tabor: "Va-t-en, homme fier -- tu ne veux être libre que pour toi -- nous sommes simples et ne pouvons pas rester avec toi".
   Expulsé de Paris, j'allais en juin 1850 à Nice. -- C'était une faute énorme, il aurait fallu aller à Londres. -- L'individu demeurait pendant tout ce temps chez ma mère à Zurich; vers la fin du mois d'août elle l'emmena à Nice. Deux jours avant son arrivée, Mme H prévoyant la collision, emprunta chez moi 10 000 frs. pour deux années. -- Ils étaient sans moyens, je leur proposai un étage dans la maison que je louais; par délicatesse je prenais une bagatelle pour quote-part des dépenses. Et voilà que toute la famille, femme et enfants, s'installe à mes frais. L'individu le savait, il laissait faire mme, et elle ose maintenant m'accuser de ce que je le lui ai dit avant son départ.
   C'est à Nice que j'ai pu mesurer tout le mal. N luttait entre deux sentiments, elle cherchait à s'étourdir, elle craignait la vérité. J'étais outragé, stupéfait, profondément malheureux. Et regardant ce caractère mesquin, lâche qui fuyait toute explication, qui opprimait sa femme, qui commenèait à être envieux de ma richesse, je répétais souvent les paroles qu'adressait Hamlet à sa mère: "Et tu as pu préférer à ton ami si dévoué, si aimant, -- le petit juif qui te rendra malheureuse, car son âme est vulgaire!", et une voix intérieure me disait qu'il n'en était pas ainsi. Je voyais de mes yeux -- et je ne croyais pas. Cette foi m'a sauvé, a sauvé N, a sauvé les enfants.
   Il fallait en finir -- au moins avec le mensonge. L'idée de me poser en mari et juge ne m'est jamais entrée dans la tête. Je n'ai en rien dans toute ma vie introduit le lâche dualisme entre les convictions et la conduite. J'exigeai la vérité, j'en avais le droit. -- Après deux, trois conversations fiévreuses, N m'avoua tout (vous verrez ensuite quel usage infâme a fait l'individu de ce mot de "tout"). Ce que j'ai souffert en écoutant, -- il faut en effet avoir un organisme de fer, comme le mien, pour avoir pu supporter les quatre, cinq nuits blanches qui suivirent la première conversation. Une de ces nuits nous étions assis sur un sofa, j'avais la mort dans le cœur, des idées de suicide se présentèrent pour la première fois à moi; je voulais boire le calice jusqu'à la dernière goutte. Je fis quelques questions. Elle me répondit. Et nous nous tûmes. J'étais anéanti; une exaltation de rage, de douleur et de honte s'empara de moi, et -- je vous l'avoue franchement, -- la pensée me vint de tuer H; je m'arrêtais à cette pensée avec un sentiment de jouissance...
   Le silence dura... Enfin je levai les yeux sur elle; son visage était affreux, blême, livide, bleuâtre, -- les lèvres blanches, les traits altérés, crispés -- elle ne parlait rien et fixait sur moi avec une expression interrogative un regard trouble. Elle me faisait tant de peine, qu'oubliant tout, je pris sa main, j'appuyai ma tête sur son épaule et d'une voix douce qui me sortait du cœur, je la consolai. Pendant quelques minutes, elle ne répondait rien. C'est alors qu'une véritable crise s'opéra en N. Elle se jeta à mon cou en sanglotant; je la déposai demi-évanouie sur le canapé; elle n'eut que la force de me dire: "Ne t'effraye pas; ce sont de bonnes larmes, des larmes d'admiration pour toi, des larmes d'attendrissement (le mot russe est beaucoup plus expressif -- умиления). Non, non, -- disait-elle, -- je ne t'abandonnerai jamais, si toi, tu peux me supporter, oublier le passé"... Son âme, sous l'influence d'une passion maladive, se réveilla; elle était, comme auparavant, énergique, forte, elle se relevait. Elle rentrait, comme elle l'a dit dans une de ses lettres, "comme un vaisseau rentre dans un port après l'orage, -- à demi-anéanti, mais enchanté de son salut".
   Dans son entraînement elle ne savait pas où elle allait. Elle allait à la mort. Lui, il convoitait encore "un avenir brillant" comme le dit Mme H qui faisait déjà -- je le jure sur mon honneur -- un projet de partage de mes revenus.
   Après cette scène, je voyais que N restait, mais qu'elle était encore subjuguée par les intimidations de l'individu et par le passé. Il fallait agir. Je proposai le lendemain de partir de Nice et de laisser tout le monde s'arranger comme on le voudrait. N ne voulait pas entendre parler de mon départ, -- alors j'exigeai que l'individu quittât la maison. Comme N craignait fortement un duel ou une rencontre sanglante, elle me dit que pour témoignage de ma réconciliation, de mon pardon, elle me demandait ma parole de ne pas le provoquer. Je donnai ma parole, mais à la condition qu'il quitte la maison. -- Voilà ce que l'individu nomme ma "pression" et "l'abus de ma position". Certainement j'influenèais -- par mon dévouement, par mon amour; aussi, n'ai-je pas dit que j'étais indifférent, j'ai dit et je le répète -- j'ai donné pleine liberté à tout le monde. Mettre des obstacles et convaincre -- ce sont des choses très différentes. En ce moment-ci je vous influence...
   Il faut vous dire que pendant tout ce temps l'individu se tenait caché dans sa chambre au deuxième et ne descendait plus ni au salon, ni à la salle à manger. Mais il m'expédia sa femme qui vint me faire la proposition la plus monstrueuse, avec cette dépravation naïve qu'on ne trouve que chez les Berlinoises. Elle me proposa de laisser partir N avec l'individu et de rester avec moi. J'ai répété pour la dernière fois que j'étais
   prêt à partir, si N le désirait; aussitôt elle courut chez N. -- Elle connaît la réponse et peut vous la communiquer; moi, je connais le résultat. -- D'abord l'individu se refusa, joua encore une fois au suicide, me fit lire par sa femme qu'il était prêt à un duel à mort, mais qu'il ne tirerait jamais "contre un ami devant lequel il se sent coupable". Bientôt pourtant sa nature lymphatique et méticuleuse prit le dessus, et il s'en alla très bourgeoisement avec bagage, femme, bonne et enfants à Mentone, de là -- à Gênes.
   Il y avait quelque chose de tellement humuliant et ridicule dans cet Agar mâle avec son Ismaël de Berlin, piteusement chassés d'une maison qui leur avait donné l'hospitalité, que je ne fis aucune démarche ultérieure. Une tout autre question me préoccupait: je voulais approfondir le véritable état de l'âme de N. L'acte qu'elle venait de faire, était une compensation nécessaire à l'outrage qu'on m'avait fait subir. La passion pouvait prendre le dessus... quel était le moteur qui la faisait agir maintenant, -- était-ce de l'abnégation, un sacrifice, un dévouement sans amour? et dans ce cas trouvera-t-elle assez de force, ne succombera-t-elle pas dans la lutte, et dois-je enfin moi-même accepter un pareil sacrifice? Après les premières semaines, où les conversations prenaient souvent un caractère fiévreux et sombre, je vis bientôt que ce n'était chez elle qu'un retour tout naturel vers l'amour qui l'avait guidé toute sa vie; elle rentrait dans son état normal, la passion passagère était une exception, -- elle se sentait plus libre, elle rajeunit de cœur, après avoir secoué le joug d'un être exigeant, capricieux et qui n'agissait que par intimidation.
   La conduite ignoble de l'individu éteignit bientôt les dernières traces de cette affection malheureuse. Dans toute la première lettre qu'il a adressée à N, il l'implorait de ne pas se justifier à ses dépens, de prendre tout sur elle; dans les suivantes recommencèrent les menaces de scandale, d'assassinat, et des propositions étonnantes, comme celle de la réhabiliter à mes yeux et de le prendre, comme instituteur, auprès de mes enfants. -- N pensa qu'il ne fallait pas le pousser au désespoir et demanda mon autorisation à lui écrire quelquefois. Je dis que mon opinion était complètement contraire, mais qu'elle n'avait qu'à faire comme elle le désirait. -- Cette correspondance qui passait par mes mains, a amené toutes les horreurs subséquentes. N lui fit la promesse d'un rendez-vous dans une année à condition qu'il n'abuse pas du droit de correspondance; cela ne fit qu'augmenter son intempérance épistolaire. N retira sa promesse et rompit enfin au mois d'août ou de septembre toute correspondance avec lui. Elle le méprisait, elle en était honteuse.
   Il ne manquait qu'une chose pour couronner cette ignoble apparition, -- il ébruita toute l'affaire, lui de son coté, et sa femme de l'autre. Et non seulement ils l'ébruitèrent, mais ils ajoutèrent des calomnies. -- Jamais personne n'osa prononcer le nom de cet homme en ma présence, je me taisais avec cette religion du silence, qui n'a jamais eu place dans les âmes des bourgeois. Et voilà que tout-à-coup j'entends au mois de juillet à Genève de Mr Sasonoff que l'individu lui a tout conté. Cette bassesse inattendue m'attrista, je retournai à Turin triste et sombre. N qui vit par mes lettres l'état de souffrance dans lequel je me trouvais, accourut de Nice à ma rencontre et arriva le même jour que moi'à Turin. -- Cette marque d'attention me toucha. C'est là que nous parlâmes pour la dernière fois de cette affaire. Nous nous reconnûmes encore plus. Oui, nous étions les mêmes, plus un souvenir terrible, une cicatrice profonde. Ces journées à Turin me rappelèrent notre brillante jeunesse; elles me rappelèrent notre vie à Vladimir. Oui, c'était un second mariage, un mariage plus profond, peut-être, que le premier: il se concluait avec plus de conscience, avec une parfaite connaissance de toute la responsabilité que nous contractions de nouveau l'un envers l'autre, en vue d'un passé qui a failli nous perdre et nous flétrir. Je laisse à N elle-même le soin de vous raconter le coté lyrique de cette réconciliation et de la complète harmonie dans notre vie de famille, qui dura jusqu'à ce qu'un malheur affreux vint nous frapper. Le 16 novembre ma mère, mon second fils et un de mes amis, son instituteur, périrent dans la Méditerranée. Ce coup abattit la santé de N; la débilité et la faiblesse finirent par une maladie aigüe. Elle gagna une pleurésie; le 2 et le 3 janvier le mal empira de manière que les médecins commencèrent à douter de la possibilité de la sauver.
   C'est le temps que choisit ce misérable pour m'envoyer une ignoble provocation. Il savait tout ce qui se passait chez nous par sa femme, qu'il avait forcée à vivre à Nice. Je n'aurais pas ouvert sa lettre s'il n'avait pas écrit sur l'enveloppe: "Provocation honorable". -- Eh bien, au lieu d'un cartel, j'ai trouvé une lettre sale, dégoûtante de cynisme, pleine de dénonciations contre N et de révélations inqualifiables. Il couvrait la sordidité de sa démarche en disant: "On vous a dit tout", -- comme si jamais j'eusse voulu m'abaisser, moi, et abaisser N jusqu'à un récit révoltant des détails. -- Je parlai de cette lettre à un de mes amis, Mr Engelson (la seconde personne, après Sasonoff, avec laquelle j'ai parlé de l'affaire). Quel fut mon étonnement lorsque je vis qu'il était bien instruit de tout ce qui s'était passé. Mr et Мme H ont initié toutes leurs connaissances à la triste histoire de notre rupture, oubliant que le titre de traître revenait de droit à l'un, comme celui d'entremetteuse
   à l'autre. J'en étais ébahi et scandalisé. Quel duel pouvait arrêter les on-dit? -- Et N avec moi gardant le plus profond secret, nous leur avions laissé tout le temps pour répandre les calomnies les plus infâmes. -- Le lendemain on savait déjà qu'une provocation m'était adressée; l'individu en avertit sa dame. Peu de jours après Mme Reichel communiqua de Paris à N qu'une provocation m'était envoyée, comme elle venait de l'apprendre de M. Kolatchek.
   Faire un duel de parade avec l'intervention de la héroïne de Bade, c'était trop ridicule pour une si triste histoire. Le duel ne réparait rien, il était stupide, c'était un guet-apens; le seul homme qui pouvait se réhabiliter par le duel -- c'était lui. Quant à mon honneur -- je n'y pensais pas trop; je voulais punir ce scélérat, me venger, mais défendre mon honneur contre lui, cela ne me préoccupait que médiocrement. Je le dirai franchement; mes antécédents, -- à commencer par la prison et l'exil de 5 années aux frontières de la Sibérie et à finir par mon expulsion de Paris, -- m'ont donné sinon des droits, au moins quelque confiance en moi-même. Si mon honneur pouvait dépendre d'un traître, dont les antécédents ne sont pas moins connus que les miens, je voudrais être déshonoré.
   Refuser un duel n'est pas chose légère. N'oubliez pas que je vous écris deux mois après la provocation. J'ai fait pendant ce temps une véritable maladie psychologique -- avant d'engager mon honneur à moi-même par une décision immuable, forte, de tenir tête à cet homme dénué de tout sentiment de noblesse, de dignité, et aux préjugés invétérés -- en persistant dans mon refus d'élever ce misérable à l'honneur d'un duel. Je connaissais très bien, à quel monstre puissant et implacable j'allais m'attaquer. La divinité altière, inhumaine et injuste du point d'honneur, est omnipotente; elle fascine les hommes les plus indépendants, et ils s'arrêtent devant ses décrets et renient leurs convictions pour montrer qu'ils ont assez de courage pour soutenir la vue d'un pistolet. Je m'insurge contre le despotisme, car moi, je me sens pur et innocent, car je me sens la force de faire appel à mes amis et de leur tout dire. -- Mon refus avait encore une autre signification plus étendue; j'ai voulu par ce fait définitivement, solennellement reconnaître en réalité la liberté de la femme. J'ai voulu donner toute la plénitude de l'indépendance à la femme pour se réhabiliter elle-même. Ce ne sont que les imbéciles, les mineurs et les faibles qui doivent être défendus par les autres -- mais cette femme est forte, et elle est plus forte seule. Cet homme, pour se venger de ce qu'une femme n'est pas restée fidèle au crime, qu'elle ne voulut pas subir son esclavage, veut l'écraser par son cynisme. -- Eh bien, elle l'écrasera par la grandeur de son repentir... A peine depuis un mois cette
   femme a commencé à parler, et déjà l'opinion étonnée se tourne vers elle. Naguère encore on me plaignait seul et on répétait les accusations calomnieuses répandues pendant une année par dame H, et maintenant déjà on trouve N sublime d'énergie, de volonté.
   Voilà le commencement de mon triomphe!
   Je m'arrête, cher Haug. -- Les détails, les lettres écrites par mes amis, les démarches insolentes et stupides de l'individu, son refus, p. ex., de recevoir la réponse de mon témoin, la demande d'un duel à huis clos, le renvoi d'une lettre -- tout cela vous sera raconté par mes amis, qui se pressèrent autour de moi avec cette bienveillance et ce dévouement qui me donnèrent les forces pour supporter le chagrin de l'humiliation. Ces récits ne peuvent en rien changer les faits principaux; vous y verrez seulement jusqu'où peut aller la corruption dans une âme vile, vulgaire, bourgeoise et lâche. Car, au fond, à quoi bon cette parade de rhétorique, tant de lettres, tant de mots? -- Pourquoi n'est-il pas venu à l'improviste, le pistolet à la main; pourquoi s'est-il enfui de la maison, pourquoi n'a-t-il pas essayé (comme il l'a écrit une vingtaine de fois) d'assassiner N ou moi, pourquoi enfin ne s'est-il pas suicidé? -- Il n'en a ni l'énergie, ni le courage. -- Calomnier, diffamer, faire des intimidations à la femme, c'est plus facile, et il le fait. Il faut enfin y mettre un terme et châtier le scélérat. Il me faut, pour cela, le secours de mes amis, leur conseil; il me faut surtout la foi que si, pour comble d'ironie, je succombais dans cette lutte, mes amis donneront un exemple terrible de justice et de solidarité.
   Votre ami A. H.
   Перевод
   Дорогой Гауг,
   ваше письмо от 10 марта было для меня великим благом. Я столько выстрадал в последнее время, я так истерзан, оскорблен во всем самом дорогом, самом святом для меня, что бывают минуты, когда силы покидают меня, полное отчаяние овладевает мною, я чувствую себя опустившимся, униженным... Письмо ваше застало меня в одну из подобных минут, оно возвратило мне бодрость, -- глубокая благодарность вам за это! Да, я принимаю выражение братской солидарности, я принимаю вашу руку -- не с тем, чтоб она сражалась за меня, а с тем, чтоб она поддержала меня в борьбе, которую очень трудно завершить так, как мне хотелось бы.
   Но прежде чем вы подойдете вплотную к этому печальному, мрачному делу, вам следует ознакомиться с фактами. Я хочу рассказать вам их; это чрезвычайно тяжело для меня, но сделать
   это необходимо. Закончив свою историю, я скажу вам: "Судите и поступайте теперь так, как велит вам ваше сердце".
   В своем письме вы напомнили мне о разговоре, который мы вели как-то ночью, прогуливаясь возле собора св. Магдалины. О, как благодарен я вам за то, что вы о нем напомнили. Разговор этот не только облегчает мою мучительную задачу, но и служит для меня доказательством, основанием, документом -- по крайней мере в том, что касается вас. Да, я открыл тогда свою душу, я обнажил перед вами свое сердце. Это случается со мною редко, я никогда не говорю о своих чувствах, какая-то непонятная мне самому стыдливость удерживает меня, чувства мои -- для меня одного. -- Итак, я говорил вам тогда, что только одна женщина сыграла роль в моей жизни и что роль эта была громадна, что я любил только одну женщину и что любовь эта продолжает жить в моем сердце, как и в первый день. Глубокая симпатия связала нас, когда мы были еще детьми, и симпатия эта пережила все превратности бурной жизни. Прибавлю теперь, что эта же любовь дает мне силу переносить муку нынешнего моего положения. Да, наш союз совершил чудо, гораздо большее, чем его четырнадцатилетняя давность: он пережил потрясение, которое должно <б>ыло его сокрушить. Никогда еще не были мы теснее связаны, нежели после поразившего нас горя: оно еще более спаяло нас друг с другом: оскорбления, которые я выношу за нее, половина вины, которую я беру на себя, -- создали новую почву для нашей взаимной симпатии.
   Мы уже не те -- и потому именно ничто не изменилось в наших отношениях.
   Гордо, рука об руку вступили мы в жизнь; мы полагали, что с высоко поднятою головою пройдем перед изумленной толпой. Чего можно было опасаться после двенадцати лет любви, супружества?.. Одна нечистая встреча, одно смертоносное дуновение, перед которым не удалось устоять, привели нас к смирению.
   Мы выходим теперь из жизни более смиренные, отягощенные ужасным воспоминанием, мы движемся к могиле с опущенной головой, опозоренные, но рука об руку, как и прежде. Между нами нет виновного или невинного: тот, кто нашел в себе силу простить, взял на себя ответственность за прошлое. Кто презирает нас, пусть идет себе прочь, пусть выбросит нас из памяти; нашу связь, столь человечно святую, именуют позорной -- и делает это человек, ее опозоривший. Но вы, так сильно нас любивший, вы должны остановиться, вы должны глубоко понять смысл того, что я вам говорю, и суметь разглядеть подлинный характер этого нетленного союза под пеленою грязи и срама, которыми его покрыли.
   Перехожу к фактам. -- Когда мы во второй раз встретились с субъектом, о котором идет речь, он был крайне несчастен. Очерненный людьми из своей же партии, обвиненный в трусости и даже в нечестности в связи с баденским походом, он был в не лучшем положении и у себя дома. Связанный денежными узами с женщиной, которую он не любил и которая ощутительно давала ему чувствовать свои благодеяния, он не в состоянии был что-либо предпринять, до такой степени был он испорчен и изнежен неутолимой жаждою мелочных утех. Он был одинок; встречались люди, питавшие уважение к его талантам, но не было ни одного, который уважал бы его характер. Я протянул ему руку. Я видел в глубине этой расслабленной души поэтический талант, серьезную мысль, меня ослеплявшую. Он страстно ко мне привязался; он не отходил от меня; никогда в течение всей моей жизни ни один мужчина не говорил мне столько о своих дружеских чувствах -- он ревновал меня, он отдалял моих друзей, он называл меня братом, близнецом, единственным другом и опорой; он писал мне, что если я вздумаю его покинуть, он уцепится за меня, ибо для него без меня нет жизни; он упрекал меня в холодности и проливал слезы при воспоминании о нашей встрече. Я покажу вам его послания, которые, по счастию, я сохранил. Эта восторженная, пылкая дружба ко мне и безграничная любовь к моим детям положили начало сближению между Н<атали> и им. Она безоглядно отдалась этому чувству симпатии -- а он располагал достаточным временем, чтобы все сильней и сильней увлекать женщину, которая пала простодушнее, нежели это сделала бы всякая другая защищаясь. Ничто не остановило этого глубоко развращенного человека, ничто в его сердце не могло сказать ему, сколько подлости, бесчестия в подобном вероломстве. Ни уважения к детям, ни уважения к гостеприимству, ни уважения к самому себе -- ибо он продолжал свои бесконечные излияния в любви ко мне.
   Знаете ли вы, что такое сомнение, которое не решаешься высказать, подозрение, в котором не имеешь смелости признаться? Я не собираюсь излагать вам лирическую историю этого ужасного времени -- мы когда-нибудь поговорим о ней, -- скажу вам теперь только, что я состарился в этой борьбе, что я израсходовал на нее всю остававшуюся во мне силу и энергию. "Нет, -- говорил я себе, -- это невозможно, как могли бы от меня скрыть правду, от меня, друга преданного, искреннего, -- меня унизили до роли зрителя -- чем заслужил я такое презрение?" -- С другой стороны, я ясно видел, что от всякого объяснения уклоняются. -- Только в письмах из Парижа, в декабре 49 года, начал я более ясно высказывать свои подозрения. В Париже я был один, Н<атали> оставалась в Цюрихе, где
   этот субъект жил в доме моей матери. Н<атали> протестовала в своих письмах, говорила мне о нерасторжимой связи, нас соединяющей, и в конце концов приехала в Париж.
   Во время своего пребывания в Париже я имел возможность лучше изучить характер этого субъекта. В нем было нечто постоянно меня возмущавшее, -- эгоистическая несправедливость, жестокая грубость по отношению к другим и еще более -- к собственной жене, которую он самым недостойным образом эксплуатировал в денежном отношении. Мои парижские письма были исполнены возмущения его поступками, я обвинял его со всей присущей мне искренностью и нисколько не щадя. Ответы его становились все более и более нежными, он не переставая говорил о совместной жизни -- "чистой и серьезной -- вдали от людей, -- жизни, которая должна послужить образцом и положить начало будущей жизни, полной гармонии..." Я отвечал ему: "Вы внесете в эту жизнь разрушительное, эгоистическое начало, которое ее отравит", и приводил ему стихи Пушкина, который вложил в уста старого цыгана, изгоняющего из своего табора "беглеца древней цивилизации", такие слова: "Оставь нас, гордый человек, -- ты для одного себя хочешь свободы -- мы простодушны и с тобою жить не можем".
   Изгнанный из Парижа, я в июне 1850 г. уехал в Ниццу. -- То была огромная ошибка -- надобно было ехать в Лондон. -- Этот субъект все это время жил у моей матери в Цюрихе; в конце августа она привезла его с собою в Ниццу. За два дня до его приезда г-жа Г<ервег>, предвидя столкновение, взяла у меня взаймы 10 000 франков на два года. -- Они были без средств, и я предложил им этаж в нанятом мною доме; из деликатности я брал с них сущую безделицу в качестве их доли расходов. И вот вся семья, жена и дети, устраивается за мой счет. Субъекту это было известно, он не вмешивался в дела супруги, а она теперь смеет обвинять меня за то, что я сказал ей это перед ее отъездом.
   Только в Ницце я смог измерить всю глубину несчастья. В Н<атали> боролись два чувства, она пыталась забыться, ее пугала истина. Я был унижен, ошеломлен, глубоко несчастен. При виде этого человека с жалким, трусливым характером, избегавшего всякого объяснения, угнетавшего свою жену, начинавшего завидовать моему богатству, я часто повторял слова, с которыми Гамлет обратился к своей матери: "И ты могла предпочесть такому преданному, любящему другу этого ничтожного ростовщика, который сделает тебя несчастной, ибо у него низменная душа!", но внутренний голос внушал мне, что это не так. Я видел все собственными глазами -- и не верил. Эта вера спасла меня, спасла Н<атали>, спасла детей.
   С этим надобно было покончить -- по меньшей мере с ложью.
   Никогда не приходила мне в голову мысль выступать в роли мужа и судьи. В течение всей жизни я не допускал трусливого дуализма между убеждениями и поведением. Я домогался истины, я имел на нее право. -- После двух, трех лихорадочных объяснений Н<атали> призналась мне во всем (вы скоро увидите, какое гнусное употребление сделал этот субъект из слова "всё"). Сколько выстрадал я, слушая ее, -- поистине надобно обладать таким железным организмом, как мой, чтобы суметь перенести те четыре-пять бессонных ночей, которые последовали за первым разговором. В одну из этих ночей мы сидели на диване, в душе моей царила смерть, впервые возникли у меня мысли о самоубийстве; я захотел испить чашу до последней капли. Я задал несколько вопросов. Она мне ответила. И мы замолчали. Я был совершенно уничтожен; неистовство, проникнутое скорбью и стыдом, овладело мною и -- признаюсь вам откровенно -- мысль убить Г<ервега> пришла мне в голову; с чувством наслаждения задерживался я на этой мысли... Молчание затянулось... Вдруг я поднял на нее глаза; лицо ее было ужасно, мертвенно-бледно, бледно до синевы, -- губы были белы, черты лица искажены, сжаты судорогой -- она ничего не говорила, устремив на меня недоумевающий, мутный взгляд. Вид ее вызвал во мне такую жалость, что, позабыв всё, я взял ее руку, положил голову ей на плечо и кротким голосом, идущим от сердца, стал ее утешать. Несколько минут она ничего не отвечала. Именно тогда-то и произошел в Н<атали> настоящий кризис. Она бросилась, рыдая, мне на шею; я опустил ее на диван в полуобморочном состоянии, у нее хватило лишь силы сказать мне: "Не пугайся; это хорошие слезы, слезы восхищения тобой, слезы растроганности (русское слово гораздо выразительнее -- "умиления"). "Нет, нет, -- говорила она, -- я никогда не покину тебя, если ты сам в состоянии переносить мое присутствие, забыть прошлое..." Ее душа, поддавшаяся болезненной страсти, пробудилась; она стала энергичной, как прежде, она воспрянула. Н<атали> возвращалась -- это сказано ею в одном из ее писем -- "как корабль возвращается в гавань после бури, -- полуразбитый, но в восторге от своего спасения".
   В своем увлечении она не знала, куда идет. Она шла на смерть. Он же все еще жаждал "блестящего будущего" по выражению г-жи Г<ервег>, которая подготавливала уже -- клянусь вам честью -- проект раздела моих доходов.
   После этой сцены я увидел, что Н<атали> остается, но что она все еще подавлена угрозами этого субъекта и всем прошедшим. Надобно было действовать. На следующий же день я предложил, что уеду из Ниццы и предоставлю всем устраиваться по своему усмотрению. Н<атали> и слышать не хотела
   о моем отъезде, -- тогда я потребовал, чтобы субъект покинул дом. Поскольку Н<атали> страшно боялась дуэли или кровавого столкновения, она сказала мне, что как свидетельство моего примирения, моего прощения она просит дать слово не вызывать его. Я обещал, но при условии, что он покинет дом. -- Вот что этот субъект называет моим "давлением" и "злоупотреблением властью". Конечно, я оказывал влияние -- своей преданностью, своей любовью; к тому же разве я не сказал, что остаюсь небезучастным; я уже сказал и повторяю, что предоставляю всем полную свободу. Препятствовать и убеждать -- вещи совершенно разные. В настоящую минуту, например, я влияю на вас...
   Надобно вам сказать, что в течение всего этого времени субъект прятался в своей комнате на третьем этаже и больше не спускался ни в гостиную, ни в столовую. Однако он прислал мне свою жену, которая сделала мне самое чудовищное предложение с той простодушной развращенностью, какую можно встретить только у берлинок. Она предложила мне отпустить Н<атали> с субъектом, чтобы самой остаться при мне. Я повторил в последний раз, что готов уехать, если это угодно Н<атали>; она тотчас же поспешила к Н<атали>). -- Ответ ей известен, и она может вам его сообщить; мне же известен результат. -- На первых порах субъект отказался уехать, снова поиграл в самоубийство, передал мне через жену, что готов к смертельному поединку, но что он ни за что не выстрелит "в друга, перед которым чувствует себя виноватым". Вскоре однако его лимфатическая и мелочно-осмотрительная натура взяла верх и он самым буржуазным образом уехал -- с пожитками, женой, служанкой и детьми -- в Ментону, а оттуда -- в Геную.
   В сей Агари мужского пола с ее берлинским Измаилом, изгоняемых самым унизительным образом из дома, где им было оказано гостеприимство, было нечто столь жалкое и смехотворное, что я не предпринял никаких дальнейших действий. Меня занимал совсем иной вопрос: мне хотелось постигнуть подлинное душевное состояние Н<атали>. Только что совершенный ею поступок являлся необходимой компенсацией за оскорбление, которое было мне нанесено. Страсть могла взять верх... какая же сила побуждала ее действовать теперь, -- было ли это самоотречение, жертвенность, преданность без любви? и в таком случае, найдет ли она в себе достаточно силы, не падет ли она в борьбе, надлежит ли мне, наконец, принять подобную жертву? После первых недель, когда разговоры наши часто принимали лихорадочный и мрачный характер, я вскоре увидел, что у нее это было не чем иным, как совершенно естественным возвращением к любви, которая вела ее в
   течение всей ее жизни, она возвращалась в свое нормальное состояние, мимолетная страсть была лишь исключением, -- Н<атали> чувствовала себя свободней, она помолодела сердцем, освободившись из-под гнета требовательного, капризного существа, действовавшего на нее одним запугиванием.
   Гнусное поведение субъекта вскоре уничтожило последние следы этого злополучного увлечения. В первом письме, с которым он обратился к Н<атали>, он только умолял ее не оправдываться за его счет, принять все на себя; в следующих возобновились угрозы скандала, убийства и самые поразительные предложения -- например, реабилитировать его в моих глазах и взять его в воспитатели к моим детям. -- Н<атали> подумала, что не следует его доводить до отчаяния, и попросила у меня разрешения иногда писать ему. Я сказал, что держусь совсем противоположного мнения, но что она может поступать по своему усмотрению. -- Переписка эта, проходившая через мои руки, привела ко всем последующим ужасам. Н<атали> пообещала ему свидание через год, при условии, что он не злоупотребит правом переписки; это только увеличило его эпистолярную невоздержность. Н<атали> взяла назад свое обещание и прервала, наконец, в августе или сентябре всякую с ним переписку. Она презирала его, ей за него было стыдно.
   Недоставало только одного для увенчания этой гнусной истории -- субъект разгласил все случившееся -- он со своей стороны, жена его со своей. И они не только разгласили, но вдобавок примешали всякого рода клеветы. -- Никто и никогда не смел произнести имя этого человека в моем присутствии, и я молчал, повинуясь тому священному долгу молчания, который неведом мещанским душам. И вот в июле я вдруг узнаю в Женеве от г. Сазонова, что субъект ему все рассказал. Эта неожиданная низость глубоко огорчила меня, я возвратился в Турин огорченный и в самом мрачном настроении. Н<атали>, увидев из моих писем, в каком мучительном состоянии я нахожусь, поспешила из Ниццы мне навстречу и в тот же день, что и я, приехала в Турин. -- Этот знак внимания тронул меня. Именно там в последний раз поговорили мы об этом деле. Мы еще лучше узнали друг друга. Да, мы были все те же, хоть и прибавилось ужасное воспоминание, глубокий рубец. Эти дни в Турине напомнили мне нашу блестящую юность; они напомнили мне нашу жизнь во Владимире. Да, то было второе венчание, -- венчание, быть может, более глубокое по смыслу, чем первое: брак этот заключен был с бóльшим участием сознания, с превосходным пониманием всей той ответственности, которую мы снова брали на себя в отношении друг к другу, пред лицом прошлого, едва не погубившего и не
   опозорившего нас. Я предоставляю самой Н<атали> рассказать вам о лирической стороне этого примирения и о полной гармонии в нашей семейной жизни -- до того дня, когда нас поразило страшнейшее несчастье. 16 ноября моя мать, мой второй сын и один из моих друзей -- его воспитатель -- погибли в Средиземном море. Удар этот сокрушил здоровье Н<атали>; слабость и упадок сил привели к острому заболеванию. Она захворала плевритом; 2 и 3 января болезнь настолько усилилась, что у врачей возникло сомнение, возможно ли будет спасти ее.
   Это-то время и избрал негодяй, чтобы прислать мне гнусный вызов. Ему было известно все, что у нас происходит, от его жены, которую он заставлял жить в Ницце. Я не распечатал бы этого письма, если б он не надписал на конверте: "Честный вызов". -- И что ж, вместо картеля, я обнаружил там грязное, отвратительное по своему цинизму письмо, полное доносов на Н<атали> и невообразимых разоблачений. Мерзость своего поступка он прикрывал словами: "Вам рассказали всё" -- как будто я когда-либо собирался унизить себя и унизить Н<атали> возмутительным рассказом о подробностях. -- Я сообщил об этом письме одному из своих друзей, г. Энгельсону (второму человеку после Сазонова, с которым я говорил об этом деле). Каково же было мое изумление, когда я увидел, что он хорошо осведомлен обо всем случившемся. Г-н и г-жа Г<ервеги> посвятили всех своих знакомых в печальную историю нашего разрыва, позабыв, что одному из них по праву принадлежит звание предателя, а другой -- сводни. Я был поражен и возмущен. Какой поединок мог приостановить сплетни? -- И Н<атали> и я, сохраняя глубочайшую тайну, оставили им достаточно времени для распространения самых гнусных клевет. -- На следующий день уже стало известно, что мне послан вызов; субъект известил об этом свою барыню. Несколько дней спустя г-жа Рейхель сообщила из Парижа Н<атали>, что, как она узнала от г. Колачека, мне послан вызов.
   Пойти на показную дуэль с участием баденской героини -- было бы слишком смешно для столь печальной истории. Дуэль ничего не могла исправить, она была бы бессмыслицей, она была бы ловушкой; единственный человек, которого реабилитировала бы дуэль, был он. Что до моей чести, я не слишком-то о ней думал; я хотел наказать этого мерзавца, отомстить за себя, а не защищать свою честь от него, -- последнее весьма мало меня беспокоило. Скажу откровенно, предшествующие обстоятельства моей жизни, начиная с тюрьмы и 5-летней ссылки у границ Сибири и кончая моим изгнанием из Парижа, давали мне если не право на уважение, то, по крайней мере, на некоторую уверенность в себе самом. Если честь моя могла
   зависеть от предателя, предшествующая жизнь которого не менее известна, чем моя, я предпочел бы быть обесчещенным.
   Отказаться от дуэли -- дело нелегкое. Не забудьте, что я пишу вам через два месяца после вызова. За это время я перенес настоящую психологическую болезнь -- прежде чем я поставил на карту собственную честь, приняв неизменное, твердое решение дать отпор этому человеку, лишенному всякого чувства благородства, достоинства и с закоренелыми предрассудками, -- упорствуя в своем отказе предоставить этому мерзавцу высокую честь дуэли. Я очень хорошо знал, на какое могущественное и неумолимое чудовище я собираюсь напасть. Надменное, бесчеловечное и несправедливое божество чести -- всесильно; оно покоряет даже самых независимых людей, и они повинуются его велениям и отрекаются от своих убеждений, дабы показать, что они достаточно храбры и могут устоять при виде направленного на них пистолета. Я восстаю против этого деспотизма, ибо чувствую себя чистым и невиновным, ибо чувствую себя достаточно сильным, чтобы обратиться с призывом к своим друзьям и рассказать им все. -- Мой отказ имел и другое, более широкое значение; я хотел этим поступком окончательно, торжественно утвердить на деле свободу женщины. Я хотел предоставить всю полноту независимости женщине, чтобы дать ей возможность самой реабилитировать себя. Только глупцы, несовершеннолетние и слабые должны получать защиту от других, а эта женщина сильна, и она еще более сильна, когда защищается одна. Человек этот, желая отомстить за то, что женщина не осталась верна преступлению, что она нe захотела оставаться его рабыней, намерен раздавить ее своим цинизмом. -- Но нет, она раздавит его величием своего раскаяния... Едва лишь месяц прошел с тех пор, как эта женщина начала говорить, и вот уже общественное мнение в изумлении склоняется на ее сторону. Совсем недавно еще жалели меня одного и повторяли клеветнические обвинения, распространявшиеся в течение года супругой Г<ервега>, а теперь уже восторгаются энергией и силой воли Н<атали>.
   Вот начало моего торжества!
   Я кончаю, дорогой Гауг. -- Все подробности, письма моих друзей, наглые и дурацкие выходки субъекта, его отказ, например, выслушать ответ моего секунданта, требование дуэли при закрытых дверях, возвращение письма -- обо всем этом вам расскажут мои друзья, сомкнувшиеся вокруг меня с той благожелательностью и преданностью, в которых я нашел силы перенести муку унижения. Рассказы эти ни в чем не могут изменить основные факты; вы только увидите из них, до какого предела может дойти развращенность в низменной,
   вульгарной, мещанской и подлой душе. Ибо к чему, в сущности, этот реторический парад, столько писем, столько слов? -- Почему не явился он внезапно с пистолетом в руке, почему убежал из дому, почему не попытался он (как писал об этом раз двадцать) убить Н<атали> или же меня, почему, наконец, не покончил он с собой? -- У него не хватает для этого ни энергии, ни смелости. -- Клеветать, чернить, а также запугивать женщину -- гораздо легче, и он это делает. Надобно, в конце концов, положить этому предел и наказать негодяя. Мне необходима для этого помощь моих друзей, их совет; особенно необходима мне вера, что если -- в довершение иронии -- я паду в этой борьбе, мои друзья явят грозный пример справедливости и солидарности.
   Ваш друг А. Г.

161. П.-Ж. ПРУДОНУ

23 (11) марта 1852 г. Ницца.

   23 mars. 1852. Nice.
   Il у a bien longtemps que je désire me rappeler à votre souvenir, mais il y a un tel vacuum horrendum dans mon âme, je suis tellement malade et, si non découragé, au moins dégoûté de la vie, que je ne trouvais rien de digne de vous être communiqué.
   Notre temps appartient en effet à ces époques écrasantes, dont l'histoire ne dit rien, dans lesquelles il ne se passe rien, mais pendant lesquelles l'année se compose de 365 jours et le cœur de l'homme fait ses 60 pulsations par minute. Ce sont les époques des souffrances subjectives dont le lyrisme s'évapore sans même pouvoir atteindre une mention sèche et honorable dans une chronique. Heureusement la bonne nouvelle sur la petite de notre ami Edmond nous a galvanisé pour quelques heures et j'en veux profiter pour vous serrer la main -- et vous remercier de notre part votre secours amical; car, ma femme et moi, nous avons aussi nos droits sur la petite Marie. Elle va s'installer chez nous et j'espère que vous ne viendrez pas nous la prendre avec Mr C, que j'embrasse de tout mon cœur, et, appuyé sur la force armée, sur la majesté des lois et autorités du maire de Nanterre, plus héroïque que B. le détenteur, je déclare que je ne la livrerai pas... au moins avant son mariage.
   Vous changez bientôt de prison. Dieu veuille que la grande ne vous paraisse pas plus dégoûtante que la petite. Le Piémont est encore le meilleur coin de l'Europe. -- Peut-être aurons-nous le plaisir de vous voir ici?
   Je vous salue de tout mon cœur.
   A. Herzen.

260

   Перевод
   23 марта 1852. Ницца.
   Мне уже давно хочется напомнить вам о себе, но в моей душе такой vacuum horrendum[195], я чувствую себя таким больным, а если и не пришел в уныние, то жизнь мне по меньшей мере так опротивела, что я не находил ничего, что стоило бы сообщить вам.
   Наше время в самом деле принадлежит к тем всеподавляющим эпохам, о которых история ничего не говорит, в которые ничего не случается, но год в них все-таки состоит из 365 дней, и человеческое сердце делает свои 60 ударов в минуту. Это эпохи субъективных страданий, лиризм которых исчезает, не заслужив даже сухого и почетного упоминания в какой-нибудь хронике. К счастью, доброе известие о малютке нашего друга Эдмона принесло нам на несколько часов оживление, и я пользуюсь этим, чтобы пожать вам руку и с нашей стороны принести вам благодарность за дружескую помощь, потому что и мы с женой имеем некоторые права на маленькую Мари. Она поселится у нас, и вы, надеюсь, не явитесь, чтобы отнять ее, -- вы, вместе с г. К<ретеном>, которого я обнимаю от всего сердца, и превосходя хранителя ее Б<еше> в героизме, опираясь на вооруженную силу, на могущество законов и на полномочия нантерского мэра, я заявляю, что не выдам ее... по крайней мере до ее замужества.
   Вы вскоре перемените тюрьму. Дай бог, чтобы большая не показалась вам омерзительнее малой. Пиэмонт все еще лучший уголок Европы. Быть может, мы будем иметь удовольствие видеть вас здесь?
   Сердечно кланяюсь вам.
   А. Герцен.

162. М. К. РЕЙХЕЛЬ

26 (14) марта 1852 г. Ницца.

   26 марта.
   Пишу вам мало -- оттого что нечего писать. Но вы уж так избаловались моими частыми рапортами -- что думаю, как бы вы и не начали "горячку пороть", как говорил Лаврентий Журавлев.
   Все идет по-старому. У Н<аташи> вместо плерези сделался грипп, с ней вместе Нат<аша> No 2 и Оленька в гриппе. -- Тоже Юлия (bis), т. е. и я разнемогаюсь. Это и скучно, и глупо, и сопливо, особливо когда есть другого дела по уши. (Это в память
   дочери Пьяскоиj Матвеевны Вайваи Петиовны и ее доски.)
   Стан<кевичи> были и очень, очень освежили меня, мне русский дух необходим, и русские люди глубже возбуждают во мне и ненависть и любовь.
   Опять вышли из дали и снега эти фигуры близкие и родные: Кетч<ера>, бранящегося за бокалом, и Гран<овского>, плачущего мирясь... Корш<а>, бессмертно заикающегося, и Бот<кина>, с эстетическим желудком.
   Ах, если б эдак на недельку дернуть: Николай мол Палыч, ей-богу мол, там московским чудотворцам поклониться, можно мол позволить бродячему человеку, а т. е. замысла как против здоровья или чего иного иметь бродячему человеку не приходится. Мы мол все порядки сами знаем -- в питейной, конечно, с Листафорочем посидим, наказанье от него примем -- и опять к поганым морям поедем.
   Дело идет -- идет к развязке. Мое положение становится лучше. Хор за меня, особенно после письма от Мац<цини>, но тяжело, очень тяжело -- профанация etc. Роль я на себя страшную, назад идти нельзя, -- итак, вперед, друзей, кажется, не посрамлю, ну а свою шею, может, и сломаю, но не так просто, как вы думаете. Гаук едет затем сюда -- чтоб подумать.
   В Ницце нового одно: здесь приехал удивительный актер Modena -- трагик, по-моему, чуть ли не выше Леметра. Он играл на днях роль Cittadino di Gent, которая сильно действовала на меня. Там человек так же позорится -- имея свою великую цель и (так же или нет) умирает подозреваемый. A propos, откуда взяли Стан<кевичи> подозрение насчет Сазо<нова>.
   Рукой Н. А. Герцен:
   Ну вот Ал<ександр> все и рассказал. Я в постеле, Тата возле на другой и т. д. ... а надо выздороветь: я настою на том, чтоб возвращенное письмо прочли ему при мне и при нескольких свидетелях, после чего сделаю словесное дополнение.
   Приезд Стан<кевичей> очень порадовал, да грипп проклятый не дал и наспроситься досыта. -- О конц<ерте> Ел<ена> К<онстантиновна> уж читала прежде в вагоне, говорит.
   Так до следующих раз...
   Жаль от души M. у нас возле тоже раздирает душу.

163. М. К. РЕЙХЕЛЬ

2 апреля (21 марта) 1852 г. Ницца.

   2 апреля.
   Вы, милостивая государыня, буквой N не шутите теперь, после "штатского удара", как выражается Мел<ьгунов>. А то вот какие выходят блазни -- вы упорно называете Villa Douis
   (т. е. Дуйс) Villa Donis -- оно бы и ничего, даже и лучше и на Донизетти похоже, но беда в том, что Ст<анкевичи> искали час, а Бот<кин> -- два.
   Рад был я очень увидеть опять москвича. Товарищ его не нашел сил и храбрости явиться. Застал он нас всех в гриппе, даже меня. Н<аташа> No 1 пострадала более всех, даже я начинал побаиваться, чтоб не вышло тифоидной горячки, -- четыре месяца в постеле, да еще проклятое дело это как туча.
   Что касается до дела, оно вступает в новую фазу и окончится скоро (прочтите мою записку к Мел<ьгунову>). Он дошел до того, что уж стращает -- чем бы вы думали -- ассизами, он пишет к жене и Хоецк<ому> (а та читает всему городу), что он намерен чудеса преступлений наделать, и хочет "эту женщину" посадить на лавку подсудимых... во что б ни стало. У него есть какой-то план клевет, может, и удастся ему меня подкузьмить, но что-то сдается мне, что это не так. Если мне на роду написано -- фатализм бывает во всякой трагедии, это west-indian Pickles[196] ее -- пройти через земский суд и попробовать на конце жизни с противуположной стороны Сибири то, что пробовал в начале, то мне что-то сдается, что именно его при этом не будет. Но бог милостив, мы и постоим (понимаете каламбур насчет посиделок, т. е. ассизов).
   Я может на днях пришлю вексель на имя Рейхеля, о употреблении тогда сообщу.
   P. S. Рейхелю и вам большой поклон от Энгельсона, "крепкий", -- прибавляет он.

164. Н. П. ОГАРЕВУ (черновое)

3 апреля (22 марта) 1852 г. Ницца.

   3 апреля 1852. Ницца.
   Хочу писать тебе, Огарев... не для того, чтоб рассказывать тебе страшную историю последних полутора годов, ее ты узнаешь [из рассказов] от друзей, из моего письма к Гауку, и из целого пука разных писем. У меня нет больше охоты еще раз вызывать воспоминание всех пыток, [болей] страданий, унижений, которыми я прошел.
   Я хочу просто с тобой говорить, раскрыть состояние моей души. Мне сдается, что не долго придется мне говорить и не часто, особенно с тобою.
   Что делать... прошлое несчастие, как рок, влечет меня к гибели, остановиться невозможно, все [то], что я придумал для
   спасения лиц мне дорогих, все мои пожертвования, усилия -- [были] побеждены низостью моего врага и случайностями жизни. Может, с одной низостью я сладил бы, но [когда все мои опоры одна за одной] к злобе, к преследованию присовокупились дикие, бессмысленные силы, как будто самой природе хотелось меня наказать за притязание на независимость и [самоопределение] волю, за притязание разумом [и волей овладеть несчастием] победить несчастие. [Тогда] Мне оставалось, как воину, который видит невозможность победы, броситься, закрывая глаза, в борьбу и [не терять избранного] отдаться той же случайности, оставаясь верным избранному пути. Так я и сделал.
   [Я себя ни в чем не могу упрекнуть, я чист и не вижу ни одной вины в моем былом -- но меня-то судьба и тащит на казнь. В этом ее юмор.]
   Грозная судьба двигается на меня, идет с такой быстротою, что если я на несколько часов забудусь, развлекусь... то с ужасом вижу, насколько она подвинулась ближе, насколько стала неотразимее.
   Я больше нежели чист, совесть моя больше нежели покойна, я горд моими поступками, я показал [силу, любовь, преданность и не могу] и воли силу и силу любви, ни в чем не могу упрекнуть себя... но меня-то судьба и тащит на казнь -- в этом ее юмор, ее атеизм.
   Или, лучше, в этом обвинении ее -- наша глупость, наша неисправимая религиозность, вера в всеобщий разум, в высший порядок.
   Нравственной связи между поступками и событиями нет, во все формулы, стремящиеся составить уравнения между дел и происшествий, вторгается элемент, совершенно несоизмеримый, который мешает, путает последствия и лишает их окончательно той юридической разумности, которую мы ищем, которую насильно вносим[197].

165. М. К. РЕЙХЕЛЬ

5 апреля (24 марта) 1852 г. Ницца.

   5 апреля.
   Я ничего не могу себе вообразить скучнее моих писем. Они должны поневоле повторять теперичнюю жизнь мою. Я почти
   начинаю хохотать над тупым ожесточением судьбы, с которым она меня мучит и толкает в пропасть. Может, пора -- завтра мне сорок лет.
   Представьте себе второе представление первых чисел января. Бонфис по два раза в день, припарки... опиум, вместо плерези от гриппа сделалось мускульное воспаление брюшного муск<ула> -- мученья страшные при кашле. Слабость от четырехмесячной болезни такова, что лекарства боятся давать ... и au bout[198] всего этого или изнурительная лихорадка или даже тифоидная; если же сойдет с рук, то через три месяца роды -- а сил нет.
   А с другой стороны -- мерзавец тот не унимается.
   Одни дети цветут -- новое поколенье, молодая жизнь, свежая смена. Я, как Карл V, откажусь от жизни -- прежде смерти. Как богаты были религиозные люди, на все у них были средства -- и монастырь, и пилигримство; право, кажется, пошел бы пешком на Афонскую гору, да со скуки пропадешь.
   И всё-то мы сердимся на несправедливость судьбы -- почему она избирает невинного и над ним тешится. Это нас ужасно оскорбляет, а все оттого, что в нас еще бездна религии.
   Судьба -- дура с завязанными глазами -- она и не тешится и не наказывает, а ломится вперед, нанося направо и налево удары и толчки.
   Сорок лет! -- Шутка... и все хорошее сзади, и все скверное впереди -- впрочем, сквернее настоящего не может быть.
   А впрочем, пожил... год, два наберется хороших. Недавно какой-то англичанин считал свою жизнь перед смертью и свел ее на несколько дней. Например, так... Мне 40 лет, из них 10 бессмысленного детства, 10 проведены во сне, 10 ел, мылся, надевал сапоги... Остается 10 лет. Исключить из них тюрьму, ссылку, болезни близких и последние полтора года, то увидите, что больше 5% не дают, а то и 41/2 %, как у вас фонды. А тут еще прибавить -- сколько времени я искал часовой ключик, терял перо, платок, сердился, так и останется два, три дня до свадьбы, да год после, свиданья с Огар<евым>, пиры с друзьями, февраль 1848, две-три беседы...
   Ну стоит растить после этого вашего Сашку -- на четверть часа счастья и полстолетья горя и пищеваренья.
   Н<аташа> для него и для Маврикия нашила короб платьев, я было его и послал, но сказали в таможне, что готовые платья очень дороги и что с вас в Париже за это слупят, я и жду оказии.
   Я советовал для Сашки сделать платье сзади так -- с подвижным на застежках задом, тогда можно бы было пристегивать второй экземпляр в случае сырости -- мысль умная, но ее не приняла Н<аташа>.
   Прощайте. Целую Рейхеля. Сегодня страстной понедельник, и ведь мне жаль, что я не слышу великопостного звона... что не нужно идти к заутрени, слушать XII евангел<ий> и отмечать воском на свече... а хлопоты исповеди и причастия... усталь, грыбы, правила, дьячок охриплый, диакон заспанный... чем все это заменить?.. Нечего будет нашим детям поминать, свели мы их жизнь на прозу пищеварения да на скуку рассудка.
   Ваши менины тоже скоро. Поздравляю, к ним-то, собственно, и велено отправить куртки, да не знаю, успею ли. А ведь Рейхель ни слова не написал, хочет ли в опекуны -- или он думает -- я застраховал себя.
   Да поклонитесь много Мел<ьгунову> (прочтите ему письмо) -- что он едет когда-нибудь домой или остается? Коли мосты не снял, пусть едет. Ник<олай> Сем<енович> стал на ноги припадать, пухнет, видно, готовится потонуть сам в себе -- naufrage à l'intérieur, знаете, как Монталамб<ер> говорил Ришелье: поход внутрь. Признак водяной.
   Прощайте. Скучно, грустно, и какая-то злоба жгучая и бессильная буравит. -- А впрочем, ничего...
   Письмо -- почта завтра утром.
   Итак, сорок лет без сорока минут, а через 9 лет я буду подписывать Pie IX лет. (Pie -- сорока!)

166. М. К. РЕЙХЕЛЬ

7--9 апреля (26--28 марта) 1852 г. Ницца.

   7 апреля. Ницца.
   Глупый праздник рожденья тем глупее прошел, что Н<аташе> хуже и хуже. Силы не возвращаются, лихорадка сильнее и сильнее... словом, мы быстро подходим к тому, что было в начале января. -- Но я спокойнее, не оттого чтоб надеялся, но оттого, что в два последние месяца я сжился с всеми ужасами и ежели не окреп, то притупился, одеревенел.
   Итак, этот мерзавец, этот злодей достиг своей цели. Он не мне мстит, он мстит Н<аташе>... и убил ее. Если б я продолжал молчать после картеля, тогда клевета и грязь, расточаемая его женой, были бы подтверждены. Мне было необходимо
   дать Н<аташе> оправдаться самой, на это оправданье, сделанное торжественно, пошли все силы, оставшиеся от 16 ноября. Обиды росли, наглость его, издали, не знала пределов. Все это падало ядом на больную грудь, и тем сильнее, что она беспрерывно говорила, что все это заслужено. И вдруг ничтожная болезнь переполнила чашу, совершенная прострация делает невозможным всякое леченье. Фогт опять ночевал. Утром опять получше, но пароксисм делается в 5 часов.
   8-е. Полдень.
   Кажется, будто лихорадка меньше, и боли поутихли. Но зато готовятся fausses couches[199], хотя еще определенно сказать нельзя. Во всяком случае скоро должно идти к лучшему или худшему.
   9. Полдень.
   Лихорадка все так же. Кажется, надежда за надеждой уносится. Я собрал все силы и готов, насколько сил есть, выносить бремя, -- после всего испытанного, жизнь только бремя, одно любопытство может заставить жить -- остальное увяло.
   Получил я письмо от Ник<олая> Ал<ександровича>. Напрасно он думает, что я осержусь на его письмо. Я так уверен в его любви, что и тогда, когда бы его мнение было иное с моим, я бы не сердился. -- Его мнение умнее моего, -- но справедливо ли от человека, который дал залог своей силы, как я, требовать еще и еще. -- Ассизы в устах этого подлеца страшнее угроз огнем и водой -- потому на это надобно только подлость; Мел<ьгунов> говорит об оправданье... да разве вы не понимаете, что цель не в обвинении, а в том, чтоб публично в суде дошла речь до разрыва и переписки, т. е. чтоб женщина была потеряна. Как же мне молчать? ...Я и то молчу -- другие не будут молчать. Фатум, оставимте что-нибудь случаю и инстинкту.
   От вас письма нет, хотя Мел<ьгунов> и пишет, что есть?? Какое?

167. М. К. РЕЙХЕЛЬ

10--11 апреля (29--30 марта) 1852. Ницца.

   10 апреля.
   Не хуже -- это очень много. Будто есть надежда, дни в два можно сказать более. Вы поймите сложность болезни. -- Середь долгого выздоровления, обыкновенно следующего за
   плерезией, явился эпидемический грипп. Спазматический кашель тотчас произвел начало воспаления в боку (но ниже того места, где была плерези), с страшным колотьем оно спустилось и захватило абдоминальные мускулы. Отсюда боль в животе, ждали родов, вышло воспаление в животе, болезнь сама по себе чрезвычайно опасная. Вот вам одна сторона. Другая -- беспрерывная лихорадка, сменяющаяся пòтом, -- лихорадка, стремящаяся сделаться перемежающейся, но со всеми признаками воспалительной. Дать хинину -- значит еще более раздражить воспаленье. Не давать -- значит позволить усиление лихорадки.
   ...Ждем. День за днем идет, унося силы, которые и не возобновлялись после плерези...
   11 апреля.
   Вот вам и "Христос воскресе". Революционнее праздника быть не может. -- После "штатского удара" я написал небольшой дифирамбик с эпиграфом:
   ..."Совершилось", и Христос испустил дух. --
   ...Чего ты плачешь, -- сказал он Магдалине, --
   иди и скажи ученикам: "Христос воскрес".
   Между этой фактической гибелью и этой поэтической верой именно та полоска людей, которая собою обновляет вялую массу живого мяса и отдает себя в ненужную жертву и которая на краю гибели -- кричит: "Чего ты плачешь... Христос воскрес".
   Вот вам и слово по святой пасхе.

   Болезнь ни шагу назад, ни шагу вперед.

   Писали ли вы ко мне письмо вместе с Мел<ьгуновым>, т. е. в тот же день, как он, а его пришло 9го, стало, писано 6го... Oui ou non?..[200] У Хоец<кого> на днях украли письмо, будьте осторожны, как приятель Ботк<ина>, который не смел ко мне зайти.
   Мне по многому кажется, что я мою карьеру кончил, спокойно смотрю назад -- было много хорошего, кое-что сделано. Если я переживу болезнь эту и здоровье того негодяя -- мне бы хотелось покоя... покоя -- я в сущности старее, нежели кажусь -- у меня манера молодая... а сердце старо. Помните вы форейтора у Льва Ал<ексеевича>, Панкрата, ему было лет 60, с наружностью -- мальчика, издали, но вблизи весь в морщинах.
   У меня юности осталось больше в отрицательном -- негодованье, даже "недаром близь Корсики живу" -- "недаром на
   святом берегу Италии обретаюсь", чувство ненависти и вендетты молодо -- и то на минуту.
   Да старчески чувство -- любви к тем, кого люблю, а в том числе и к вам. Учтивее кончить нельзя.
   Прощайте.
   Рейхелю посылаю мысленно крепкое яйцо, выкрашенное сандалом.
   Мел<ьгунову> не посылаю -- он изувер, Фейербаха читал, волтерианец, против Греча писал и безмерно справедлив и нравственно рассуждает: во-1х говорит так, а во-2х так -- стало, так. А будто не знает пословицы: "Si la raison dominait dans ce monde, rien ne s'y passerait". -- Можно прибавить: "on se passerait même de la création"...[201]

168. M. К. РЕЙХЕЛЬ

13 (1) апреля 1852 г. Ницца.

   Рукой В. А. Энгельсона :
   Через несколько часов после вашего письма я увидел того, о котором вы мне писали. Дальше он не поедет, итак, будьте спокойны. Дело, по всем вероятностям, будет длиться, длиться -- бесконечно. Чем оно развяжется -- не знаю, но думаю -- кончиною Нат<алии> Алекс<андровны>. Сегодня она мне сказала, что хоть она и не замечает, не чувствует, чтоб ее положение становилось хуже, но что мучения невыносимы. Доктора говорят, что если жизнь продлится на 4 недели, то они ручаются еще за 4 месяца дальше -- т. е. до родов. -- Вот все, что я имею сказать вам. Скучно! очень скучно! так что с трудом слово высказываешь. -- Постарайтесь не заботиться, -- в таких положениях лучшее дело -- смирение. --
   13 апреля.
   Посылаю вам вексель на 3500 фр., возьмите эти деньги на всякий случай. Может, я попрошу приехать сюда вас, вы не отказывайтесь -- может, еще гроза и пройдет. -- Главное теперь должно быть устремлено на детей. Верьте в то, что сделается все, что можно.
   В Россию стоит написать, что я удивляюсь ответу Сат<ина>. Разумеется, об вещах пишите Кетчеру.
   Пока вот и всё.

169. М. К. РЕЙХЕЛЬ

15 (3) апреля 1852 г. Ницца.

   15 апреля.
   Не хуже, даже долею лучше. Лихорадка, т. е. жар меньше. Есть надежда. -- Впрочем, вы будьте reisefertig[202], и Рейхель
   пусть вас отпустит на два месяца. Друзья вы мои -- я на вас ведь считаю как на себя. -- Да скажите Мел<ьгунову>, что я благодарю его за письмо, только как можно писать такими терминами -- сургуч дело тающее...
   Завтра больше. Прощайте.

170. М. К. РЕЙХЕЛЬ

17 (5) апреля 1852 г. Ницца.

   17 апреля. Суббота.
   Болезнь как будто идет тише. Но лихорадка не прервана, и слабость еще больше. Надежд мало -- но есть. Я до того присмотрелся ко всему ужасному, что повторяю все эти страшные вещи, как будто их смысл легок.
   Если пойдет хуже -- я тотчас напишу, приезжайте сюда с вашим Сашкой и возьмите с собою детей в Париж. -- Я хочу непременно, чтоб вы стояли в главе воспитанья женского. За Сашу я возьмусь -- если я останусь цел, после всех этих ударов.
   Cher Reichel, ne craignez aucune responsabilité, je vous donnerai des collègues et des aides. Mais je veux que Marie et vous restiez près des enfants jusqu'à leur majorité, en cas de ma mort. Vous aurez, comme conseil -- Engelson et Haug et encore deux, trois personnes. -- Maintenant ditez-moi avec franchise, était-ce une plaisanterie ou votre sérieux, d'aller en Amérique? -- Peut-être nous pourrions faire ce voyage ensemble, -- ne pensez jamais aux frais, il y va seulement de votre désir[203].
   При случае отдайте Саз<онову> записку.
   Мел<ьгунов> пусть радуется. Новая болезнь снова опустила мои руки. Но, право, я не вижу причины радоваться друзьям. Всякое несчастие вынес бы я легче, нежели эту страдательность; я было воскрес, но судьба и дружеские предусмотрительности снова оставили меня с оскорблением и без всякого конца.
   Я слабею, -- я хочу удаленье, я хочу разорваться со всем прошлым (кроме двух-трех связей, сплетенных давно и которых не выдерешь из сердца без сердца).
   Помните, что я писал насчет осторожности в письмах, и прощайте.
   Иногда мной овладевает животное равнодушие, и иногда болят все поры, все нервы. Я страшно несчастен -- и стыжусь этих жалоб, они мне не к лицу, и чем -- черт возьми -- чем я созвал их на голову свою.

171. М. К. РЕЙХЕЛЬ

18 (6) апреля 1852 г. Ницца.

   18 апреля 1852. Воскресенье.
   Силы видимо исчезают. -- Я не знаю, есть ли два дня вперед. Молчу, креплюсь, но по многому не могу всего взять на одного себя. Га<у>к мне большое утешение, но его пребывание не упрочено здесь. Можете ли вы приехать, к 1 маю вы были бы здесь. -- Если до тех пор все переменилось бы к лучшему, несчастие не велико, что проедетесь. Во всяком случае я в Ницце не остаюсь, может, уеду очень скоро -- одна полная надежда на вас; думаю, что Га<у>к и Эн<гельсон> вам помогут. А потому -- если вы здоровы, пошлите-ка за местом в дилижанс и с Сашей, а еще лучше возьмите при нем няню (пожалуйста, не думайте о расходах и тратьте из 3500 сколько хотите). -- Возьмите целое купе до Лиона. Там отдохните. Потом до Марселя, на пароход не садитесь. Если бы вы и меня не застали, застанете инструкции, всё приготовите, уложите и поедете в Париж. Все это, разумеется, на случай страшного окончания болезни. -- Я тороплюсь писать, боясь, что после не будет ни головы, ни сил. А между тем детей нельзя оставить без положительного руководства.
   Вечер.
   Не хуже -- и не лучше. Если вы решились, то думаю, что во всяком случае лучше решиться, да и в дорогу. И совестно мне, да -- вы ведь моя сестра.
   Прощайте...
   Письмо придет 22 или 23. Напишите, едете ли. А впрочем, я теперь буду писать всякий день.

172. М. К. РЕЙХЕЛЬ

20 (8) апреля 1852 г. Ницца.

   20 апреля. Утро.
   Вчера не писал я вам и не умею объяснить отчего -- целый день собирался, да голова идет кругом.
   Крутой и горячечный характер болезни как будто приостановился с 18го (вечера), но кашель и воспаление в легких очень сильны. Мы с утра до утра стоим как на лезвии ножа, малейшее движение в сторону -- и все погибло. Ни Бонфис, ни Фогт не имеют, кажется, надежды -- но я знаю неимоверную силу этого организма, духовную и физическую. Это отчаянная борьба -- может, из нее и выйдет она, так же торжественно, как из нравственной.
   Я жду, останавливаю суждение и готовлюсь.
   Вас тоже ожидаю. Что бы ни было, вы очень необходимы. Может, я уеду из Ниццы, и нам надобно хорошенько согласиться насчет всех дел.
   От Мельг<унова> письмо. Его письма всегда служат мне отрадой и отдыхом. Я ничего не знаю противуположнее его теплому, полному любви вниманью, как таковое же Ник<олая> Иван<овича>, который, наконец, вывел меня из терпения. "Фраза, холод и гранит". Пожмите руку Мельгунову -- много и скажите Рейхелю, чтоб он на меня не сердился за небольшую разлуку.
   Остальные деньги от 3500 привезите с собой, француз<скими> банковыми билетами.
   Скажите Мельгун<ову>, чтоб он опять писал, я его прошу, письма его утешительны, а, право, теперь мне всякая капля отрады -- богу свечка.
   Да кстати, скажите, чтоб он прибирал мои письма, в которых есть завиральные мысли.
   12 вечера.
   День тяжелый, т. е. если не совсем хуже, то в том же положении. Письмо ваше получил. Вы добры, как я ждал, а потому писать буду на имя Рейхеля -- а вас жду.

173. А. РЕЙХЕЛЮ

26 (14) апреля 1852 г. Ницца.

   Nizza, 26 April.
   Gestern habe ich, lieber Reichel, den Brief von Maria bekommen, aus welchem ich sah, daß sie schon auf der Reise ist. Dank und Dank. Ja, Freunde haben mich nicht verlassen. Sie nehmen die Hälfte der Schmerzen, fürchterliche Kreuz, welches mir als Lohn von der Fatalität zugefertigt war.
   Ich stehe am Wendepunkt: oder wird alles untergehen, oder etwas gerettet. In beiden Fällen fange ich ein neues Leben an. Den letzten Teil.
   Alles hängt von der Krankheit ab, den 24-ten glaubten alle Doktoren und wir, daß alles sich beendigen wird; aber die Kranke erholte sich und war 2 Tage heil.
   Die Schwäche ist unendlich groß. Aber der Organismus kämpft mit acharnement.
   Bereit auf alles, stehe ich da -- die Hände gefaltet und warte auf stupide Sentenz einer stupiden Macht und werde alt und dumm.
   Adieu, geben Sie das Zettelchen an Melg.
   Перевод
   Ницца. 26 апреля.
   Вчера милый Рейхель, я получил письмо от Марии <Каспаровны>, из которого узнал, что она уже в пути. Спасибо, спасибо. Да, друзья меня не покинули. Они берут на себя половину страданий, ужасный крест, ниспосланный мне судьбою как возмездие.
   Я стою у поворотного пункта: или все погибнет, или что-нибудь будет спасено. В обоих случаях я начну новую жизнь<.> Ее последнюю часть.
   Все зависит от течения болезни; 24-го все доктора и мы думали, что все кончено, но больная пришла в себя и 2 дня ей было лучше.
   Слабость беспредельная. Но организм борется с acharnement[204].
   Готовый ко всему, стою я сложа руки и ожидаю бессмысленного приговора бессмысленной силы и становлюсь старым и глупым.
   Прощайте, передайте записочку Мель<гунову>.

174. А. РЕЙХЕЛЮ

27 (15) апреля 1852 г. Ницца.

   27 April.
   Keine große Änderung weder zum Guten, noch zum Schlechten. Die Prostration ist groß. Sie ißt beinahe nichts. Da haben Sie meinen Bericht. An Melg werde ich ein anderes Mal schreiben. Wir warten übermorgen Mme Reichel. Sascha wird Sie empfangen auf dem Pont du Var.
   Sagen Sie H Bernazky, daß anstatt mir die Erlaubnis zu geben über Frankreich zu gehen -- hat man mir ein Refus vom Ministre des affaires étrangères geschickt.
   Le soir.
   Cela va très mal. -- Toutes les espérances s'évanouissent. Dieu des dieux, ce qu'elle souffre. Demain je vous écrirai, si cela ira bien.
   Перевод
   27 апреля.
   Никаких существенных перемен ни к лучшему, ни к худшему. Полная прострация. Она почти ничего не ест. Вот вам мой ответ. Мельг<унову> напишу в другой раз. Послезавтра ждем Мme Рейхель. Саша встретит ее на Варском мосту.
   Скажите г. Бернацкому, что, вместо того чтобы дать мне разрешение на проезд через Францию, мне прислали refus от ministre des affaires étrangères[205].
   Вечером.
   Очень плохо. -- Все надежды исчезают. О господи, как она страдает. Завтра напишу вам, если будет все благополучно.

175. ГЛАВНОМУ ИНТЕНДАНТУ НИЦЦЫ

О. ФЕРРЕРО ДЕЛЛА МАРМОРА

Около 13 (1) мая 1852 г. Ницца.

   Frappé de nouveau par un malheur terrible, ma pensée se tourne vers d'autres infortunés. Permettez-moi de vous remettre la somme de cinq cents francs pour qu'elle soit distribuée, par votre entremise, aux indigents de la ville de Nice.
   Agréez, etc.
   A. Herzen.
   Перевод
   Вновь постигнутый ужасным несчастьем, я мысленно обращаюсь к другим обездоленным. Позвольте передать вам сумму в пятьсот франков для распределения ее, через ваше посредство, среди нуждающихся жителей города Ниццы.
   Примите и пр.
   А. Герцен.

176. А. РЕЙХЕЛЮ

21 (9) мая 1852 г. Ницца.

   Nice. 21 mai 1852.
   Cher Reichel,
   Demain part Marie et mes enfants, je les laisse sous votre garde -- c'est la limite de la confiance. Marie et vous -- vous
   me remplacerez pendant quelque temps. C'est un bienfait pour moi. Mais vous ne devez pas en souffrir. J'ai parlé avec Marie et j'insiste sur ce point; je veux avoir la permission d'évaluer moi-même les dépenses. Si les enfants restent une année je vous remettrai 5000 frs. -- Vous pouvez disposer de 2500 dès aujourd'hui et cela sera pour les premiers six mois. Ne m'objectez rien, de grâce, vous me chagrinerez profondément.
   Je ferai tout mon possible pour revenir à Paris. Alors je prendrai une petite maison près de vous. Dans le cas contraire Marie m'amènera les enfants dans quelques mois. Dites à Bernazky que c'est le temps de pousser ses amis, ses ennemis, à m'aider un peu et demandez Schombourg s'il n'y a pas de possibilité de faire quelque chose par Rotschild.
   Je vous envoie une lettre de change à votre ordre sur Rotschild, sur une somme de 5000 frs. J'en ai déjà donné l'avis. Faites vous rembourser le même jour et remettez 1000 frs. à Ernst. -- Gardez les 2500 pour vous et 1500 laissez les en billets chez vous, je les demanderai, moi ou Ernst, une partie ou le tout.
   Aimez les enfants.
   Aujourd'hui il y a 14 ans que je me suis marié -- il n'y a que des tombeaux autour. -- Je ne suis pas vivant non plus, mais je me tiens.
   Je vous embrasse.
   Перевод
   Ницца. 21 мая 1852 г.
   Дорогой Рейхель,
   завтра уезжает Мария <Каспаровна> с моими детьми, оставляю их на ваше попечение -- это предел доверия. Мария <Каспаровна> и вы будете заменять меня некоторое время. Для меня это благодеяние. Но вы не должны от этого пострадать. Я говорил с Марией <Каспаровной> и настаиваю на этом пункте; позвольте мне самому определить расходы. Если дети проживут у вас год, я выдам вам 5000 франков. Вы можете уже с сегодняшнего дня располагать 2500, и это будет взносом за первое полугодие. Не возражайте, ради бога, вы меня глубоко огорчите.
   Я сделаю все для меня возможное, чтобы возвратиться в Париж. Тогда я найму домик вблизи от вас. В противном случае Мария <Каспаровна> привезет мне детей через несколько месяцев. Скажите Бернацкому, что пора потормошить его друзей, его врагов, чтоб они мне немного помогли, и спросите Шомбурга, нельзя ли что-либо сделать через Ротшильда.
   Посылаю вам вексель на Ротшильда в 5000 франков на ваше имя. Я уже послал об этом уведомление. Пусть вам выплатят в тот же день, и передайте 1000 франков Эрнсту. -- 2500
   оставьте себе, а 1500 сохраните в векселях, я или же Эрнст затребуем их у вас, частично или все.
   Любите детей.
   Сегодня исполнилось 14 лет со дня моей женитьбы -- и вокруг лишь одни могилы. -- Я и сам уже не живу, однако еще держусь.
   Обнимаю вас.

177. М. К. РЕЙХЕЛЬ

24 (12) мая 1852 г. Ницца.

   24 мая, утро.
   Если бы я вымерил прежде, как трудна разлука с детьми, может, я, вопреки уму и разуму, оставил бы их. Особенно отсутствие Таты. Такая пустота и тоска в огромном доме, да к тому же отвратительная соседка моя.
   Если все пойдет хорошо, я постараюсь, так или иначе, навестить их через три месяца. Судорожное волнение, в котором я жил, улеглось, зато пустота и весь ужас потери яснее, живее. Всякую ночь я вижу во сне смерть Н<аташи> с такими страшными подробностями, и мне так кажется, что еще можно спасти, -- сегодня я даже видел Ив<ана> Ал<ексеевича>. Фантазия, сон и быль -- все обращено на былое, на кладбище. Видел еще и Огарева.
   Лишь бы время искуса прошло, чтобы отдаться тихо и спокойно воспоминанью. -- Сегодня, может быть, будет письмо из Марселя. Прощайте. Если увидите Саз<онова>, скажите ему, что я усердно благодарю за письмо, но писать особо не имею еще ни сил, ни желания.
   Дружески жму руку Рейхелю.
   Сейчас получил письмо из Драгиньяна. Вот это мило. Ай да генерал!

178. М. К. РЕЙХЕЛЬ

24 (12) мая 1852 г. Ницца.

   24 мая 1852.
   И второе письмо, т. е. из Марселя, пришло. Теперь вы, вероятно, в Париже. Я жду письма, чтобы ехать в Геную. Письма адресуйте туда или сюда poste restante -- все равно дойдут, лучше даже, пока я не напишу еще раз, посылать в Ниццу.
   Моей нравственной устали и ничтожности нет предела. Мне трудно написать вам несколько строк. Нет ни определенных
   мыслей, ни желаний. Серо и тяжко. Таты мне сильно недостает, но не бейся, сердце, -- время воли еще не пришло. -- Вы обещали намекнуть насчет Никол<ая> Пл<атоновича> в России.
   Кольните Сат<ина> слегка.
   Скука у нас царит. Купаемся, спим, пустота, тоска, бежать бы куда-нибудь. А тут эта пошлая дура кокетничает, тянется, дуется и здоровеет.
   Нет Ахилла и Патрокла,
   Жив презрительный Терсит.
   Это грубо и гадко. Но, во-первых, она мне мешает жить, во-вторых, она в моих глазах топит человека, которого я много и сильно люблю.
   С другой стороны, берлинка только и охает о векселе. Это ее так занимает, что не мешало бы передать Петерсону. -- Он меня очень утешил своими письмами. Какая нежная и крепкая натура.
   Прощайте. Вас я продолжаю любить безмерно и даже без всякой подлости, чтобы этим детям заслужить сахарную булочку.
   Рейхеля обнимаю.
   К следующему разу я напишу адрес доктора, на случай необходимости, ибо Пальм стар, а незнакомых боюсь.

179. ТАТЕ ГЕРЦЕН

24 (12) мая 1852 г. Ницца.

   Друг мой Таточка.
   Скучно мне без тебя, пиши мне скорее письмо. А я скоро начну писать сказочку, о которой, помнишь, как ты меня просила.
   Будь здорова. Поцелуй много, много Оленьку. Думай часто о Маме, какая она была добрая и как любила Тату.
   Твой Папа.
   Ницца. Мая 24.

180. М. К. РЕЙХЕЛЬ

31 (19) мая 1852 г. Ницца.

   31 мая 1852. Ницца.
   Вчера получил ваше письмо из Парижа. Ну, это дело, стало, с концом, пусть дети пока поживут под кровом вашим. Пока страшный фатум, который играет со мной так по-тигриному
   два года, не доиграет, я несвободный человек и живу, задерживая дыханье и не делая планов на будущее. Потом отдохнем, -- а как хочется отдохнуть. -- Ну, да это все известно.
   Доктор, о котором я писал, -- Compardou, -- к нему будет записка от Тесье, но он не уверен в адресе, а потому рекомендует спросить Mme Tessié -- ей от меня искренний, дружеский поклон.
   Полковник отправился вчерашнего числа в Геную. Я останусь еще здесь дней пять (если не будет особых обстоятельств), и, верите ли моему малодушию, я остаюсь только потому, что полковница в Генуе, а мне от нее тошно, как от корабельной качки.
   Бедный полковник, мне его смертельно жаль. Портрет для Оли очень удался, и я желаю еще с него копию. Ту и отправлю.
   У нас теперь духа женского в доме нет, точно état-major[206] или казарма, или, пожалуй, монастырь. Прощайте. Я еще заеду на почту, и, если есть письмо, прежде прочту и припишу вам.
   Скажите Морицу, чтобы он не обижал ваших приемышей, ибо он maître de la maison[207].

181. M. К. РЕЙХЕЛЬ

2 июня (21 мая) 1852 г. Ницца.

   2 июня 1852. Ницца.
   Второе письмо ваше из Парижа пришло. Ах вы, моя милая Маша, как вы рассуждаете о том, что я не уехал или что я не один. Сердцем, умом, бешенством и грустью, всем -- понимаю я это. Но я год и десять месяцев склоняюсь перед какой-то силой и имею не волю, а упорство.
   Последние минуты N, первые дни после ее кончины были отравлены тревогой, беспокойством, ожиданьем. Мне не дали сосредоточиться шумом, говором, напоминаньем злодея -- меня развлекли... Теперь стало тише, но та же туча висит над головой, изнашивая силы вечной борьбой. Я думаю, что я скоро дойду до колоссальной апатии, -- надломленная душа сломится тогда.
   Мне в будущем ничего нет, и нет мне будущего. Дети. По совести, разве они не воспитаются, не вырастут после меня, когда есть друзья, как вы и как двое, трое еще. Заметьте, что во мне нет ни малейшей способности учить, напр<имер>, Сашу. Мое положенье ужасно изменилось после 2-го мая и даже после отъезда детей.
   Я становлюсь независимее и ненужнее, все интересы мало-помалу тухнут, грусть и думы о былом, грусть и страшное желанье казни и обличения -- вот три четверти моей души, четверть принадлежит друзьям. Дети входят во все. -- Но дети -- будущее, которого у меня нет да которого я уж не ищу. -- При всем этом меня иногда ужасает, иногда пугает мое каменное здоровье, это что-то нечеловеческое.
   Жизнь более покойная непременно придет, но я должен дойти до нее исподволь, я слишком еще завишу от обстоятельств и людей, чтобы делать круто. Au reste[208] с отъезда Мme Еngelson у нас гораздо лучше, тише, серьезнее. Жду только писем от Петер., т<ак> ч<то>, вероятно, все-таки к субботе уеду. Обо всем извещу.
   P. S. Письмо, извещающее о Трио, от Таты, пришло. Так как от Петерс. ничего, то я опять день-другой больше здесь.

182. М. К. РЕЙХЕЛЬ

5 июня (24 мая) 1852 г. Ницца.

   5-го июня. Ницца. 1852.
   Сегодня едет Эдмунд в Турин, во вторник утром, места уже взяты, отправляемся мы в Геную. От вашего спутника получили грамотку из Лондона, он здоров. Наконец я двигаюсь с места -- что будет, где осяду, как -- не знаю, да, по правде сказать, все это равнодушно. -- Дети у вас, Саша не останется один. Хорошо, если я в наличности, а нет -- так и это недурно. Людей совершенно ненужных не бывает, у кого нет детей -- есть Фаяль, у кого нет Фаяля -- есть дом, сад, огород, стало, такой надобности не переживешь.
   Два месяца, два года тому назад я был необходим. Передо мною было страшное событие, и крик раскаянья, и крик спасения -- я спас и спас бы торжественно, но пароход "Bordeaux et Nantes" был не в моей воле, но ряд злодейств чудовищных, нечеловеческих был не в моей воле. Я, как восстановитель, как мост между светлым былым и настоящим, брошенный через пропасть, был необходим. И вы знаете, сколько гордости, предрассудков я принес на жертву -- все это кончилось смертью. Я чувствую почти всегда эту холодную руку, покрытую потом. С этой смертью я сделался почти лишним. Великое дело, когда человек умеет понимать, что он перешел высшую точку своей жизни.
   Моя высшая точка был этот страстной год. Кто хотел, кто мог вглядеться во все совершившееся во мне -- тот не откажет
   мне в силе и последовательности. Далее самое это сделается ролей, манерой. Надобно удалиться со сцены, пятый акт оканчивается, театр покрыт гробами -- кому же нужно видеть, как Тальма, после, у себя раздевается, как его кусают блохи и как он чешется. Живи или умирай, -- это все равно, но знай, что ты доигран; но знай, что 3-го мая были и твои похороны. Это так верно, что стоит подумать, напр<имер>, о Пие IX, о Ледрю-Роллене и Сiе: если бы они вовремя умерли -- они остались бы великими тенями, а теперь один гадок, а другой смешон.
   Все, что вы можете против этого сказать, -- дети. Я это чувствую, но я вам писал третьего дни: я неспособный человек; впрочем, они-то и держат в узде. Да еще -- дружба. Она проводила меня и теперь окружает, не оттого ли это чувство долговечнее, что оно не столько дает, не столько требует, не все берет, -- об этом рассуждайте сами, а я довольно беседовал.

183. М. К. РЕЙХЕЛЬ

7 июня (26 мая) 1852 г. Ницца.

   7-го июня 1852. Ницца.
   Завтра утром мы выезжаем, адресуйте впредь до перемены à Gênes (Etats Sardes), poste restante[209]. Мне очень больно расстаться с Ниццей -- это последнее подтверждение всех несчастий. Может быть, годы пройдут прежде, нежели я увижу дом Сю, для меня это скала, к которой был прикован Прометей, -- дом Дуйс и могилу. Но выбора нет, пятое действие несется быстро -- веет концом. Не концом грусти, -- сломленная душа не склеится, -- но концом тревоги, чувством унижения.
   Да, намекните Огареву -- а куда он приедет? Пожалуй, мы и в Нью-Йорк лупнем. Я беру назад, что писал в прошлом письме о ненужности. На мне еще лежат обязанности сказать погребальное слово и слово благодарности.
   Прощайте.
   P. S. Сейчас получил из Лондона второе посланье, и от Осипа Ивановича тоже. Петерс. молодец, -- да, дружба себя показала. -- Прощайте, а из Генуи скажу: "Здравствуйте!"
   Mme Расelli целует Тату.
   При свидании поклонитесь Mme Tessié и скажите, что ее муж -- мое единственное утешенье теперь с Сашей.

184. ТАТЕ ГЕРЦЕН

24 мая--7 июня (12--26 мая) 1852 г. Ницца.

   Тата, вчера живописец принес два портрета Мамы, один повеселее, а другой такой печальный, я его оставил себе, а тебе и Оле посылаю тот, который веселее. Повесь его над своей кроваткой и всякий день здоровайся и прощайся с ним, и Олю приучай.
   Твой Папа.
   Рейхелю кланяйся.
   Рукой Саши Герцена:
   И я тебя целую, милая сестрица, поцелуй Олю.
   Тебе кланяется Мария Рокка.
   Твой Саша.

185. ТАТЕ ГЕРЦЕН

24 мая--7 июня (12--26 мая) 1852 г. Ницца.

   Тате на этот раз только поклон и много раз целую, также Олю. -- Помнит ли она Фаяля? -- Саша сам будет писать.
   Рукой Саши Герцена:
   Милая Тата!
   Благодарю тебя за поцелуй и посылаю тебе такой же от меня. Скажи мне, рада ли ты быть в Париже и играть с Морицем? Мне тут хорошо, но все-таки хочется уехать.
   Я вчера был в доме Sue и видел там садовника; он тебе кланяется. Ты помнишь эту маленькую курицу, которая была у тебя в том доме и которую ты подарила Клаудине, у нее теперь тринадцать маленьких, которые очень милы. Вместо Зеты теперь у Jean презлая собака. Викторию они отдали ее матери.
   Поцелуй от меня Ольгу очень крепко, Сашу, Машу и Морица, кланяйся Рейхелю.
   Твой брат Саша.

186. ТАТЕ ГЕРЦЕН

31 мая--8 июня (19--27 мая) 1852 г. Ницца.

   Сказочку, Тата, не так легко написать, вот когда я уеду отсюда и буду совсем покойно жить, тогда напишу и сказочку, а Саша нарисует картинки. -- Будь здорова и помни всегда Мамашу, какая она была добрая, как тебя любила и ласкала, и рассказывай об ней Оле. -- Ей кланяется Мари. -- Прощай.

187. М. К. РЕЙХЕЛЬ

10 июня (29 мая) 1852 г. Генуя.

   10е июня 1852 г. Генуя.
   Ну вот мы и переехали и сидим в Генуе. Перед самым отъездом, т. е. сидя в malle-poste[210], получил ваше письмо. Вы делаетесь в моей жизни представителем мягкой и теплой стороны ее, стороны женственной, той женственной стороны, которая выражается дружбой, чувством братства. Вообще я женщин глубоко ненавижу, они звери, да и притом злые: довели эгоизм до бешенства и всё скрывают под личиной любви. Зато если выищется исключение -- ну, так женщина головой выше мужчины, который даже не зверь, а животное.
   Вот вам и философия с дороги. Получил я еще письмо от Фох<та>. Цюрихский мерзавец побеждает, подробности о его жизни до того возмутительны, что он, кажется, превзошел самого себя. Он живет на содержанье у отставной обогатившейся лоретки 45 лет, подличает перед нею, облупливает ее, и все это с октября месяца. Стало, убийство Н<аташи> сделано просто-напросто по расчету холодной злобы и чтоб чем-нибудь отомстить мне. Его во всей Швейцарии презирают как негодяя.
   Какая страшная судьба постигла такое высоко и широко развитое существо, за одуренье, за чад, за круженье сердца... Ряд подвигов раскаяния, новая высота, сила -- ничего не помогло. Презренный, грязный палач добил, добил грязью. Палач и виноватый вместе. То, что схоронено, не исправишь, но справедливость, т. е. тот же фатализм с своей беспощадной последовательностью, требует примера. Он будет. Он должен быть, -- ибо только на этом основании я могу жить.
   Здесь меня приняли с распростертыми объятиями, час после приезда друзья Осип Ивановича были уж у меня. Я расту моими несчастиями -- это называют, вероятно, вытягивать жилы. Почетно, да вдвое того больно.
   И с Ниццей расстались хорошо. А тяжело было, когда я в последний раз взошел в ту комнату и снова чувствовал холодный пот и слышал стон, и еще тяжелее на горе, мы там были за полчаса до отъезда... будто действительно разлука... и это были похороны, так, как ваш отъезд с детьми, так, как моя поездка в Иер. Прощайте. Дайте вашу руку -- умнейшую из мне знакомых рук, так как у Mme Eng -- рука дура; заметили вы эти глупые пальцы из дерева, кривые, обломанные и жесткие, как коровий язык.
   Кланяйтесь Mme Тесье. Мужа ее в Геную доставил благополучно.
   Писал я вам или нет, что Адельгайдин муж пристал ко мне: плати ему да и только еще несколько сот за потерянные в море вещи. Да что еще -- "я, -- говорит, -- в суд подам" и счеты представлю. Слыхали ли о такой неблагодарности.
   Получили ли вы мое последнее письмо, я его послал 8 -- но не знаю, второпях не забыл ли Рокка отправить. Пишите просто
   à Gênes (Etats Sardes),
   poste restante.
   До 25, вероятно, пробуду здесь. Считаю дни и часы -- жду не отрадной вести, для меня отрадных вестей не будет, но жду обновленной, серьезной жизни, жду свободу от заражающего мои легкие дыхания.
   Обнимите Рейхеля, и Морица, и Сашку, который меня любил даже в поносе. Прошел ли оный?

188. ТАТЕ ГЕРЦЕН

Около 10 июня (29 мая) 1852 г. Генуя.

   Тата, дружок маленький, мы приехали в Геную, и Франсуа с нами. А Рокка и Жюли остались в Ницце. Здесь город большой, домы все мраморные и кафе богаче ваших. Получила ли портрет ты, а Маша памятник?
   Прощай. Может, скоро, т. е. через месяц, мы увидимся.
   Оленьку поцелуй.
   Саша ушел смотреть ход и будет писать следующий раз, а Энгельсон тебя дразнит отсюда.

189. М. К. и А. РЕЙХЕЛЯМ

12 июня (31 мая) 1852 г. Генуя.

   12 июня. 5 часов пополудни.
   Письма нет от вас, давно что-то нет, вот и вы стали забывать скучного и вечно хныкающего старика. Я последнее послание получил в Ницце 8.
   Нового ничего. Черное воспоминание тут как тут -- в настоящем ничего, и ожиданье последней хорошей вести... она все-таки придет скоро.
   А вот важный совет Рейхелю, и прошу тотчас отвечать на него.
   Cher Reichel. Les journaux anglais parlent beaucoup d'une crise financière en Amérique et prétendent que les fonds baisseront terriblement, comme en 1836. Moi, j'ai, comme vous le
   savez, la grande partie de mon bien aux Etats-Unis, -- vous en avez aussi, or donc, c'est une chose trop grave pour ne pas nous en occuper. J'ai des 6% de l'United States et ensuite de l'Ohio et de Virginie. De grâce, demandez Mr Schombourg ce qu'il en est de ces bruits et priez-le de prendre des mesures pour la vente des papiers dangereux. Adieu, tout à vous
   A.[211]
   Что y вас есть Лермонтова или Пушкина? Тесье переводит отлично со мной, я вам пришлю.
   Рукой Саши Герцена:
   Вот мы и в Генуе, милая Тата! Я привез сюда маленькую палочку, которую ты взяла у баранов.
   Третьего дня я гулял с Пупенькой по городу, мы были в большом саду, в середине которого фонтан с зеркалами так, что сад кажется вдвое больше. Там три собаки: отец, мать и сын, -- отец и сын мне лизали руки, но мать хотела укусить.
   Мы часто ходим в кафе, который называется Stabilimento della Concordiя; там чудесные комнаты, все позолочены, с огромными зеркалами и с разноцветными стеклами в окнах. При этом там сад с фонтаном, в котором много рыб.
   Я думаю часто о нашей славной Маме, которая так много нас любила. Мы были перед отъездом у нее и простились... Смотри часто на ее портрет и не забывай ее черты.
   Целую тебя и Ольгу, кланяйся другим, и пожми Маше руку.
   Саша.
   12 июня.
   Саша тебе все описал, как мы живем, моя милая Таточка, мне остается тебя поцеловать. Напиши мне, какие новые слова Оленька говорит и учишь ли ты ее по-русски.

190. М. К. РЕЙХЕЛЬ

15 (3) июня 1852 г. Генуя.

   15 июня. Генуя.
   Вчера было шесть недель.
   Может, друзья отслужили панихиду.
   Бедная, бедная мученица -- последняя светлая минута был ваш приезд, помните, как она бросилась к вам: вы --
   дружба тех юных святых годов, вы должны были представиться ей прошедшим, идущим на примирение с недавними страданиями...
   Письмо Тат<ьяны> Ал<ексеевны> глубоко тронуло меня. Вот вам и женщины и мужчины. Никто не победил мудрой осторожности, одна женщина нашла силы -- а впрочем, может, мое желчевое расположение все так видит. Напишите ей слова два от меня. Я письмо ее раз прочел -- и боюсь перечитывать. Пусть они знают, что я нравственно не погиб, совсем напротив: выше я никогда не стоял, я гордо несу венок с терниями на голове, я его несу как корону. Впрочем, они, я думаю, и без вас скоро узнают многое, мы хотим дать торжественную гласность. Здесь я окружен величайшей симпатией -- но эта-то симпатия, сверх собственной воли, обязывает ко многому. Друзья не покраснеют за меня.
   Вот что еще, пришлите мне письмо Тат<ьяны> Ал<ексеевны> к вам; я знаю, что мне будет больно его читать, но прошу вас: в моем письме она берегла меня, дайте взглянуть на всю скорбь.
   Трудно будет Ог<ареву> вырваться -- и где он сыщет меня, Фази и швейц<арцы> зовут очень в Женеву; здешние имеют иные виды, но все же все зависит от Петерс. А страшно хотелось бы видеть его.
   Не рвите моих писем к вам этой эпохи, когда Ог<арев> приедет, а меня не будет или я буду далеко (в Нью-Йорке) -- почитайте их с ним или с Nat.
   Мельгун<ов> совсем не пишет.
   Прощайте.
   Саша начинает заниматься. Тесье его тормошит с авторитетом, ему привили оспу, здесь зараза, и Mme Engel привили коровью оспу, должно быть, примется по сочувствию. Жизнь наша идет так. Я встаю рано, часов в 6, в 12 завтрак -- Тесье, Саша и я; от 12 до 5 комната полна Италией, в пять уходят, Тесье работает, я не могу ничего делать и таскаюсь по улице, в половине девятого -- я отправляюсь с Тесье обедать в Stabilimento, пью много вина и в 12 спать. Вот вам полный отчет.

А ведь страшно пусто!

191. М. К. РЕЙХЕЛЬ и ТАТЕ ГЕРЦЕН

20 (8) июня 1852 г. Генуя.

   20 июня 1852. Генуя.
   Ну вот, наконец отчаливаем от берега. Слава богу, конец томительному ожиданию, хотя и не конец, по крайней мере деятельность -- а потом будет и берег. Вчера вечером я еще
   думал, что проживу здесь месяц, но получил любезное приглашение от Петерс. и сегодня отправляюсь с Сашей и Тесье к брегам Лаго-Мажоре. Куда писать вам, я не знаю, напишу послезавтра. Впрочем, Энгелен может всегда переслать из Генуи.
   Насчет доктора Тесье говорит, что и этот очень хорош, а потому, если Мme Тесье думает предпочесть -- то и хорошо.
   Прощайте, старый друг, куда я еду? -- когда увидимся... увидимся ли. За одно ручаюсь: дело идет торжественно и грозно, мерзавец обличен и нравственно уничтожен совершенно.
   Может, очень скоро увидимся.
   Таточка милая, Саша купил тебе сегодня браслет, но не знает, как послать. -- Мы с ним едем из Генуи погулять, и будем писать с дороги. А ты поцелуй Олю.
   20 июня.

192. М. К. РЕЙХЕЛЬ

22 (10) июня 1852 г. Белинцона.

   22 июня 1852. Белинцона.
   Ну вот, опять Швейцария. Я замечаю, что, когда я переезжаю из одного места в другое, я начинаю словом: "Ну вот".
   Приехал сейчас и устал, и получил депеши разные, и довольно недоволен. Все идет вяло, надобно, видно, самому приняться. Помните сказку о жаворонке и жнецах?
   Для забавы мы приехали на австрийском корабле (т. е. пароходе) под двуглавым орлом. Прощайте на этот раз. Тате и Оле скажите, что я устал очень и Саша тоже. Оттого и писать будем после.
   Письмо пошлите, адресуя -- à Bellinzona (Suisse).

193. M. К. РЕЙХЕЛЬ

26 (14) июня 1852 г. Лугано.

   1852. 26 июня. Lugano.
   Albergo del Lago.
   Если б можно было приотворить грудь и разом бы передать все, что в ней происходит, -- какой горький и ядовитый macédoine[212] вы бы увидели!
   Я столько потерял и так мало остается терять, что поневоле смотрю равнодушно на то, что делается. А в самом деле, есть от чего треснуть и черепу и сердцу.
   Слыхали ли вы когда-нибудь об пытке, которая продолжается полтора года и в которой, как только свыкнешься с одной болью, принимаются за другую, противоположную.
   Зачем меня выписали сюда, кажется, затем, чтобы опозорить, а всё из дружбы, из преданности. Петерс., как только попался с немцами, так и потерял чутье, такт. И все у него не клеится... я хлопочу его спасти как-нибудь из импасса -- все это кончится каким-нибудь громом, который удивит, испугает и от которого, я думаю, останется цел один мерзавец цюр<ихский>... Он сидит назаперти, никуда не выходит, и даже ставни затворены. Жена окружила нас шпионами. Петер. из всех сил старается вредить себе и нам, чувствительно и дружественно. И все там нет покоя -- ни на минуту. Ах вы, Марья Каспаровна, Марья Каспаровна, неделю бы отдохнуть, собрать рассеянные мысли, страдать от несчастий, а не от ударов тупыми ножами.
   Нет, от фатума не отвертишься. Но голову свою я не склоню и не продам ее дешево. Рвусь я назад в Италию, у меня нет другой родины, я сжился и с природой и с людьми. Какая славная порода; в Генуе как чудесно я провел время (впрочем, благословенье Осипа Ивановича провожает меня даже в глуши Тессин). Медичи я просто люблю с нежностью. А тут эти тедески, золотуха с идеализмом. В Геную, в Ниццу, на кладбище, на море, которое тоже для нас кладбище. А может, еще и в Италию съезжу. Лишь бы вынырнуть из этой клоаки. Дела затянулись. Надобно дать успокоиться умам.
   И в Лондон я собираюсь на несколько дней. По делам особенным. А когда увижу детей? Ничего не знаю! А может, и совсем не увижу. Прощайте. Пишите пока сюда -- Lugano (cant Tess), пришлют за мной, если уеду.
   Природа здесь удивительная. Италия по плодоносности и роскошная до избытка, и место очень красиво.
   Рейхеля обнимаю.

194. М. К. РЕЙХЕЛЬ

30 (18) июня 1852 г. Лугано.

   1852. 30 июня. Lugano.
   Ваши письма, посланные в Геную, получили вчера. Сижу все еще у озера Lugano с сосредоточенной злобой и с почти ироническим смехом à l'adresse[213] бессильной нашей демокрации.
   Вот уж ей можно сказать пушкинские стихи:
   Нет ни в чем вам благодати,
   И со счастием разлад,
   И прекрасны вы некстати,
   И умны вы невпопад.
   Дело шло как нельзя лучше. Генерал с той же дружбой и с той же преданностью испортил было всё. Теперь Тесье поскакал усмирять генерала, это последняя карта и самая сильная. Вы его знаете, после вас я еще больше сблизился с ним, сильная воля, огромный ум и отвага вандейца и революционера вместе. На него надеюсь, если он покорит генерала. За сим выступлю я. Впрочем, одно дело сделано. Цюрихский злодей окончательно опозорен. Он сидит назаперти в своей комнате и не смеет показаться на улице. Я напечатаю свой отказ, и с ним вместе все наши, свою декларацию, что честного боя с таким подлецом иметь нельзя. Узнайте от Бернацкого, не желал бы он дать и свое имя, но с условием, чтобы Сазонов не знал об этом. С этим документом я отправлюсь в Цюрих и поселюсь в том же отеле. -- Он может меня прирезать, но на это надобно побольше храбрости. Друзья все отказались от него, он сам живет на хлебах у г-жи Кох, вроде наемного фаворита. Ну, а стрелять из-за угла ему не приходится, т<ак>, к<ак> убили Салдиш , -- здесь нездорово -- пахнет виселицей. Я же готов быть подстрелен им, лишь бы его повесили. Я попрошу Сашу привести на место казни и показать: "Так, мол, оканчивается душевный разврат и растленье всего человеческого". -- Вот тут и ломайте себе голову над этими словами "фатума", словами без мысли, выражающими справедливость, всемирную насмешку над разумом, безумие и власть. -- "Ты думаешь, что ты свободен, -- ну, так я пошлю бешеную собаку тебе на дорогу. Ты презирай собаку, ты гордись чистотой, правотой, но собака тебя укусила за ногу, и тебя посадят на цепь, и ты умрешь, стращая собой окружающих, и перекусаешь других, что же ты в сравнении с бешеной собакой?" И добрые люди умилялись и говорили: "Велик бог, умеющий приготовлять бешеных собак". Слабым это особенно привилось, потому именно, что сильные были поставлены с ними вместе в зависимость собачьего яда -- ими искусно придуманного Иеговы.
   Я хотел очень много писать вам, но такие подлые чернила, что не могу с ними сладить. Вы пишете, что сохраняете мои письма -- вот я и придумал из вас сделать Mère Lachaise и хоронить себя мало-помалу. Я принялся было писать о всех последних событиях моей жизни для Огарева и московских друзей, но невозможно -- невозможно, как всякая другая
   работа, а так pêle-mêle[214] набросать -- это еще идет. Не хотелось бы мне, чтобы что-нибудь осталось бы неясным. Письмо к Гауку, которое в Лондоне наделало столько шуму и приобрело мне столько симпатии, слишком сжато. (A propos, Mme Biggs писала сама ко мне, предлагает, в случае поездки в Англию, свой дом, для меня и для детей), но, кажется, теперь это не будет нужно. Вы знаете мою жизнь с 1837 г. Она развивалась так пышно, я был так избалован любовью, дружбой, успехами, что беззаботно и самонадеянно отдавался судьбе, как будто нечего было бояться. Меня баловали все. Я платил искренней, преданной любовью. Блестящий период русской жизни окончился торжественно прощаньем в Черной Грязи, в январе 1847 г. Мы вместе с вами переехали границу. Год целый я изучал, присматривался. Наша жизнь в Риме и первые месяцы после Февральской революции -- составляют второй и последний период поэзии. Это был закат, принимаемый мною за восхожденье новой жизни. Когда я совершенно ознакомился с людьми и делами в 1849 г., -- тогда только оценил я, что в этом мире движенья я еще сильнее, нежели в русской тишине. Тогда я понял, какое место здесь я займу и как подниму русский вопрос.
   Успех был огромный, лучшее, что я написал, написано в конце 1848 и начале 1849 г. Занять это положенье, которое я имею, мне не стоило ни малейшего труда, но оно занимало меня, поглощало. Между тем с каждым днем 1849 г. истинные надежды исчезали, озлобленье, стыд, глупость стольких, с одной стороны с нами, нервная раздражительность -- все это поддерживало судорожное и болезненное состоянье духа. -- Во время этой болезни подошел еще ближе ко мне злодей, которого я считал другом, с которым я никогда и не думал меряться. Он был потерян, опозорен, я рвался вперед, он старался скрыть отступленье. Мое искреннее негодованье нашло в нем отзыв -- но его негодованье было следствием раздраженного самолюбия. Я отдался ему с тою опрометчивостью, с которой человек отдается sans arrière-pensée[215].
   Помните, я вам давал в Ницце читать его письма. Оставленный всеми, он держался за полу моего платья, как дети держатся за мать, проходя толпою незнакомых. Он плакал, расставаясь, он ютился ко мне по-женски. Я видел, что он очень несчастен, я верил, что он из неосторожности навлек на себя нареканье, думал, что какой-то противный для меня элемент скрытного разврата и жесткого эгоизма пройдет. Так мы приехали в Женеву. Холодно и неприязненно встретила немецкая
   эмиграция баденского беглеца; я его спас от остракизма, я защищал его перед всеми, перед Фази и Струве, перед Маццини и его собственными приятелями. В это время обдуманно, осторожно, по капле он отравлял мое существование и, сжимая мне руку, благодаря горячо за мою деятельную дружбу, он изменял, лгал.
   Не буду повторять писанного в письме к Гауку -- может, в другой день, писавши вам, мне захочется снова подвергнуть себя пытке, тогда я напишу. Теперь скажу вам несколько общих замечаний. Я никогда не мог понять того страшного "круженья сердца", как я раз писал вам. Ибо, сверх любви, я торжественно должен сказать, что я не встречал шире и выше развитой эстетически и разумно души, как N. -- Шесть месяцев настойчивой клеветы, хитрого предательства, вечной угрозы самоубийства, вечного отчаяния -- так резко оттенявшегося на моем светлом характере; ревнивого отчужденья себя от людей -- в противность моей гуманности, ежечасного занятия с детьми -- в противоположность моей рассеянности -- погнули сердце высокой, необыкновенной женщины. Такова была моя незыблемая вера, таков еще был мой полет, моя самонадеянность, что я, видя многое, не подозревал ни двоедушья, ни предательства. Страсть не есть преступленье. И верите ли, что я понял истинный характер поступков, слов в Ницце, когда вы приехали. Сличая, вспоминая, я долго мало-помалу со страшной внимательностью изучал его прежде, нежели вскрикнул: "Да! Это злодей, растливший душу свою до того, что всякий след совести исчез". Мое заблужденье оправдывает заблужденье N. -- Две вещи у меня лежат на совести: что я прежде <не> узнал его -- и второе, мучающее меня и день и ночь, -- что я, узнавши, не убил его.
   Ко всему прочему, я с презреньем увидел в последнее время, что в груди его гнездилось еще одно подлое чувство, именно -- "зависть ко мне".
   Ирония хотела, чтобы я лучше ударился в грязь, поднять меня в нашей партии симпатией, которую имели ко мне и в которой отказывали ему. Признание моих трудов и презренье к его праздности точило его, несмотря на вечный разговор о том, что ему ничего не нужно, кроме круга двух людей и отшельнической жизни. Наконец -- сластолюбивый, изнеженный, мелко-мещанский Сарданапал -- он, уверяю вас, завидовал моим деньгам (которые бросал горстями).
   Снова ссылаюсь на письмо к Гауку. Когда, наконец, великие дни раскаянья показали мне, как недаром я верил в N и тогда, когда она была в чаду, тогда высотой преданности, любовью сильной, мужественной я взял половину ноши на свои плечи. Когда я думал, что раздавил этого червя, -- он поднял
   голову с дерзостью, неизвестной на галерах, и, уличенный во лжи, предательстве, с той же настойчивой злобой, клеветал, спрятавшись за 100 лье, -- тогда я оценил мою слабость, мое преступленье, что оставил его в живых.
   С самого начала моей борьбы я вымерил, чего она мне стоила. Жизнь моя, разбитая неповинно, незаслуженно, не могла больше идти вперед. Вдруг исчезла вера в себя и вера в других. Я теперь иногда ищу развлеченья, но ничего не делаю в самом деле. -- Как будто на минуту воротились старые времена, как эти летние дни в ноябре, когда зелень разнообразнее и цветистее, нежели в мае, -- это время от июля 51 и до 16 ноября. Время, в которое N поднялась на высоту раскаянья, которая дала ей силу так величаво защищаться потом, реабилитировать себя. Но ее существованье было сильно потрясено этими событиями, даром не могло пройти такое испытанье, это была болезнь, но болезнь острая, разлагающая кровь. Она принимала с бесконечной любовью мой мир и мое забвенье, но свобода равенства казалась ей разрушенной. К тому же и я <не> мог, стоя возле, скрыть всякий стон, всякую минуту негодования за былое, грусти и сомненья.
   Едва последние следы бури прошли, как разразилось 16-ое ноября. Вот вам опять фатум. Она пережила 16-ое ноября, но стояла одной ногой в гробе, когда этот изверг обрадовался нашей беде, чтобы сильной рукою толкнуть эту женщину, которую называл святою, -- ему удалось.
   Я три недели не раздевался и не спал у кровати больной, -- казалось, первая опасность прошла, плерези была прервана. Усталый от опасений, выздоравливая сам от безнадежности, ослабленный тревогой, сидел я раз у себя в комнате, когда мне подали письмо от этого мерзавца. Это было 28-го января.
   С юности я никогда не был оскорблен никем. Теперь преступник, мерзавец пишет слогом пьяного извозчика записку, пятнает меня, пятнает доносами N -- и я прикован к постели едва вышедшей из опасности больной.
   Что я испытал, боже мой, что я испытал в первые дни! Итак, думал я, все эти блестящие <...>[216], все это пестрое и пышное предисловье для того, чтобы меня, избитого семейно гибелью Коли, матери, борьбой, болезнью N, -- дать на поруганье, на побои -- кому же? -- Злодею, которому я подарил жизнь потому, что две женщины, бледные и отчаянные, просили о ней. -- И что я сделаю теперь? Кругом все чужие, не с кем посоветоваться, не с кем слова сказать. А тут и дети. Так и быть, самоотверженье до конца, сбейте венок с головы навозом. Я вынесу и позор. Вот вам награда за 39 л<ет>, проведенных
   на бреши -- на одну доску с Булгар<иным> и Базилевским. И притом я с хохотом чувствовал, что я, опозоренный, выше того, которому с таким легким признаньем бросали венки, -- в сто раз выше, что я совершил... величайший акт преданности. Но ведь этот акт преданности и не должен был быть для других.
   Первый человек, подошедший с пониманьем, был Энгельсон. -- "La collazione se comanda"[217] -- говорит Франсуа. Прощайте.
   После завтрака.
   До 6-го февраля я был в каком-то безумии, не мог спать и помню очень, что в день отъезда Луизы, т. е. в ночь, вдруг меня осенила новая мысль, дерзкая, смелая -- отказаться от чести драться с этой бестией, но отказаться не просто, но с шумом, открыто. -- Я вскочил и написал письмо Мац<цини> -- этим письмом я сам себя компрометировал перед собою. -- Вместе с отказом и главным поводом ему было религиозное чувство оправданья N, -- но для этого надо было непременно дать ей самой речь. Я подождал до 15 февраля и сообщил ей двадцатую долю, и то едва, гнусных доносов. Она уже знала, кто он, но такой гнусности, такой роскоши наглости -- не ожидала. Она встала во весь рост, и под ее проклятьем он еще погибнет.
   Риск был страшный. Но где же иной выход? Представьте себе смерть без оправданья. Что значило мое свидетельство и двадцать дуэлей? -- Все склонилось перед ее объясненьем, и с тех пор около меня составилась новая броня друзей. -- Вы знаете ответ из Лондона и пр. Один человек -- Сазонов -- поступил гадко, безумно. Моя дружба, мое знакомство с ним кончены на веки веков. Кто тут не умел понять, в том не было ни искры души. Жир и гордость, ничем не оправданная, не заменяют ее.
   Казалось, я восторжествую. Но кладбище между мной и торжеством. Но рок между им и мной и против меня.
   Да, он еще побьет варвара, осмелившегося быть свободным человеком между крамольными холопами Запада. Он нападает за веру в гниль, за доверье к старческому бессилью, и подлая рука его сведет еще в могилу и покроет позором на время меня и всю семью, несмотря на безусловную чистоту мою, на то, что, оглядываясь, мне не в чем упрекнуть себя.
   Да, ирония, ирония. Генерал, который так высоко понимал вопрос, теперь нудит меня драться с подлецом.
   Трудно было отказать. Но теперь "troppo tardi"[218]. Теперь
   скорее цепи и Сибирь, нежели равный бой. Храбрость я могу еще показать на другом поле. Его я могу наказать, раздавить, сделать несчастным, презрительным, свести с ума, свести со света, но драться с ним -- никогда! Это мой ultimatum.
   И довольно на этот раз.
   Прощайте, искренний, добрый друг, вам поручаю мою честь, вам мое оправданье перед русскими -- насчет других...
   Итальянцы поняли всё это прежде других, да и Тесье не даст посрамить. Во всяком случае первая часть второй части должна окончиться скоро. Верьте в меня незыблемо. На досуге и в светлую минуту напишу насчет детей, на случай какого-нибудь сюрприза.
   Жму много и крепко вашу руку. Я видел вчера Тату и Олю во сне. Оля выросла будто и меня не узнала.
   Я рвусь назад в Геную, но не поеду с осмеянным видом, а восторжествовать, или совсем не поеду.
   Что Мельгунов?
   Рейхелю дружеский поклон.
   Addio.
   Получила ли Тата особое письмо, адресованное к ней?

195. М. К. РЕЙХЕЛЬ

2 июля (20 июня) 1852 г. Лугано.

   2 июля 1852. Lugano.
   Получил тысячу франков и письмо. Детей, разумеется, Егору Ив<ановичу> не дам, а вы можете ему написать, что теперь-де более, нежели когда-либо, надобно ему подумать о детях и изменить духовную, пусть он посоветуется с Гр<игорием> Ив<ановичем>, может, наконец, на ваше имя перевести, а вам поручить передать.
   Дела, кажется, немного поправились. Генералы оставили свои намеренья, и теперь идет правильная осада. Всякий день открывается новая гадость, новое злодейство этого изверга. Если б не его подлая трусость, нельзя вымерить, до чего бы он дошел. Что-нибудь да будет, хорошо ли -- мудрено сказать, но "что-нибудь" лучше этого застоя.
   Я пишу инструкцию Рейхелю насчет опеки. Я хочу, чтобы Рейхель заведовал всею финансовой частью, исключая перемещение капиталов, которое надобно делать сообща и еще с советом Прудона и Шомбурга. В этой инструкции будет речь и о воспитании (с материальной стороны), и о будущем разделе капитала. В Совете о воспитании будут Тесье, Фогт, Энгельсон, Хоецкий и Мельгунов, если остается. Да еще и Мишле. По юридическим делам Фази с Шаллером.
   Вы царствуете над Татой и Олей. Я полагаю, что сначала Саша должен учиться в Женеве -- у Фогта, потом в Париже. В Париже он должен жить у вас.
   Вы -- альфа и омега, прошу не умирать ни под каким видом. Дело в том, что, кроме вашего пристрастия к нам, вы сделаете из детей русских. Саша и так верит, что он швейцарец (это его консерватизм, так, как давно в Париже консерватизм Таты). Я вам завещаю развить в них сильную любовь к России. Пусть даже со временем они едут туда -- может, и с вами. Об этом буду еще писать много. Сашей я доволен. Он чрезвычайно инфлуенсируется средой, в Ницце он был похож на Пьера Рокка, здесь стал похож на нас. Итальянцы в Генуе сильно на него подействовали -- он вообразил себя защитником Италии, это детски, но хорошо и нисколько не похоже на сухую политику, в которую его топил Капп.
   Вот вам об нем анекдот. Один из итальянских друзей подарил ему небольшую шпагу, говоря: "Для кроатов и казаков". Саша был ужасно рад шпаге, но серьезно отвечал: "Отчего же не против итальянцев, которые против нас, contre notre cause?.."[219] Недурно? Итальянец расцеловал его.
   Живу я все в городе, которого нет, Lugano состоит из огромного отеля, превосходно содержимого, при котором находится озеро -- остальное вздор. Трактир называется Albergo del Lago[220], а озеро, вероятно, Lago del Albergo[221]. Тесье уехал, и я с Эдмундом и Сашей до того иногда скучаю, что становится весело. Прощайте. А что, деньги пришли в Россию, и как Егор Ив<анович> распорядился?

196. ТАТЕ ГЕРЦЕН (приписка)

8 июля (26 июня) 1852 г. Лугано.

   8 июля. Лугано.
   Это неправда: Эдмонд тебя зовет "монстр марин" и говорит, что в Марселе тебя за деньги показывали.
   Целую тебя и Оленьку. А ты читай письмо от Саши.

197. М. К. РЕЙХЕЛЬ

8 июля (26 июня) 1852 г. Лугано.

   8 июля. Лугано.
   Вероятно, вы с большим нетерпением ждете подробностей казни известного вам мерзавца. Казнь была отличная, но
   потом опять все изгадил милый и добрейший генерал. -- Но сперва хорошее.
   1 июля явился генер<ал>, Тесье и швейцарский офицер штаба к мерзавцу. Он их встретил бледный и дрожащий. "Мы пришли исполнить желание покойницы и прочитать ее письмо" -- Тесье стал читать. По окончании Г<ервег> сказал, что это "письмо вынужденное" и что он имеет свидетелей -- каков? Генер<ал> сказал, чтоб он дал двух честных свидетелей. Потом показали ему письмо, отосланное им нераспечатанным, и под печатью Энгел<ьсона> им вложенное письмо. "Вы шулер и подлец", -- сказал ему ген<ерал>, бросая ему в лицо письмо. Тогда Гер<вег>, растерянный, бросился в двери и стал звонить на лестнице. Весь hôtel выбежал, гарсоны, девки, постояльцы. Гер<вег> кричал: "Жандармов, жандармов..." -- Тогда подошел к нему ген<ерал>, толпа все росла, и, сказав ему: "Ну, видишь ли ты, какой ты негодяй" -- ударил его в рожу. Гер<вег> закачался, и ген<ерал> с Тесье величественно прошли, написав ему свой адрес. Тут ген<ерал> обратился к содержателю отеля и сказал: "Я повинен извиниться перед вами и объяснить дело, чтоб вы могли сказать вашим гостям, что меня побудило так поступить". После объяснения трахтирщик, тронутый, сказал: "Вы благородный человек и поступили с подлецом так, как с подлецом следует поступить". Это было первого июля, до 5 генер<ал> и Тесье ждали в Луцерне его вызова -- но он с разбитой рожей молчит.
   Это не токмо не секрет, но сделайте одолжение, рассказывайте всем: и г-же Дивовой, и Марихен, и, словом, кому угодно. Между тем наши итальянцы так горячо приняли новое предложение о моей дуэли, что хотят протестовать с подписями неапольских генералов и полков<ников> и других. Равно и здесь полковник Фраполи (о котором, вероятно, слыхали).
   Теперь придумайте, как можно было изгадить такое превосходное положение. Генер<ал> сыскал средств. Он напечатал огромное письмо, в котором компрометировал всех, разумеется, с желанием добра. Я послал к нему два письма, умоляя остановить раздачу, и жду теперь на иголках, поспеет ли моя просьба.
   Мое положение хуже всякой тюрьмы в Лугано. Однако берег виден. Долго это продолжаться не может. Хотелось бы мне смертельно где-нибудь отдохнуть, и опять с детьми. Всего лучше, может, было бы у вас, но надежд мало, может, поеду в Брюссель. Но это не верно. Надо итальянцев поблагодарить. -- A propos, Фогт с своей стороны уделал цюрих<ского> г<осподина> иным средством: он им отрезал все деньги из Берлина, к тому же скоро подходит срок моего векселя, словом, положение не завидное. Что дальше, не знаем. Рихард Вагнер -- музыкант и литератор -- писал мне письмо, извиняясь, что он не хочет
   участвовать в побиении Г<ервега>, и говоря, что он, конечно, мерзавец, но может исправиться. Это единственный защитник, и хорошо защитил, нечего сказать. Вот вам полная реляция. Вложу записочку к Огар<еву>, постарайтесь ее доставить через Тат<ьяну> Ал<ексеевну>. -- Вероятно, я уеду отсюда в конце недели, но посылайте письма сюда, это вернее, их перешлют.
   Я думаю, что вы берете все меры насчет записок в Россию, будьте осторожны, как змий. -- Что Ог<арев>, когда писал вам насчет ваших денег, -- предложите ему их взять на дорогу, а я вам уплачу их. -- Рейхелю дружеский поклон.

198. Р. ВАГНЕРУ

Около 8 июля (26 июня) 1852 г. Лугано.

Monsieur Richard Wagner à Zurich.

   Juillet 1852. Lugano.
   Monsieur,
   Permettez-moi de vous remercier pour votre lettre du 30 juin. Elle est une nouvelle preuve pour moi de cette réprobation générale qui commence à entourer de tous côtés l'homme en question -- et qui finira par l'engloutir.
   J'apprécie de tout mon cœur le besoin que vous avez eu de m'expliquer votre protection généreuse pour cet individu. Je ne puis vous donner un meilleur témoignage de mon profond estime qu'en vous parlant dans toute la franchise de mon âme.
   Je ne partage nullement vos espérances -- il y a des degrés de dépravation dont on ne se relève plus, car pour y tomber, il a déjà fallu détruire en soi tous les éléments humains.
   Soyez persuadé, monsieur, que je comprends très bien et l'autonomie des passions, et les collisions tragiques avec leurs suites irresponsables, fatales. Malheureusement les crimes de cet individu portent un tout autre caractère. Un caractère vil, profondément bourgeois, voulgaire, cynique et peureux. La passion, pour s'imposer, doit être combinée avec une puissance, avec une force irrésistible -- alors, et alors seulement, elle est amnistiée. Elle doit être ce qu'elle est, c'est-à-dire, foudroyante, fougueuse; elle entraîne, elle brûle, elle assassine... mais elle n'empoisonne pas goutte à goutte, mais elle ne médite pas une année entière pour trahir un ami, une autre année pour se venger d'une femme par une dénonciation; la passion se fait tuer, mais ne se laisse pas chasser d'une maison par un coup de pied.
   J'ai fait votre connaissance, en lisant votre bel ouvrage sur le chef-d'œuvre de l'Avenir. Vous avez admirablement compris la solidarité de tous les arts qui doivent concourir par une production harmonieuse et concrète. Je fais appel à votre sens esthétique. Comment pouvez-vous absoudre une existence dénuée
   de toute religion et rêver pour elle un avenir de silence, de retenue, une existence qui manque de virilité, de tout élément chevaleresque, généreux, de toute trace de la conscience humaine. Un homme, non -- une hétaire mâle qui pour quelques francs a vendu sa jeunesse à cet hermaphrodite de femme, digne complice de ses turpitudes; un homme qui pour son comfort, a trahi ses convictions et n'a pris part à la révolution germaine qu'en prenant la fuite d'un champ de bataille, et en oubliant de rendre compte des deniers publics confiés entre ses mains, -- cet homme n'a pas d'avenir. Un homme qui pressait tous les jours la main de son ami avec effusion, qui l'appelait dans ses lettres son unique soutien, sa seule défense, son frère, qui cherchait à surprendre les moments d'épanchement et d'abandon, qui parlait avec enthousiasme de son amitié -- et trahissait en même temps son ami... Cet homme n'a pas fait de la tragédie, il a fait le métier de scélérat.
   Un homme qui introduit sa propre femme pour souiller la maison d'un ami, qui l'introduit dans le seul but de faire entretenir sa famille, payer ses dettes aux frais de l'ami, cet ami n'est pas un Werter, mais un Robert Macaire.
   Toutefois la seconde partie surpasse de beaucoup la première. Je ne parle pas ici des calomnies, qui se répandaient sous main, mais si bien qu'on les connaissait en Russie; ni de la férocité dénuée de toute délicatesse, d'avoir planté son ex-femme à Nice -- pour m'espionner, pour m'offenser, pour me faire quitter la ville. Une année après s'être laissé expulser de ma maison, il m'envoie une ignoble provocation. Peu versé dans les affaires d'honneur, il me l'envoie par la poste, sans même nommer ses témoins; puis il renvoie les lettres des miens après avoir faussé les cachets. Le cartel dégoûtant, où, entre autres, il se moque de la mort malheureuse de mon fils, -- le cartel ne mentionne offense de ma part; impossible de comprendre quelle est l'injure, dont on poursuit la réparation. Ce n'était pas un cartel, mais un bon pour des soufflets. Malheureusement, j'étais alors auprès du lit d'une mourante, d'une femme sublime, d'une femme, dont le repentir a été saint, qui comprit bien avec qui elle avait à faire -- et que cet être dégradé a achevée par ses attaques boueuses.
   Un duel entre moi et lui -- jamais! Que prouvera-t-il? -- Nous ne sommes pas pairs. Moi, je suis son juge, je peux être son bourreau, mais non son adversaire. Le duel n'est une expiation, ni une punition, car le duel restaure l'honneur, et moi, je tiens à constater son déshonneur.
   Socialiste et révolutionnaire, je me suis adressé à la seule puissance que je reconnaisse. J'ai eu l'audace, le courage de porter cette affaire à la connaissance de nos amis de la démocratie. J'ai montré les lettres, j'ai raconté les faits.
   Mon appel réveille de tous les côtés un seul cri de réprobation unanime.
   La mort morale du sieur Herwegh est prononcée. Conspué de tous les hommes de bien, mis au ban be la démocratie, il sera forcé de cacher son existence flétrie dans quelque coin éloigné du monde. Car en Suisse, en France, en Italie il n'aura pas de repos.
   Je le jure, et avec moi mes amis, -- chaque jour m'apporte des preuves que nous sommes soutenus par tous les hommes de la révolution militante.
   Recevez...
   A. Herzen.
   Перевод

Господину Рихарду Вагнеру в Цюрих.

   Июль 1852. Лугано.
   Милостивый государь,
   позвольте мне поблагодарить вас за ваше письмо от 30 июня. Оно для меня новое доказательство общего осуждения, которое начинает со всех сторон окружать этого человека -- и которое в конце концов поглотит его.
   Я вполне понимаю появившуюся у вас потребность объяснить мне, чем вызвано ваше великодушное покровительство этому субъекту. С моей стороны лучшим свидетельством глубокого уважения будет полная душевная откровенность в разговоре с вами.
   Я ни в коей мере не разделяю ваших надежд -- бывает такая степень развращенности, при которой уже не исправляются, ибо, чтобы так пасть, надобно было искоренить в себе все человеческие свойства.
   Поверьте, милостивый государь, что я прекрасно понимаю самопроизвольность страстей и трагические коллизии с их безотчетными, роковыми последствиями. К несчастью, преступления этого субъекта носят совсем иной характер. Характер подлый, глубоко буржуазный, вульгарный, циничный и трусливый. Страсть, достойная уважения, непременно должна сочетаться с мощью, с непреодолимой силой -- тогда, и только тогда она оправдана. Она должна быть такой, какая она и есть, т. е. сокрушительной, неистовой; она увлекает, она жжет, она убивает... но она не отравляет капля за каплей, но она не размышляет целый год о том, как предать друга, и следующий год -- как отомстить женщине доносом; страсть дает себя убить, но не позволяет себя выгнать из дому пинком.
   Я познакомился с вами, прочитав ваше прекрасное сочинение о шедевре Будущего. Вы отлично поняли взаимосвязь всех искусств, которые должны сочетаться в гармоничном и конкретном творчестве. Взываю к вашему эстетическому чувству. Как можете вы оправдывать существо, совершенно
   лишенное какой-либо веры, и воображать, что для него возможна в будущем тихая и скромная жизнь, -- существо, которому неведомо мужество, малейшее понятие о рыцарстве, о великодушии, у которого не осталось и следа человеческой совести. Мужчина -- нет, гетера мужского пола, за несколько франков продавший свою юность гермафродиту в юбке, достойному соучастнику его мерзостей, человек, который ради своего соmfort'a предал свои убеждения и который принял участие в германской революции лишь тем, что бежал с поля боя, позабыв отдать отчет в доверенных ему общественных суммах, -- человек этот не имеет будущего. Человек, каждый день с жаром пожимавший руку друга, называвший его в письмах своей единственной опорой, единственной защитой, своим братом, стремившийся использовать минуты душевной откровенности и непринужденности, с энтузиазмом говоривший о своей дружбе -- и в то же время предававший своего друга... Человек этот не пережил трагедии, он занят был своим ремеслом злодея.
   Человек, который вводит собственную жену для того, чтобы осквернить дом друга, и вводит ее с единственной целью -- содержать свою семью, оплачивать свои долги за счет друга, -- друг этот не Вертер, а Робер Макэр.
   И все же вторая часть во многом превосходит первую. Но говорю здесь о клеветах, распускавшихся исподтишка, но столь искусно, что о них знали в России; ни о жестокосердии, не имевшем и тени деликатности, -- поселить свою отставную жену в Ницце, чтобы шпионить за мной, чтобы оскорблять меня, чтобы принудить меня покинуть этот город. Через год после того как он дал себя выгнать из моего дома, он присылает мне гнусный вызов. Малосведущий в делах чести, он посылает мне его по почте, даже не назвав своих секундантов; затем он возвращает письма близких мне лиц, предварительно подделав печати. Отвратительный картель, в котором он, между прочим, издевается над злополучной гибелью моего сына, -- картель, в котором он даже не упоминает о каком-либо оскорблении с моей стороны; невозможно понять, за какую же обиду требуют удовлетворения. То был не картель -- то была квитанция в получении пощечины. К сожалению, я находился тогда у постели умирающей женщины, исполненной высоких достоинств, -- женщины, чье раскаяние было свято, -- женщины, которая хорошо поняла, с кем она имеет дело, и которую это низкое существо прикончило своими грязными нападками.
   Дуэль между мной и им -- никогда! Что она докажет? -- Мы с ним не равны. Я -- его судья, я могу быть его палачом, но отнюдь не противником. Дуэль -- не искупление, не наказание, ибо дуэль восстанавливает честь, я же стремлюсь доказать его бесчестие.
   Социалист и революционер, я обратился к единственной признаваемой мною власти. У меня хватило мужества, отваги ознакомить с этим делом моих друзей по демократии. Я предъявил письма, я сообщил факты.
   Призыв мой возбуждает со всех сторон лишь возглас единодушного осуждения.
   Моральная смерть вышеупомянутого Гервега провозглашена. Преданный поруганию всеми честными людьми, извергнутый из рядов демократии, он вынужден будет скрывать свою опозоренную жизнь в каком-нибудь отдаленном уголке мира. Ибо ни в Швейцарии, ни во Франции, ни в Италии покоя ему не обрести.
   Клянусь в этом, а со мной клянутся мои друзья, -- каждый день приносит мне доказательства, что нас поддерживают все деятели воинствующей революции.
   Примите...
   А. Герцен.

199. М. К. РЕЙХЕЛЬ

11--13 июля (29 июня--1 июля) 1852 г. Лугано.

   11 июля. Лугано.
   Все еще сижу у озера и жду, когда меня отпустят. Haben Sie warten gelernt[222], -- говорят немцы; не одному терпению, а многому надобно еще учиться в сорок лет. -- Генерал удивляет меня: ни малейшего такта и упорность, а причина всему самолюбие. Самолюбие почти всегда в пропорции ограниченности. И смотрите, все прекрасные качества его погублены через это; он на меня дуется. Я ему писал пять писем, чтоб он не начинал полемики в печати, -- не могу добиться ответа, жду его, т. е. ответа, для того, чтоб ехать, если он не послушается, в Брюссель, где думаю увидеться с вами; если послушается -- в Цюр<их>.
   Как же вы, милая Мария Каспаровна, не понимаете, что я не могу и не хочу закрывать воспоминания: если гробовая доска может закрывать -- то в самом деле нет никакого бессмертия души. Сверх того, былые события никогда не могут быть прошедшими для самих актеров, напротив, они тут, неизменные, неисправимые. Что касается до мучительного истощения сил в настоящем импассе -- это правда, я просто глупею и уничтожаюсь. Пуще всего меня донимает грубая неделикатность, с которой люди и судьба меня бьют, точно будто на мне шкура носорога. -- Ну, да вынесем -- а много ли останется. А вот, кстати, Алекс<андра> Христ<иановна> прислала мне филиппику,
   в которой говорит, что Н<аташа> намекала ей, что детей оставляет ей, что вы говорили Тате, "что теперь Пупенька будет все указывать тебе" (хороши доказательства), и что я скрыл от нее, по интригам Гаука (которого ругает на чем свет стоит), что отдаю детей к вам и пр. и пр. Я ей писал с полусмехом ответ, но не мог пройти молчанием главного. Н<аташа> никогда не думала об ней, она со мной сто раз говорила и всякий раз останавливалась на двух лицах: на вас и на Тучковой. И умоляла меня после плерези -- не отдавать детей никуда при моей жизни, а пригласить жить к нам Натали или вас с Рейх<елем>. -- Я бы и не отдал так скоро. Но мне надобно было перервать суетную надежду женщины, которой вряд можно ли поверить Фаяля; с другой стороны, я не мог до окончания истории с подлым и битым поэтом ничего сделать сам для воспитания. -- Я сделаю усилие приехать на житье в Ch Elysées; если же не удастся, я начинаю думать о перемещении всех в Брюссель. Если вам, т. е. Рейх<елю>, нельзя, то мне придется со временем взять гувернанту, этого я боюсь больше укуса бешеной собаки -- но что же делать? Вы видели из приписки Ог<арева>, что надежда плоха (пожалуйста, когда будете писать, повторите, что их приезд -- единственное желание и что об материал<ьных> средствах очень нечего печься). Я даже думал о Тат<ьяне> Ал<ексеевне> -- но, при всей ее дружбе, я не думаю, чтоб она была способна, к тому же курит трубку. Для Саши пока Тесье может быть очень полезен -- у него большой дар серьезного преподавания. Я говорю "пока", потому что Тесье долго не станет терять время.
   12 июля.
   От вас письмецо между Татиных строк от 9 и ни слова об важной новости, сообщенной вам от 4го.
   Мы сидим третьи сутки без всяких вестей. -- Кажется, генер<ал> нас наказует. -- О Мар<ия> Касп<аровна>, как тяжела дружба одолжающая; неужели и вы когда-нибудь приметесь меня теснить за то, что теперь делаете для детей. Благодарность -- начало рабства, так, как страх божий -- начало премудрости. Как грубо люди дают чувствовать, что они делают для друзей, и дадут взаймы денег, да прежде их разменяют нарочно на пятаки, тащи на спине... Я исхожу от желания покоя, и вся живость моя, наконец, недостаточна, чтоб спасти от скуки и тоски. Прощайте.
   13 июля.
   Сейчас получил письма. -- Печать остановлена. -- Я скачу в Луцерн, сегодня вечером. -- Оттуда напишу, куда писать. Прощайте. Впрочем, если вы еще пришлете письмо сюда, оно дойдет.
   Рукой Саши Герцена:
   Любезная сестрица!
   Когда мы приготовлялись вчера ехать купаться, то пришел тот господин, который был на горе с Али, и поехал с нами в лодке; когда мы переехали одну реку, которая течет в озеро, то мы бросили Али в воду и он плыл за лодкой; когда я взошел в воду, то он пришел ко мне и я его взял за уши и окунул, с тех пор он боялся ко мне подходить. Он был мокрый и если б он взошел на лодку, он замарал бы всех, так его хозяин сказал ему остаться на берегу, и ему так хотелось прийти, что он плакал, но не смел.
   Потом Эдмунд все хотел меня дразнить, говоря, что он лучше Фаяля, но так как он не говорил правду о Фаяле, то я его не слушал.
   Целуй Ольгу, Сашу, Морица и тебя.
   Пожми руку Маше, Рейхелю и тебе.
   Саша.
   Рукой К.-Э. Хоецкого:
   Милая Тата. Один господин сказал мне, что он видел тебя в Шан Элизе на лошади верхом в шляпе с великим пером. Я прошу тебя, любезная девочка, написать чем скорее, правда ли это или нет. Во всяком случае ты поклонись Марии Каспаровне и Рейхелю, а Оленьку и малого Сашу крепко два раза поцелуй. Твой преданный друг и будущий портье дома твоего.
   С. Ed.
   Мы едем, Тата, в Луцерн и будем переезжать по горам высоким, покрытым снегом.
   Оттуда буду опять тебе писать. А сегодня я тебя видел во сне, а Оленьку не видал.
   Прощай, мой дружок милый, поцелуй Оленьку, Сашку и Маврушку, а Рейхелю скажи, что я ему новые туфли привезу с Гримзеля, если Ольгушки износит.
   Лугано, 1852 год. 13 июля. Вторник.

200. М. К. РЕЙХЕЛЬ

17 (5) июля 1852 г. Люцерн.

   17 июля 1852. Lucerne.
   Я вам написал дней пять на листе и с тех пор переселился в Люцерн. Прокламации остановлены; будет одно дружеское письмо ко мне от генерала, в котором рассказ.
   Он еще не посылал никакой прокламации. Явилась жена его из Ниццы, теперь пойдет, должно быть, политическая часть трагедии.
   Представьте, что он, избитый, отправился к комиссару полиции, говорит, что его хотели убить, комиссар сказал, что он не может вступить в разбор частного дела, но что готов его принять под покровительство полиции.
   Что за пучина гадости и разврата! Получил письмо от Гартмана и прошу вас вот что для меня сделать -- пошлите Рейхеля за ним или записочку, он живет Rue et Hôtel des trois frères, и скажите, что я собираюсь ему писать много, но должен еще отдохнуть. Я собираю демократический вердикт против подвига Гервега и прошу его участвовать со всей демократической Италией. Расскажите ему вкратце в чем дело, похожденье 1-го июля, и покажите приложенную статейку, не имеет ли он возможности тиснуть ее в парижском журнале?
   Приезд мой сюда дал делу иной вид. Вероятно, первая его часть скоро кончится, а может, и последняя. Ему все хочется дать вид дуэли со мной, и он, уже битый, говорит, что он уверен, что я обниму его на поле битвы. Я не в духе писать. Скажите Гартм<ану> просто, что я в Швейцарии.

201. Ф. ВИЛЛЕ

18 (6) июля 1852 г. Люцерн.

   Monsieur,
   J'ai eu l'honneur de recevoir votre lettre du 7 et 18 juillet.
   Mes amis Ernst Haug et Tessié du Motay que j'ai priés de me représenter en cas de provocation se sont chargés de vous répondre.
   Permettez-moi, monsieur, de vous remercier pour l'urbanité toute chevaleresque avec laquelle vous vous êtes acquitté de cette commission.
   Recevez, monsieur, l'expression de mes sentiments les plus distingués.
   Alexandre Herzen.
   Lucerne, 18 juillet 1852.
   Перевод
   Милостивый государь,
   я имел честь получить ваше письмо от 7 и 18 июля.
   Мои друзья Эрнст Гауг и Тесье дю Мотэ, которых я просил быть моими представителями в случае вызова, взялись ответить вам.
   Позвольте, милостивый государь, поблагодарить вас за чисто рыцарскую учтивость, с какой вы выполнили возложенное на вас поручение.
   Примите, милостивый государь, уверения в моих самых почтительных чувствах.
   Александр Герцен.
   Люцерн, 18 июля 1852.

202. М. К. РЕЙХЕЛЬ

21 (9) июля 1852 г. Лугано.

   21 июля 1852. Lugano.
   Мне кажется, что я давно к вам не писал. С тех пор я успел уже съездить в Берн и возвратиться.
   Да чего же лучше записку послать с Боткиным, дайте ему непременно статью из ниццкой газеты, два-три экземпляра, пусть подкладку подошьет.
   Расскажите 1ое июля. Напишите Марии Федоровне дружеский поклон, писать в даль еще не могу, когда совсем успокоюсь, буду писать.
   Теперь к делу. Наконец благородный противник наш дал залп, т. е. прислал новый картель мне -- чрезвычайно учтивый на этот раз, говоря, что ему прискорбно, но делать нечего. Я отвечал секунданту, что он и что злодеев наказывают, а не дерутся с ними. Между тем он осведомился у адвокатов, нельзя ли завести процесс с Гауком и Тесье pour la violation du domicile[223]. Адвокаты сказали, что он не только не выиграет, но что ведь тогда публично придется сказать, что ему надавали плюх. Его экс-жена шумит, кричит, что надобно дуэль непременно с генералом. Между тем, он, т. е. битый, составил акт, в котором доносит, что я посылаю каждые 15 дней спадассинов. Этот акт подписал какой-то дурак профессор.
   Теперь Тесье, генерал и Фока дурака учат, что де спадассинами не ругают честных людей.
   Опасности большой нет. Все, что может быть, -- это дуэль с секундантом или с кем-нибудь, кто мне в глаза бы сказал, что он за него хочет драться.
   Что Колачек дрянь -- не подлежит сомненью, он даже его денежно поддерживает. Фогт собрал целый анекдотник мерзостей об их эксплуатации отца барыни.
   Но вы не можете себе представить, что за могильная усталь одолевает мною иногда, особенно после спора и междоусобий. Люди так немы, иногда так неделикатно глухи, что приходится говорить то, что следовало бы только слышать и кричать, о чем следовало бы едва намекнуть. Все это портит душу, делает ее грубее, отнимает тот пушок, который сопровождает только юное, только то, до чего грубо не касались.
   В Берне старыми знакомыми принят был хорошо, видел Фази, Шаллера.
   Фогт сегодня будет сюда. Потом поеду в Женеву, хотелось бы увидать детей. И хоть зиму прожить спокойно. Не поедет ли Mme Tessié в Женеву, дети могли бы у нее пожить. Досадно, что мне нельзя в Париж.
   Неужели Боткин не заедет сюда или Станкевич? Я просто прошу настойчиво об этом. Найти меня будет не трудно, но всего лучше назначить rendez-vous в Интерлакене или в Вевее, в Женеве, одним словом, где хотят. Позаботьтесь об этом. Прощайте. Записку Огареву доставьте, только со всеми осторожностями.

203. А. ГОФШТЕТТЕРУ (черновое)

23 (11) июля 1852 г. Люцерн.

   Le 23 juillet 1852.
   Monsieur,
   Permettez-moi de vous exprimer ma profonde et sincère reconnaissance et de vous serrer fraternellement la main -- pour la part que vous avez prise dans cette affaire pénible, malheureuse qui nous occupe.
   Vous avez apporté votre témoignage à un acte de haute moralité.
   Vous m'avez aidé, sans me connaître, dans la tâche difficile que j'ai osé entreprendre. -- J'ai voulu confondre un traître et réhabiliter une victime sans tribunal, sans duel, par la seule force morale de la démocratie. J'ai presque atteint ce but, grâce soit donc rendue aux hommes nobles qui m'ont donné leur concours.
   Vous avez pu juger l'homme avec lequel j'ai à faire. Lorsqu'on lui lisait la lettre, il ne tremblait que pour lui; ayant entendu cet arrêt d'outre tombe -- il a nié l'authenticité de la pièce, dont il connaissait la véracité.
   Rien d'humain ne s'est réveillé dans cette âme dépravée -- ni remords, ni repentir.
   Je ne doute pas que je réussirai complètement. C'est une toi <...>[224]
   Votre assistance m'en est une preuve, je vous remercie donc encore une fois et de tout mon cœur.
   Перевод
   23 июля 1852.
   Милостивый государь,
   позвольте мне выразить вам свою глубокую и искреннюю признательность и братски пожать вам руку -- за то участие, которое вы приняли в занимающем нас сейчас тягостном и злополучном деле.
   Своим свидетельским показанием вы скрепили акт высокого морального значения.
   Не будучи со мной знакомы, вы оказали мне помощь в трудном деле, на которое я решился. -- Я захотел изобличить предателя и реабилитировать жертву без суда, без дуэли, одной лишь нравственной силой демократии. Этой цели я почти достиг, и хвала благородным людям, оказавшим мне свое содействие.
   Вы имели возможность судить, каков человек, с которым мне приходится иметь дело. Когда ему читали письмо, он трепетал лишь за себя; услышав этот замогильный приговор, он стал опровергать подлинность документа, достоверность которого была ему известна.
   Ничто человеческое не пробудилось в этой растленной душе -- ни угрызения совести, ни раскаяние.
   Я не сомневаюсь в том, что добьюсь полного успеха. Вера эта <...>[225]
   Ваша поддержка -- доказательство этому, и потому я снова и от всего сердца благодарю вас.

204. М. К. РЕЙХЕЛЬ

23 (11) июля 1852 г. Люцерн.

   23 июля. Люцерн.
   Ваше письмо от 21-го. Каково почта ходит. Я с тех пор написал вам, был в Берне, видел Фази, Шаллера и прочих кесарей Швейцарии -- все идет хорошо. Но alea jacta est, т. е. была не была, делать нечего, мы должны были спуститься на грязную арену журналистики. Сначала будет грязь, одна грязь... но, если через нее пронесу гроб, но если я не упаду с ним или не буду убит, -- то торжество огромное. Я чувствую силу только на этот подвиг, даже сумасшедшую, это моя idée fixe, оттого-то я и покоряю других... с такой arrière-pensée[226] можно смириться и вынести площадную брань человека, который отвечает ею на плюхи.
   Мерзавец этот напечатал в цюрихской газете, что я подослал наемных спадассинов, что он отдается под покров общества, что редакторы "Italia е popolo" -- Schurken[227]. От нас будет протест, ну и пойдет подлейшая полемика, лишь бы, говорю я, пережить ее, пересилить, лишь бы в середину не вклеился посторонний дуэль.
   Генерала обвинять нечего, он имеет несчастный характер, многого не понимает, сердится, -- но он любит меня, и, хоть
   тяжело бывает, оканчивается все же как я хочу. Я писал вам, кажется, что он, т. е. битый поэт, мне прислал второй картель. Я отказался, говоря, что со злодеями драться нельзя. На этот вызов я напечатаю свой appel[228] демократии и, с тем вместе, вердикт, подписанный страшными именами. Он говорит в статье: "...Какая демократия -- это чернь, подлецы", -- ему в ответ будут подписи Прудона, Маццини. Знаете ли, кто теперь работает славно? -- Фогт, от него я и не ждал столько дружбы.
   A propos, узнайте, ради бога, как пропало письмо Прудона ко мне. Я получил письмо Mme Tessié, записку Даримона (превосходную), в которой он мне пишет об adresse'e Прудона, говоря, <что> письмо его опоздало. A Mme Tessié прибавляет и посылает со следующей почтой. Идти оно должно было через Геную. Письмо от 11-го пришло, пока я был в Берне, 18-го, -- но другого нет, это досадно до бесконечности, напишите Мme Tessié, пусть он напишет еще раз, делать нечего. Завтра я пишу к Мишле в Нант, получил от него на днях. Важность вопроса не теряйте из вида, это вовсе не несчастная трагедия, а вопрос колоссальный -- вопрос всей революционной религии, всех последних надежд для меня. Действительно я сознаю себя новым человеком, как выразился Саффи. И вот я делаю опыт наказать злодея без старого суда, без старого поединка -- одной силой демократического мненья. Новые люди встрепенулись, они поняли важность и отвагу предприятия; но, если они не сумеют провести, не найдут сил раздавить мерзавца, труса, если погибнем мы, а не он, -- ну что же тогда? Не будет ли это микроскопическое доказательство, что не только на больших размерах, но и в самых мелких, демократия бесплодна, неспособна, что внутренние, незримые волокна ее так же бессильны, как и ее вестовая труба, как ее воззванье? Понимаете, как у меня теперь все это сплетено в один жизненный вопрос.
   Может, придется пожить в Люцерне (самый скучный и глупый город в мире, после Лугано и Белинцоны), я близко от всего, я налицо -- и в глуши, в месте, где нет ни одного знакомого. Впрочем, Люцерн, Мадрас, Нью-Йорк -- мне все равно.
   Скажите Боткину, что непременно требую свиданья с ним перед его отъездом. Теперь есть железная дорога до Страсбурга, от Базеля до Люцерна прогулка; возле Тиволи am Hafen[229], дом Фанера, близ кладбища на берегу озера. Я думаю по такому адресу Moritz найдет. В трактире Schweizerhof он может спросить г.г. Francis Dillon и Tessié. Для меня очень важно видеться с таким человеком, как он, до время его возвращенья. Прочтите ему письмо. Кланяйтесь Мельгунову, что же он не стыдит Кол<ачека>?
   Об надеждах ехать в Париж ничего не понимаю, а желал бы. Иначе придется зимовать около Женевы.
   Прощайте. Записку Огареву может и Боткин взять. Если я переменю место, тогда сообщу точно час, чтобы вы сказали Боткину.
   Эдмундишка и генерал вам кланяются усердно и Рейхелю.
   Нидергуберу пошлите что хотите, я что-то об нем слышу, но не вовсе выгодные отзывы. Говорят, впрочем, что он своей прачечной сильно эксплуатировал жену. А может это и вздор.

205. Ж. МИШЛЕ

25 (13) июля 1852 г. Люцерн.

   25 juillet 1852.
   Lucerne.
   Cher et vénérable monsieur. Votre lettre du 4 juillet ne m'est parvenue que le 18. Elle a été à Nice, à Gênes, à Lugano, enfin elle m'a trouvé à Lucerne.
   Il y a longtemps que j'avais un grand besoin de vous écrire, mais les choses que j'avais à vous communiquer étaient si sombres, si tristes et si difficiles à être dites que je ne pouvais me décider à prendre la plume. Votre lettre si affectueuse, si amicale mit fin à mon hésitation.
   Vous me plaignez sincèrement, et pourtant vous ne connaissez qu'une partie des malheurs qui m'accablent. La perte de ma famille par le naufrage, la mort de ma femme qui s'est éteinte dans les larmes ce n'est pas tout, il fallait encore l'offense, la calomnie, la trahison d'un ami pour combler cette coupe amère qu'une fatalité féroce ne cesse de me présenter.
   Je me suis enfui, révolté contre ses coups; j'ai senti encore une fois ma nature révolutionnaire et j'ai commencé une lutte dans laquelle je périrai peut-être, -- mais du moins cela ne sera pas sans vendre chèrement ma tête.
   J'ai fait un acte qui sera taxé d'héroïsme ou de lâcheté.
   Je joue mon honneur, c'est la dernière carte qui me soit restée.
   Un homme infâme que j'ai eu le malheur d'aimer comme un ami intime, et que j'étais dans la nécessité de chasser de ma maison, il y a près de deux ans, attendit la maladie mortuaire de ma femme pour l'offenser sur son lit de douleur, en denoncant, par un sentiment de vengeance atroce et lâche, un passé oublié. Il ajouta les calomnies, les plus noires, à la dénonciation. Ce scélérat s'appelle G. Herwegh ci-devant poète allemand, connu par sa fuite d'un champ de bataille. Il terminait son œuvre, en m'envoyant une sorte de provocation conèue en termes ignobles. J'ai refusé de donner suite à un pareil cartel.
   Cette décision m'a coûté beaucoup. Il me fallait plus que le sentiment de la justice, plus que celui de la confiance dans une vie antérieure, traversée au grand jour, au vu et au su de tout le monde; il fallait un moteur plus puissant que tout cela pour me faire agir de la sorte. Le duel ne réhabilitait en rien la noble victime: le duel, tout en cachant le fond, faisait ébruiter l'apparence. Aussi ne pouvait-il servir qu'à restaurer l'honneur d'un traître ou bien fournir une satisfaction à mon point d'honneur. C'était, en vérité, trop donner à une divinité altière et froide, -- homme d'un monde barbare et d'un monde nouveau, j'ai osé m'attaquer à cette idole.
   En même temps j'ai brisé une autre encore, et en le faisant jamais je ne me suis senti plus conséquent avec tout ce que j'ai écrit, avec tout ce que j'ai prêché.
   J'ai laissé avec respect la pleine liberté de la défense à la femme elle-même, et non seulement de la défense, mais de la punition. La femme ne doit plus être l'éternel mineur. J'ai atteint mon but, elle se fit un piédestal de l'infâmie de son persécuteur, elle l'écrasa du haut de sa grandeur morale. Palpitante d'indignation, elle lui écrivit une lettre sublime. Il renvoya la lettre sans l'avoir décachetée. Alors elle convoqua quelques amis autour de son lit, pour apporter un témoignage à tout ce que je leur disais, elle leur communiqua la lettre et la remit à mon ami, le général Haug (un des héros de Rome en 1848), en le priant de notifier cet arrêt à l'individu -- elle y tenait tant, -- elle y voyait la plus haute satisfaction pour moi -- et elle avait raison.
   Elle était grande, cette pauvre martyre dans cet acte, la réhabilitation était plus que complète -- tout le monde s'inclina devant tant d'énergie. Mais bientôt les forces physiques l'abandonnèrent; le 2 mai elle cessa d'exister.
   J'ai juré de la venger.
   Ma vengeance devait commencer avec la même conformité de mes principes, avec laquelle j'ai réhabilité la victime. Je voulais porter la cause au seul tribunal que je reconnaisse, je voulais punir le traître par la seule force morale de la Démocratie. C'était à elle, à ses représentants de prononcer l'excommunication d'un misérable qui ose se compter dans les rangs révolutionnaires. Si la démocratie n'est pas une puissance, si elle ne comprend pas la solidarité de tous pour chacun -- elle n'est pas une réalité. Si elle n'est pas assez forte pour protéger un de ses frères, ni assez morale pour flétrir un traître -- elle n'a pas d'avenir.
   J'écrivis à un ami que je respecte beaucoup, à Mazzini, sa belle réponse augmenta mes forces. Les fougueux Italiens avec lesquels je vivais à Nice et à Gênes, applaudirent avec enthousiasme à ma décision. Lé <...>[230] Giacomo Medici était le premier
   à demander que son nom parût sous le verdict. Un incident a modifié la position...
   L'ami Haug, devenu exécuteur testamentaire, quitta Londres pour remplir la volonté de la défunte et alla à Zurich. Accompagné de deux amis, tous les deux très bien connus dans la démocratie, -- il alla chercher l'individu chez lui. Il lui notifia l'arrêt d'outre-tombe; le coupable l'entendit pâle, tremblant -- non de remords, mais de peur. Après avoir entendu la lecture, il eut la bassesse de nier l'authenticité de la lettre; on lui montra l'enveloppe, il la reconnut, -- mais en même temps on trouva une autre lettre écrite de sa main, qui était dans l'enveloppe qu'il disait ne pas avoir décachetée. C'était un commentaire odieux de la lettre qu'il disait n'avoir pas lue.
   Le coupable n'a retrouvé quelque semblant de courage que pour fuir et invoquer à grands cris le secours de la police. Ernst Haug alors, transporté d'une juste indignation, a puni le lâche en lui imprimant sur le visage le cachet de son mépris. C'était le 1-ier juillet.
   Sept jours après Hervegh m'envoya une seconde provocation. Mon refus était à prévoir.
   Cependant le fait a transpiré, les journaux le portèrent à la publicité. L'homme prostitué, me parodiant alors, a eu l'impudence alors d'imprimer un article sale dans un journal réactionnaire (Neue Züricher Zeitung) où il traite mes amis de spadassins et déclare qu'il ne se battra pas avec Haug.
   Me voilà donc engagé dans une polémique dégoûtante que je désapprouve, et qu'il n'est pas en mon pouvoir d'arrêter, -- il m'est impossible de me taire lorsqu'on offense mes amis, qui se sont dévoués avec tant de générosité à une œuvre de haute moralité.
   Si après tout je trouve la force suffisante de traverser ce marais boueux, avec le cercueil que je porte, la tête haute, sans faillir, j'en sortirai victorieux. Si non -- il n'y a pas de salut pour moi. Et je recommande mes enfants à mes amis, je vous les recommande à vous, vénérable ami, d'une manière toute particulière.
   Je ne suis pas encore à bout de mes forces. Mais quelquefois un abattement, un désespoir s'emparent de mon âme: l'idée me vient que j'ai entrepris une tâche beaucoup au-dessus de mes forces, je tremble à la pensée qu'ayant le premier fait appel à la publicité, je ne trouverai ni assez de talent, ni assez de puissance pour la dominer -- et qu'alors je n'ai fait que livrer à la foule une cause sainte pour moi, que je l'ai profanée en voulant l'entourer d'une auréole de respect et de vénération.
   J'imprimerai un appel aux frères de la démocratie, qu'ils me soutiennent dans ma route ou qu'ils m'abandonnent à mon
   sort par leur silence. Dites votre opinion, ne m'épargnez pas, dites -- la avec sincérité -- j'attendrai avec impatience votre lettre. Proudhon et ses amis partagent ma manière de voir -- ainsi qu'ils viennent de m'assurer.
   Je ne veux pas vous parler de ce que j'ai souffert, combien je me sens épuisé depuis ma dernière lettre (écrite, je crois en janvier). C'est une triste chronique de pathologie -- qui peut bien rester ensevelie dans ma poitrine. Ce n'est qu'un organisme pareil au mien, qui pouvait résister à cette incessante torture.
   Mes deux petites sont à Paris, chez cette dame russe que vous avez rencontrée une fois chez moi. Moi, j'erre avec mon fils dans les montagnes de la Suisse; je resterai quelque temps à Lucerne, ville qui me plaît, parce je ne connais âme qui vive.
   Permettez-moi, maintenant, de vous communiquer une chose qui pourrait vous intéresser et vous faire oublier un peu mon triste récit. Vous connaissez qu'on organise à Genève une académie; les genevois ont déjà engagé des hommes illustres de la science, entre autres -- mon ami C. Vogt. Je pense qu'ils seraient enchantés de vous posséder au moins pour six mois, j'ajoute même, d'après les assurances des personnages compétents qu'on irait volontiers à plus de 3000, entre 3 et 4000 frs à vous offrir. Le semestre commence au 1 novembre. Je serai tout heureux si vous voudriez me permettre d'entrer en rapport sur ce sujet avec mes amis de Genève.
   Excusez amicalement la longueur de ma lettre. Moi-même, je suis fatigué, c'est très douloureux de rouvrir ces plaies saignantes. -- Je vous laisse en serrant votre main et en répétant que c'est un don bien maudit que la vie.
   Votre ami tout dévoué.
   A. H.
   P. S. Je recommanderai ma lettre, par crainte de la poste franèaise, qui ne se borne pas à lire les lettres, mais qui croit prudent de les retenir -- ce qui ne se fait en aucun pays.
   Vous faites mention d'un ouvrage sur la Russie, je n'en ai aucune connaissance. Je voudrais bien en connaître le titre.
   Mon adresse: Lucerne, poste restante.
   Перевод
   25 июля 1852.
   Люцерн.
   Дорогой и глубоко уважаемый г. Мишле. Ваше письмо от 4 июля дошло до меня только 18. Оно побывало в Ницце, Генуе, Лугано и, наконец, застало меня в Люцерне.
   Уже давно я испытываю настоятельную потребность написать вам, но то, что я собирался сообщить, было столь мрачно,
   печально, и так тягостно было об этом говорить, что я не решался взяться за перо. Ваше письмо, столь теплое и дружеское, положило конец моим колебаниям.
   Вы искренно мне соболезнуете, однако вам известна лишь часть обрушившихся на меня несчастий. Гибель семьи во время кораблекрушения, смерть жены, угасшей в слезах, -- это еще не все; понадобилось еще оскорбление, клевета, предательство друга, чтобы переполнить горькую чашу, которую жестокая судьба не перестает мне преподносить.
   Уединившись, я решился восстать против ее ударов; я еще раз почувствовал свою революционную натуру и начал борьбу, в которой если и погибну, то по крайней мере заставлю дорого заплатить за свою голову.
   Я совершил поступок, который будет расценен либо как героизм, либо как трусость.
   Я ставлю на карту свою честь -- это моя последняя ставка.
   Один бесчестный человек, которого я имел несчастье любить как задушевного друга и которого вынужден был выгнать из моего дома около двух лет тому назад, дождался смертельной болезни моей жены, чтобы оскорбить ее на ложе страданий, огласив из чувства жестокой и подлой мести преданное забвению прошлое. К своему доносу он присоединил самую черную клевету. Имя этого негодяя -- Г. Гервег, бывший немецкий поэт, прославившийся бегством с поля битвы. В довершение всего он послал мне нечто вроде вызова, составленного в самых гнусных выражениях. Я отверг подобный картель.
   Это решение мне дорого стоило. Нужно было нечто большее, чем чувство справедливости, большее, чем доверие к своему прошлому, выставленному на свет божий для всеобщего обозрения. Понадобилась сила более могущественная, чем все это, чтобы заставить меня так поступить. Дуэлью ни в чем нельзя было оправдать благородную жертву: скрывая сущность, дуэль лишь предала бы огласке внешнюю сторону дела. К тому же она могла бы лишь восстановить честь предателя или же дать какое-то удовлетворение его самолюбию. Это, право, значило бы отдать слишком большую дань надменному и бесчувственному божеству. Как человек и варварского мира и нового, я отважился на борьбу с этим идолом.
   В то же время я сокрушил еще и другой кумир и, поступая так, чувствовал, что я еще никогда не был так верен всему тому, что писал и что проповедовал.
   Уважение к женщине побудило меня предоставить ей самой полную свободу защиты -- и не только защиты, но и наказания. Женщина не должна вечно оставаться несовершеннолетней. Я достиг своей цели: она воздвигла себе пьедестал на бесчестии своего преследователя, она уничтожила его с высоты
   своего нравственного величия. Дрожа от негодования, она написала ему прекрасное письмо. Он вернул его нераспечатанным. Тогда она пригласила к своему ложу нескольких друзей, чтобы подтвердить все то, что я им говорил. Она сообщила им содержание своего письма и вручила его моему другу, генералу Гаугу (одному из героев Рима в 1848 году) с просьбой объявить субъекту свой приговор. Ей это представлялось чрезвычайно важным, так как она видела в этом самое глубокое удовлетворение для меня, -- и она была права.
   В этом поступке раскрылось все величие этой бедной мученицы, реабилитация оказалась более чем полной -- все преклонились перед такой силой духа. Но вскоре физические силы покинули ее, 2 мая она скончалась.
   Я поклялся за нее отомстить.
   Моя месть должна была полностью соответствовать тем же принципам, на основе которых я реабилитировал жертву. Мне хотелось вынести это дело на тот единственный суд, который я признаю, я хотел покарать предателя только моральной силой демократии. Только ей, ее представителям давалось право отлучить презренного негодяя, который осмеливается причислять себя к революционной среде. Если демократия бессильна, если она не предполагает всеобщей солидарности -- она нежизненна. Если она не в состоянии защитить одного из своих братьев и не обладает достаточной нравственной силой, чтобы заклеймить предателя -- у нее нет будущего.
   Я написал Маццини, своему другу, которого очень уважаю. Его сердечный ответ придал мне новые силы. Пылкие итальянцы, с которыми я жил в Ницце и Генуе, восторженно приветствовали мое решение. <...>[231] Джакомо Медичи первый попросил, чтобы его имя было поставлено под вердиктом. Однако неожиданное происшествие все изменило...
   Мой друг Гауг, ставший душеприказчиком покойной, отправился из Лондона в Цюрих, чтобы исполнить ее волю. В сопровождении двух друзей, хорошо известных в среде демократов, он направился прямо на дом к субъекту. Он объявил ему приговор покойной. Виновный слушал, бледнея и дрожа -- не от угрызения совести, а от страха. Выслушав письмо, он имел низость отрицать его подлинность; тогда ему показали конверт -- он узнал его, в тот же самый момент было обнаружено другое письмо, написанное его рукой; оно находилось в конверте, который он, по его словам, не вскрывал. Это был гнусный комментарий к письму, которого он якобы не читал.
   У виновного хватило подобия мужества только на то, чтобы
   спастись бегством и громко призвать на помощь полицию. Тогда Эрнст Гауг в порыве справедливого негодования наказал подлеца, запечатлев на его лице знак своего презрения. Это было 1 июля.
   Через неделю Гервег направил мне второй вызов. Мой отказ можно было предвидеть.
   Между тем об инциденте стало известно, газеты предали его огласке. Тогда этот растленный человек имел наглость, пародируя меня самого, напечатать в одной реакционной газете ("Neue Züricher Zeitung") грязную заметку, в которой называет моих друзей наемными убийцами и заявляет, что он не будет драться с Гаугом.
   И вот я вовлечен в отвратительную полемику, которую осуждаю и которую не в силах прекратить. Я не могу молчать, когда оскорбляют моих друзей, так великодушно преданных делу высокой морали.
   Если после всего этого я найду в себе достаточно сил, чтобы с гробом на руках, но с высоко поднятой головой успешно перебраться через это топкое болото, я выйду победителем. В противном случае -- нет для меня спасения. И я поручаю моих детей своим друзьям, и особенно вам, глубокоуважаемый друг.
   Мои силы еще не исчерпаны. Но порою какое-то уныние, какое-то отчаяние овладевают душой: мне начинает казаться, что я взвалил на себя непосильное бремя; я содрогаюсь при мысли о том, что, первым обратившись к общественному мнению, я не найду в себе ни таланта, ни сил, чтобы им овладеть, и что тогда я только отдам толпе святое для меня дело, которое я сам профанировал, желая окружить его ореолом уважения и благоговения.
   Я напечатаю призыв к братьям-демократам; пусть они или поддержат меня на моем пути, или своим молчанием предоставят меня моей судьбе. Выскажите свое мнение, не щадите меня, скажите откровенно, я с нетерпением буду ждать вашего письма. Прудон и его друзья разделяют мой взгляд; по крайней мере они только что заверили меня в этом.
   Я не стану рассказывать вам, как я страдал, до какой степени чувствую себя опустошенным со времени моего последнего письма (написанного, кажется, в январе). Это печальная патологическая история, которой лучше остаться погребенной в моей груди. Только организм, подобный моему, способен вынести эту бесконечную пытку.
   Обе мои дочурки в Париже у той русской дамы, которую вы как-то встретили у меня. Я же с сыном брожу по горам Швейцарии. Я пробуду еще немного в Люцерне, он нравится мне тем, что я не знаю здесь ни души.
   Позвольте теперь сообщить вам одну вещь, которая, быть может, вас заинтересует и заставит хоть немного забыть мою печальную историю. Вам известно, что в Женеве создается академия; женевцы уже пригласили известных ученых, между прочим, и моего друга К. Фогта. Я думаю, что они были бы очень рады пригласить вас хотя бы на полгода. Со слов компетентных людей могу прибавить, что вам охотно предложили бы более 3000 франков -- от 3 до 4 тысяч. Семестр начинается 1 ноября. Я буду бесконечно счастлив, если вы позволили бы мне обратиться по этому поводу к моим женевским друзьям.
   Дружески извините мне мое многословие. Я и сам устал: невыносимо больно бередить кровоточащие раны. На прощанье жму вашу руку и повторяю: жизнь -- злополучный дар.
   Всецело преданный вам друг
   А. Г.
   P. S. Я страхую письмо, так как не доверяю французской почте, которая не ограничивается чтением писем, но из предосторожности задерживает их, -- это не делается ни в одной стране.
   Вы упоминаете о какой-то книге о России, мне о ней ничего не известно. Очень хотелось бы знать ее название.
   Мой адрес: Люцерн, до востребования.

206. ТАТЕ ГЕРЦЕН

26 (14) июля 1852 г.

   Тебя, дружок Тата, целую много, много. Писать некогда, поцелуй Олю. Я часто смотрю на твой дагерротип.
   Твой Папа.
   26 июля. 1852.

207. М. К. РЕЙХЕЛЬ

29 (17) июля 1852 г. Люцерн.

   29 июля 1852. Люцерн.
   Отправляю вам экземпляр статьи Г<ервега> и наш ответ, читайте и не очень горюйте. Надо пройти грязью; но тем не менее дело идет. Он исчез, одни говорят, что он бросился в Пиэмонт, другие -- что он поехал с секундантом на меня войной, -- но тогда он ошибся местом, я, как видите, в печати объявил, что я здесь, а они проскакали пять дней тому назад.
   Нашлись покровители у него, даже такие, которые дают деньги.
   От Станкевича получил, поеду к нему непременно.
   Вы понимаете, как важно мне видеть русского. Я еду завтра. Пишите в Берн, à Mr Charles Edmond. Poste restante.
   A propos, он распустил слух, что все, сделанное мною, сделано для того, чтобы не потерять часть именья, принадлежащего Н<аташе>. -- Что скажете? Справлялись ли о письме Прудона, и не напишет ли он другое?
   Тате писать некогда, пора на почту, поцелуйте ее. Я ужасно дорого бы дал взглянуть на нее... иногда меня преследует глупая мысль, что, может быть, мы не увидимся.
   Рейхель без пощады должен быть опекуном. Я еду составлять тестамент с Шаллеровой помощью.
   С подлецом не будет дуэли -- за это я отвечаю.
   Но мало ли что может быть. Война.
   Прощайте. Жму крепко вам руку.

208. М. К. РЕЙХЕЛЬ

2 августа (21 июля) 1852 г. Берн.

   2 августа 1852. Берн.
   Здравствуйте. Я, точно Никол<ай> Семен<ович>, из угла в угол по Швейцарии, на почтовых, на пароходах -- быстро и ненужно.
   Вчера был в Фрибурге и сделал завещанье. Рейхель, как мне сказывал Haug, не очень был доволен, что я хотел назначить опеку из нескольких лиц. Я назначил одного Рейхеля -- он один ответственный опекун. Совет -- для чрезвычайных дел. Вот и все. Это формальность, теперь я бы желал очень, чтобы Огарев и Тучкова участвовали своим советом и содействием. Это вы сделаете. Я желал бы тоже, если только будет возможно, чтобы Саша жил у вас. Цель моя, сверх надзора, поддержать связь между ним и сестрами. Насчет его ученья Тесье и Фогт могут дать наилучшие советы. Да и тоже наши-то, московские, -- неужели не помогут!
   Словом, я с этой стороны спокоен. Поеду к Станкевичу в Женеву. Сашу свезу к Фогту в Интерлакен, где оставлю его под надзором Э. Хоецкого и под охраною француза. И поеду один. Я себя отучаю мало-помалу от всех.
   Г<ервег> скрылся из Цюриха. Говорят, будто поехал в Пиэмонт, это недурно. Жена его напечатала какое-то письмо. Тягостное время. Может, скоро окончится. А знаете ли, что на днях к вам будет гость, с которым пришлю многое?
   Отгадайте кто?

209. А. РЕЙХЕЛЮ

2 августа (21 июля) 1852 г. Берн.

   2 août 1852. Berne.
   Cher Reichel,
   J'ai fait hier par devant un notaire de Fribourg mon testament; je me suis cru en droit après votre lettre et celle de Marie de vous nommer seul tuteur de mes enfants. En cas de besoin vous pourrez convoquer un conseil de famille, -- il est composé de six personnes, mais cela n'aura lieu -- la convocation -- que dans les cas très graves, par exemple déplacement de fonds, changement de ville pour les enfants; outre cela le conseil de famille donnera son avis sur la direction générale de l'éducation. -- En cas de votre mort ou départ de l'Europe, vous serez remplacé par Engelson et Cie et Vogt. Jules Schaller et C. Vogt sont nommés exécuteurs testamentaires. Vous n'avez à rendre aucun compte détaillé sur l'emploi des sommes destinées à l'éducation de 12 000 15 000 par an.
   Je crois, cher Reichel, qu'on ne pouvait plus faciliter votre tâche; j'ai même bataillé contre le désir tout mon naturel de vous soumettre plus que je ne l'ai fait, aux autorités pupillaires.
   Le conseil n'est pas bien composé, quant à la position sociale des personnes, mais je ferai des changements.
   Moi, je voudrais mettre deux Russes -- Ogareff ou Melgounoff ou Granovsky. Mais pour cela il faut que l'un d'eux se soit expatrié. Maintenant nous avons:
   ces trois seulement × Engelson.
   ont un domicile fixe. Tessié.
   Les autres ne restent × C. Vogt.
   jamais ni en Suisse × J. Schaller.
   ni à Paris. Haug.
   Il y a dans le testament une instruction complète concernant les legs et le partage. Tout cela est d'une simplicité antédiluvienne. -- Je vous ai chargé de faire des démarches pour lever la séquestration du bien de Kostroma. Le gouvernement suisse vous aidera. Je vous ai chargé d'une seule affaire compliquée, c'est de faire rentrer la dette de Satine. Les autres dettes me sont indifférentes. On n'a pas payé de mon vivant, qui diable voudra payer après ma mort. Vous et Marie -- vous me garantissez complètement l'avenir de mes enfants; si vous vous adjoignez encore quelques amis russes, je serai tellement content, que je tâcherai de mourir au plus vite. Une instruction sur l'éducation sera écrite par moi.
   Et voilà tout. Mon corps doit être enterré à Nice. Donc je serai transporté après ma mort -- c'est de la conséquence au moins.
   Пeревод
   2 августа 1852 г. Берн.
   Дорогой Рейхель!
   Вчера, в присутствии нотариуса из Фрибурга, я составил свое завещание; я счел себя вправе, после вашего письма и письма Марии <Каспаровны>, назначить вас единственным опекуном моих детей. В случае необходимости вы сможете созвать семейный совет, -- он состоит из шести человек, но созывать этот совет следует лишь по весьма серьезным поводам, например при перемещении фондов, перемене места жительства детей; помимо того, семейный совет выскажет свое мнение об общем направлении воспитания. -- В случае вашей смерти или отъезда из Европы вас заменят Энгельсон и К° и Фогт. Юлиус Шаллер и К. Фогт назначены душеприказчиками. Вам не придется отдавать подробного отчета об употреблении сумм, предназначенных на воспитание -- от 12 000 до 15 000 в год.
   Полагаю, дорогой Рейхель, что нельзя было больше облегчить вашу задачу; я даже боролся против совершенно естественного желания подчинить вас еще в большей мере, нежели теперь, власти опекунов.
   Совет не совсем удачно составлен в отношении общественного положения включенных в него лиц, но я внесу изменения.
   Что до меня, то я хотел бы ввести двух русских -- Огарева, или Мельгунова, или же Грановского. Но для этого необходимо, чтоб один из них эмигрировал. Теперь же:
   только эти трое имеют × Энгельсон.
   постоянное местожительство. Тесье.
   Остальные не остаются × К. Фогт.
   навсегда ни в Швейцарии, × Ю. Шаллер.
   ни в Париже. Гауг.
   В завещании содержится полная инструкция относительно оставленного имущества и раздела. Все это отличается допотопной простотой. -- Вам поручил я предпринять шаги по снятию секвестра с костромского имения. Швейцарское правительство окажет вам помощь. Я поручил вам только одно сложное дело -- добиться возвращения сатинского долга. Остальные долги меня не беспокоят. Мне не платили при жизни, кой черт вздумает платить после моей смерти? Вы и Мария <Каспаровна> гарантируете мне полностью будущее моих детей; если вы привлечете еще несколько русских друзей, я буду так доволен, что постараюсь поскорей умереть. Инструкция о воспитании будет написана мною.
   Вот и всё. Мое тело должно быть погребено в Ницце. Таким образом я буду выслан и после моей смерти -- в этом по крайней мере есть своя последовательность.

210. САШЕ ГЕРЦЕНУ

Около 5 августа (24 июля) 1852 г. Женева.

   Ну, а как ты, друг мой Саша, живешь без меня? Это первый раз, что ты совершенно один. Рано тебе пришлось испытать много несчастий и, наконец, разлуку; это должно тебя сделать сильным. Ты с ранних лет успеешь приготовиться к борьбе, в которую утянет тебя жизнь. Помни, что тебе силы нужны не только для тебя, но для двух сестер.
   Я приехал вчера, в половине второго, в Женеву и, может, возвращусь в Нейгауз к 10-му. Наверное не знаю. Учись, друг мой, хорошо. Это большое счастие, что ты можешь и теперь заниматься с такими людьми, как Фогт и Эдмонд, и что они тебя так любят.
   Если я не скоро поеду в Париж, то отошлю твой браслет Тате с знакомой дамой, которая едет послезавтра.
   Прощай, друг мой, и знай, что вы все всегда в моей памяти.

211. Ж. МИШЛЕ

22 (10) августа 1852 г. Париж.

   22 août 1852. Paris.
   Cher et vénérable monsieur. Permettez-moi de vous présenter un de mes amis, littérateur allemand, ci-devant député à Francfort et réfugié maintenant. Il s'est beaucoup occupé des chroniques tchèques, et de la vie intérieure des paysans en Bohême. -- Je vous demande de m'excuser la liberté que je prends, mais je serai justifié par M. Maurice Hartmann lui-même.
   Je me rends à Londres demain ou après demain. Je vous remercie beaucoup pour votre lettre; oui "des faits et non des mots". Pourtant je n'ai terrassé mon ignoble adversaire que par des mots. Hartmann peut vous dire quelques détails.
   Je vous serre la main avec amitié.
   A. Herzen.
   J'ai parlé avec Fazy et Tourte concernant Mr Dumesnil, ils m'ont dit qu'ils vous informeront de cette affaire.
   Перевод
   22 августа 1852. Париж.
   Дорогой и глубокоуважаемый г. Мишле. Позвольте представить вам одного из моих друзей, немецкого литератора, бывшего депутата франкфуртского парламента, а ныне изгнанника. Он много занимался чешскими летописями и духовной жизнью крестьян Богемии. -- Прошу извинить меня за бесцеремонность, но я буду оправдан самим Морицем Гартманом.
   Завтра или послезавтра я отправляюсь в Лондон. Я очень благодарен вам за ваше письмо; да, "дела, а не слова". Впрочем, я сразил своего мерзкого противника именно с помощью слов. Гартман может сообщить вам некоторые подробности.
   Дружески жму вашу руку.
   А. Герцен.
   Я говорил с Фази и Туртом относительно г. Дюмениля. Они сказали, что известят вас об этом деле.

212. МОСКОВСКИМ ДРУЗЬЯМ

7 и 23 августа (26 июля и 11 августа) 1852 г.

Женева--Париж.

   7 августа 1852. Женева.
   Друзья наши расскажут вам о 5 действии трагедии. -- И за то благодарность судьбе, что перед тем как упадет занавесь, вы мне предстали в виде их, и мне можно перекликнуться с вами. Больно было мне немо пропасть, немо для вас. -- Они расскажут всё, писать не нужно. Е rotta l'alta colonna e'l verde lauro. Дети и гроб -- с ними за руку я пронесу его. Борьба, вызванная мною, трудна -- если паду, вы благословите меня.
   Увижу ли я вас? -- Мне что-то страшно вас видеть после всех утрат. Я слишком беден без нее.
   Пришлите мне О<гарева>, он ничего не делает, мы инвалидами выйдем из жизни, которую начали светло, широко, а оканчиваем темно, глубоко.
   Прощайте. За одно объятие теплое, братское с вами отдал бы годы, так бы один вечер провести вместе. Но fatum влечет, куда не знаю... но что бы ни было, верьте в меня, любите меня.
   Прощ<айте>...
   23 августа. Париж.
   Дней пять я думал, хотел писать вам еще, и не нашел сил, я буду писать много, -- не хочу расстроивать великой драмы,
   передавая ее бедными отрывками, да и не могу -- я еще не имел время порядком успокоиться. Все еще перемешано с злобой, с ненавистью, с желанием мести. Но верьте мне безусловно. Память великого существа -- раз увлекшегося и так велико восставшего и так страшно казненного -- да будет вам свята. Может, все величие ее я узнал после падения. Но спасти физически было нельзя. -- Нравственно она будет мною спасена -- и это сделано уже. -- Но пока этот человек дышит, нет даже recueillement[232]...
   Остальное расскажут С<танкевичи> -- я непременно требую, чтоб мое письмо было послано Н<иколаю> Пл<атоновичу>. -- Я жду их, жду болезненно. Письмо к Nat я не посылаю в оригинале, оно должно остаться у меня. -- Прощайте. Еду через час в Лондон. О жизнь, жизнь... сколько сбылось мечтаний, вот и деятельность, и ширь, и признанная сила -- а вместо всего взял бы немного покоя в вашем снегу и с вами. Еще раз прощайте.

213. М. К. РЕЙХЕЛЬ

24 (12) августа 1852 г. Дувр.

   Дувр. 5 час<ов> утра 24 августа.
   Через 11/2 часа мы в Лондоне. С уваженьем, с истинным уваженьем поставил я ногу на английскую землю, -- какая разница с Францией! Здесь чувствуешь себя свободным, и я не забыл повторить "Va peur" на пароходе. Саша не был болен и сидел с нами в кабине и уж по-английски пьет херес и ест mouton[233]. Я привык к нравам и выучился ругаться. Теперь о Диллоне, он так отличился, что я полтора часа хохотал на пароходе. Он вовсе не визировал своего пасса, а с генеральским тоном и шагом прошел в другую комнату. Его пропустили, но когда пришлось садиться на пароход, французский альгвазил потребовал пропуска, который дают при визе. Его превосходительство с гордостью и чувством обиженного самолюбия отвечал: де у меня уж взяли его -- и быстро взошел на пароход. Полицейский ему кричал вслед: "Постойте, постойте", но он шел себе, и тот обернулся ко мне, сказав: "Sacré nom de Dieu, et il va, et il va"[234]. Это, конечно, одна из самых блестящих побед -- если б она не удалась, его бы свели в сибирку.
   Притом все это было ненужно.
   Ну и прощайте. Еще раз поблагодарите Ст<анкевичей> и расскажите им анекдот о визе. Мельг<унову> жму руку и
   <Справа от текста приложен лист со списком лиц, прибывших в Дувр 24 августа 1852 г. Страница из журнала регистрации иностранных пассажиров (пятым обозначен Герцен). Библиотека Public Record Office. Лондон. - Ред.>
   Рейхелю. Посылаю тебе, Тата, английский поклон, ты знаешь, что лучшие иголки и ножницы английские -- стало, и поклон оттуда лучше. Целую Оленьку.

214. М. К. РЕЙХЕЛЬ

26--27 (14--15) августа 1852 г. Лондон.

   26 августа. Четверг.
   Лондон. Trafalgar Place,
   Morley's Hotel.
   Этим и кончил я мое четверговое послание. Сегодня 27 напишу больше. Осип Ив<анович> предупредил мой визит и был у меня третьего дня, а я у него вчера. Его мнение, разумеется, то же, что и Пр<удона>, но с тою разницей, что он советует -- и я полагаю, что это дельно -- не выжидать публикац<ии> того господ<ина>, а напечатать полный récit[235] всего дела -- на этот récit Ос<ип> Ив<анович>, сверх вердикта, который даст теперь, будет отвечать тоже печатно.
   Теперь о Лондоне. Скажите Ст<анкевичу> и Мел<ьгунову>, что грешно не видать Англии, бывши в двух шагах. Такого характера величия и полнейшей независимости не имеет ни один город. -- Это действительный центр иного мира, того, который оканчивается в Ботани Бей, в Мексике и Вест-Индии. Я писал в Женеву: "Londres est une cité immense, Paris une grande ville"[236]. В лондонской архитектуре, в размерах, в приземистых домах, в бесконечных улицах, в фигурах -- словом, во всем видна свобода, ростбиф, сила, портер и серьезная мысль. Так как в Париже везде проглядывает bal mobile, румяны, le petit vin coupé, le bouillon[237]. В Париже везде декорации, т. е. крашеная известь, здесь откровенный кирпич, здесь всё в самом деле.
   Наша привычка к Парижу с одной стороны -- разврат, привычка к дурному обществу, к шалости, с другой, может, любовь наша к Парижу -- пророческое предчувствие.
   Лондон нас гертирует, потому что он имеет нрав. И как все люди, много работавшие, сложившиеся, принял pli[238]. Этот pli надобно терпеть за его великие достоинства. Ведь терпим же мы своеобычных друзей. Человек, который не умеет приладиться к здешней жизни, столько богатой и разнообразной, имеет много пустоты в душе. -- Видите ли что и я пустился à la Golovine в сравнение Англ<ии> и Франции.
   Предмет классический и длинный, как роман, который читала Нат<алья> Павловна. Я на него попал, писавши к Энгельс<ону>, который в Женеве.
   А воля-то, воля-то какая. Один единственный констабль на границе подошел к нам -- для того чтоб помочь Саше пройти по доске. -- На таможне написано в углу: "Здесь иностранцы предъявляют паспорты, кто не предъявит, может подвергнуться штрафу до двух фунтов". Мимо этого бюро иностранцы идут с хохотом. Ни один не отдал своего и не показал, а генер<ал> закричал еще через загородку полицейск<ому>, что это беззаконие, что доску эту надобно долой.
   Саша здоров, но скучает. Хотя есть чего посмотреть. -- Прощайте.
   Пишите просто Londres, poste restante.
   Тебе, Тата, Саша приготовляет длинный рассказ о здешнем саде, где он был -- смотреть птиц.
   Рукой Саши Герцена:
   Милая Тата!
   Вчера я видел клетку, в которой были все звери, которые не в дружбе, например: кошки с мышами, с собаками, сокол с голубями, с совами и с крысами и обезьяна с морскими свинками. Если б эти звери не были приучены друг к другу и если б они были на воле, то, ты уж это знаешь, кошка съела бы мышь и крыс, дралась бы с собакой и не знаю еще с каким обитателем клетки, но она к ним приучена.
   Между мышами были несколько совсем белых, другие были черно-серые. Вот что один раз случилось: одна молодая и черная крыса, с длинными усами, гуляла и увидела дочь белой, с красными глазами, которая ей очень понравилась; она пошла к матери ее и спросила, может ли она дать ей дочь? Тогда мать сказала, что не знает, хочет ли дочь выйти замуж за черного. Дочь сказала, что он так учтив, что несмотря на его краску, она хочет, и они женились, и у них был маленький ребенок, белый с одним красным глазом и с серыми пятнами.
   Целую тебя и Оленьку и всю Машину фамилию<.>

215. М. К. РЕЙХЕЛЬ

31 августа--1 сентября

(19--20 августа) 1852 г. Лондон.

   31 августа. London, 1852.
   4, Spring Gardens, Charing Cross.
   Скорей пошлите к Ник<олаю> Ал<ександровичу>, я ему сообщу радость -- мое железное здоровье не выдержало пять дней диеты.
   Французское вино страшно дорого, 6 шилл. бутылка, я и вздумал свести себя на эль, на херес и на содовую воду. Ma
   petite santé[239] совершенно было погибла от такой воздержанности, каждая предосторожность мне решительно вредна, даже экономическая.
   Я, шутки в сторону, так скверно себя чувствовал, спазмы, гастрические боли, что с сегодняшнего дня снова начинаю пить пиво и пить вино. Я прибавляю на вино все то, что следовало заплатить доктору. -- Переехали мы на квартиру; можете адресовать ваше письмо, как написано выше, на мое имя. Вчера писал я к Ротшильду, пусть бы Reihelius noster[240] перенесся к Шомб<ургу> узнать об обороте дела. Если откажут, поеду через недельку в Брюссель, а оттуда поплетусь на родину No 2 и поселюсь где-нибудь около Женевы.
   Меня это пугает, я сделался так подл и такой трус, что боюсь тишины, как мерзко воспитанные дети боятся оставаться в темной комнате. Я чувствую всю lâcheté[241] моего поведенья -- но так страшно все переломано внутри, что хочется не видать, не чувствовать, быть в гостях.
   Борьба, борьба без развязки, без цели. Все люди разделяются на две категории: одни, которые, сломавшись, склоняют голову, -- это святые, монахи, консерваторы; другие наргируют судьбу, на полу дрягают ногами в цепях, бранятся -- это воины, бойцы, революционеры.
   Я третьего дня писал здесь к Mrs Biggs: "La vie est un don néfaste, on ne peut l'accepter, qu'à la condition de la lutte, de la lutte à outrance, de la lutte sans succès ni merci -- mais qui nous donne cette ivresse tumultueuse, abasourdissante dans laquelle on meurt sans s'apercevoir, sans rendre compte"[242]. И да здравствует шум.
   Здесь вышла презабавная история с нашими письмами из Женевы: адрес был дан нелепо генералом, и их распечатали у Осипа Иван<овича>, не зная к кому. И такова моя судьба: не черные, так красные распечатают. Но лучше, что там находится диатриба Тесье на Ос<ипа> Ив<ановича>, и особа, распечатавшая, сказала ему -- ну, это, разумеется, напутало карты; а впрочем, с божией споспешествующей милостью дело пойдет на лад. Вердикт от него будет.
   Лондонская жизнь недурна, и, в сущности, здесь можно так же остаться, как в Париже. Саша выучится очень скоро говорить, а я, если не скоро, то выучусь. Средства образованья есть и какие аксессуары -- парки и музеи. A sécurité[243], святая sécurité, чего-нибудь да стоит?!
   Прощайте. Что Ст<анкевичи>? Жму им руку. Пишите-ка поскорее.
   Тата -- ну уж мы в Лондоне насмотрелись всяких диковин, вчера были мы в саду, где всякие звери и птицы, а сегодня едем смотреть Петра I -- это не зверь, а царь, и из этого царя сделали оперу.
   Оленьке поклон, и Марихен, и Mme Gasparini.
   1 сентября.
   Вместо "Petrogrande" давали "I Puritani" -- Марио и пр., как следует. Я отвык от театра и возвратился с удушающей скукой.
   Прощайте.

216. ТАТЕ ГЕРЦЕН

6 сентября (25 августа) 1852 г. Лондон.

   6 sept 1852.
   London.
   Тата, завтра твои именины. Ты их проведешь без меня и без Мамаши, -- это были и ее именины. Не веселись, -- это не праздник в этом году.
   Маша тебе расскажет, что было в стары годы в Соколове и Покровском... Теперь этот день мы отметим печалью и воспоминанием.
   Саша ушел в геологический кабинет, он будет писать завтра.
   Поцелуй Оленьку.
   Твой Папа.

217. П.-Ж. ПРУДОНУ (черновое)

6--7 сентября (25--26 августа) 1852 г. Лондон.

   6 septembre 1852. Londres.
   4, Spring Gardens.
   Cher et vénérable ami,
   Le sentiment avec lequel j'ai lu et relu votre lettre était beaucoup plus profond et plus chaleureux que le sentiment de la reconnaissance la plus sincère. J'étais ému, touché, j'étais fier d'avoir été si parfaitement compris par vous. Je me sentais immensément fort, appuyé de cette manière et par une main qui était la vôtre.
   J'ai hasardé une chose difficile, audacieuse. Il me fallait des mois de méditation, des malheurs terribles et toute l'énergie
   qui me restait encore pour me décider à une chose, d'ailleurs tout à fait conforme à nos convictions, à nos principes, mais insolite, peu commune. Tant il est vrai que pratiquement nous sommes encore des hommes du vieux monde.
   Refuser un duel avec un scélérat que vous avez si bien caractérisé, qui, commenèant par une trahison a fini par un assassinat en passant par le mensonge, l'escroquerie, la calomnie, et en appeler à la justice de tout ce qui s'avoue socialiste, révolutionnaire -- quoi de plus simple, de plus naturel pour un homme qui professe depuis quinze ans le socialisme, d'autant plus que l'individu en question ose aussi se compter dans les rangs révolutionnaires. Et pourtant c'était bien téméraire de s'appuyer sur la solidarité qui doit nous lier dans une cause où était engagé beaucoup plus que mon honneur, tout mon passé, tout mon avenir même au delà de la tombe, un cercueil sacré pour moi et le nom pour et intact de mes enfants. Si mon appel restait sans réponse je compromettais tout au lieu de sauver quelque chose, la tombe, le berceau, l'honneur, même le droit de me venger individuellement. Il ne me resterait alors qu'à me brûler la cervelle. Eh bien, j'ai osé. J'ai osé parce que j'avais gardé au fond de mon âme travaillée par le scepticisme et la négation un reste de foi naïve dans le parti révolutionnaire. Ma foi [m'a sauvé] ne m'a pas trompé, j'ai réussi. Votre lettre m'en est une nouvelle preuve, et une preuve précieuse. Votre lettre et celle de Mazzini, écrite dans le même sens. C'est le commencement non seulement du jugement, mais de la condamnation. Je somme maintenant Herwegh à paraître, à se justifier, je suis prêt à soutenir face à face l'accusation. Mais s'il n'accepte pas notre wehme, s'il se tait qu'on le condamne sur les documents, sur ce que diront les témoins, qu'on l'expulse de nos raugs, qu'on le déclare au ban de la démocratie, qu'on lui fasse enfin tout ce que vous avez écrit dans votre lettre.
   Lui, il se moque dans un article infâme de la solidarité à laquelle je fais appel, il dit ne pas comprendre ce qu'il y a de commun entre la démocratie et une affaire individuelle, il déclare ne pas appartenir à cette lie démocratique à laquelle j'appartiens avec mes amis. Il a raison -- je ne connais pas même la sienne. La démocratie à laquelle j'appartiens comprend parfaitement la solidarité de tous pour chacun et le devoir moral de flétrir les traîtres. J'appartiens à cette nouvelle société à laquelle vous appartenez et vos amis, j'appartiens à la révolution à laquelle Mazzini appartient et les siens; et voilà pourquoi je n'étais nullement étonné que sans égards aux graves controverses qui vous divisent avec Mazzini, vous et lui, vous avez émis la même opinion dans cette affaire. Et voilà pourquoi le représentant du communisme allemand, cet homme qui connaît si bien le fuyard de
   Bade, lui, le combattant de Bade, Willich est venu chez moi demandant à ajouter son verdict aux autres et de mettre son nom à côté de ceux qui veulent condamner le misérable par un tribunal formé de démocrates-socialistes.
   Herwegh nous a dénoncés à la police, il s'est mis sous la protection des gendarmes, il comprend donc la solidarité qui le lie avec la police, avec sa société qui lui doit protection et assistance. Et nous autres qui n'acceptons pas la justice policière, qui sommes mis hors la loi et qui ne voulons pas y rentrer, on peut donc nous trahir, nous voler, nous assassiner, nous calomnier -- et aucune force collective ne viendra ni flétrir, ni protéger. Quel non-sens. Mieux vaudrait alors vivre parmi les sauvages, on aurait alors au moins le droit du couteau, de la force matérielle. Cher Proudhon, vous l'avez si bien exprimé dans votre lettre, cette loi suprême de la solidarité. Si la société de l'avenir restait en effet muette et impassible devant ce drame terrible, devant un homme dans lequel s'est concentrée double toute la dépravation, toute l'immoralité qu'elle hait, qu'elle poursuit dans le vieux monde, avec l'apparence révolutionnaire, couvrant un abîme de prostitution par des phrases insolentes; si elle n'avait pas eu un frémissement d'indignation en écoutant le récit d'une série de crimes perpétrés avec tant de préméditation, d'hypocrisie et de cruauté -- elle ne serait pas viable. Une nouvelle société doit avoir toute la fougue de la jeunesse et si elle ne se sentait ni assez pure, ni assez morale, ni assez forte pour vouloir et pouvoir défendre les siens contre les scélérats de la famille, elle serait condamnée à mourir à l'état de fœtus, passer sans réalisation aucune, comme une espérance abstraite, comme un rêve utopique. -- Mais aussi loin d'être indifférente, la démocratie sociale, par ses représentants les plus illustres, a agi avec entraînement, avec passion, et ne m'a pas dit: "c'est votre affaire particulière, nous ne pouvons pas nous occuper des personnes, nous ne nous occupons que du genre humain en bloc".
   Si cette affaire n'était en effet que purement et simplement une affaire individuelle, une de ces collisions fatales où les passions une fois déchaînées entraînent à la perte les innocents et les coupables avec l'irresponsabilité d'un coup de foudre -- personne n'aurait rien à y voir. Je n'aurais jamais souffert aucune intervention dans ce cas. Les amis les plus intimes devraient passer leur chemin, tristes et silencieux, sans juger, courbant la tête et maudissant non les individus, mais la vie. Il fut un temps où la trahison, la conduite ignominieuse de Herwegh avait encore ce caractère privé, et alors pendant une année entière personne n'a entendu un mot de moi. Pendant cette année, lui et sa complice, sa veuve, ont travaillé sous main, répandant des calomnies atroces sur mon compte et sur le compte de ma femme. Je n'en
   savais rien, je ne pouvais présumer tant de scélératesse bourgeoise, vulgaire, ignoble. Voilà comment l'affaire sort de la maison, [et] perd tout caractère passionné et ne garde que le caractère criminel. -- L'individu voyant que rien ne peut rompre le lien qui attachait ma femme à moi, lien ébranlé par lui, mais qui après cette malheureuse épreuve s'était resserré encore plus, prit la noble résolution de se venger d'une femme par des calomnies, par un trouble continuel du repos, par des intimidations monstrueuses -- sans parler des projets de suicide, il est allé jusqu'à menacer d'assassiner nos enfants, ses propres enfants, de nous traîner aux assises etc... Cette rhétorique dans le mauvais genre des romans allemands finit par ne plus agir. L'harmonie la plus parfaite régnait chez nous. Le sort l'aida alors. Un malheur terrible frappa, comme vous le savez, le 16 novembre 51 ma famille, ma mère, mon fils et un ami périrent dans la Méditerranée. Il prit, comme il l'écrit lui-même, ce sinistre pour bon augure -- il en profita merveilleusement. Notre maison était en deuil, était bouleversée, ma femme tomba dangereusement malade, moi je passais les nuits près de son lit, les dernières espérances révolutionnaires s'évanouissaient avec décembre. C'est au milieu de ce temps triste, terrible, lugubre, que j'ai reèu une lettre de ce scélérat, sans aucun motif, sans aucune provocation de ma part, c'était une dénonciation révoltante, cynique qui terminait par quelque chose dans le genre d'un cartel. -- Entendez-vous bien, cher ami, lui le traître, lui le coupable, lui qui ne devrait parler avec moi qu'à genoux et couvrant son visage des deux mains -- il m'envoie un cartel après avoir préparé son public par une année de calomnie. En même temps il en avisait sa dame, un de ses amis de Paris, qu'il savait être lié avec une famille russe. De cette manière la nouvelle de la lettre et du cartel arrivait une ou deux semaines après à la malade, elle était stupéfaite, terrifiée par tant de scélératesse; elle le méprisait déjà, depuis ce jour elle le haït. Au premier moment de l'indignation j'ai voulu en finir avec lui en acceptant un duel, mais en faisant des conditions telles, qu'un des combattants devrait nécessairement rester sur place; mais cela n'était pas facile, il restait à Zurich et ne montrait aucune intention de venir à Nice, où j'ai été retenu par la maladie de ma femme. Après quelques jours de réflexion je changeai complètement d'avis. Je vis clairement que le duel n'était proposé que comme moyen de réconciliation, de réhabilitation -- et plus que tout cela, comme moyen de perdre cette femme martyre. Le duel ne pouvait évidemment profiter qu'à lui -- donc il n'aura pas de duel. Au lieu de duel je ferai au grand jour et à haute voix ce qu'il a fait nuitamment et furtivement.
   Je parlerai aussi, moi.
   Et je réhabiliterai cette femme.
   Et je le couvrirai, lui, d'opprobre, de mépris, si je ne puis le couvrir de terre.
   C'était immense ce que je prenais sur mes épaules. Car je ne me cachais plus avec quel adversaire j'avais à faire, -- avec un de ces hommes libres de tous les préjugés, comme Georgey, Bocarmé et autres que nous avons vu naguère surnager sur la scène politique. Ces hommes sont très dangereux, car ils n'ont pas même la morale des brigands, ni l'honnêteté des voleurs. Ce n'est qu'une civilisation décrépite, qu'un monde en putréfaction qui peut produire ces êtres complètement dénués de conscience.
   Je me suis préparé à toutes les infamies et j'ai fait presque la moitié de la besogne -- car il ne se relèvera jamais des coups que je lui ai portés, quoique je sois complètement de votre avis "que ce n'est pas assez". J'aurais tout fait si la mort n'avait coupé à la fois toutes les cordes, anéanti toutes les espérances. Elle a succombé dans cette lutte inhumaine. Je la vengerai -- mais trop tard, je sortirai victorieux, mais elle est morte et mes actes n'ont plus la même valeur, ni le même sens. Je poursuis ce que j'ai commencé, mais le but est plus restreint.
   Quant à la réhabilitation de la victime -- elle a été splendide. C'est elle-même qui l'a faite. Tout le monde s'inclina avec respect devant l'énergie et la force d'âme de cette femme, elle était sublime sur son lit de douleur, donnant un libre cours à sa sainte indignation. Elle ne se justifiait pas d'un malheureux entraînement, mais elle voulait sauver notre passé, que l'autre osait souiller par ces calomnies, notre présent qu'il représentait comme un mensonge et comme une violence. Elle voulait enfin punir par sa parole le scélérat qui l'a livrée avec tant d'ignominie. Elle écrivit trois lettres -- admirables, l'une était adressée à cet homme. C'est celle lettre qu'il a renvoyée en disant qu'il ne l'avait pas décachetée et dans laquelle on a trouvé je ne sais quel commentaire odieux écrit par lui, c'est cette lettre enfin que mes amis Haug et Tessié du Motay lui ont notifiée, exécutant la volonté de la défunte. Vous connaissez les détails. Il a le dévergondage[244] de dire que cette lettre est fausse, étant convaincu du contraire -- le misérable! La mort même n'a rien réveillé d'humain dans cette âme crapuleuse, marchant par-dessus le cadavre, il jette encore de la boue dans la fosse qu'il a creusée. C'est un monstre. Et si l'on pense que pendant tout le temps de cet assassinat moral, lui qui avait abandonné sa femme et ses enfants et n'entretenait des relations avec elle que pour lui soutirer l'argent, que tout ce temps il vivait maritalement avec une vieille coquette, qui de son coté l'entretenait -- l'imagination s'arrête
   devant tant de débauche, devant ce luxe de prostitution et de dégradation.
   J'ai commis une faute irréparable, je l'avoue, j'en ai souffert tout ce qu'on peut souffrir d'un remords. Il ne fallait pas permettre à cet homme de sortir de ma maison, il fallait le tuer. Les larmes et les sanglots de deux femmes me désarmèrent, il s'éloignait la tête baissée, se sentant coupable, protestant encore de son amitié, me faisant dire par sa femme, que je peux le tuer, mais que jamais il ne tirera contre son meilleur ami. Je le laissai aller. C'était une grande faiblesse, je l'expie. Aucun duel au monde ne pouvait réparer cette faute. Il ne me restait qu'à dévoiler le scélérat et à le frapper au grand jour par la réprobation générale -- c'était le commencement nécessaire de la vengeance.
   Dans les derniers événements il s'est surpassé et m'a aidé plus que mes amis à se dégrader devant les yeux de tout honnête homme. Que penser effectivement d'un individu qui répond par une polémique de journal à des soufflets reèus, qui nie ses dettes, ayant pris la précaution de faire signer ses lettres de change par sa femme, donnant ainsi lieu à l'accuser, elle, d'escroquerie. Ce n'est qu'un homme pareil qui soit capable, après avoir passé des années dans la plus grande intimité avec moi, de dire que je tenais à ma femme pour m'emparer de sa fortune (il sait qu'elle n'avait absolument rien) et d'imprimer dans une feuille réactionnaire que je répands des subsides russes, de l'or russe, connaissant très bien, mieux que tout autre, que l'or qu'il prenait si fraternellement (il me doit encore 13 000 frs) chez moi n'était ni russe, ni prussien, mais tout simplement mon or à moi. -- Et ce même homme fait imprimer par sa femme, il y a un mois "que son nom est cher à la démocratie".
   Justice donc, amis et frères, que tout le monde prononce son verdict, comme vous, comme Mazzini, comme Willich -- et que "pour la première fois, comme j'ai écrit ailleurs, elle soit faite sans procureurs ni bourreaux, au nom de la solidarité des peuples et de l'autonomie des individus". -- Et qu'il s'en aille marqué au front s'abriter sous la protection non seulement de la police de Zurich, mais de la police européenne, il y a là de la place, de l'emploi et du véritable or russe pour lui.
   Merci encore une fois, merci pour votre admirable lettre, reconnaissance, amitié et sympathie éternelle.
   Je vous serre la main de tout mon cœur<.>
   Alexandre Herzen.
   Par un hasard étrange je termine cette lettre le 7 sept. C'était le jour de nom de la pauvre martyre. C'est pour la première fois que je passe ce jour sans elle. Cette lettre est ma messe des morts. -- Quand viendra le jour, le seul que j'attends, où je
   pourrai solennellement m'approcher de sa tombe en disant "j'ai écrasé le serpent" et ajouter mon Nunc dimittis... car la vie au fond est dégoûtante et insupportable.
   Вверху письма:
   Voilà le brouillon de la lettre. Il n'y a aucun changement de fait, à l'exception de quqs fautes de langue. Edmond pourra les corriger. -- Je veux connaître votre opinion sur cette lettre. Elle me semble bonne.
   Перевод
   6 сентября 1852 Лондон.
   4, Spring Gardens.
   Дорогой и глубокоуважаемый друг,
   чувство, с которым я прочитал и перечитал ваше письмо, было гораздо глубже и горячее чувства самой искренней признательности. Я был взволнован, тронут, я был горд тем, что вы поняли меня до конца. Я почувствовал себя невероятно сильным, получив, и притом от вас, такую поддержку и руку помощи.
   Я отважился на трудное, рискованное дело. Мне понадобились месяцы раздумий, страшные несчастья и весь остаток моей энергии, чтобы решиться на дело, вполне, впрочем, согласное с нашими убеждениями, с нашими принципами, но необычное и незаурядное. Ведь, по правде говоря, в повседневной жизни мы еще люди старого мира.
   Отказаться от дуэли со злодеем, которого вы так метко охарактеризовали и который, начав с измены, закончил убийством, пройдя последовательно через ложь, мошенничество и клевету, и обратиться за правосудием к лицам, признающим себя социалистами и революционерами, -- что, казалось бы, проще, естественнее для человека, уже пятнадцать лет исповедующего социализм, тем более что субъект, о котором идет речь, также осмеливается причислять себя к революционерам. И все же было очень смело полагаться на солидарность, долженствующую нас связывать, в деле, которое заключало гораздо большее, чем мою честь, -- все мое прошлое, все мое будущее и даже посмертное будущее, священную для меня могилу и чистое, незапятнанное имя моих детей. Если бы мой призыв остался без ответа, я погубил бы все, вместо того чтобы хоть что-то спасти, -- и могилу, и колыбель, и честь, и даже право на личное мщение. Мне оставалось бы тогда только пустить себе пулю в лоб. Но я осмелился. Я осмелился, потому что в глубине души, истерзанной скептицизмом и отрицанием, я сохранил остаток наивной веры в революционную партию. Моя вера [меня спасла] меня не обманула, я достиг успеха. Ваше письмо служит новым тому доказательством,
   и притом доказательством драгоценным. Ваше письмо и письмо Маццини, написанное в том же духе. Это начало уже не только суда, но и обвинительного приговора. Теперь я требую, чтобы Гервег явился -- пусть выступит в свое оправдание, я готов на очной ставке поддержать мои обвинения. Но если он не согласится на нашу вему, если он будет молчать -- пусть ему вынесут обвинительный приговор на основании документов, на основании свидетельских показаний, пусть изгонят его из наших рядов, объявят вне демократии, пусть, наконец, сделают с ним все то, о чем вы написали в своем письме.
   А он в подлой статье издевается над той круговой порукой, к которой я призываю; по его словам, он не понимает, что может быть общего между демократией и личным делом, он заявляет, что не принадлежит к тому демократическому отребью, к которому принадлежу я и мои друзья. Тут он прав -- его отребья я даже не знаю. Демократия, к которой принадлежу я, великолепно понимает круговую поруку всех за каждого в отдельности и свой моральный долг клеймить предателей позором. Я принадлежу к тому новому обществу, к которому принадлежите вы и ваши друзья, я принадлежу к той революции, к которой принадлежит Маццини и его единомышленники, вот почему меня нисколько не удивило, что, несмотря на серьезные разногласия, разъединяющие вас с Маццини, вы оба были одного мнения об этом деле. Вот почему представитель немецкого коммунизма, человек превосходно знающий баденского беглеца, сам участник баденских боев, Виллих, обратился ко мне с просьбой присоединить его приговор к общему приговору и поставить его имя рядом с именами тех, кто требует предания негодяя суду, образованному из демократов-социалистов.
   Гервег сделал на нас донос в полицию, он обеспечил себе заступничество жандармов, он понимает, следовательно, что такое круговая порука, связывающая его с полицией, с его обществом, которое должно обеспечить ему защиту и безопасность. А нас, не признающих полицейского правосудия, поставленных вне закона и не желающих вернуться под этот закон, нас можно, следовательно, предавать, обкрадывать, убивать, на нас можно клеветать, и никакая коллективная сила не заклеймит преступника, не вступится за нас. Что за бессмыслица. В таком случае не лучше ли было бы жить среди дикарей, тогда у нас было бы по крайней мере право расправляться ножом, применять физическую силу. Дорогой Прудон, вы так хорошо определили в своем письме этот высший закон солидарности. Действительно, если бы общество будущего осталось безмолвным и безучастным перед этой страшной драмой, перед этим человеком, в котором сосредоточилась вдвойне, вся испорченность, вся безнравственность, ненавидимая и
   преследуемая этим обществом в старом мире, -- скрываясь при этом под революционным обличием и маскируя всю глубину своего морального падения наглыми фразами, если бы оно не содрогнулось от негодования, услышав рассказ о ряде преступлений, совершенных так обдуманно, с таким лицемерием и жестокостью, это означало бы, что оно нежизнеспособно. Новое общество должно обладать всей пылкостью молодости, а если бы оно не чувствовало в себе ни достаточной чистоты, ни достаточной нравственности, ни достаточной силы, чтобы желать и мочь защитить своих людей против негодяев из собственной среды, оно было бы обречено на смерть в зачаточном состоянии, остаться, ничего не свершив, лишь отвлеченной надеждой, утопической мечтой. -- Но социальная демократия отнюдь не обнаружила равнодушия, через своих самых видных представителей она горячо, с увлечением откликнулась и не сказала мне: "Это ваше частное дело, мы не можем заниматься отдельными личностями, мы занимаемся родом человеческим в целом".
   В самом деле, если бы эта история была лишь простой личной историей, одной из тех роковых коллизий, когда, с безответственностью громового удара, разбушевавшиеся страсти влекут к гибели и невинных и виновных, -- она никого бы не касалась. В этом случае я никогда не допустил бы вмешательства ни с чьей стороны. Самые близкие друзья должны были бы печально и молча пройти мимо, никого не осуждая, склонив голову и проклиная не отдельных людей, а самоё жизнь. Было время, когда измена и подлое поведение Гервега сохраняли еще такой приватный характер, и тогда в течение целого года никто не слыхал от меня ни единого слова. Весь этот год он сам и его соучастница, его вдова, распускали тайком на мой счет и на счет моей жены гнусные клеветы. Я ничего об этом не знал, я не мог предположить такой мещанской, грубой, низкой подлости. Вот так история и выходит за стены дома, [и] утрачивает характер страсти и сохраняет лишь характер преступления. Этот субъект, видя, что ничем нельзя разорвать узы, связывающие мою жену со мной, узы, расшатанные им, однако после этого несчастного испытания ставшие еще крепче, -- принимает благородное решение отомстить женщине клеветой, беспрестанным нарушением ее покоя, чудовищными угрозами; не говоря уже о планах самоубийства, он дошел до того, что начал угрожать убийством наших детей, своих собственных детей, привлечением нас к суду присяжных и т. п. Эта риторика во вкусе дурных немецких романов в конце концов перестала оказывать действие. У нас царила полная гармония. Тут на помощь ему пришла судьба. 16 ноября 51 г. страшное несчастье, как вы знаете, обрушилось на мою семью: моя мать, сын и один
   из моих друзей погибли в Средиземном море. Он принял это бедствие, как он сам об этом пишет, за хорошее для себя предзнаменование -- и прекрасно им воспользовался. Мы были в глубоком трауре, мы были потрясены, жена опасно заболела, я проводил ночи напролет у ее изголовья, а с декабрьскими событиями исчезли последние революционные надежды. И вот в это скорбное, страшное, мрачное время я получил от этого злодея письмо, без всякого повода, без всякого с моей стороны предлога; то был возмутительный, циничный донос, заканчивавшийся чем-то вроде картеля. Вы только поймите, дорогой друг, -- это он, изменник, он, виновный, он, который должен был бы говорить со мной, стоя на коленях и закрыв лицо руками, -- он посылает мне картель, предварительно подготовив себе сочувствующих, распространяя целый год клевету. В то же время он оповестил обо всем свою барыню и своего парижского приятеля, коротко знакомого, как ему было известно, с одним русским семейством. Таким образом через одну-две недели известие о его письме и о картеле дошло до больной; она была поражена, ошеломлена такой низостью, она уже презирала его, с этого дня она его возненавидела. В первую минуту возмущения я хотел с ним покончить, принять вызов, но при условии, чтобы один из участников поединка остался непременно на поле; однако устроить это оказалось не так легко, он жил в Цюрихе и не обнаруживал ни малейшего намерения приехать в Ниццу, где меня удерживала болезнь жены. После нескольких дней раздумья я совершенно изменил решение. Я ясно понял, что дуэль была им предложена лишь как средство примирения, как средство реабилитации -- а больше всего как средство окончательно погубить эту женщину-страдалицу. Совершенно очевидно, что дуэль была бы на пользу ему одному -- так вот не будет же ему дуэли. Вместо дуэли я решил при свете дня, гласно сделать то, что он делал во мраке ночи, исподтишка.
   Я сам заговорю.
   И я реабилитирую эту женщину.
   А его, его я покрою позором, презрением, если уж не могу покрыть его землею.
   То, что я взваливал себе на плечи, было огромно. Ибо я уже не скрывал от себя, с каким противником мне предстоит иметь дело -- с человеком, свободным от всех предрассудков, вроде Гёргея, Бокарме и других им подобных, еще недавно на наших глазах всплывавших на политическую арену. Эти люди чрезвычайно опасны, потому что лишены даже морали разбойников и порядочности воров. Только загнившая цивилизация, только разлагающийся мир может порождать подобные человеческие существа, полностью лишенные совести.
   Я приготовился ко всякого рода подлостям и почти уже наполовину завершил дело, ибо он никогда не оправится от ударов, которые я ему нанес, хотя я вполне разделяю ваше мнение, "что этого не достаточно". Я довел бы дело до конца, если бы смерть не оборвала сразу все струны, не уничтожила все надежды. Она не выдержала этой нечеловеческой борьбы. Я отомщу за нее -- но слишком поздно, я выйду победителем, но ее уже нет, и мои поступки уже не имеют ни прежнего значения, ни прежнего смысла. Я продолжаю начатое, но цель моя сузилась.
   Что касается реабилитации жертвы -- она была великолепна. Жертва сама себя реабилитировала. Все с уважением склонились перед энергией и душевной силой этой женщины, она была величественно прекрасна на своем скорбном ложе, давая волю священному негодованию. Она не оправдывалась в своем злосчастном увлечении, но она хотела спасти наше прошлое, которое тот осмелился чернить клеветой, наше настоящее, которое он изображал как обман и насилие. Наконец, она хотела собственным словом покарать злодея, так подло ее предавшего. Она написала три превосходных письма -- одно из них тому человеку. Это то самое, которое он отослал обратно, сказав, будто не распечатывал его, и в котором оказались какие-то гнусные замечания, им написанные; это, наконец, то самое письмо, которое мои друзья Гауг и Тесье дю Мотэ ему предъявили, выполняя волю покойницы. Подробности вам известны. Он имеет бесстыдство[245] утверждать, будто письмо -- поддельное, будучи уличенным в противном -- негодяй! Даже смерть не пробудила ничего человеческого в этой развращенной душе; перешагнув через труп, он бросает еще грязью в могилу, им же вырытую. Это чудовище! И подумать только, что в то самое время, когда происходило это моральное убийство, он, уже ранее бросив жену и детей и поддерживая с женой отношения лишь для того, чтобы выманивать у нее деньги, -- все это время живет со старой прелестницей, которая в свою очередь его содержит, -- воображенье останавливается перед таким распутством, перед таким непомерным развратом и разложением.
   Я совершил непоправимую ошибку, сознаюсь, и я поплатился за нее всеми муками укоров совести. Нельзя было выпускать этого человека из моего дома, его надо было убить. Слезы и рыдания двух женщин обезоружили меня; он уходил, низко опустив голову, чувствуя свою вину, продолжая еще уверять меня в своей дружбе и передав мне через свою жену, что я могу его убить, но он никогда не поднимет руки на лучшего своего друга. Я дал ему уйти. Это было большой слабостью, теперь я за нее расплачиваюсь. Никакая
   дуэль не могла бы исправить эту ошибку. Мне оставалось только одно -- разоблачить злодея и нанести ему публично удар, вызвав всеобщее его осуждение -- это было необходимое начало мщения.
   В позднейших событиях он превзошел самого себя и помог мне больше, нежели мои друзья, уронить его в глазах каждого порядочного человека. Что, в самом деле, можно думать о человеке, который на пощечины отвечает журнальной полемикой, который отказывается от своих долгов, предусмотрительно заставив свою жену подписать за него векселя и давая таким образом повод обвинить ее в мошенничестве? Только такой человек был способен, прожив целые годы в теснейшей близости со мною, сказать, что я не отпускаю от себя жену потому, что хочу завладеть ее состоянием (он знает, что у нее ровно ничего не было), только такой человек был способен напечатать в одном реакционном листке, что я раздаю русские субсидии, русское золото, хотя он лучше чем кто-либо другой знал, что золото, которое он так по-братски у меня брал (он мне должен еще 13 000 фр.) -- не русское, не прусское, а просто-напросто мое собственное. И этот самый человек с помощью своей жены напечатал месяц назад, "что его имя дорого демократии".
   Взываю же к вашему правосудию, друзья и братья, пусть все вынесут свой приговор, как это сделали вы, Маццини, Виллих -- и пусть "впервые, как я уже писал в другом месте, правосудие свершится без прокуроров, без палача, во имя солидарности народов и независимости личности". И пусть он убирается с клеймом на лбу и прячется под крылышком не только цюрихской, но и общеевропейской полиции; там для него найдется и место, и дело, и настоящее русское золото.
   Спасибо, еще раз спасибо за ваше прекрасное письмо, примите мою признательность, дружбу и бесконечную симпатию.
   От всего сердца жму вашу руку.
   Александр Герцен.
   По странной случайности я заканчиваю настоящее письмо 7 сентября. Это был день ангела бедной мученицы. В первый раз я провожу этот день без нее. Настоящее письмо -- моя заупокойная обедня по ней. Когда же настанет день, тот единственный ожидаемый мною день, когда я смогу, торжественно подойдя к ее могиле, сказать: "Я раздавил змия" и прибавить свое Nunc dimittis[246], ибо жизнь в сущности отвратительна и невыносима.
   Вверху письма:
   Вот черновик письма. Никаких фактических изменений в нем нет, за исключением некоторых погрешностей в языке. Эдмон может их исправить. Мне хочется знать ваше мнение о письме. Мне оно кажется хорошим.

218. М. К. РЕЙХЕЛЬ

14 (2) сентября 1852 г. Лондон.

   Вторник, 14 сентября, London.
   Давно не писал я, отчасти оттого, что нечего писать, отчасти оттого, что и скучно, и вечный насморк. Мы здесь как-то страшно деятельно ничего не делаем. Вчера был я в Севен-Оксе, что в Кенте, гостили мы у Mrs Biggs, это по-русски, а не по-французски, приехали мы утром и хотели вечером уехать. Но они нас оставили ночевать и Сашу оставили еще на два дня. Там встретил я Нестора всех социалистов -- Овена; 80-л<етний> старик, ездит верхом, беспрестанно говорит, проповедует со всей энергией молодости, но повторяет все одно и то же. Сегодня я приглашен к Mrs Карлейль (жена автора, вы знаете его историю революции, его самого нет, и он очень любит мой "Vom and Ufer"), он хотел со мной познакомиться. Жена приглашает за него. Итак, новый мир с новыми людьми вертится, а кабы вы знали, как внутри скучно. К тому же из Женевы ровно ничего не пишут. Генерал часто капризничает, насилу уймем, уж даже Осипу Иван<овичу> с ним не сладить. Я написал предлинную грамоту к Прудону, да не знаю, как отправить, не прислать ли на ваше имя -- как бы вас не спросили. Впрочем, в письме, кроме частного дела, ничего нет. А только, во всяком случае, вы должны списаться, не возьмут ли Ст<анкевичи>, оно удалось. -- От Ротшильда был ответ, что де письмо получено, но что-то последует после. Итак, я жду. Нужно спросить, кому Шомб<ург> поручил мне писать.
   Сейчас узнал, что Пр<удон> в Лионе, так, вероятно, он на обратном пути. Пожалуйста, безгневно попросите Рейхеля, когда будет близко, завернуть к ДАрим (я беру буквы в рост) и отдать записочку.
   Книг я не получал, да и нельзя послать иначе, как письмо. А Франции не понимаю. Никто не едет сюда, нет ли оказии какой, одолжили бы двумя-тремя экземплярчиками. Прощайте. Как вы на новоселье? Я думаю, придется еще дней 8--10 остаться здесь. Холод страшный, и у меня "коль", т. е. катарр, простуда. Mich и Ст<анкевичам> поклон. Что Мельг<унов> не пишет?

219. ТАТЕ ГЕРЦЕН

14--16 (2--4) сентября 1852 г. Лондон.

   Знаешь ли, Тата, где Саша? В графстве Кент, в городе Севен-Окс (Sevenoaks) у той английской дамы, которая бывала у нас в Ницце с двумя дочерями. У них большой сад. А возле парк, в котором 1300 оленей. Ты не забудь мне опять корпии наделать, я не кладу другой, кроме твоей работы.
   Прощай. Довольна ли Оленька садом? Кланяйся Марихен.
   Твой Папа.

220. К. ФОГТУ

16 (4) сентября 1852 г. Лондон.

   16 sept. London. 4, Spring Gardens.
   J'ai reèu, Cher Vogt, votre relation pour laquelle je vous remercie beaucoup. Eh bien, il a perpétré encore une bassesse, il faut nécessairement faire du bruit avec le refus d'accepter la dette. Sa femme est donc inculpée par lui d'escroquerie. J'ai écrit aujourd'hui à Bonfils et j'écrirai demain à Presset pour lui dire que je charge Avigdor à Nice de l'affaire. Je toucherai aussi tanto poco la belle question des 2000, mais légèrement.
   J'ai trouvé ici de grandes sympathies. Willich et Maz ont mis presque autant d'empressement que Löwe de froideur. Au commencement après mon arrivée, il est venu me voir deux fois, je lui ai proposé de dîner ensemble, probablement il a pris cette invitation pour une captatio benevolentiae -- et s'est excusé d'une manière étrange. Vous pourriez lui écrire (sans parler de cela), 7 Leicester Place ou Square -- car moi je n'irai plus chez lui, s'il ne vient pas chez moi. Oh, le sang israélite.
   J'ai fait la connaissance de Kinkel et de Reichenbach. Mais nous n'avons pas parlé de l'affaire. Je trouve les Anglais d'une hospitalité extraordinaire, c'est tout le contraire de ce qu'on raconte d'eux.
   Madame Carlyle -- m'a invité chez elle en l'absence de son mari, qui est en Allemagne pour chercher les documents historiques sur le temps de Frédéric II. Il se trouve que Carlyle est un amateur de mes petites choses, comme je suis admirateur de son histoire, et qu'il voulait faire ma connaissance.
   Alexandre n'est pas à Londres -- mais à Kent et nommément à Sevenoaks chez Mme Biggs, il y a là un grand jardin, des demoiselles, des gymnastiques. On l'a pris pour 4 jours. -- Il apprendra bientôt l'anglais.
   Les espérances d'aller à Paris ne sont pas grandes. Rotsch
   se tait. Pr a eu un refus (aussi la pensée était saugrenue sous tous les rapports, Proudhon protecteur!)
   Je resterai ici tout au plus une dizaine de jours.
   Maintenant quant à la chose que vous proposez, elle est très difficile, et de grâce ne dites pas que vous m'en avez parlé. Je voudrais les abaisser au point qu'elle viendrait implorer la déportation de son mari comme grâce, et qu'alors on pourrait dicter des conditions. Mais entrer en pourparlers, mais faire des avances des propositions -- cela est impossible. Entre autres pensez bien que c'est peu de la restitution des documents -- il a peut-être copié, il peut voler une partie. Il finit une déclaration signée, une déclaration cathégorique. Pensez-vous qu'il la donnera? Les difficultés sont immenses. -- Faites, cher Vogt, tout ce que vous trouvez bon à faire, vous avez été immensément utile dans l'affaire, mais ne m'engagez à rien personnellement sans avoir débattu ensemble les pour et les contre.
   Nous perdons ici le temps d'une manière horrible. Le général est plus que Fabius, il est cunctator fabuleux. Je ne puis commencer ici le mémoire, les 3/4 des papiers sont en Suisse.
   Voilà encore une chose à faire, il faut leur dire, leur faire parvenir que j'ai maintenant de quoi l'écraser avec les trois lettres de Pr, de M et de W que la rédaction de The Leader et la Nation ont offert leurs colonnes pour les imprimer. Mais j'attends encore -- j'attends, mais le plus petit mot imprimé par la femme ou par lui -- j'imprimerai les documents avec ma lettre à Pr. L'opinion est décidément eu ma faveur.
   Adieu, cher Vogt. Mes salutations à tous les membres de votre famille. Ecrivez-moi ici.
   N'est-ce pas beau de la part de Wellington de mourir pendant mon séjour. Il y a 5 jours nous passions devant son hôtel et je disais au général -- W pourrait parfaitement nous régaler d'un enterrement. Croque le Times apporte la tristissime nouvelle -- probablement on lui élevera encore 444 statues.
   Adieu.
   Adressez votre lettre à Londres d'après l'adresse qui est dessus.
   Перевод
   16 сентября. Лондон. 4. Spring Gardens.
   Ваше сообщение, дорогой Фогт, я получил, за что вам премного благодарен. Итак, он совершил еще одну подлость, крайне необходимо поднять шум и связи с отказом выплатить долг. Он же сам и обвиняет свою жену в мошенничестве. Сегодня я написал Бонфису, а завтра сообщу Прессе, что поручаю Авигдору
   в Ницце вести дело. Я также затрону tanto росо[247] и милый вопрос о 2 000, но легонько.
   Я встретил здесь большое сочувствие. Виллих и Маццини проявили почти столько же участия, сколько Лёве сдержанности. Вначале, после моего приезда, он два раза был у меня, я пригласил его вместе пообедать, но, по-видимому, он воспринял это приглашение как captatio benevolentiae[248] и уклонился довольно странным образом. Вы могли бы написать ему (не упоминая об этом) -- 7, Leicester Place ou Square -- так как я к нему больше не пойду, пока он ко мне не зайдет. О, еврейская кровь!
   Я познакомился с Кинкелем и Рейхенбахом, но о деле мы не говорили. Я нахожу англичан исключительно гостеприимными вопреки тому, что о них рассказывают.
   Госпожа Карлейль пригласила меня к себе, ее мужа не было в это время. Он в Германии, собирает исторические материалы эпохи Фридриха II. Оказалось, что Карлейль такой же почитатель моих миниатюр, как я его истории, и хочет со мной познакомиться.
   Александр не в Лондоне -- он в Кенте, точнее в Sevenoaks у г-жи Бигз; там большой сад, есть барышни, занимаются гимнастикой. Его взяли на 4 дня. Вскоре он овладеет английским.
   Поездка в Париж маловероятна. Ротшильд молчит. Прудону отказали (сама мысль была во всех отношениях нелепа: Прудон покровитель!).
   Я пробуду здесь самое большее десять дней.
   Теперь относительно того, что вы предлагаете. Это трудное дело, и бога ради не рассказывайте, что вы мне об этом говорили. Я хотел бы их унизить настолько, чтобы она отправилась умолять о высылке своего мужа как о милости, и тогда можно будет диктовать условия. Но входить в переговоры, делать первые шаги, предложения -- это невозможно. Между прочим, подумайте о том, что возврата документов еще не достаточно: он, может быть, снял копии, часть может утаить. Он заканчивает письменное заявление в категорической форме. Вы думаете, что он его отдаст? Трудности огромны. -- Поступайте, дорогой Фогт, так, как вы найдете целесообразным; вы принесли делу огромную пользу, но не обязывайте меня ни к чему, не обсудив вместе со мной все за и против.
   Мы страшно теряем здесь время. Генерал баснословный кунктатор, еще более, чем Фабий. Я не могу здесь начать мемуар, так как Ў бумаг остались в Швейцарии.
   Вот что еще нужно сделать. Надо дать им понять, что у меня сейчас есть средство его уничтожить. Это три письма от Пр<удона>, М<аццини> и В<иллиха>, для которых редакции "The Leader" и "La Nation" готовы предоставить свои столбцы. Но я все еще медлю, медлю -- однако, если его жена или он сам напечатают хоть одно словечко, я опубликую все документы вместе с моим письмом к Пр<удону>. Общее мнение решительно на моей стороне.
   Прощайте, дорогой Фогт. Кланяюсь всей вашей семье. Пишите мне сюда.
   Не правда ли, мило со стороны Веллингтона умереть как раз в мой приезд. Пять дней назад, проходя мимо его особняка, я сказал генералу: "Что бы Веллингтону потешить нас похоронами". Могильщик "Times" принес нам печальнейшую новость -- весьма вероятно ему будет воздвигнуто еще 444 монумента.
   Прощайте.
   Пишите в Лондон по указанному выше адресу.

221. М. К. РЕЙХЕЛЬ

17 (5) сентября 1852 г. Лондон.

   17 сентября. London.
   Позвольте на сей раз начать с savonnade[249], т. е. с выговора по службе за непослушание. Имел я счастие докладывать, что де по почте брошюр не посылайте. Изволили послать, результат -- что я их оставил на почте, ибо следовало заплатить 18 шил. Таковых сумм, не сойдя с ума, не заплатил бы даже Сумароков за свои сочинения. -- Далее, я спрашивал Дарим<она>, как адресовать письмо к Масальскому, а тот отвечает околесную: тот-де приедет, тот-де уедет, дело ваше хорошо, сидите в Лондоне три недели, -- ну скажите на милость, что же это за белиберда. А потому посылаю письмо к вам, сделайте одолжение, спишите его, прочтите Ст<анкевичу> и Мел<ьгунову>, а оригинал положимши в пакет и надписамши "Его высокобл<агородию> Петру Ивановичу Прудонцу Масальскому", передайте не запечатывая Дарим<ону>, с ауторизацией ему, Даримону, письмо читать, и Кретину читать, и немедленно, впрочем, Пр<удону> переслать. Да напишите ваше мнение об этом письме, оно весьма важно.
   Знаете ли вы последний геройский подвиг цюрих<ского> г-на: он отперся публично, т. е. перед hussier[250], в долге и сказал,
   что это долг его жены. Этот удар в рожу, он его нанес сам себе. Вы понимаете, что я могу преследовать ее за escroquerie[251], ибо она письменно говорит, что заем делается с его согласия. Итак, он официально не пощадил ее. Такие два-три удара еще, и, право, не найдешь места куда бить. Виллих вел себя чудесно в этом деле, об Ос<ипе> Ив<ановиче> и говорить нечего. У франц<узского> Осип Иван<овича> сидел я вчера целое утро -- и вспомнил Пушкина:
   На генерала Киселева
   Не положу моих надежд,
   Он мил, о том ни слова...
   Да, это один из самых любезнейших юношей. А вот Веллингтон так одолжил: я Гауку на днях, идучи мимо его дома, сказал: "Ну что б старику потешить меня похоронами". -- На другой день Гаук берет "Times" и катается с ним по полу -- я отлил его водицей и спрашиваю, что случилось, -- он опять в спазмодический смех и кричит: "Умер, ведь умер!" -- вот вам и Кассандра.
   Саша все еще в Sevenoaks.
   Скажите Мельгу<нову>, что Haxthausen'a 3й том глубокого интереса. Кстати, с самого начала он говорит о великих мужах, которых он знал в Москве, и перечень их начинает именем Мельг<унова>.
   Прощайте. Скучно здесь еще три недели сидеть, возьму да и уеду.
   Видишь ли, Тата, как Саша загулял в Кенте. Вчера я от него получил письмо по почте. Сегодня он приедет с мистрис Бикс. Я очень рад, что тебе нравится дом и сад.
   Прощай. Целуй Олю.
   Твой Папа.

222. ТАТЕ ГЕРЦЕН

Около 17 (5) сентября 1852 г. Лондон.

   Узнала ли ты Сезарину, когда она к тебе пришла, выросла ли она еще? Она может Марихен носить на руках вместе с Оленькой.
   Рукой Саши Герцена:
   Милая Тата!
   Я жил несколько дней у madame Biggs, и ее дочери просили меня надписать тебе, что они тебя очень любят и целуют.
   Я ездил там верхом и смотрел, как два оленя дрались: один был белый и маленький, другой черный и большой. Вдруг большой ударил так
   малого, что я уже начинал жалеть последнего, но он отскочил, обернулся и так ударил большого, что он удрал во все ноги, и оба исчезли в лесу.
   Кланяйся Сезарине и спроси у ней, что Личи делает.
   Я целую тебя и Оленьку и всю Машину фамилью.
   Саша.

223. А. РУГЕ

20 (8) сентября 1852 г. Лондон.

   Londres. 20 septemb 1852.
   4, Spring Gardens. Charing Cross.
   Cher monsieur Ruge,
   Il y a trois ans et demi, nous nous sommes rencontrés avec vous bien sympathiquement à Paris et à Ville d'Avray. Battus le 13 juin, nous nous dispersâmes pleins d'espérances.
   Depuis ce temps tout a péri, la France est devenue une caverne de brigands et un peuple de laquais. Heureux celui qui s'est sauvé avec les siens. Moi, au contraire, j'ai tout perdu, j'ai perdu dans un naufrage ma mère et un de mes fils, j'ai perdu ma femme. Battu, même dans mon foyer, après des épreuves terribles, amères -- je me traîne sans occupation ni but, d'un pays dans un autre. Enfin me voilà à Londres. J'ai voulu voir les anciens amis et je vous ai cherché ici. Mazzini m'a dit que vous étiez à Brighton; permettez-moi donc de vous serrer la main de loin et de me rappeler à votre souvenir. Je resterai encore une dizaine de jours ici et je partirai avec un véritable regret si je ne vous vois pas.
   Je vous salue fraternellement.
   Alexandre Herzen.
   Перевод
   Лондон. 20 сентяб<ря> 1852.
   4, Spring Gardens. Charing Cross.
   Дорогой господин Руге,
   три с половиной года тому назад мы весьма дружески встретились с вами в Париже и в Виль-д'Аврэ. Потерпев поражение 13 июня, мы разъехались в разные стороны, преисполненные надежд.
   С той поры все пошло прахом, Франция превратилась в разбойничий вертеп и в нацию лакеев. Счастлив тот, кто спасся со своими близкими. Я же, напротив, все потерял, я потерял во время кораблекрушения мать и одного из своих сыновей, я потерял жену. Потерпев поражение даже у собственного своего очага, после ужасных, горестных испытаний -- я кочую без занятий, без цели из одной страны в другую. И вот я, наконец, в Лондоне. Мне захотелось повидаться с прежними друзьями, и я принялся искать вас здесь. Маццини сообщил мне, что вы
   в Брайтоне; так позвольте же мне пожать вам издали руку и напомнить вам о себе. Я останусь здесь еще дней десять и уеду с непритворным огорчением, если с вами не увижусь.
   Братски приветствую вас.
   Александр Герцен.

224. А. САФФИ

23 (11) сентября 1852 г. Лондон.

   23 sept.
   Cher monsieur Saffi, vous avez eu la bonté de nous promettre de passer ce samedi la soirée chez nous; permettez-moi de vous prier d'éloigner ce plaisir jusqu'à mardi. Nous avons le projet d'aller hors de la ville demain après le dîner.
   Mardi viendra aussi Mr Reichenbach. Vous ne l'oublierez pas, n'est-ce pas?
   Salut fraternel.
   A. Herzen.
   4, Spring Gardens.
   На обороте: Mr Saffi.
   King's Road. Radnor Street, 15.
   Перевод
   23 сентября.
   Дорогой господин Саффи, вы любезно обещали провести у нас вечер в эту субботу; позвольте просить вас отложить эту приятную встречу до вторника. Мы собираемся завтра после обеда за город.
   Во вторник к нам придет и г-н Рейхенбах. Вы не забудете, не правда ли?
   Братский привет.
   А. Герцен.
   4, Spring Gardens.
   На обороте: Г-ну Саффи.
   King's Road. Radnor Street, 15.

225. M. К. и А. РЕЙХЕЛЯМ

24 (12) сентября 1852 г. Лондон.

   1852. 24 сентября.
   День идет за днем, будто жду чего-то, вот уж другой месяц пошел, как я в Лондоне. И я нисколько не знаю, когда и куда еду. Всего вероятнее, поеду дней на пять в Дублин -- взглянуть на изумрудный остров и на народ, которого судьба бьет три столетья без пощады и устали.
   Неопределенность эта скучна. Для Саши даже вредна, чего-то я жду -- ответа от Пр<удона>, кажется, все это сущий вздор, а вот что не вздор -- что здесь нами ужасно занимается немецкая полиция, -- вот тут и думай, как проехать в Женеву, уж не через Шпанию ли? Мы еще не надоели здешнему кружку, к которому натурально принадлежим, все еще приглашают и ласкают и сами у нас бывают, так что дни, т. е. вечера, почти всегда за полнедели разобраны. Мы всякий день ложимся спать в три, даже в четыре часа, тоже и спирты всякие употребляем, но santé du foie[252] восстановлено назло Мельгунову, только я постоянно страдаю, с тех пор как здесь, гастрическими спазмами, все собираюсь спросить доктора.
   В Россию как пришла весть о смерти Веллингтона, государь велел пришибить князя Петра Михайловича Волконского -- мы-де не хуже Англии, у нас тоже старые генералы мрут.
   Воскресенье еду в Брайтон, чтобы увидаться с Руге. Не подняться, кажется, цюрихскому мерзавцу от всех ударов, которые я ему нанес, а есть еще гнусные поступки, которые потрясают общественную совесть.
   Мюллер-Стрюбинг здесь, это нежданная вовсе помощь, теперь и Жорж Санд будет замешана.
   Cher Reichel, ne me grondez pas, mais en amitié, lorsque vous serez dans la rue Richelieu, mettez le pied dans la librairie de Franck; je ne comprends rien, pourquoi il n'envoie ni livres, ni réponses -- c'est tout bonnement grossier. Au moins il devrait faire notre compte avant de finir toutes les relations.
   Est-ce que Pr est arrivé? Et Schombourg? Quand donc viendra Melg, et St viendra-t-il? Il faut voir Londres, quoique cela est difficile, un brouillard de l'épaisseur de goudron le couvre.[253]

226. M. К. РЕЙХЕЛЬ

1 октября (19 сентября) 1852 г. Лондон.

   Вот и октябрь. Идет-таки, идет. Я вспомнил, писавши сегодня в Женеву, насмешливую и горькую надпись на солнечных часах в Ницце:
   Io vado е vengo
   Ogni matina,
   Ma tu andrai
   Un giorno
   Senza ritorno[254].
   Помните? -- Надпись эта провожала меня во все ужасные минуты моей жизни, мне приходилось всякий день ездить мимо -- и после 16 ноября, и в мае.
   Господи, а ведь еще году нет, а столько уже ушло senza ritorno[255], а я все еще в шуме, уж и боюсь покоя, право, кажется, и не нужно останавливаться -- в Америку, в Австралию, куда-нибудь, как-нибудь поддерживать раздраженье, благо силы выносят, благо все это не совсем набило оскомину, а жить... andremo un giorno senza ritorno[256].
   1 октября Покров день, сельский праздник в Покровском, с какой нежностью вспоминаю я эти русские картины. Так живо перед глазами зеленый лес, и староста Василий Яковлев, и две дочери его, одна Лушка, другая Анна, -- и я там был на празднике и в 1829 и 1830.
   В 29-м я готовился в университет, в 30-м я был студентом и уже вполне воспитан революцией 30 июля; как рвался я тогда вперед, в жизнь, успех за успехом, а потом с колокольни да и в пропасть. В 44-м году мы были целое лето в Покровском, тогда там царил уже Савелий.

   Что касается до болезни Ст<анкевича>, скажите ему, что я точно так же болен с самого приезда, вспомните, как вы долго были больны в 1850 г. Носит ли он фланель? Это необходимо, я советую ему как можно меньше пить воды и питаться более всего говядиной и вместо бордо пить бургонское. Да пусть он бросит вечное леченье и выгонит всех докторов. Я, право, вылечил бы его и даже Мельгунова, который не болен. Здесь все еще меня празднуют, как только кончат, так я уеду, как настоящая кокетка. Но куда? That is the question. Впрочем, вероятно, дождусь половины октября, я, может быть, поеду в Кадикс, благо есть попутчики. Хорошо здесь, но долго оставаться скучно. Будет ли какой ответ от Франка?
   Если кто приедет сюда, пришлите экземпляр "V an d Ufer", и роман, переведенный Вольфзоном, и "Briefe
   aus Italien", но только с оказией; как же не найти, а то по почте это будет стоить пуд стерлингов.
   Перебывавши у всех великих мужей, я собираюсь к великим женщинам -- в понедельник еду к Mme Brüning (гр. Ливен), это дама-лев, дама-шакал, дама-пери. Она участвовала в освобождении Кинкеля, она царит здесь в Германской республике, все тайно в нее влюблены. (Вот что значит русская дама!) Вы понимаете, что я по службе должен явиться: "Вашего демосачества казацкого полку на вести прислан! В домовом английском отпуску находясь, имею счастье представиться". В следующем письме будет рассказ. Вероятно, и Шомшильд возвратился, да и еще вероятнее, что отказ был. Впрочем, я теперь ни за какие блага в Париже жить не стал бы. А только проездом.

227. М. К. и А. РЕЙХЕЛЯМ

7 октября (25 сентября) 1852 г. Лондон.

   7 октября.
   4, Spring Gardens.
   Будто давно не писал к вам. -- Да, право, не знаю, что писать, то много, то мало; когда много -- то больше темного и печального. А это, наконец, и для вас скучно, писанное хныканье и для меня не почтенно.
   Франк -- подлец, я ему напишу сегодня, никаких книг он не посылал.
   Пора отсюда ехать, уж развязали бы меня Прудон и Шомшильд; я полагаю пока остановиться в Брюсселе, а весною увидим. Мне бы очень хотелось к 20-му уехать -- довольно Лондона. A propos, -- я был, наконец, у Мme Брюнинг (кн. Ливен). Это умная русская барыня, которая вздумала представлять немку. Ее хотели в Германии схватить и выдать, п<отому> ч<то> Николай Семенович ужасно был взбешен за ее участье в освобождении Кинкеля. Зная ее нелюбовь к Руси, я представил из себя отчаянного русофила и, между прочим, не только стал по-русски говорить, но уговорил певицу, бывшую тут, спеть 2 русских песни. Все это немцам во зло, а вам в славу и честь. Немцы все в нее влюблены, а она собой нехороша -- но бойчее и аристократичнее немецких идеальных картофелей; вот демократы-то и того.
   На днях был я в Брайтоне и, между прочим, видел там Руге -- вот истинно бог хорошо придумал ему фамилию, он в продолжение обеда ругнул всех своих друзей. Одного Бакунина хотел было похвалить, да и то своротил на брань, и все это с такой злобой, с такою желчью, и притом тихим голосом и с тонкой улыбкой. Просто поэзия.
   Саша начинает мараковать по-английски. Скучает оттого, что нету товарищей; детей его возраста довольно в парке (С. Джемс), да не умеет говорить с ними. Проект ехать в Италию, кажется, отменен диетой. От вас жду, впрочем, шомшильдский ответ.
   Если будет оказия, пришлите брошюры. Прощайте.
   Cher Reichel,
   Je vous serre la main, les deux mains, si vous étiez quadrumané je vous aurais serré les 4 pour toutes les commissions tracassières que j'ai la cruauté de donner et vous la mansuétude de faire. Vous savez que Müller-Strübing est ici, il veut donner des leèons de franèais à Londres et pense qu'il suffit pour cela de connaître l'allemand et Mme Sand.[257]
   Благодарю тебя, Тата, за корпию, ты мне и еще потом сделай. -- У вас была большая гроза, мы об этом читали в газетах. Кланяйся Морицу, Оленьку поцелуй.
   Прощай.
   7 октября 1852. Лондон.
   Рукой Саши Герцена:
   Милая Тата, папа ездил в Брайтон, и я тоже. Там я ходил к "морскому берегу" и очень долго искал тебе раковин, но их не было оттого, что море было высоко.
   Напиши мне, что тебе хочется другого. Целую тебя, и Оленьку, и Машу, Рейхеля, Сашу и Мориса.
   Саша.
   Лондон. 4, Spring Gardens.

228. M. К. и А. РЕЙХЕЛЯМ

15 (3) октября 1852 г. Лондон.

   15 октября.
   4, Spring Gardens.
   Вы пишете: "Ведь недурно было вам в Париже в последний раз". Алекс<андр> Иван<ович> Тургенев говаривал в споре с Ховриной: "Ах, вы моя милая игнорантка". Прошу заменить Ховрину собой, а Тургенева таковым же мной. -- Восемь дней, проведенных в Париже с вами, с Ст<анкевичами> и М<ельгуновым>, меня оживили, я забыл, рассеялся от души. Да разве из этого следует, что там можно жить при совершенном отсутствии
   всякой легальности? Лучше уж просто взять пасс в Москву или Петербург да и ехать самому. Если даже и дадут позволенье, то можно только повидаться. -- Скучно, но такова доля тех дураков, которые предпочитают мечты апостольства чину статского советника. Au reste[258], эти общие кресты легки, если б не было частного креста: я сделан бойцом, зато и здоровье лошадиное, которое возмущает Н<иколая> Ал<ександровича>, и если бессилен теперь, то это оттого, что фатум напал на меня тайком сзади, когда я боролся впереди. -- Вы знаете, отчего воздушный шар не может сладить с локомотивом? Оттого, что нету точки опоры. Отнимите у Геркулеса доску, на которой он стоит, он грянется наземь от кулака Маврикия Рейхеля.
   Я в большом раздумье -- кажется, вообще главное, что я делаю, -- это раздумье. Остаться здесь или ехать? Ехать! Куда ехать? Испания, Брюссель, Фрибург. И не могу решиться. Тесье говорил, что у меня натура Гамлета и что это очень славянски. Действительно, это замечательное колебанье, неспособность действовать от силы мысли и мысли, увлекаемые желаньем действия прежде окончания их. Zögern, sich aufreißen[259], хохот иронии, досада на все, пуще всего на себя, чувство своего бессилья, недоделки, рассеянья и retour[260].
   Вам смешно, может быть, потому что вы составили себе немецкую идею о Гамлете, представляете его сухим, как Шомбург, бледным, как воск. Вспомните, что его мать говорит: "Подайте сыну моему вина, принц так толст, он устал". И Фортинбрас готов -- это Тата. Тата скорей, нежели Оля -- светлая и wehmütig[261], умная дурочка.
   Итак, Лондон, Брюссель -- загадаю на картах. Для моего дела мне здесь не нужно более оставаться. Я дожил до того, что даже против меня начала составляться партия. A propos, на днях был Зольгер, он сначала было хотел мне бравировать и играл роль de la non intervention[262]. Меня это огорчило и взбесило. Мы поговорили крупно и Зольгер, удивленный сначала, стал вникать в дело и кончил тем, что со слезами проклял своего прежнего приятеля и стал совершенно иной стороны.
   Головин явился из Лугано. Как-то помолодел, окрасил в новую краску волосы и представляет собой новый тип d'un gamin ours[263]. Издает журнал или Revue по-французски, я ему советовал назвать по-русски: "Реву с острова" -- не соглашается.
   Он уже успел здесь повздорить с Кобденом, -- преуморительный
   и добрый малый. Я жду, когда он наймет квартиру, чтобы искать себе в противоположной части города. А право, он добрый человек, но не очень близко; хорошее ружье попадает ловко в цель на далеком расстоянии. -- Прощайте. Напишите ответ об Даримоне.

   Cher Reichel, vous devez me prendre non seulement pour le premier égoïste du monde, mais pour un homme qui ne fait jamais un pas sans y être intéressé. Dès que vous voyez votre nom dans ma lettre, vous pouvez être sûr qu'il y a commission, procuration, délégation, abnégation, rue Lafitte, rue Richelieu, prière, fiacre, poste etc.
   Ebbene, lato maestro, jugez vous-même, j'ai reèu une lettre de la pauvre Mme Darimon (le mari n'en fait rien); ils sont dans un état pitoyable de misère. Elle veut aire un assez grand emprunt; c'est impossible, expliquez à elle que j'ai d'autres amis et de plus intimes, pour pouvoir lui prêter 1000 francs. -- Tout pesé, je lui offre 300 frs -- je vous envoie une petite traite à votre ordre de 300 frs. Ayez donc la bonté de prendre en argent chez Schombourg et de le remettre à Mme Dar. -- Ajoutez à cela que sa lettre m'est parvenue complètement décachetée.
   Je vous prie, cher Reichel, expliquez à cette femme malheureuse, que ce n'est pas un caprice de ma part; je ais tout ce que je crois juste; mais si j'allais au delà des limites, cela serait fini. Au reste personne ne peut mieux savoir mon désintéressement que la rédaction de la Voix du peuple qui a enterré mon cautionnement. Faites donc cela. A propos, étant chez Schomb, dites-lui que je voudrais, s'il le conseille, vendre les papiers hollandais que j'ai et qui rapportent si peu (s'ils sont en hausse depuis 1850?) Je suis tellement entouré de véritables malheureux qu'il faut chercher d'avoir plus de rente et penser un peu que l'avenir ne représente plus rien à ces hommes que l'Amérique et la faim.[264]

229. Г. МЮЛЛЕРУ-СТРЮБИНГУ

18 (6) октября 1852 г. Лондон.

   18 octobre 1852.
   London, 4 Spring Gardens.
   Cher Müller,
   Lorsque je t'ai rencontré à Londres sans m'y attendre le moins du monde et lorsque deux jours après je te parlais des terribles malheurs qui m'ont frappé, le nom de G. Sand tomba de tes lèvres. Je frissonnais à ce nom. -- C'était pour moi une indication. Elle doit connaître cette histoire, elle qui résume dans sa personne l'idée révolutionnaire de la Femme. Je t'ai exprimé mon désir de l'instruire de cette affaire.
   La réponse dont tu m'a parlé hier me prouve qu'entraîné par l'indignation contre tant de scélératesses -- tu ne m'as pas tout-à-fait compris. L'affaire n'est pas à juger, le tribunal n'est pas à former. L'affaire est jugée, un tribunal formel est impossible, un tribunal moral a prononcé son arrêt. La réprobation générale qui a enveloppé cet homme, en est la preuve. Penses-tu donc que des hommes comme Mazzini, Willich, Proudhon, Kinkel etc. se seraient prononcés avec tant d'énergie si les faits n'étaient pas constatés, s'il n'y avait pas de documents et de témoins. Dévoiler cet homme devant ceux que j'estime, que j'aime, est pour moi un besoin de cœur, un acte de haute moralité. Socialiste et révolutionnaire, je ne m'adresse qu'à nos frères. L'opinion des autres m'est indifférente. Tu vois de là que l'opinion de G. Sand a une valeur immense pour moi.
   Il s'agit d'une femme dans cette tragédie. D'une femme qu'on a brisée, calomniée, persécutée, qu'on est parvenu à assassiner enfin. Et tout cela parce qu'une passion malheureuse a envahi son cœur, comme une maladie, et que son cœur repoussa au premier réveil de sa nature noble et forte. Et l'assassin, le calomniateur, le dénonciateur de cette femme était ce même homme qui, feignant pour elle un amour sans bornes, la trahit par vengeance, comme il avait trahi son ami le plus intime par lâcheté. Tu as vu ses lettres. -- C'est un de ces caractères dans le
   genre d'"Horace" de G. Sand. Mais Horace développé jusqu'à la scélératesse.
   Je n'ai pas voulu terminer une affaire pareille par un duel, il y avait trop de crimes, trop de perfidie pour les couvrir par la mort ou pour les laver par le sang d'une blessure. J'ai entrepris une autre justice, elle était hasardée. Le premier homme auquel je fis part de ma résolution, était Mazzini -- il m'a soutenu dans cette voie difficile, il m'écrivit: "Faites de votre douleur un acte solennel de justice au sein de la société nouvelle, accusez -- la démocratie jugera".
   Je l'ai accusé, et mon appel à nos frères ne resta pas sans réponse. Maintenant je commence un mémoire détaillé -- ce mémoire je voudrais l'envoyer à G. Sand.
   Il ne me manquait pas de conseil prudent et charitable de me taire, de couvrir tout par un silence absolu. Celui qui dit cela, accuse la femme, je n'ai rien à cacher, elle est restée pure et sublime à mes yeux, mon silence serait perfide, serait un manque de religion pour la victime. -- Et ensuite il n'y avait pas même de choix après les calomnies répandues par cet individu. Je fais à haute voix et au grand jour ce qu'il a fait nuitamment et en cachette. Mon accusation suivra cet homme partout. Je suis là sur le tombeau d'une femme que j'aimais -- et je l'accuse; ce qu'on fera de mon accusation, je ne le sais pas. Je ne cherche pas de verdicts, -- ils arrivent naturellement.
   Portant mon accusation devant la plus haute autorité quant à la femme, la portant devant G. Sand, je ne voulais qu'un peu d'attention sympathique, qu'un peu de confiance.
   Dans la pensée de m'entretenir de cette tragédie avec elle -- il y avait pour moi un entraînement irrésistible.
   Il y a longtemps que je rêvais à cela. Ta visite m'a montré de près la possibilité de réaliser ce dernier rêve poétique... Mais je n'ai demandé ni réponse, ni verdict, -- je voulais laisser tout cela au temps et à la pleine conviction.
   Voilà, cher Müller, ce que j'avais sur le cœur de te dire, communique quelque chose de cela à G. Sand, si tu n'as rien contre cela. Adieu. Je te salue fraternellement.
   A. Herzen.
   Перевод
   18 октября 1852.
   Лондон, 4 Spring Gardens.
   Дорогой Мюллер,
   когда я встретил тебя самым неожиданным для меня образом в Лондоне и когда два дня спустя рассказал тебе о страшных несчастьях, меня поразивших, с твоих уст сорвалось имя
   Ж. Санд. Я вздрогнул, услышав это имя. -- То было для меня откровением. Она должна знать эту историю, она, воплощающая в своей личности революционную идею Женщины. Я высказал тебе свое желание ознакомить ее с этим делом.
   Ответ, о котором ты мне вчера говорил, доказывает мне, что, увлеченный негодованием пред лицом таких подлостей, ты меня не совсем понял. Дело вовсе не подлежит судебному разбирательству, о создании трибунала не может быть и речи. Оно уже подверглось разбирательству, официальный трибунал невозможен, а моральный трибунал уже произнес свой приговор. Всеобщее осуждение, окружившее этого человека, служит тому доказательством. Ведь не думаешь же ты, что такие люди, как Маццини, Виллих, Прудон, Кинкель и др., высказывались бы с такой энергией, если бы факты не были установлены, если б не было документов и свидетелей. Разоблачить этого человека в глазах тех, кого я уважаю, кого люблю, -- это для меня сердечная потребность, акт высшей морали. Социалист и революционер, я обращаюсь только к нашим братьям. Мнение же остальных мне безразлично. Из этого ты можешь увидеть, что мнение Ж. Санд имеет для меня огромную ценность.
   В этой трагедии речь идет о женщине. О женщине, которую сломили, оклеветали, подвергли преследованиям и которую в конце концов убили. И все это только потому, что злополучная страсть овладела ее сердцем подобно недугу, и потому, что ее сердце отринуло эту страсть при первом же пробуждении ее благородной и сильной натуры. А убийцей, клеветником, доносчиком этой женщины был тот самый человек, который, притворяясь, что беспредельно любит ее, предал ее из мстительного чувства, как предал своего ближайшего друга -- из подлости. Ты видел его письма. -- Это характер в духе жорж-сандовского "Ораса". Но это Орас, развившийся до злодейства.
   Мне не хотелось окончить подобное дело дуэлью; в нем было слишком много преступлений, слишком много предательства, чтобы прикрыть его смертью или омыть кровью из раны. Я привел в действие иное правосудие, это было рискованно. Первый человек, которого я ознакомил со своим решением, был Маццини, -- он поддержал меня на этом трудном пути, он писал мне: "Преобразите вашу скорбь в торжественный акт правосудия в лоне нового общества, обвините -- демократия совершит свой суд".
   Я обвинил его, и мой призыв к нашим братьям не остался без ответа. Теперь я принялся за составление подробной памятной записки -- записку эту мне хотелось бы переслать Ж. Санд.
   Недоставало только благоразумного и великодушного совета замолчать, прикрыть все непроницаемым молчанием.
   Человек, предлагающий это, обвиняет женщину, мне же скрывать нечего, она осталась чистой и возвышенной в моих глазах, мое молчание было бы вероломством, означало бы, что я потерял веру в эту женщину, ставшую жертвой. -- К тому же даже не было выбора после клевет, которые распространял этот субъект. Я делаю гласно и при дневном свете то, что он совершал во мраке и тайком. Мое обвинение будет преследовать этого человека повсюду. Я стою у могилы любимой мною женщины -- и обвиняю его; каков будет результат моего обвинения -- не знаю. Я не добиваюсь приговоров -- они приходят сами собой.
   Направляя свой обвинительный акт самому высокому авторитету в вопросах, касающихся женщины, -- направляя его Ж. Санд, я желал лишь какой-то доли сочувственного внимания, какой-то доли доверия.
   Мысль ознакомить ее с этой трагедией имела для меня непреодолимую привлекательность.
   Давно уже мечтал я об этом. Твое посещение наглядно показало мне возможность воплощения этой моей последней поэтической мечты... Но я не просил ни ответа, ни приговора, -- я хотел предоставить все это времени и выявлению полной правоты.
   Вот, дорогой Мюллер, что мне хотелось сказать тебе, сообщи что-нибудь из этого Ж. Санд, если ничего против этого не имеешь. Прощай. Братски тебя приветствую.
   А. Герцен.

230. М. К. РЕЙХЕЛЬ

20 (8) октября 1852 г. Лондон.

   1852. 20 октября.
   Письмо ваше и приложенье Мельгунова, разумеется, получил. Записочку от Тат<ьяны> Ал<ексеевны> Саше не отдал, потому что он вчера уехал в Sevenoaks и до субботы пробудет там. Записка эта, как почти все от Астр<аковой>, сильно меня тронула. Ел<ена> Конст<антиновна> ее не любит, и по-московски, с большою нетерпимостью. Я сам назвал ее когда-то Матрена Санд, но истинно теплее и деятельнее симпатии я редко встречал, и, взвесивши недостатки с добром, мне кажется, что последнее перевесит.
   Мельгунову вексель на Ротшильда пришлю (у меня вышли его бланки), но прошу, как он сказал, эти 2000 вручить вам или Рейхелю к 1 января. -- Вы не можете вообразить, какой расход, превышает всякое вероятье, не думайте, что я говорю о дороговизне или о собственных тратах. Нет, это не так важно.
   Квартира стоит в месяц 10 фунтов. Проедаем, пропиваем и прогуливаем в месяц фунтов 50 (тут и Васбинтер, который Саше дает уроки и пр.), итого от 1500 до 1600 ф. На расход, вроде Дарим<она>, и на разные предприятия, ничего не предпринимающие...
   Мое положенье меня обязывает к этому. Тут Головин со своим реву -- возьмет две, три акции, тут NN, QQ, РР, XX со всяким вздором. Да рядом еще видишь так <много> нужды и страданий, что самому хочется помочь.
   А потому надобно соблюдать некий порядок. Ищу квартиру побольше и подальше; об Бельгии думать нечего, а в Швейцарию проезд труден. -- Не верю я в демарши Прудонца, а то бы я хоть проездом прожил бы недельку. Разлука с детьми нехороша, я все надеялся, что и вас из Парижа прогонят, да нет, скоро сделают императорским генерал-басом Рейхеля, а вас генерал-дискантом.
   Много ли осталось жить, кто знает? И потому следовало бы быть вместе. Не придумаю ничего.
   Здесь, что можно было сделать по моему делу -- сделано. Теперь идет переписка с Жорж Санд. -- Мемуар писать необходимо. Из Швейцарии пишут, что отказ этого г<осподина> принять вексель страшно и окончательно уронил его. Прощайте.

   Dein Brief, Tata, hat mir sehr viel Freude gemacht, er ist sehr shön geschrieben[265]. Учись хорошенько, Саша начинает говорить по-английски. Поцелуй Оленьку.

231. М. К. РЕЙХЕЛЬ

26 (14) октября 1852 г. Лондон.

   26 октября. Лондон.
   Итак, я остаюсь здесь, квартиру нашел превосходную, даль страшная отовсюду... на обороте письма будет план. -- Это значит начало отлива, буря, шумевшая возле два года, начинает успокоиваться, остатки от всех потерь и кораблекрушений прибило к совершенно чужому берегу. Думал ли я жить в Лондоне? -- Никогда. Все случайно, так и следует. -- Мало-помалу около меня составляется та пустота, тот покой, то одиночество, которое должно было начаться шесть месяцев тому назад. Досадно одно, что я все же не раздавил цюрихс<кого> мерзавца, дело не кончено, дела кончаются только тогда, когда
   сверху посыпано землею. -- Вероятно, у вас газеты тоже кричат о дуэли между французами, которая была здесь, я встречался с актерами этой печальной драмы. Всё люди хорошие, преданные, в цвете лет -- один убит, другие в тюрьме. За что? -- "Он плачет о Гекубе, а что ему Гекуба?" -- говорит Гамлет, краснея от своей нерешимости. Дуэль эта потрясла меня. Если из-за дерзкого слова, за on dit[266] безумно убивать -- то за ряд злодейств, измен, клевет безумно наказывать словами. -- Все проклятый фатум, я даже не сам устроил свою месть, так устроилась.
   Я начинаю очень серьезно думать о возможности соединить детей и не приложу ума. Долее весны это не может продолжиться, но что сделать, не понимаю. Мне вас потерять не хочется, а вы с Парижем крепче обвенчались, нежели с Рейхелем, потому что вы оба вышли за Париж, а за Рейхеля вы одни. Хоть бы, например, вам приехать на месяц погостить, не теперь, a exem gratia[267] к Новому году. -- Путь ничего не значит, три часа моря, и со всеми потерями на дороге 14 часов. Подумайте-ка, старый сослуживец. Я приготовил бы рядом или возле квартерку. -- Да вы не сердитесь за это, а просто скажите, что невозможно или неудобно. Наконец, не в январе, так в марте -- а только разлука эта нехороша и тяжела.
   Вот еще глупость: я на днях ушиб себе ногу об скамейку в комнате и забыл, а вчера нога распухла и готовится огромный нарыв. Гаук лечит. Ходить почти нельзя. Мое железное здоровье не может противупостоять однако английской скамейке.
   Вы пишете, что Мел<ьгунов> хотел 2500, а я прислал 2000. Саrа mia[268], Мел<ьгунов> пишет 2500 или 2000. В этих случаях я придерживаюсь всегда минимума.
   Зачем это Станк<евич> лечится холодной водой. Право, все эти опыты диких лечений пора оставить.
   Саша воротился из Sevenoaks и письмо напишет, да и я прибавлю строчки две. Мне кажется, что ни одно мое слово не дошло до русских друзей.
   Да вот еще что: купите кухню для Таты (ведете ли вы записку особенных малых трат для меня, я вас прошу об этом; вы знаете, как было положено: для воспитания etc. детей с нянюшками и мамушками 5000 в год -- из них вы получили 2500. К Новому году Мел<ьгунов> вручит 2000. -- Но комиссии не в этом же счете) и уверьте, что это из Лондона. Купите получше -- фр<анков> в 15.
   Прощайте. -- Поклонитесь от меня Брус<илову>. Я очень помню его доброе участие в моем деле, за несколько месяцев.
   Je vous salue, cher Reichel, et je vous jure que je n'ai pas de commissions. -- Venez voir Londres, je ferai les honneurs de la cité.[269]
   Прилагаю Тат<ьяне> Ал<ексеевне> записку.
   На обороте письма:
   <Ниже следует схема местности - ред.>
   S. John's Wood Barrow Hill Primrose Hille Поля
   Regent's Park
   Portland Place
   (x) Дом, нанятый нами. От Странда,
   где мы теперь, это мили 4, от Сити
   миль 5 или 51/2. Вид из окон на
   бесконечный парк. Тишина, как в Ницце,
   и туман, как в паровой бане.
   Oxford Regent Street Oxford Street

232. ТАТЕ ГЕРЦЕН и М. К. РЕЙХЕЛЬ

20--31 (8--19) октября 1852 г. Лондон.

   Милая Тата.
   Мы должны еще пожить в Лондоне, в Париж нас не пускают, а потому, чтоб ты не очень долго ждала кухню, я ее пошлю с первым кораблем, и на днях тебе ее принесет почтальон.
   А что кроватка куклы -- цела ли? А ты купи для Оленьки маленькую пупету.
   Прощай. Будь здорова.
   Твой Папа.
   Которого ноября рожденье Оли и которого декабря Таты?
   Рукой Саши Герцена:
   Милая Тата,
   мы через несколько дней переедем в другую квартеру, возле огромного сада.
   Я тебе пришлю тоже что-нибудь с кухней, только ты мне напиши, что ты хочешь. Твое немецкое письмо было чудесно, мы ждем французское.
   Поцелуй всех Машиных детей, ее, Рейхеля и Олю.
   Будь здорова.
   Саша.

233. ТАТЕ ГЕРЦЕН

Октябрь 1852 г. Лондон.

   Я очень рад, что ты пишешь по-французски, моя душечка Тата, но главное -- говори всегда по-русски. Ты русская девочка -- и должна Олю учить по-русски. А Саша начинает говорить по-английски. Прощай, дружок. Кланяйся Елене Константиновне.
   Гаук кланяется тебе и Маше.

234. М. К. РЕЙХЕЛЬ

1 ноября (20 октября) 1852 г. Лондон.

   1 ноября. Лондон.
   2, Barrow Hill Place, Primrose Road,
   Regent's Park.
   Адрес длинный и дикий, но делать нечего, пока почта не привыкнет, надобно так писать. Мы в такую даль заехали, что и здешние старожилы найти не могут. -- Пустыня, и я доволен.
   Письмо от Н<атальи> Ал<ексеевны>, разумеется, очень важно, но я не вижу из него ничего положительного, когда, при каких намерениях она едет, одна ли -- все это темно.
   И как же, не зная ничего, вдруг строить проект о перемене воспитания -- да сойдемся ли мы теперь? Мар<ья> Касп<аровна>, ваше последнее письмо не сообразно вашей глубоко рассудительной натуре. Вот что я вам скажу в ответ: 1е. О посещении в Лондоне я вам написал, потому что мне хотелось это устроить, но я довольно привык отказывать себе в самых простых человеческих желаниях, обещайте приехать к марту, чтоб ждать чего-нибудь. Не только детей, я вас, вас самих хочу видеть -- да будто вы не понимаете этой страшной связи, вы "сообщница, соприкосновенная к делу". Я вас много люблю. -- 2е. В Дрезден я детей не дам -- Париж, Лондон или Швейцария, других мест я не знаю. 3. Вот это иное дело, если Нат<алья> Ал<ексеевна> приедет, отпустить с ней и с Марихен погостить ко мне детей -- это было бы благодеяние. Но никак не предугадывая, что будет впереди.
   Теперь насчет денег, не обижайте меня, не обижайте и себя -- возьмите теперь 2000, отданные Мельгуновым, вот и всё. А потом сочтемся.
   Энгельсон, говорят, приехал в Париж.
   Послали ли вы в Москву мою записку? Если нет, прибавьте, что я Ог<арева> жду как величайшее и последнее благо. Пишите, что я жду.
   Я тороплюсь, ваше письмо провалялось от воскресенья.
   Прощайте. Тату целую и Олю.
   Addio.

235. M. К. РЕЙХЕЛЬ

5 ноября (24 октября) 1852 г. Лондон.

   5 ноября.
   2, Barrow Hill--Primrose Road.
   Ваше вчерашнее письмо меня испугало, я после всех несчастий сделался нервно слаб и величайший трус за других. Я дочитал его просто с лихорадочной дрожью -- что ваш Саша? Напишите тотчас.
   Неужели на свете нет хуже нас людей? Всё на нас, мы празднуем теперь одни поминанья, да похороны, да тех, которых совсем не хоронили. 16 ноября на дворе. -- Я два раза инстинктивно понял свою судьбу. Вы сами, столько привыкнувшие читать глубже меня, нежели снаружи, не верили мне, когда я вам говорил о страшных предчувствиях и страшных былях в 1851, бывши с Энгельс<оном> в Париже. -- После 16 ноября я в туманном ошеломленье съездил в Hières, но когда я воротился и спокойно остался один, тогда, ясно всматриваясь во все, я сказал: "Все кончено". Против трех врагов не совладать;
   я никогда не верил в спасение, разумеется, я обманывал себя потом -- но набирал силы. -- В этом искусственно напряженном состоянии я жил до сих пор, помогая шумом и вином. Оно проходит, и я рад этому, на мне много обязанностей.
   Поздравьте меня: с тех пор как я переехал в мое аббатство и разбитая нога не позволяет ходить -- у меня явилось френетическое желание написать мемуар, я начал его, по-русски (спишу вам начало) -- но меня увлекло в такую даль, что я боюсь, -- с одной стороны, жаль упустить эти воскреснувшие образы с такой подробностью, что другой раз их не поймаешь... Иван Алексеевич, княгиня, Дмит<рий> Пав<лович>, Александр Алексеевич, Васильевское -- и я ребенком в этом странном мире, патриархальном и вольтеровском. -- Но так писать -- я напишу "Dichtung und Wahrheit", а не мемуар о своем деле.
   Я целый день сижу один и пишу и думаю.
   Не лучше ли начать с отъезда из Москвы в чужие края. Я и это пробовал -- положение русского революционера относительно басурман европейских стоит тоже отделать, об этом никто еще не думал.
   Да я построю надгробный памятник -- если только удержусь в теперичнем направлении. -- Как мнение ваше и наших друзей, писать большой волюм или один мемуар?
   Энгельс<он> мне советовал именно все писать. A propos, отчего вы говорите о Мmе и не говорите о Мr Eng. -- Неужели он пять дней в Париже и не был у вас. Или он боится -- я это принимаю за личное оскорбление.
   Вот и Франсуа le sot[270] в Париже. Кланяюсь ему.
   Таточка, рада ли ты была, что Франсуа приехал? Покажи ему кухню, которую я тебе прислал из Лондона. Он в Луцерне готовил нам обед в такой же. Ну и что Пупенька и Вольдемарчик -- кривляется ли он, щиплет ли?
   Прощай. Целую Олю, а Рейхелю пожми руку.
   Марихен поклонись и Mme Gasparini.
   Рукой Саши Герцена:
   Милая Тата,
   мы переехали в новый дом, который наполнен статуйками и разными ненужными вещами. Две кошки, уже давно тут живущие, спят целый день на ковре, перед камином в кухне. -- Одна черная, как бархат, а другая с белыми пятнами.
   Я приготавливаюсь срисовать большую собаку, которой портрет висит перед дверью нашей salle à manger.
   Я тоже рад, что кухня тебе понравилась.
   Кланяйся Франсуа, пожми руку Пупеньке и Энгельсону.
   Смотри за Сашей. Я целую тебя, Ольгу, Рейхеля, Машу и Морица.
   Саша.

236. M. К. РЕЙХЕЛЬ

12 ноября (31 октября) 1852 г. Лондон.

   12 ноября.
   Пятница. Утро.
   Добрый, милый друг Мария Каспаровна, не мне вас утешать, свои раны свежи. -- Ваше первое письмо о болезни малютки меня испугало. Да, я не верю в прочность ничего -- да, я дошел до полного атеизма в жизни.
   И это страшное сближенье ночи 11 ноября с прошлогодним.
   Вы решились быть матерью, вы решились быть женой, за минуты счастья -- годы бед.
   Жить могут княгини Марии Алексеевны -- надо было в цвете сил отречься ото всего, жиром закрыть сердце, сочувствие свести на любопытство. Не надобно быть ни матерью, ни женой. Я всеми силами стараюсь себя воспитать в бесчувственность.
   Двигайте же силы и дайте руку, не одни вы -- у вас Рейхель, и смело назову себя как ближайшего вашего друга.
   Скажите Наташе, чтобы написала несколько строк. Рейхеля целую и жму руку, и Саша крепко пригорюнился, услышав о вашем несчастии. У него много чувства при всей рассеянности. Прощайте. Жаль, жаль мне вас. Нет, нас особенно судьба уважает.

237. М. К. РЕЙХЕЛЬ

15 (3) ноября 1852 г. Лондон.

   Вот вам, друг Марья Каспаровна, начало записок, т. е. введение. Я переписал его для вас, чтоб что-нибудь послать вам к страшному 16 ноября и чтоб развлечь вас от своего горя. Напишите, нравится ли вам. Покажите друзьям нашим. -- Да, я буду писать и о первой части жизни, но коротко. Если б было возможно достать от Тат<ьяны> Ал<ексеевны> бумаги и письмы, оставленные у нее, это была бы большая помощь и большое утешение. Скучно и здесь -- но все же лучше, нежели было, одиночество мне на пользу. -- Прощайте. На днях вы увидите Эдмунда.
   15 ноября. Понедельник.
   4 часа дня.
   Вот и ваше письмо еще. Прочел его и не могу удержать слез. -- Прощайте.
   Я стал очень слаб.
   Тату и Олю целую.
   <На странице справа: Письмо к К. Фогту от 21 ноября 1852 г. Первая страница. Автограф Герцена.
   Bibliothèque publique et universitaire. Женева. - Ред.>
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   238. К. ФОГТУ

21 (9) ноября 1852 г. Лондон.

   21 novembre. Londres.
   2, Barrow Hill Place, Primrose Road.
   Cher Vogt.
   Voilà l'avantage de se faire rare, vous ne pouvez pas vous imaginer avec quel plaisir j'ai vu en ouvrant la lettre reèue avant-hier votre écriture microscopique.
   Toi aussi Brutus -- vous me faites aussi du compliment sur le commencement des mémoires, vous et Engels et Edm et Tessié. Mais, chers amis, pensez un peu qu'il a plus d'amitié dans votre contentement, que de raison. Je ne me fais aucune illusion. Faire des mémoires, au lieu d'un mémoire c'est presque abdiquer, c'est être parjure, presque traître -- et couvrir par un succès littéraire une déchéance morale. Je me méprise pour cela -- pourquoi donc je le fais? -- Kastraten sind wir, impotente Wüstlinge, au lieu d'érection, nous nous contentons de paroles lascives. La triste histoire qui s'est passée autour de mon foyer (qui vous paraisse il y a un comique, que le bon Dieu vous pardonne) représente exactement, comme l'aberration des étoiles représente en petit l'éclyptique -- le 24 février de toutes les nations, un bon désir, un élan énergique -- une courte haleine et une halte -- quelquefois une mort dans la boue. -- Je vous ai écrit -- vous en avez haussé les épaules, je répète "rien n'est fini" -- et lui il pense peut-être aussi à un succès littéraire.
   Ce que je vois tous les jours ici, me donne une grande force de mépris, pour nos braves contemporains, cela me console. En Angleterre au moins on voit de si près l'Australie et le monde transatlantique, le monde de l'espérance -- qu'on peut se consoler de vivre dans cette vieille Europe qui sera bientôt enterrée comme Wellington. Rotcheff qui a été 7 ans gouverneur en Californie, qui vient maintenant de Madras et Calcutta, et qui va en Australie, un russe très intelligent et civilisé, vient me voir très souvent. Honte à nous attachés à la globe européenne. Il connaît ces pays, comme vous le canton de Berne, il a demeuré aux Kouriles et à la frontière de la Chine, ses récits font frémir d'envie Haug. Il ne parle pas de la Californie comme d'un sac d'or, il trouve que là et en partie en Australie la société s'assoit sur de tout autres bases d'égalité et de liberté, devant lesquelles les institutions de l'Amérique Sept sont rétrogrades... Qu'en dites vous?
   Si je n'avais pas d'enfants, je partirais avec R, Haug partira peut-être.
   Je mène maintenant une existence complètement solitaire, je travaille beaucoup. Je me suis fait à la vie anglaise. A 9 heures
   du matin café et ham -- point de déjeuner (c'est la chose la plus indispensable pour ceux qui veuillent travailler), à 5 h. dîner complètement anglais poisson et bœuf, sans potage, sans autre vin que le cherry, avec quantité de bière. Comme je demeure très loin du centre de la ville, je sors rarement, et rarement on vient chez moi -- le dimanche on dîne chez moi. -- Les occupations d'Alexandre vont sensim sensimque:
   Par semaine
   2 fois le latin }
   2 fois l'allemand } Müller-Str<übing>.
   7 fois l'anglais -- général Haug aidé par ma cuisinière
   Mme Moture.
   2 fois le dessin -- Louis Bulewsky évadé d'Overbeck et des
   prisons de Posnanie.
   2 fois le franèais -- Vasbanter.
   2 fois mathématiques -- Major du génie Domagalsky.
   2 fois histoire -- A. Herzen de Morat.
   Vous voyez qu'à l'exception de Müller qui donne des leèons all et de Strübing qui donne des leèons latines, le personnel est passablement régicide et bougrement polonais. On m'a tant parlé de la cherté, je ne la trouve pas, le prix des leèons varie de 4 sch. à 5 (1 heure, 11/2 h.).
   Le général devient tous les jours plus taciturne, de sinistres pensées traversent son front, il est plein d'un byronisme militaire, il n'y a qu'un moyen d'assouvir ses accès mélancoliques, il lui faut une rencontre... aux armes qui ne sont ni blanches ni égalées. Et dès que je vois qu'il devient morose, ne répond pas, cherche dans le Times l'annonce du premier vaisseau qui part pour l'Australie, je lui propose à 9 h. du soir une promenade pour prendre de l'air... aussitôt il prend une fille. Et le vaisseau part pour l'Australie, et le général devient gai. Il faut vous dire que la quantité de filles publ qui se promènent dans les rues et arrêtent tous les passants, est exorbitante. -- Mon ignorance de la langue anglaise, préserve ma vertu.
   A propos des vices et des vertus. J'ai été tout enchanté d'apprendre par votre lettre que Miss Babette a demandé de mes nouvelles. Faites donc parvenir à elle les miennes. Non seulement je n'ai pas oublié ma promesse, mais j'ai même à Paris cherché pour elle une place chez une couturière; maintenant à Londres c'est plus difficile, en tout cas je suis tout prêt de lui envoyer au moins des étrennes; si elle veut venir ici, le général cherchera et moi je trouverai.
   Avez vous enfin expédié notre Edmond. Et Tessié ira-t-il bientôt nous chercher dans les brouillards du Regent's Park.
   Ma lettre à Michelet n'est pas du tout parvenue jusqu'à la
   Russie, car tout ce que j'ai envoyé à Franck a été saisi, maintenant j'ai une assez grande note contre Haxthausen et le servage, à part cela sera trop mince, ensemble le succès est assuré, nous mettrons: "IIe Edition, la première ayant été volée par..." Maintenant voilà ce que vous pourriez faire. Otez la couverture, les titres, ne laissez que le texte et avant d'expédier, demandez le prix à la poste. Une lettre de la Suisse coûte 11 p. -- et bien si le tout ne coûtera que 5,6 sch. envoyez-le, si cela coûtera plus ne l'envoyez pas.
   Presset n'a absolument rien fait, car j'ai été forcé de donner à Avigdor encore une procuration. La dame est encore à Nice, je me résigne pour un certain temps, au rôle de narrateur, mais je ne voudrais pas mourir, sans terminer cette affaire. On m'annonce vaguement qu'un de mes amis les plus intimes travaille pour avoir le droit de venir avec sa femme ici, ayant en vue les petits. Peu à peu je mettrai tout à l'abri, je préparerai les mémoires -- mais ne craignez pas d'oubli, -- la ténacité russe, passive, expectante -- est sans fin.
   Adieu. -- Je félicite Fazy, Tourte, Raisin -- et je les attend après la proclamation de l'empire, c'est alors pourrons inscrire leurs noms dans l'histoire en bloc ou en gr. Le ministère ici est ignoble et lâche, le parlement sans couleur.
   Pour la bonne bouche voilà une anecdote qui nous a fait rire une journée entière, un riche Anglais, appart à une très bonne maison nobiliaire, âgé de 55 ans, n'a d'autres plaisirs que de taquiner les constables. Il a été battu en Irlande, il a été battu à Christiania par un Nachtwächter, il a été jugé deux fois à Londres pour des insultes aux policemen. Il paraît maintenant devant le tribunal inculpé d'avoir teint en rouge le visage de son constable. Il a trouvé le constable endormi, vite, il est allé chercher un immense pinceau et lui a peint toute la figure à l'huile. Saisi et jugé, il déclare, qu'il ne connaît pas de loi qui défend de peindre les constables, et qu'il l'a fait par sentiment d'humanité, voyant qu'il pouvait se refroidir, il l'a peint à l'huile, qui préserve de l'humidité, à laquelle le brave homme est exposé par le genre de son service. Tout le monde a éclaté d'un rire homérique, mais le gentleman a été condamné pour une amende et un emprisonn.
   Перевод
   21 ноября. Лондон.
   2, Barrow Hill Place, Primrose Road.
   Дорогой Фогт.
   Как дорого то, что случается редко. Вы не можете себе представить, с какой радостью я увидел ваш микроскопический почерк в письме, полученном позавчера.
   И ты, Брут -- вы, как и Энгельсон, Эдмон и Тесье, слишком хвалите начало мемуаров. Но, дорогие друзья, согласитесь, что в вашем одобрении больше дружеских чувств, чем оснований. Я не питаю никаких иллюзий. Писать мемуары вместо мемуара -- это значит отречься почти от всего, стать вероломным, почти предателем и прикрыть литературным успехом свое нравственное поражение. Я презираю себя за это -- так зачем же я это делаю? -- Kastraten sind wir, impotente Wüstlinge[271], вместо действия мы довольствуемся похотливыми речами. Печальная история, разыгравшаяся у моего очага (да простит вас бог, если вам это покажется комичным), воспроизводит -- с той же точностью, как аберрация звезд воспроизводит эклиптику -- в миниатюре 24 февраля всех наций: доброе желание, энергический порыв -- затем одышка и остановка, порою смерть в грязи. Я написал вам -- вы же пожали плечами, но я повторяю: "ничего не кончено", а он, может быть, тоже помышляет о литературном успехе.
   То, что я вижу, здесь ежедневно, дает мне силы презирать наших славных современников, и это меня утешает. В Англии по крайней мере видишь так близко Австралию и весь заокеанский мир, мир надежд, что можно смириться с жизнью в этой старой Европе, которая будет скоро погребена, как Веллингтон. У меня часто бывает Ротчев, русский, весьма умный и интеллигентный человек. В течение 7 лет он был губернатором в Калифорнии, а сейчас приехал из Мадраса и Калькутты и собирается в Австралию. Стыдно нам цепляться за Европу. Он знает эти страны, как вы Бернский кантон; он побывал на Курилах и на китайской границе, его рассказы заставляют Гауга дрожать от зависти. Калифорния для него не мешок с золотом -- он находит, что там и отчасти в Австралии общество основано на совершенно иных принципах равенства и свободы, против которых североамериканские порядки представляются отсталыми... Что вы скажете на это?
   Если бы не дети, отправился бы я с Ротчевым; Гауг, возможно, поедет.
   Я веду сейчас совершенно отшельническую жизнь, много работаю. Я привыкаю к английской жизни. В 9 часов утра -- кофей и ham[272], завтрак отменен (вещь совершенно необходимая для тех, кто хочет работать). В 5 часов чисто английский обед -- рыба и мясо, без супа, из вин только шери, много пива. Живу я далеко от центра -- редко выхожу и редко принимаю, но по воскресеньям у меня обедают. Занятия Александра продвигаются sensim sensimque[273]:
   в неделю
   2 раза латынь } Мюллер-Стрюбинг.
   2 раза немецкий }
   7 раз английский -- генерал Гауг, с помощью моей кухарки
   г-жи Moture.
   2 раза рисование -- Людвиг Булевский, убежавший от
   Овербека и из познанских тюрем.
   2 раза французский -- Васбентер.
   2 раза математика -- инженерный майор Домагальский.
   2 раза история -- А. Герцен из Мора.
   Как видите, кроме Мюллера, который дает уроки немецкого языка, и Стрюбинга, который преподает латинский, остальной персонал -- довольно-таки цареубийственный и чертовски польский. Мне много говорили о дороговизне, я этого не нахожу, цена уроков колеблется от 4 до 5 шилл. (за час-полтора).
   Генерал с каждым днем становится все более сумрачным, на его челе печать мрачных дум, он исполнен воинственного байронизма, и есть только одно средство рассеять его приступы меланхолии -- ему нужна схватка... на оружии, которое должно быть ни холодным, ни равным для обеих сторон. И как только я замечаю, что он мрачнеет, не отвечает, начинает рыться в "Times", чтобы узнать о ближайшем пароходе, который отправляется в Австралию, я предлагаю ему прогуляться в 9 ч. вечера, чтобы подышать воздухом... он тотчас находит публичную женщину. И корабль отправляется в Австралию, и генерал веселеет. Надо вам сказать, что здесь множество проституток, снующих по улицам и останавливающих каждого встречного и поперечного. Лишь незнание языка спасает мою добродетель. Кстати о пороке и добродетели. Я с восторгом узнал из вашего письма, что мисс Бабетта справлялась обо мне. Расскажите же ей о моих новостях. Я не только не забыл свое обещание, но даже искал для нее в Париже место у портнихи; в Лондоне сейчас это труднее, во всяком случае я готов выслать ей хотя бы подарки к рождеству; если она захочет приехать сюда, генерал поищет, а я что-нибудь найду.
   Снарядили ли вы, наконец, нашего Эдмона? И скоро ли поедет Тесье за нами в туманный Regent's Park?
   Мое письмо к Мишле так и не попало в Россию, так как все, что я послал Франку, было задержано. Теперь у меня есть довольно большая статья против Гакстгаузена и крепостничества. Порознь статьи будут слишком тощи, если их объединить -- успех обеспечен. Мы напишем: "II-е издание, первое было украдено..." И вот что вы могли бы теперь сделать. Уберите обложку, заглавия, оставьте только текст и до отправки
   справьтесь на почте о цене. Письмо из Швейцарии стоит 11 пенсов, так вот, если все вместе будет стоить не более 5--6 шиллингов, отправляйте, если дороже -- не нужно. Прессе так ничего и не сделал, и я вынужден был дать Авигдору еще одну доверенность. Барыня еще в Ницце. Я примиряюсь на некоторое время с ролью повествователя, но не хотел бы умереть, не завершив это дело. Мне туманно намекнули, что один из моих самых близких друзей хлопочет ради моих детей о разрешении приехать сюда вместе со своей женой. Мало-помалу я укрою всех в безопасное место, завершу мемуары -- и не опасайтесь забвения -- русская настойчивость, пассивная, выжидательная, беспредельна.
   Прощайте. Поздравьте Фази, Турта, Резена, -- жду их после провозглашения империи, и уже тогда мы сможем вписать их имена в историю -- всех вместе и порознь. Министерство здесь отвратное, парламент бесцветный.
   Вот вам на закуску анекдот, заставивший нас целый день смеяться. Некий богатый англичанин из хорошей дворянской семьи 55 лет от роду только тем и развлекался, что задирал констеблей. Его били в Ирландии, в Христиании его побил Nachtwächter[274], дважды его судили в Лондоне за оскорбление полисменов. И вот он попадает под суд за то, что вымазал констеблю лицо красной краской. Застав его спящим, он быстро раздобыл огромную кисть и измазал его лицо масляной краской. Когда его схватили и предали суду, он заявил, что не знает закона, запрещающего разрисовывать констеблей, и что он поступил так из благородных побуждений. Видя, что констебль может простудиться, он вымазал его масляной краской, предохраняющей от сырости, которой бедняга подвержен по роду своей службы. Все разразились гомерическим хохотом, а англичанин был приговорен к штрафу и тюремному заключению.

239. М. К. РЕЙХЕЛЬ

23 (11) ноября 1852 г. Лондон.

   23 ноября 1852 г.
   Из экономии пользуюсь сей верной оказией, чтобы сказать вам слова два. У меня тоска по детям растет со всяким днем, и ваше выраженье о сиротстве еще более ее возбудило. Не знаю, как придумать и что сделать. В мире нет лучшего помещенья, как у вас, отчего же бы после праздника не приехать бы на две недели? Жду Нат<алью> Ал<ексеевну>, это все мне кажется там, на девятом небе. Я сегодня ночью все Оленьку видел
   во сне. Ну, если я умру -- или... я уж не хочу перебирать всех возможностей, все возможно, Мария Каспаровна, все -- даже хорошее -- rouge ou noir[275], чет или нечет, решетка или копье -- выдумаете вы что-нибудь. А вот спросите Хоецкого, нельзя ли мне на месяц приехать к вам. Со всех сторон цепи. Помните в "Роберте" хор с цепями. И все это так ненужно, так бесцельно. С Сашей дело идет, теперь у нас школа школой. Латынь и неметчина -- Мюллер-Стрюбинг, француз<ский> -- Васбинтер, английский -- Гаук, история -- я, рисованье -- Булевский, ученик Овербека, математика -- инженерный майор Домагальский.
   Дождь льет проливной, пятнадцатый или пятидесятый день. Климат в самом деле гнусный. Прощайте. Скучно.
   Ну, сколько же дней, Тата, осталось до елки? Что ты подарила Оленьке? И что мне прислать тебе к елке? А ты сделай мне корпии еще и пришли в письме, другой не употребляю, как твоей и той, которую делала Мамаша.
   Напиши мне о здоровье madame Gasparini, а Рейхелю поклонись и Стан<кевичам>.
   Твой Папа.

240. М. К. РЕЙХЕЛЬ

26 (14) ноября 1852 г. Лондон.

   26 ноября. Пятница.
   И вы больны. Боюсь за вас, боюсь за детей. Да здорова ли квартера, бросьте ее и, если нет, бросьте деньги -- всё вздор. Лишь бы себя спасти. Трудное время, потому что, наконец, выбиваемся из нравственных сил. Уж так бы без перерыву одно несчастье за другим -- а то, как при гонении сквозь строй, когда упадешь, полечат, а потом опять досекать.
   Спросите у Хоец<кого>, не может ли Браницкий узнать, в случае нужды могу ли я на месяц приехать, т. е. дадут ли пермиссию. Я, может, один приехал бы.
   Какого ответа ждет Прудонец -- я не знаю, я от него ничего не получал с тех пор, как в Лондоне. Я думал ему писать второе письмо о моем деле. Но вижу, что сделанное недурно, а дальше ничего нельзя ждать от людей. Худо ли, хорошо ли, но надобно делать самому. О издании же обозрений жду от него. -- Вот вам забавный случай, который мог быть очень серьезным. Расскажите его Ст<анкевичам> и Мель<гунову> в дополнение к биографии Гаука. Помните нашу безумную
   поездку на австрийском пароходе по Lago Maggiore? Комиссар полиции узнал Гаука и, не имея права схватить, послал тайного агента. Тот проводил до Люцерна, а в Люцерне он узнал, что Гаук с англ<ийским> паспортом. Погоня австрийская тотчас потребовала арестации Гаука. Швейц<арское> правительство согласилось. Но мы уехали в Нейгауз, Берн; между тем посол требует сыскать, сердится, и Дрюэ ищет, ищет. Посол пишет, что имя на паспорте Томсон. И вот открывают в Ааргау английского путешественника по имени Томсона, его тащат в Берн, сажают в тюрьму, и английский посол уже ссорится с Дрюэ. Наконец, Томсона освободили. Итак, Гаук тогда на пароходе был на один шаг от расстреливанья, ибо сентенция над ним произнесена уже. Но комиссар полиции сплоховал. И Эдм<унд> ведь лазил черт знает зачем на пароход.
   Если не предвидится никакой возможности мне побывать со временем у вас и не будет никаких вестей от Ник<олая> Ал<ександровича> -- то (как вы думаете откровенно), можно бы было через месяц или два детям приехать под командой Ал<ександры> Хр<истиановны> и с Марихен и с Франсуа? Да вы говорите так, как думаете. А не то мы вашего выздоровленья и милостыни ждать будем. Домом своим я не очень доволен -- сыр.
   Впрочем, что здесь делать в отношении погоды? Это в самом деле выше воображения, дождь льет с половины октября с вьюгой, когда нет дождя, такой туман, что едва видны одни фонари, которые тушат на улицах в восемь часов утра и зажигают в 1/2 4-го. Говорят, от половины генваря до 1 марта холодно бывает, но хорошо. Вот тут-то бы и приехать.
   Пишите, разумеется, тотчас же.
   Рейхель говорит, будто я девять дней не писал, уж не пропало ли какое письмецо? Кстати, чтобы Рейхель не отучился от дела: что Шомб<ург> никакого ответа не дает насчет голландских фондов, продать их или нет? Продать -- так что купить? И не пора ли исполнение сбыть с рук? А впрочем, это не к спеху.
   Прощайте.
   12 часов.
   Совершенно смерклось, и дождь хлещет. Приятная страна!
   Сашино ученье теперь устроилось.
   Латынь и неметчина -- Мюллер
   Англия -- Гаук
   Рисованье -- Булевский
   Математика -- Домагальский
   Французский -- Васбинтер
   Историю исключаю -- я сам
   Географию -- Гаук

241. М. К. РЕЙХЕЛЬ

29--30 (17--18) ноября 1852. Лондон.

   29 ноября 1852. Вечер.
   Я начинаю делаться смешным и презрительным в своих глазах. Вот оно, отдание праздников -- я так нервно становлюсь расстроен, что просто смех. Сегодня утром я ждал от вас письмо как 2x2=4, письма не было, -- разумеется, я вас почитал при смерти, в больных. Вдруг вечером ваше письмо, спокойное и доброе, с корпией, и я, ей-богу, плакал, как ребенок, и теперь плачу с досадой -- я становлюсь и трус и слаб -- меня пугает иногда эта пустота, одиночество, мне кажется, я не увижу больше никого близкого, ни детей, -- все будет схоронено, рассеяно, и я ищу искусственных потрясений и à force d'excitation[276] все также умею пить, делать каламбуры и дурачиться.
   Предположенье, писанное в прошлом письме, я оставил, но вот новое: если Тесье поедет сюда, а он собирается, то его жена могла бы взять детей сюда, они пожили бы месяца два, а потом -- я истинно не думаю даже так далеко. Мало ли что может быть потом. Гаук едет решительно в Австралию, может, мне можно будет побывать у вас. Писать Ротшильду нечего, тут одно опасно -- что позволят да и накроют. Теперь, впрочем, всем, говорят, будет позволено возвратиться, но для этого следует написать подлое письмо. Я бы месяца через два перебрался бы в Париж. Разумеется, Рот<шильд> легко бы мог сделать. Ну и из России нет ни слуха, ни духа. На днях к вам приедет Ротчев, известный путешественник, он теперь из Калифорнии и едет в Австралию, он человек интересный, но советую все-таки не очень расстегиваться, он и с нами приятель, и с русской знатью. Просил меня дать записочку о допущении смотреть детей.
   30 ноября.
   Беды нет, что о Голландии забыл Рейхель, кто же помнит Голландию? La Olanda farà da se.
   Что Мельг<унов> не едет сюда? Избалуется в Париже, и Ст<анкевич> хотел. Кланяйтесь Бр<аницкому> и прощайте.
   Ротчев поедет назад, пришлите стихи, перевод Лермонтова, мое письмо к Michelet. -- Работа <м>оя опять идет плохо.

   Милая Тата, корпию я получил и тотчас положил в уши. Ты со временем мне еще пришли. А мы с Сашей ходили смотреть шимпанзе, таких обезьян умных, как люди, они в саду возле
   нас. Кривляются, как Энгельсон, и мать носит свою дочь на руках и ласкает. Представь все это Оленьке.
   Прощай.
   Твой Папа.
   Рукой Саши Герцена:
   30 ноября. Вторник.
   Милая Тата,
   что же ты мне так долго не писала? Напиши мне, что я тебе должен прислать к елке? Я видел в зверином саду две собаки, которые очень похожи на Цапу, и мне стало жалко их видеть в клетке. Там есть лошадка, до того малая и милая, что ты могла бы на ней ездить. Пришли мне маленький рисунок в твоем письме.
   Целуй Ольгу, Морица, Рейхеля и Машу.
   Будь здорова.
   Саша.

242. М. К. РЕЙХЕЛЬ

6 декабря (24 ноября) 1852 г. Лондон.

   6 декабря.
   Письма ваши получены. Забудьте, пожалуйста, мое глупое слезливое письмо, бросьте его в печь, так, нашла глупая минута, и подвернулось перо. Из письма Тат<ьяны> Ал<ексеевны> я вижу, что Егор Ив<анович> не отдал денег. Вы с ним в переписке, спросите его от меня, отдал ли он и когда, кому? Мне пишут отовсюду о разных возможностях, я готов приехать (пошлите à propos записку Edmond'у, он живет -- rue d'Antin, Hôtel d'Antin, 18), но если для этого надобно сделать что-нибудь дрянное, то я лучше умру в Лондоне. Я изъявил желанье приехать и поставил причиной, что мои дети в Париже. Их дело разрешить. Разумеется, Браницк<ому> это легко. Au reste[277], к горлу я не приступаю. Жить в Лондоне необыкновенно хорошо (вы не знали английской жизни), спокойно, безопасно, и все под рукой. Но я только и существенно для детей хотел бы переселиться.
   Последние дни я был больше похож на Алексея Кучина или на Абрама Полесника, нежели на себя.
   Дни целые мы с Гауком таскались по псарням и по таким частям Лондона, где никто не бывает. -- "Ну да уж, матушка Мария Каспаровна, такого при сем приискали, т. е. квадратная собака". Саша в восторге, -- он веселее меня провел этот день (никто не знал, по счастию, что мои именины). Головин один посетил и Ротчев -- он едет сегодня в Париж. Помните, что я писал: будьте осторожны, не говорите о русских знакомых.
   И когда он поедет назад, дайте ему экземп<ляр> моего письма к Michelet (возьмите у Энгельсона, если нет) и Лермонтова. Прощайте.
   Рейхеля целую.

243. ТАТЕ ГЕРЦЕН

6 декабря (24 ноября) 1852 г. Лондон.

   Рукой Саши Герцена:
   Милая Тата!
   Твой подарок меня очень обрадовал; я никогда не думал иметь такую чудесную собаку, как та, которую ты просила Папу мне купить. Она по крайней мере два раза больше Фаяля и так сильна, что меня два раза с ног сбила.
   Ты, вероятно, помнишь кошек, об которых я тебе писал, они больше не были у нас, с тех пор что собака тут.
   Я тебя целую так же, как Оленьку, и благодарю Машу за письмо, Рейхеля за поздравленье, целуй Морица.
   Саша.
   Гауг тебя целует.
   Вот, Тата, как было дело. В 11 часов вечера, я уже ждал, а Саша ничего не знал, подъехала карета и из нее вышел Гаук и с ним страшная собака, и у собаки на шее была записочка:

Саше

от

Таты из Парижа.

   А тебя за письмо благодарю. Оленьку поцелуй. Может, мы скоро увидимся.

244. М. К. РЕЙХЕЛЬ

12--13 декабря (30 ноября--1 декабря)

1852 г. Лондон.

   1852. Декабрь. Воскресенье.
   Вечер -- поздно.
   Да и зачем вы это всё больны, моя добрая, милая Мария Каспаровна? Так это вы так-то сильны, по первому удару и сломились? Mut gefaßt[278], посмотрите на меня, все сучья обрублены, едва ли сохранена честь и доброе имя.
   Je reviens gras et fleuri[279].
   А не то чтобы сердце лишено было всяких чувств, материал хорош. Cuir russe[280].
   Поверьте, всё вздор. Помните, я вам писал о Mme Brüning -- львице, северной медведице -- стало, о ее победах и о прочем. Неделю тому назад, т. е. в мои именины, у нас вечером были гости. Она жаловалась, что ей что-то не по себе. А сегодня доктор объявил, что спасенья нет, расширенье в сердце, разложенье крови -- я ее видел месяц тому назад. Женщине 35 л<ет>, image de la santé[281], она хохотала, пела мне русские песни -- о смерти столько же думала, сколько я о Зонненбурге, -- а вот доктор говорит: может протянуться неделю, даже две, -- но спасти нельзя. Трое детей -- мне даже это начинает нравиться, вот такая бессмыслица, хаос, нет, старичок-то в треугольнике выжил из ума -- бонапартист эдакий в трикорне. -- В Париж я не прочь, без пакости если пускают -- приеду; вы бы Эд<мунду> поручили насчет фатерки, небольшой, но очень изящной (я здесь избаловался, и чрезвычайно), возле вас, эдак по av Marbeuf 10, 21/2 или 31/2 No. Я привезу с собой собаку, свою кухарку (honni soit qui mal y pense[282] -- Mme Moture 45 лет, a в 15 уже была безобразна, не без рябин и других ненужных в лице человеческом частей), сына кухарки, моего сына, отца моего сына -- стало, надобно две спальни, людская, псовая и кухня. До цены дела нет, лишь бы возле и с комфортом.
   Теперь скажите Ст<анкевичу>, и это очень серьезно и без малейшего эгоизма, я его прошу не возвращаться в Россию, не видав Лондона, это такое варварство не уметь ценить этот высший центр, этот город независимости и силы. Вы тоже -- туман, дождик. Ну что же за беда, на это есть зонтик и кареты. Париж в сравнении с Лондоном -- хороший городок, но не больше. Но Лондон действительно мир -- non urbs, sed orbis[283] (Ст<анкевич> переведет). Я его уважаю и чту, и тем больше, чем больше живу в нем.
   Тата,
   собаку, которую ты подарила, зовут "Ботсвейн". Чтоб это сказать по-английски, надобно на "Бот" высунуть язык -- "Босс", -- и закрыть глаза, а потом прибавить "ууайн", сначала сделать маленький ротик -- ууу -- и потом пребольшой -- айн. -- Если мы приедем, этот Ботссссуууайн будет Оленьку возить в тележке по Елисейским Полям, а ты возле с плеткой. Кланяйся Рейхелю и Эдмундушке.
   Рукой Саши Герцена:
   12. Воскресенье.
   Милая Тата, вчера я ходил купать собаку, она плавала в канале и потом меня всего замочила. Я ее мыл мылом, она меня за это лизала и хвостом в лицо била. Целую тебя, Олю, Машу, Рейхеля и Морица.
   Саша.
   13-го. Понедельник.
   Прощайте. "Записки" идут, знаете, кого я отрисовал недурно: Алексея Александровича. Теперь буду опять об университетах. Кланяйтесь Энгельсону, я подозреваю, что он хочет дать стречка в Петербург. Итак, выписывайте меня -- дело у вас, а не у нас. Жму руку вам.

245. М. К. РЕЙХЕЛЬ

17 (5) декабря 1852 г. Лондон.

   1852. 17 декабря. Пятница.
   Вы меня наказали славно и поделом, и я жму вам за это руку, много и горячо. -- Я понял и оценил вполне укор в вопросе: "Уж будто и первый?"... Видите, дело так пусто, хочется будто утешить; вот бонапартистом я вам и угодил, ну а начало было неблагодарно, неблагородно и глупо. Я очень рад, что Тата ездила к Прудонцу, и желал бы посмотреть, как этот медведь любезничал с этой козой. Что, какова Мари Хоец<кая>? Она прежде была мила. Насчет елки, помилуйте, что тут спрашивать. Марихен -- подарок в 50, 60, 70, да и старушке водяной тоже надобно "этвас" <1 нрзб.>, детям, Морицу непременно, с аднотенцией -- от Г<ерцена>, мол. Только вы не тормошитесь за вздором, сделайте елку в русский Новый год -- оно и патриотизм, и здорово, и лучше на досуге выбирать. -- Теперь перехожу к диссертации о моем приезде. Когда увидите Х<оецкого>, скажите ему, что я его письмо получил, но чтобы он был осторожен и не хлопотал бы через край, а то это падет на меня. -- Я хочу в Париж для детей и для вас, -- но не верю, чтобы в Париже можно было жить. Побывать было бы очень хорошо. Жить au jour d'aujourd'hui[284] только можно в Лондоне. Эта независимость, эта воля и досуг! Словом, весь состав жизни серьезной, деятельной и совершенно свободной. Я удивляюсь поверхностности мнений о Лондоне людей, как Тесье. Самая дороговизна -- фантазия, собственно различье во всем от франка до шилл<инга>, т. е. от 20 фр. до фунта, т. е. 25, но, принимая английский образ жизни, и это различие пропадает. Я так привык, напр<имер>, к английской жизни, что в продолжение двух месяцев не ел тарелки супу. Помните, как здесь обедают -- огромный кусок рыбы и пятьдесят соусов, да огромный кусок румсштека -- вот и всё. Завтрак aboli[285], утром в 9 кофей с ветчиной, обед в 6. Французское вино в отставке. -- Дни заняты все утро от 10 до 6. Я из лени не выучился по-английски, но умею читать газеты, даже брошюрку какую-то прочитал.
   Понимать легко. A propos, собаку не мы называли, а так ее называли прежде -- Ботсвейн (или Байроновой собакой). Думали ли вы когда-нибудь, что Лондон действительно средоточие всех материков? Возьмите северное полушарие и посмотрите: англосаксонская раса не локтем нос утирает. Впрочем, людей не люблю, да мне их и не нужно. -- Я желал бы знать, если расположиться в Париже, какие и какие пакости можно ждать -- оберут рукописи, книги, пошлют Никол<аю> Семен<овичу> в подарок и Ботсвейна и нас?
   Если Тесье приедут в Париж, как он надеется, то нечего подумать детей сюда везти, притом переезд, погода (сегодня ночью здесь было светопреставленье). Во всяком случае, получив разрешение, я приеду, останусь ли -- не знаю. Жаль Сашу отрывать от занятий, здесь эта часть устроилась хорошо. Может быть, я приеду один. Главное -- чтобы все сделалось без больших просьб и усилий. Брюнинг жива. Прощайте. -- A rez-de-chaussée[286] пусть посмотрит и сам Рейхель. Пришлите книги с Ротчевым.

   Тата! Если я приеду, привезу тебе две птички из Южной Америки, удивительные, такие маленькие, такие маленькие, что ты таких и не видала -- а туда же: летают и чирикают. Одна будет твоя, а другая Оленькина.
   Прощай.

246. М. К. РЕЙХЕЛЬ

23 (11) декабря 1852 г. Лондон.

   23 декабря. Четверг.
   Я еще раз повторяю, если, впрочем, не поздно, pas trop de zèle, я могу приехать только на основании безусловной чистоты. А то я буду похож на барса, если еще со всех сторон прибавится по черному пятну. Вы это скажите Эдмунду или прочтите. Я не пишу ему особо для почты. Я дружески его благодарю и понимаю, как ему приятно хлопотать, но, по несчастию или по счастью, моя жизнь слишком публична и не совсем неизвестна, есть добрые люди всегда и здесь, которые, из поэтического чувства вреда, тиснут какую-нибудь гадость, -- и что я тогда? Я потеряю ту опору, которая меня так славно поддержала в моем частном деле.
   Ваши вести из Москвы произвели на меня иное действие, нежели они произвели на вас. Да, я останусь до конца жизни той же движущейся, революционной натурой, semper in motu, как я вырезал на печати. -- Это горенье, это бродящее начало --
   спасает меня середь бедствий и страшных событий. Гёте сказал: "Ich hab'mein Sach aufs nichts gestellt". И вам не показалась страшным эта старческая забота Кетчера о доме, о своем доме. Зачем дом? Эдип говорит: "На камне сем я век окончу мой".
   Вот почему Европа хороша, она кладет такие жгучие начала и так бередит раны, что люди не оседают, а рвутся вперед, мрут середь дороги, едва замечая -- в этом игра истории. Покупка дома К<етчеру> мне вдруг дала заглянуть в ту жизнь, и мне показалось, что наши друзья устали. Я желаю им много, но меня это обдало ужасом -- не знаю, во мне столько любви и нетерпимости и ненужных сил -- может, все, что я написал, -- вздор.
   Насчет денег я прошу Мельгун<ова> написать, я решительно и без пощады требую: 1ое -- чтоб Павл<ов> дал в эту подписку 1000 руб. ассиг. или 300 сер. 2ое -- что я требую, наконец, какой-нибудь уплаты процентов, я не требую больше 5, но не обязан проигрывать, когда карты дурны у Павлова или у Сатина.
   Когда я приеду в Париж, я вам покажу, сколько я истратил на общие дела денег. Скажу вам одно, что с теми деньгами, которые были у вас, я истратил за весь год 33/т., а получаю 50, стало, было бы 17/т. в экономии, а вместо этого -- 22/т. долгу Ротш<ильду>. -- Если исключить 20, посланные в Россию, то останется 19/т., употребленные не на себя. Это дает мне некоторое право de rentrer dans les fonds[287]. Да и потом в евангелии сказано: "Не будь ни Апеллесов, ни Павлов".
   У меня теперь вертится в голове удивительный проект -- начать агитацию об освобождении крестьян. Тут мне очень полезен будет Эдм<унд>. Еще вопрос: напишите, пожалуйста, каким образом Тесье получил право возвр<ащения>, -- требовали ли подписку, и какую?
   Энгельсона целую, я его иногда страшно хочу видеть. Он как-то действует на мои нервы так сильно и так эксцентрично, -- à propos, скажите ему (и себе), что я третьего дня весь вечер просидел у Карлейля. Он совершенно то, что мы знали, читая его "Историю революции", -- талантливость, касающаяся гениальности, парадоксы, смелость суждений и un grain de folie[288]. Я спорил с ним страшно, его grain de folie -- что деспотизм спасет мир и повиновенье приведет к социализму. Я, наконец, ему сказал: "Читали ли вы когда-нибудь "Историю революции" Карлейля? Вот писатель, который гораздо лучше и глубже понимает, нежели вы". Из этого произошел смех и <...>[289]
   Впрочем, я сижу постоянно дома. С Осип Ив<ановичем> нелады, много пишу. Если придет авторизация, то к 15 генв<аря> приеду, за дом заплочено до 1 февр<аля>. Однако rez-de-chaussée 20 хорошо на месяц или на два, разумеется, дорого, ну, да после можно... Я здесь плачу 275 фр. за удивительную кварт<иру>. Rue же Marbeuf не близкая улица. -- Из Ниццы мне книги прислали и картины. Надобно дождаться, они отправлены в Сутамтон 1 декабря.
   Кланяйтесь Ст<анкевичам>. Не пускайте их в Россию, скажите, что такая холера, что хуже не надо.
   Тату и Олю целую.

247. С. И. и Т. А. АСТРАКОВЫМ

31 (19) декабря 1852. Лондон.

   31 декабря 52.
   Горячо, сердечно благодарю за твои и за твои строчки. Я их прочел обливаясь слезами. -- Я жив, сильные мышцы вынесли, живу для детей, но и еще для памяти былого, для того, что я один могу о нем свидетельствовать. Вы не знаете ни что я несу, ни сколько вынес, -- но гордо скажу: "Je maintiendrai"[290]. Если б я не был нужен для детей -- прекрасных нравственно и физически, удивительных -- не то было бы. Я исполнил завещание -- чего мне стоило, когда-нибудь узнаете. Ты спрашивала как-то в письме к М<арье Каспаровне>: "Как так скоро разрушился ее организм..." -- да разве против яда и отравы есть силы; на моих руках было уничтожено это великое существование, она была недосягаемо велика, последний год ее жизни поднял ее над нами высоко. За одну ошибку -- год пыток, клевет, злодейств таких, о возможности которых вы не слыхали в вашем тихом мире. С генваря я не имел надежд, страшный случай в ноябре докончил... может, можно было бы спасти, но когда я стоял возле, чтоб не пахнуло ветром, -- ломали стены, чтоб сделать сквозной ветер; когда я давал лекарство -- давали психический мышьяк. Я разлагался, она видела, жалела, мучилась -- и требовала жертвы для нее и для детей, но какой -- жертвы терпения.
   Теперь мне все равно, как меня судят, я презираю всех, живу для детей, живу в надежде увидеть сестру или брата или обоих. Я очень нужен для Саши и для маленьких. Как скоро доживу до того, что они немного станут на свои ноги -- тогда и я выйду на волю, и перед отдыхом в могиле отдохну, заплативши долги.
   Я не имел минуты спокойной, невозмущаемой грусти, знаете, той грусти, которая разрушает, но очищает грудь. Тревога и злоба... Да отчего же не едет сестра к своим маленьким, что тут за деньги, это нетрудно устроить, пусть напишут. М<арье> К<аспаровне> переезжать не приходится, скорее к ней можно ехать. Во всяком случае дети будут вместе, я бы их и не покинул -- если б не кружение головы да не добрые люди. -- Прощайте. Целую вас, горячо, дружески. Кабы вы знали, как гадки, подлы, мерзки здешние людишки и как никуда не годны, неспособны те, которые лучше, -- то, право, взглянули бы с благодарностью на Воробьевы горы. -- Я пришлю вам что-нибудь на память, но я так скуп на эти мощи, что сам выберу.
   Как страшна жизнь -- горе тем, кто не довольствуется деньгами и здоровьем. -- Много-много нужно, крайне нужно бы рассказать, для того чтоб родные сердца отозвались вот так, как ваши строки.
   Если N уехала, пошли ей эти строки.
   Сегодня последний день страшного года для меня, остальные будут получше. Отдохнуть бы с вами... Господи, как бы хотелось!
   Это правда, что Саша больше занимался языками, дело очень важное знать 5 языков. Теперь сильно обращаемся к математике.

248. М. К. РЕЙХЕЛЬ

31 (19) декабря 1852 г. Лондон

   31 декабря 1852.
   Я на днях написал вам письмо -- подумал, подумал и изорвал. А тут Эдмонд уверил, что так легко, так легко, что стоит подумать -- и в Париже. Оно не так легко, теперь давай письмо Рот<шильду> -- так и быть, я письмо напишу, но где же право теребить Рот<шильда>, и зачем же мне такую ношу благодарности брать на свои плечи? Ох, писал я -- pas trop de zèle.
   Далее я не сделаю шага. И отчего же (до cиx пор не понимаю) Тесье так приехал... и отчего Эдм<онд> притесняет Рот<шильда>, а не Браниц<кого>. Если из всего это<го> выйдет ничего, будемте с вами думать о том, как, напр<имер>, к 1 марту вам сюда побывать или детям приехать. Я чувствую полнейшую необходимость соединить семью. На Нат<алью> Ал<ексеевну> надежды невелики, Тат<ьяна> Ал<ексеевна> пишет, что дела их идут дурно, и пр. Кстати, вот вам записка в Россию. Письма присланные я прочитал с горячими слезами, превосходные письма... итак, две женщины в Москве не утратили мужества иногда перекликнуться.
   Заметьте, между прочим, что из этого ничего и не будет. У вас или у Ел<ены> Конст<антиновны> есть то письмо (список), которое N писала перед кончиной. Пошлите список в Россию. Письмо это бесконечно важно.
   Я пишу к Эдмонду, передайте ему да скажите, чтобы непременно переслал мне sous bande те NoNo "Gaz des tribunaux", где были процессы Бауэра, пусть только франкируют, у вас это стоит копейки, а здесь шиллинги. -- Вещи и книги, посланные 1 декабря из Ниццы, не могу еще получить, когда получу, я пришлю что-нибудь для отправки Тат<ьяне> Алек<сеевне> из вещиц. Прощайте. Я не в духе. Поздравлять с Новым годом не буду. -- Бог с ним. Лучше не будет, хуже нельзя быть. Написал еще длинное письмо "Sur le servage en Russie", в котором обругал Гакстгаузена. Жму руку Рейхеля. Подарили ли вы от меня что-нибудь Маше Хоец<кой>? Клан<яйтесь> Ст<анкевичам> и М<ельгунову>.
   А ты, Тата, стала очень спесива, пишешь мало, я не знаю еще от тебя, как тебе понравился Прудонец, он славное дитя, как вы с ним играли? Я советую опять съездить.
   А любишь ли маленькую Мари Славянку?
   Кланяйся ей. Ее надобно называть Маруся-казачка, а Оленька -- московская судомойка, а Мориц -- Шмерц, а я -- Папа.
   31 декабря.
   Я, мадам Рейшель, передумал и посылаю письмо барону и вам -- делайте как хотите, если он хочет только отвертеться, то оставьте письмо у себя, поговорите серьезно с Эдмундом.
   Если пошлете, то положите в пакет и запечатайте черным сургучом.

249. ТАТЕ ГЕРЦЕН

Декабрь 1852 г. Лондон.

   Мы всё, Таточка, собираемся, да не завтра, так после, вот так время и идет, птичек еще не приискали.
   А ты еще напиши письмецо.
   И Оленьку поцелуй.
   Рукой Саши Герцена:
   Милая Тата.
   Напиши мне, одним ли вам принадлежит сад вашего дома, потому что, может быть, другие не захотели бы иметь собаку в своем саду.
   Мы едем завтра или послезавтра покупать птичек.
   Целуй Машу, Олю и Рейхеля. Сама будь здорова.
   Саша.
  
  
  

ПРИЛОЖЕНИЯ

I

1. <ЗАПИСЬ ДЛЯ Г. ГЕРВЕГА?>

1850 г.

   De Kolatchek:
   Le rapport de la Comission d'enquête de 1826 -- concernant l'insurrection de Pétersbourg. Allem ou franèais.

Grenzbote.

100 exemp de la brochure.

   Перевод
   От Колачека:
   Донесение следственной комиссии 1826 г. о петербургском восстании. На нем<ецком> или французском языках.

"Grenzbote".

100 экземпляров брошюры.

2. <НАДПИСЬ НА КНИГЕ ГЕРЦЕНА

"С ТОГО БЕРЕГА">

31 (19) января 1851 г. Ницца.

Александре Христиановне

Энгельсон.

Русской по сердцу

от

Русского.

   Ницца. 1851. 31/19 января.

3. <НАДПИСЬ НА КНИГЕ ГЕРЦЕНА

"РУССКИЙ НАРОД И СОЦИАЛИЗМ">

30 (18) декабря 1851 г. Ницца.

A monsieur le professeur Vogt.

Souvenir respectueux de la part de l'auteur.

   Nice Marit.
   30 décembre 1851.
   Перевод

Господину профессору Фогту.

С уважением на память от автора.

   Приморская Ницца
   30 декабря 1851.

4. <НАДПИСЬ НА ПОХОРОННОМ ПРИГЛАШЕНИИ>

2 мая (20 апреля) 1852 г. Ницца.

   Письмо ваше тронуло меня, я никогда не сомневался в добром сердце вашем...

5. <НАДПИСЬ НА КНИГЕ Ж. САНД

"ПОХОЖДЕНИЯ ГРИБУЛЯ">

20 (8) августа 1852 г. Париж.

   И я, как Грибуль, бросился в реку, чтоб спастись от дождя -- оттого и люблю его.
   Париж, 20 августа.
   1852.

6. <ЗАПИСЬ О ДНЯХ РОЖДЕНИЯ ЧЛЕНОВ СЕМЬИ>

1850--1851 гг.

Папа родился в Москве.

   1812, марта 25.

Мама в Москве.

   1817, октября 22.

Саша во Владимире.

   1839, июня 13.

Коля в Москве.

   1843, декабря 30.

Тата в Москве.

   1844, декабря 13.

Оля в Ницце.

   1850, ноября 8/20.

II

7. <ЗАПИСИ О ДЕНЕЖНЫХ ФОНДАХ И КАПИТАЛАХ ГЕРЦЕНА>

Декабрь 1851 г.

К 1 декабря 1851 г. капиталы на имя Луизы

Ивановны, переведенные Ротшильду:

   во франках
  
   1849
   нарицат.
   курс
   доход
   8 февраля Нью-Йоркские 7 000 дол. 6%
  
   12 " " Inter., 6%......
  
   6 апреля дом на rue Amsterdam, 14
   --135 000...
  
   3 мая New York 13 000 дол...
  
   23 июня " " 15 000 дол...
  
   40 950
  
  
   79 550
  
   --
  
  
  
   78 380
  
  
   91 425
   37 450
  
  
   50 000
  
   135 000
  
  
  
   69 550
  
  
   80 000
   2255
  
  
   2500
  
   7000
  
  
  
   4170
  
  
   4815

1850

  
  
  
  

Madrid 3%.........

   7 mars Бельгийские 21/2%....
  
   10 июня Virginia 17 000 дол. 6%

   9 295
  
   37 245
  
  
   97 145
   9 295
  
   37 245
  
  
   90 950
   950
  
   2000
  
  
   5450

На имя Луизы Ивановны переведено Ротшильдом:

  
   Нью-Йорк 10 000 дол......
  
   20 августа Сардинск. рента 5%
   (через Авигдора)
  
   26 " " (через Ротшильда)
  
   26 " Американские....
  
   26 " Ohio 20 000 дол.
  
   9 сентября Голландские....
  
   9 " Мадридские 3%......
  
   Banque Cantonale de Fribourg...
  
   Итого:
  
  
   Всего из России переведено мною через Ротшильда........
  
   Капитал маменьки...........
  
   Остается за Д. П. Голохвастовым
  
  
   Употреблено Ротшильдом на покупку фондов и дома
  
   Данные Прудону
  
   На вексель Гервегу
  
   За маменькой было
  
   Натурализация и мелкие долги
  
   Куплено бумаг и дом на
  
   что составляет ренту в
  
   а считая с употребленного капитала по 5%
  
   за вычетом из ренты расходов
  
   В Огаревской доле 40 000 сер.
  
   " " и ренты 6%
  
  
  
   60 360
  
  
  
   54 500
  
  
   102 250
  
   94 295
  
   123 975
  
   73 000
  
  
  
   14 000
  
   25 000
  
  
   1 116 380
   53 500
  
  
  
   54 500
  
  
   102 250
  
   80 000
  
   107 000
  
   73 000
  
  
  
   14 000
  
   25 000
  
  
   1 049 340
  
   3210
  
  
  
   3150
  
  
   6000
  
   4815
  
   6420
  
   3000
  
  
  
   1500
  
   750
  
  
   61485
  
  
  
   616 600
  
  
  
   523 000
  
  
   29 000
   1 168 600
  
  
   1 116 380
  
   25 000
  
   10 000
  
   18 000
  
   3 500
   1 172 880
  
   1 049 340
  
   61 485
  
   55 850
  
  
   5 000
  
  
   140 000 фр.
  
   9 000
  
  

8. <ЗАПИСЬ О ДЕНЕЖНЫХ СУММАХ, ВЫПЛАЧЕННЫХ

ПО ЗАВЕЩАНИЮ Л. И. ГААГ>

Декабрь 1851 г.

   М. К. Рейхель
  
   М. Суццер
  
   ее брату, Готлибу Гааг
  
  
   10 000 фр.
   10 000 фр.
   10 000 "
  
   Луизе Суццер
  
   П. А. Захарьину
  
   М. Ф. Корш
  
   Вере Артамоновне
  
   Бедным
  
  
  
   4 000 "
  
   5 000 "
  
   3 000 "
  
   1 500 "
  
   1 500 "
   45 000 фр.
  
  
  

9. <АКТ ЗАВЕЩАНИЯ>

1 августа (20 июля) 1852 г. Фрибур.

Par devant moi, Henri Benjamin Presset,

Notaire à Morat, soussigné,

   et les témoins ci-bas nommés, se présente Alexandre Herzen, f feu Jean, né à Moscou en Russie, bourgeois de la commune de Châtel au district du Lac actuellement domicilié à Nice, maître de ses droits, lequel sain de corps, d'esprit et d'entendement, ainsi qu'il est apparu aux dits notaire et témoins, a fait et dicté son testament comme suit:
   1. Je donne et lègue à l'hospice cantonal de Fribourg la somme de cinq cents francs fédéraux, payable dans le terme de six semaines dès le jour d mon décès.
   2. Je donne et lègue à la commune de Châtel sur Morat la somme de cinq mille francs fédéraux, payable dans le même terme que dessus. Ce montant sera réparti de moitié entre la bourse des pauvres et le fonds d'école de la commune prémentionnée.
   3. Je donne et lègue à Julien Schaller, conseiller d'Etat à Fribourg et Charles Vogt, professeur et docteur en médecine à Genève, exécuteurs testamentaires établis ci-après, la somme de vingt-cinq mille francs fédéraux, avec charge de distribuer et répartir ce montant selon les intentions à ceux bien connues du testateur et d'après les instructions verbales de ce dernier.
   4. Je donne et lègue à mon fils Alexandre Herzen la maison que je possede à Paris, rue d'Amsterdam numéro quatorze, sous la condition mentionnée plus bas.
   5. J'institue pour mes seuls héritiers mes trois enfants Alexandre, Natalie et Olga Herzen, lesquels pourront après mon décès entrer immédiatement en possession de tous mes biens tant meubles qu'immeubles et en disposer à volonté, avec charge toutefois d'acquitter les legs mentionnés ci-dessus, ainsi que toutes dettes légitimes qui pourraient grever ma succession. Ma volonté bien arrêtée est qu'après le prélèvement du legs fait à mon
  
  
  
   <На листе справа: Титульный лист первого издания брошюры "Русский народ и социализм".
   Библиотека Академии наук СССР. Ленинград. - Ред.>
   <Затем следует:
   1) Лист с дарственной надписью Герцена К. Фогту в первом издании брошюры "Русский народ и социализм".
   2) Титульный лист книги Ж. Санд "Похождения Грибуля".
   Государственная публичная историческая библиотека. Москва.
   3) Шмуцтитульный лист книги Ж. Санд "Похождения Грибуля" с дарственной надписью Герцена Е. К. Станкевич. - Ред.>
   fils Alexandre, mes trois enfants se partagent ma succession par parties égales, abstraction faite de toute prérogative masculine.
   6. Pour l'exécution de la présente disposition de dernière volonté, j'établis Julien Schaller de Fribourg, y domicilié, conseiller d'Etat, et Charles Vogt de Berne, docteur en médicine et professeur à Genève auxquels je donne la qualité d'exécuteurs testamentaires avec les attributions fixées par la loi et le présent acte. Pour le cas où les personnes ci-haut mentionnées ne voudraient ou ne pourraient remplir la mission d'exécuteurs testamentaires, tout comme aussi dans le cas où l'une d'entr'elles et même les deux viendraient à décéder avant moi, testateur, je leur substitue Vladimir Engelson, orriginaire de St. Pétersbourg, actuellement domicilié à Gênes, avec les attributions déterminées plus haut.
   Dans le but de pourvoir convenablement à l'administration de la fortune de mes enfants, pour le cas où je viendrais à décéder avant l'âge de majorité de ces derniers, j'institue un conseil spécial de surveillance ou de famille, ayant pour mission de diriger et surveiller l'éducation de mes enfants mineurs et d'administrer leur avoir, tout comme aussi d'opérer les déplacements de onds necessités par les circonstances et l'intérêt bien entendu des mineurs. Cfe Conseil est composé comme suit:
   а) Julien Schaller de Fribourg, conseiller d'Etat;
   b) Charles Vogt de Berne, professeur à Genève;
   c) Vladimir Engelson, originaire russe, domicilié à Gênes;
   d) Marie Tessié du Motay, citoyen franèais, actuellement domicilié à Londres;
   e) Ernest Haug, natif de la Styrie, général sous la république romaine domicilié à Londres;
   f) Charles Edmond Chojecky, natif polonais, actuellement domicilié à Nice.
   Comme tuteur spécial de mes enfants mineurs je nomme Adolphe Reichel, natif prussien, professeur de musique, domicilié à Paris, auquel je donne pour attributions outre celles prescrites par la loi, celle de veiller tout particulièrement à l'éducation de mes enfants et à l'administration de leur fortune, sous la surveillance et la direction du conseil de famille institué plus haut. En cas de prédécès du tuteur établi, je lui substitue Vladimir Engelson, membre du conseil de famille et en cas de prédécès de ce dernier, je lui substitue enfin Charles Vogt de Berne, professeur à Genève, membre du même Conseil, avec les mêmes obligations.
   Il va sans dire, que par l'institution dont il s'agit, le testateur n'a nullement entendu éluder les dispositions de la législation fribourgeoise celles-ci sont au contraire expressément réservées et devront recevoir leur pleine exécution conformément à la volonté du testateur.
   Le tuteur établi aura en outre l'obligation de revendiquer la propriété du domaine que je possède dans le gouvernement de Kostroma, district de Galitz, lequel se trouve séquestré pour cause politique, mais qui doit être restitué à mes enfants, lorsqu'ils auront tous atteint l'âge de majorité. Les documents concernant ce domaine se trouvent à Moscou entre les mains de M. Gr. Klutchareff, conseiller du collège. Il poursuivra de même la rentrée
   d'une somme de quarante mille roubles d'argent dûe par Mrs Pavloff et Satine à Moscou.
   Quant à l'emploi de la rente, ma volonté est, qu'à dater de 1852, jusqu'en 1856 il soit prélevé sur les revenus annuels une somme de 12 000 frs. destinée spécialement à l'éducation de mes enfants. Depuis 1856 à 1860 inclusivement cette somme sera portée à 15 000 f.
   Toutefois le Conseil de famille et le tuteur pourront disposer de sommes plus considérables chaque fois qu'ils le jugeront convenable et utile au bien, à la santé et à l'éducation de mes enfants.
   Désirant vivement que mes enfants vivent le plus longtemps possible dans l'indivision, tout comme aussi qu'ils procèdent au partage en l'absence de toute difficulté, j'émets le vœu que mes héritiers légitimes reculent autant que possible l'époque du partage et que même après avoir atteint l'âge de majorité, mon fils écoute les conseils et n'entreprenne aucun acte important d'administration sans avoir pris l'avis de ceux qui auront présidé à son éducation.
   Pour le cas, où mon fils Alexandre persisterait dans sa demande de procéder au partage immédiatement après avoir atteint l'âge de majorité, et pendant la minorité de ses deux soeurs, le legs du bâtiment situé à Paris rue d'Amsterdam, No 14, fait à mon fils prénommé, ce legs tombe et ma volonté est que dans ce cas l'immeuble qui en fait l'objet rentre dans la masse pour être partagé également entre mes trois enfants, comme il est dit plus haut.
   Je désire qu'après mon décès mon corps soit transporté à Nice et enterré au cimetière des non-catholiques, à côté de la tombe de ma femme. Là, on élèvera un monument funèbre commun pour ma mère et mon fils péris dans un naufrage, pour ma femme et pour moi.
   J'exprime enfin le voeu que le présent acte soit ouvert et publié après mon décès, en l'étude de Henri Benjamin Presset, notaire à Morat.
   Je révoque et annulle tous testaments et codicilles que je pourrais avoir faits antérieurement au présent acte auquel seul je m'arrête comme contenant mes dernières volontés.
   Dont acte: fait et passé à Fribourg, Maison Lacaze, numéro cent trente neuf b, en présence de Pierre Nicolas Lucien Glasson, fils de Pierre de Bulle, avocat domicilié à Fribourg, et Jean Frédérich Küssler, ffeu Frédérich de Martigny, maître d'hôtel en cette ville, témoins requis, lesquels ont signé à la minute avec le testateur et moi notaire, après lecture et ratification, article par article, le premier août mil huit cent cinquante deux à cinq heures du soir (1 août 1852).
   Sig Alexandre Herzen, sig Jean Кüssler, sig N. Glasson, sig H. B. Presset, not.
   Перевод
   В присутствии моем, Анри Бенжамена Прессе,
   нижеподписавшегося нотариуса из Мора,
   и поименованных ниже свидетелей, явившийся лично Александр Герцен, сын покойного Ивана, родившийся в Москве, в России, гражданин
   общины Шатель, в Озерном районе, ныне проживающий в Ницце, правомочный, который, будучи здоров телом, духом и рассудком, по удостоверению вышеупомянутого нотариуса и свидетелей, сделал и продиктовал нижеследующее свое завещание:
   1. Даю и завещаю кантональной больнице Фрибурга сумму в пятьсот федеральных франков, которая должна быть выплачена в шестинедельный срок со дня моей кончины.
   2. Даю и завещаю общине Шатель близ Мора сумму в пять тысяч федеральных франков, которая должна быть выплачена в вышеозначенный срок. Сумма эта будет разделена пополам между кассой для бедных и школьным фондом вышеупомянутой общины.
   3. Даю и завещаю Юлиану Шаллеру, государственному советнику в Фрибурге, и Карлу Фогту, профессору и доктору медицины в Женеве, назначаемым душеприказчиками, как то будет определено ниже, сумму в двадцать пять тысяч федеральных франков с обязательством распределить и раздать ее согласно хорошо известным им намерениям завещателя и в соответствии с его словесными предписаниями.
   4. Даю и завещаю сыну моему Александру Герцену дом, коим я владею в Париже, на Амстердамской улице, номер четырнадцать, под указанным ниже условием.
   5. Назначаю единственными моими наследниками своих троих детей: Александра, Наталию и Ольгу Герценов, кои смогут тотчас после моей кончины вступить во владение всем моим имуществом, как движимым, так и недвижимым, и располагать им по своему усмотрению, однако с обязательством выплатить упомянутые выше в завещании суммы, так же, как и все законно установленные долги, которыми могло бы быть обременено мое наследие. Моя окончательная воля выражается в том, чтобы за вычетом наследства, оставляемого моему сыну Александру, мои трое детей разделили между собою поровну все остальное мое достояние, без всякого преимущества мужскому полу.
   6. Для исполнения настоящего изложения моей последней воли я назначаю Юлиана Шаллера из Фрибурга, там же и проживающего, государственного советника, и Карла Фогта, из Берна, доктора медицины и профессора в Женеве, которым предоставляю полномочия душеприказчиков с правами и обязанностями, установленными законом и настоящим актом. В случае, если бы вышеупомянутые лица не захотели или не смогли исполнять обязанности душеприказчиков, равно как и в том случае, если бы один из них или даже оба скончались ранее меня, завещателя, на место их я назначаю Владимира Энгельсона, уроженца г. С.-Петербурга, проживающего ныне в Генуе, с предоставлением ему прав и обязанностей, означенных выше.
   С целью обеспечения соответствующего управления состоянием моих детей, в случае, если я умру ранее достижения сими последними совершеннолетия, назначаю особый совет надзора, или семейный совет, который должен будет руководить и наблюдать за воспитанием моих несовершеннолетних детей и управлять их имуществом, равно как и перемещать мои
   0x01 graphic
   фонды в соответствии с обстоятельствами и, само собой разумеется, в интересах несовершеннолетних. В состав этого совета входят:
   а) Юлиан Шаллер из Фрибурга, государственный советник;
   б) Карл Фогт из Берна, профессор в Женеве;
   в) Владимир Энгельсон, русский уроженец, проживающий в Генуе;
   г) Мари Тесье дю Мотэ, французский гражданин, проживающий в Лондоне;
   д) Эрнст Гауг, уроженец Штирии, генерал римской республики, проживающий в Лондоне;
   е) Карл-Эдмунд Хоецкий, польский уроженец, проживающий в Ницце.
   Специальным опекуном моих несовершеннолетних детей назначаю я Адольфа Рейхеля, прусского уроженца, преподавателя музыки, проживающего в Париже, которому помимо прав и обязанностей, предписанных законом, я вверяю в особенности заботу о воспитании моих детей, а также управление их имуществом под наблюдением и руководством вышеупомянутого совета. В случае преждевременной кончины назначенного опекуна я замещаю его Владимиром Энгельсоном, членом семейного совета, наконец, в случае смерти сего последнего я замещаю его Карлом Фогтом из Берна, профессором в Женеве, членом того же совета, с теми же обязанностями.
   Само собою разумеется, что при распоряжениях, о коих здесь идет речь, завещатель нисколько не имел намерения обойти установления фрибургского законодательства; они, напротив того, должны быть строго соблюдены и полностью выполнены согласно воле завещателя.
   Утвержденный опекун, помимо того, обязан требовать возвращения имения, которым я владею в Костромской губернии, Галицкий уезд, и которое находится под секвестром по политическим причинам, но должно быть возвращено моим детям по достижении ими совершеннолетнего возраста. Документы по этому имению находятся в Москве в руках г. Гр. Ключарева, коллежского советника. Равным образом должен он хлопотать о возвращении мне суммы в сорок тысяч рублей серебром, которую мне должны гг. Павлов и Сатин в Москве.
   Что же касается пользования моей рентой, воля моя заключается в том, чтобы с 1852 по 1856 год отделялась из годовых доходов сумма в 12 000 франков, специально назначенная на воспитание моих детей. С 1856 по 1860 год включительно сумма эта будет увеличена до 15 000 франков.
   Семейный совет и опекун смогут, однако, располагать и более значительными суммами всякий раз, когда они сочтут это нужным и полезным для блага, здоровья и воспитания моих детей.
   От всей души желая, чтобы мои дети жили возможно долее в нераздельности владения, а вместе с тем, чтоб раздел был произведен ими без всякого затруднения, я выражаю желание, чтобы мои законные наследники отложили раздел на возможно более отдаленный срок и чтобы сын мой, даже достигнув совершеннолетнего возраста, слушался советов и не предпринимал ни одного важного действия по управлению имуществом, не выслушав мнения лиц, руководивших его воспитанием.
   В случае же если мой сын Александр будет упорствовать в требовании приступить к разделу тотчас же по достижении своего совершеннолетия, но при несовершеннолетии его двух сестер, то оставленное по завещанию имущество -- дом в Париже на Амстердамской улице No 14, отказанный моему вышеупомянутому сыну, -- этот пункт завещания отменяется, и воля моя такова, чтобы в этом случае недвижимое имущество, о коем идет речь, вошло в общую совокупность наследства для раздела ее, как указано выше, на равные части между тремя моими детьми.
   Я желаю, чтобы после моей кончины тело мое было перевезено в Ниццу и погребено там на кладбище некатоликов, рядом с могилою моей жены. Там воздвигнут будет общий погребальный памятник для моей матери и моего сына, погибших при кораблекрушении, для моей жены и для меня.
   Я выражаю, наконец, желание, чтобы настоящий акт был вскрыт и оглашен после моей кончины в конторе Анри Бенжамена Прессе, нотариуса в Мора.
   Я отменяю и аннулирую все мои завещания и приписки к ним, которые могли быть сделаны до настоящего акта, и останавливаюсь на нем одном как на выражающем мою последнюю волю.
   Сей акт учинен и скреплен в Фрибурге, в доме Лаказа, номер сто тридцать девять "б", в присутствии Пьера Николя Люсьена Глассона (сына Пьера из Бюлля), адвоката, проживающего в Фрибурге, и Жана Фредерика Кюсслера (сына покойного Фредерика из Мартиньи), хозяина отеля в этом городе, свидетелей, которые подписали акт одновременно с завещателем и со мною, нотариусом, после чтения и утверждения, пункт за пунктом, первого августа тысяча восемьсот пятьдесят второго года, в пять часов пополудни (1 августа 1852 года).
   Подписал Александр Герцен, подписал Жан Кюсслер, подписал Н. Глассон, подписал А.-Б. Прессе, нотариус.

10. <ПРОТЕСТ ВЕКСЕЛЯ Э. ГЕРВЕГ>

13 (1) ноября 1852 г. Лондон.

   Par devant Mr John Sise Venn, notaire public à Londres par autorité royale dûment admis et juré, soussigné --
   Fut présent
   Monsr Alexandre Herzen, propriétaire domicilié à Châtel, canton de Fribourg en Suisse, en ce moment résidant No 2, Barrowfield Place, Primrose Road à Londres.
   Lequel a déclaré faire en constituer son mandataire spécial M.
   A qui le comparant donne pouvoir de, pour lui et en son nom, poursuivre par toutes les voies de droit, le recouvrement d'une lettre de change tirée par lui sur madame Emma Herwegh, épouse de Monsr George Herwegh de Zurich, la dite dame demeurant à Nice en Piémont, pour une somme de
   Dix[291] mille francs que le dit constituant a prêtée à madame Herwegh, payable au vingt août dernier, et protestée à son échéance faute de paiement.
   En conséquence former toutes demandes en justice et devant tous les tribunaux compétents, tant contre la dite dame Herwegh que contre son mari; constituer tous avoués, procureurs et avocats, obtenir tous jugements et arrêts; les faire mettre à exécution par toutes les voies et moyens que les lois mettent à sa disposition, prendre toutes inscriptions hypothécaires; faire toutes oppositions, saisir, arrêter et prendre toutes mesures conservatoires pour assurer ses droits; faire toutes transactions et arrangements que le mandataire croira utile; accepter toutes garanties et cautionnements qui pourront être offertes; recevoir le montant de la créance du constituant en principal, intérêts et frais; en donner quittance; donner main levée de toutes inscriptions, saisies ou autres empêchements. Substituer au besoin dans tout ou partie des présents pouvoirs, et généralement faire pour arriver à leur complète exécution tout ce qui sera nécessaire, quoi que non exprimé ci-dessus.
   Dont acte, fait et passé à Londres, en l'étude du notaire soussigné, où le constituant l'a dûment signé, scelé et délivré dans la forme prescrite par les lois anglaises, après lecture faite, le treize novembre mil huit cent cinquante deux, en présence du dit notaire et de Messrs Thomas Janner et Etienne Charles Barnabé, tous deux témoins à ce requis, dûment qualifiés et soussignés.
   Approuvé la surcharge du mot Dix d'autre part.
   Alexandre Herzen.
   Témoins: Quod attestors:
   T. Janner. John S. Venn.
   Ete Barnabé. Not:
   Pulz.
   Перевод
   Учинено в присутствии г-на Джона Сайз Венн, нотариуса в Лондоне, должным образом уполномоченного королевской властью, приведенного к присяге и нижеподписавшегося,
   при лично явившемся г. Александре Герцене, домовладельце в Шателе, кантон Фрибург в Швейцарии, в данное время имеющем местожительство в Лондоне, 2, Barrowfield Place, Primrose Road,
   каковой заявил, что передает все специальные полномочия г-ну...,
   которому лично явившийся доверитель предоставляет право произвести всеми законными способами, за него и от его имени, взыскание по векселю, выданному ему госпожой Эммой Гервег, супругой г. Георга Гервега из Цюриха, проживающей в Ницце, Пиэмонт, на сумму десять[292] тысяч франков, каковую вышеназванный доверитель ссудил госпоже Гервег, и подлежавшему оплате двадцатого августа текущего года и опротестованному по истечении этого срока ввиду неуплаты.
   В соответствии с этим -- вчинять все необходимые иски в суде и в подлежащих судебных учреждениях как в отношении вышеназванной
   г-жи Гервег, так и ее супруга; передавать полномочия поверенным, стряпчим и адвокатам, принимать все судебные решения и определения; передавать их на исполнение всеми способами, которые законы предоставляют в его распоряжение, принимать все залоговые надписи; вступать в судебные споры, накладывать запреты и аресты, предпринимать все предохранительные меры для обеспечения своих прав; заключать все сделки и соглашения, которые уполномоченный найдет полезными; принимать все гарантии и поручительства, которые могут быть предложены; получать суммы в оплату долга своему доверителю по основному капиталу, процентам и издержкам и выдавать в том расписки; снимать запретительные надписи, наложения арестов и другие запреты. Использовать в случае нужды для обеспечения полного взыскания, в силу настоящих полномочий, полностью или частично, все, что будет необходимо, даже если оно и не поименовано выше.
   Сей акт учинен и скреплен в Лондоне, в конторе нижеподписавшегося нотариуса, где доверитель должным образом этот акт подписал, скрепил печатью и передал в форме, предписываемой английскими законами, после прочтения этого акта, тринадцатого ноября тысяча восемьсот пятьдесят второго года в присутствии вышеназванного нотариуса и гг. Томаса Дженнер и Этьена Шарля Барнабе, которые являются свидетелями по этому иску, вполне правомочными и нижеподписавшимися.
   Исправлению слова десять верить.
   Александр Герцен.
   Свидетели: Quod attestors[293]:
   Т. Дженнер. Джон С. Венн.
   Этьен Барнабе. Нотариус:
   Пульц.

11. <ЗАПИСЬ РАСХОДОВ ПО СОДЕРЖАНИЮ СЕМЬИ>

Конец 1840-х -- начало 1850-х гг.

В месяц

   Квартира -- 400
   Содерж<ание> по 15 в день -- 450 225
   Вино по 5 в день -- 150
   Кухарка -- 50 30
   Извощик -- 50
   Уроки -- 100
   Extra --100 50
   1300
   Для туалета -- 200 25
   Для мелк<их> расх<одов> -- 250
   1 750
   Бюджет наш в 2 000
   350

III

12. ПИСЬМО Э. ГАУГА К Ж. МИШЛЕ

21 (9) ноября 1851 г. Ницца.

   Nice, 21 novembre 1851.
   Monsieur,
   Notre ami Herzen a reèu hier votre lettre du 17. Il n'est pas en état de vous répondre personnellement, car il est sous le coup d'un grand malheur. Sa mère et son fils, âgé de huit ans, après avoir passé quelques semaines à Paris, retournaient à Nice. Le 15 ils se sont embarqués à Marseille sur le paquebot la Ville de Grâsse, qui allait à Cannes. Le lendemain à quatre heures du matin ce bateau a été heurté, près des îles d'Hyères, par un paquebot la Ville de Marseille, venant de Gênes. Le choc a été si violent, que le premier de ces navires, coupé en deux, a sombré. La mère et le fils de M. Herzen ont péri; au moins, on n'a jusqu'à présent aucune nouvelle sur leur sort, on n'a pas même retrouvé leurs cadavres. L'enfant que Herzen vient de perdre, était né sourd-muet, grâce au traîtement que le gouvernement russe a fait endurer à Herzen et à sa femme. Néanmois un précepteur, originaire de Zurich, (qui paraît également avoir péri dans le naufrage) était parvenu à apprendre à l'enfant à parler avec la plus grande facilité. L'intelligence et la grâce, que déployait l'enfant, le rendaient doublement cher à ses parents. -- C'est en vain que Herzen a été à Hyères, -- il n'y a trouvé aucune trace des naufragés. -- Si vous parlez, monsieur, de cette catastrophe à M. Bernacky, ayez la complaisance de le prévenir, que Mme Reichel, que monsieur connaît comme une personne intime de la famille Herzen, n`est pas encore instruite de cette affaire. On ne veut pas le lui annoncer brusquement, vu l'état de sa santé.
   Dans votre lettre du 17 vous dites, monsieur, que l'article qui vous a été envoyé, ne peut pas être publié parce qu'il n'est pas signé, et vous faites mention d'un jeune homme distingué, dont vous paraissez avoir parlé à Herzen dans une lettre précédente. -- Comme notre ami n'a pas reèu de lettre, dans laquelle il eût été question d'un jeune homme, il en conclut -- comme d'ailleurs vous le lui avez déjà fait observer -- qu'il y a une de vos lettres à lui de perdue. -- Je vous prie de considérer les articles, qu'il vous a envoyés, comme destinés à vous servir de matériaux, et en conséquence d'en faire tel emploi que vous voudrez, de les arranger, corriger et faire signer, comme vous l'entendrez. -- L'auteur du dernier article, étant obligé de garder le plus strict incognito, a fait parvenir son manuscrit à Herzen en le priant d'en disposer en toute liberté. -- Les pièces aux annexes ont été traduites sous les yeux de M. Herzen; la lettre de M. Belinsky a même été lue par son auteur personnellement à notre ami. C'est pourquoi il répond de la véracité de ces documents.
   M. Herzen vous prie d'agréer ses respects.
   A. H.
   Перевод
   Ницца, 21 ноября 1851.
   Милостивый государь,
   наш друг Герцен получил вчера ваше письмо от 17 ноября. Он не в состоянии ответить вам лично, так как его постигло большое горе. Его мать и восьмилетний сын провели несколько недель в Париже и возвращались в Ниццу. 15-го они отплыли из Марселя на пароходе "La Ville de Grâsse", который направлялся в Канн. На следующий день в четыре часа утра близ Иерских островов это судно столкнулось с пароходом "La Ville de Marseille", шедшим из Генуи. Удар был настолько сильным, что первое судно, расколовшись пополам, затонуло. Мать и сын Герцена погибли; во всяком случае до сих пор нет никаких известий об их участи, -- даже трупы их пока не обнаружены. Погибший сын Герцена был глухонемой от рождения вследствие тех жестокостей, которые Герцену и его жене пришлось вынести по милости русского правительства. Однако одному учителю из Цюриха (он, видимо, также погиб во время кораблекрушения) удалось научить ребенка говорить совершенно свободно. Ум и грация, которые раскрылись в ребенке, сделали его вдвойне дорогим для родителей. -- Тщетно Герцен ездил в Иер -- он не нашел там никаких следов потерпевших крушение. -- Если, милостивый государь, вам случится говорить об этой катастрофе с г. Бернацким, будьте добры предупредить его, что г-жа Рейхель, которая, как вам известно, близка семье Герцена, пока ничего не знает о случившемся. Ей не хотят говорить об этом сразу ввиду состояния ее здоровья.
   В своем письме от 17 вы говорите, милостивый государь, что статья, посланная вам, не может быть напечатана, так как она не подписана, и вы упоминаете об одном достойном молодом человеке, о котором вы, по-видимому, писали Герцену в одном из предыдущих писем. Так как наш друг не получил письма, в котором упоминалось бы о каком-то молодом человеке, то он заключает отсюда (как, впрочем, вы уже имели случай это заметить ему), что одно из ваших писем к нему пропало. -- Прошу вас считать, что статьи, которые он вам прислал, предназначены для того, чтобы служить вам материалами, и вы, следовательно, вправе использовать их по своему усмотрению -- переделывать, исправлять и подписывать, как найдете нужным. -- Автор последней статьи, вынужденный сохранять строжайшее инкогнито, доставил свою рукопись Герцену с просьбой располагать ею совершенно свободно. Выдержки из приложения переведены под наблюдением г. Герцена; письмо Белинского было даже лично прочитано автором нашему другу. Поэтому он ручается за достоверность этих документов.
   Г-н Герцен просит выразить вам свое уважение.
   А. Г.

13. ПИСЬМО В. А. ЭНГЕЛЬСОНА К Г. ГЕРВЕГУ

28 (16) января 1852 г. Ницца.

   Monsieur, M. Herzen, ayant aujourd'hui reèu votre lettre m'a chargé de vous faire savoir que non-observant toutes les injures contenues dans votre lettre à lui, il ne veut pas pour le moment donner suite à votre défi. -- Vous ne serez, je pense, nullement étonné de ce qu'il ne vous reconnaît aucun droit de le provoquer en général, d'autant moins celui de choisir pour le temps convenable à un duel entre vous le moment où sa femme est gravement malade (ce que probablement vous n'avez pas ignoré).
   Il vous donne le droit de donner toute la publicité voulue par vous non seulement à ce sursis, mais encore à toutes les circonstances de sa rupture avec vous. -- Si vous avez des observations à faire sur ce que j'ai l'honneur de vous annoncer, vous n'avez qu'à vous adresser, selon votre choix, soit à moi (Nice, poste restante), soit à Mr Sazonoff, soit par lettres, soit par l'entremise de quelque personne que vous chargeriez de cette commission.
   Car quant à M. Herzen, lui-même, il ne décachètera pas les lettres que vous lui adresserez.
   Wladimir Engelsоn.
   Перевод
   Милостивый государь, г. Герцен, получив сегодня ваше письмо, поручил мне довести до вашего сведения, что, несмотря на все оскорбления, содержащиеся в вашем письме к нему, он в настоящее время не хочет отвечать на ваш вызов. -- Вас, я полагаю, отнюдь не удивит, что он вообще не признает за вами никакого права на вызов и еще менее -- выбирать в качестве удобного для дуэли времени такой момент, когда его жена тяжело больна (о чем вам, вероятно, небезызвестно).
   Он оставляет за вами право по вашему усмотрению предать широкой огласке не только эту отсрочку, но и все обстоятельства его разрыва с вами. -- Если у вас будут возражения относительно того, что я имею честь сообщить, можете обратиться по своему выбору либо ко мне (Ницца, до востребования), либо к г. Сазонову, письменно или через посредство того лица, которому вы это поручите.
   Что же касается самого Герцена, то он не станет вскрывать письма, которые вы ему направите.
   Владимир Энгельсон.

14. ПИСЬМО В. А. ЭНГЕЛЬСОНА К Г. ГЕРВЕГУ

18 (6) февраля 1852 г. Ницца.

   Monsieur, le sursis, que je vous ai demandé, n'a plus de motif d'être prolongé; -- la lettre ci-jointe, qui nous a été communiquée et que je suis chargé de vous transmettre, vous en fournit la preuve.
   Votre provocation, -- se résumant à nos yeux en ces termes: "j'ai eu tort envers M. Herzen, et c'est pourquoi je lui en demande réparation", -- est
   considérée, par ceux qui vous connaissent aussi bien que par ceux qui ne vous connaissent pas, comme un acte d'aliènation mentale. -- C'est pourquoi M. Herzen, tout en faisant ses réserves sur l'avenir, ne répond pour le moment que par le mépris à vos insultes, motivées par une supposition d'actes de violence et d'inhumanité, supposition mentionnée dans votre lettre à moi en date du 2 février, et que la lettre ci-jointe détruit de fond en comble.
   Wladimir Engelson.
   Nice, le 18 février 1852.
   Перевод
   Милостивый государь, для продления отсрочки, о которой я вас просил, нет больше оснований; прилагаемое письмо, которое мы получили и которое мне поручили передать вам, служит достаточным тому доказательством.
   Ваш вызов, который на наш взгляд сводится к следующему: "Я виноват перед г. Герценом, а потому требую удовлетворения", -- рассматривается теми, кто вас знает и кто не знает, как акт безумия.
   Вот почему г. Герцен, оставляя за собой свободу действий на будущее, сейчас отвечает только презрением на ваши оскорбления, которые вы оправдываете тем, что якобы совершен акт насилия и бесчеловечности, о чем вы говорите в своем письме ко мне от 2 февраля. Прилагаемое письмо начисто опровергает ваши измышления.
   Владимир Энгельсон.
   Ницца, 18 февраля 1852.

15. ПИСЬМО Э. ГАУГА И ТЕСЬЕ ДЮ МОТЭ К Ф. ВИЛЛЕ

18 (6) июля 1852 г. Люцерн.

   Geehrter Herr.
   Herr Alexander Herzen hat uns ersucht, das durch dieselben an ihn Übermittelte Kartell des Herrn Georg Herwegh zu erledigen. Wir erklären im Namen des Geforderten, daß Herr Herzen diese Herausforderung nicht annehmen kann, weil man mit einem amoralischen Verbrecher nichts, also auch eine Ehrensache nicht gemein haben kann.
   Indem wir Sie höflichst bitten, diese Erklärung auf Ihr geehrtes und uns überantwortetes Schreiben vom 7ten Juli d. J., welches uns erst gestern zukam, entgegenzunehmen, fühlen wir uns Ihnen gegenüber zu der Bemerkung verpflichtet, daß nur die Hochachtung, welche wir für Sie, Herr Doktor, hegen, uns vermochte, das Ansinnen des Herrn Herwegh zu beantworten.
   Mit dieser Versicherung haben wir die Ehre uns zu zeichnen.
   Ihre ergebenen
   C. Tessié du Motay.
   Ernst Haug.
   Luzern am 18. Juli 1852.
   P. S. Briefe bitten wir uns poste restante unter der Adresse unseres Bekannten, Herrn Charles Edmond, zu adressieren.
   Перевод
   Милостивый государь.
   Господин Александр Герцен просил нас ответить на картель, полученный им от господина Георга Гервега. От имени вызванного мы заявляем, что господин Герцен не может принять этот вызов, ибо с морально преступным человеком нельзя иметь ничего общего, а следовательно -- и дела чести.
   Почтительнейше прося принять настоящее наше заявление в ответ на ваше уважаемое письмо от 7-го июля с. г., полученное нами только вчера, мы считаем своим долгом заметить, что только глубокое уважение, которое мы питаем к вам, господин доктор, заставило нас ответить на вызов господина Георга Гервега.
   С этим уверением имеем честь подписаться
   преданные вам
   Тесье дю Мотэ.
   Эрнст Гауг.
   Люцерн, 18 июля 1852.
   P. S. Письма для нас просим адресовать до востребования на имя нашего знакомого господина Шарля Эдмона.
  
  
  

КОММЕНТАРИИ

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   ПРИНЯТЫЕ СОКРАЩЕНИЯ

I. Архивохранилища

   ГПБ -- Отдел рукописей Государственной публичной библиотеки им
   M. Е. Салтыкова-Щедрина. Ленинград.
   ИРЛИ -- Отдел рукописей Института русской литературы АН СССР.
   Ленинград.
   ЛБ -- Отдел рукописей Государственной библиотеки СССР имени
   В. И. Ленина. Москва.
   ЦГАЛИ -- Центральный государственный архив литературы и искусства
   СССР. Москва.
   ЦГИАМ -- Центральный государственный исторический архив. Москва
   ASR -- Archivo di Stato di Roma (Государственный архив в Риме).
   BFM -- Biblioteca G. G. Feltrinelli. Milano (Библиотека Дж. Фельтринелли.
   Милан).
   BG -- Bibliothèque publique et universitaire Genéve. (Публичная
   и университетская библиотека. Женева).
   ВНР -- Bibliothèque historique de la ville de Paris (Парижская городская
   историческая библиотека).
   ВМ -- British Museum (Британский музей. Лондон).
   BN -- Bibliothèque National. Paris (Национальная библиотека. Париж).
   СU Columbia University Archive of Russian and East European History
   and Culture (Архив русской и восточноевропейской истории
   и культуры при Колумбийском университете. Нью-Йорк).
   DAW -- Deutsche Akademie der Wissenschaften zu Berlin (Литературный
   архив Немецкой академии наук. Берлин).
   DS -- Deutsche Staatsbibliothek (Немецкая государственная библиотека.
   Берлин).
   IISC -- Internationaal Instituut voor Sociale Geschiedenis (Международный
   институт социальной истории. Амстердам).
   MBR -- Museo della Biblioteca Centrale del Risorgimento di Roma (Музей
   Центральной библиотеки Рисорджименто в Риме).

II. Печатные источники

   Рейхель -- М. К. Рейхель. Отрывки из воспоминаний и письма
   к ней Герцена. М., 1909.
   Грановский -- "Т. Н. Грановский и его переписка", т. II. М., 1897.
   ГМ -- журнал "Голос минувшего".
   ГНМ -- А. И. Герцен. Новые материалы. К печати приготовил
   H. М. Мендельсон. Труды публичной библиотеки СССР имени
   В. И. Ленина. М., 1927.
   Л -- (в сопровождении римской цифры, обозначающей номер тома, и
   арабской, обозначающей страницу) -- А. И. Герцен. Полное
   собрание сочинений и писем под редакцией М. К. Лемке, тт. I--XXII,
   П., 1915--1925.
   ЛН -- тома "Литературного наследства" (т. 7-8 -- М., 1933 г.; т. 39-40 --
   1941 г.; т. 41-42 -- 1941 г.; т. 56 -- 1950 г.; т. 61 -- 1953 г.;
   т. 62 -- 1955 г.; т. 63 -- 1956 г.; т. 64 -- 1958 г.; т. 67 -- 1959 г.).
   Мейзенбуг -- М. Мейзенбуг. Воспоминания идеалистки. Изд. Academia.
   M. -- Л., 1933.
   НПГ -- Неизданные письма Герцена к Н. И. и Т. А. Астраковым. К печати
   приготовил Л. Л. Домгер. Издание "Нового журнала". Нью-Йорк,
   1957.
   ОРГ -- "Описание рукописей А. И. Герцена". Составили А. В. Аскарянц
   и З. В. Кеменова, под редакцией Б. П. Козьмина. Изд. 2, М., 1950.
   ПЗ -- альманах "Полярная звезда". Лондон.
   РМ -- журнал "Русская мысль".
   Черняк -- Я. З. Черняк. Огарев, Некрасов, Герцен, Чернышевский
   в споре об огаревском наследстве. Изд. Academia. M.--Л., 1933.
   Carr -- "Some Unpublished Letters of Alexander Herzen" by E. H. Carr. --
   "Oxford Slavonic papers", Volume III. Oxford, 1952.
   La Revue -- "La Revue" (Ancienne "Revue des Revues"). IVe série.
   1907. XVIIIe année. Vol. LXVIII. Paris.
   ZS -- журнал "Zeitschrift fur Slawistik". Berlin.
   Ссылки на вышедшие тома настоящего издания даются с указанием тома (римская цифра) и страницы (арабская цифра).
   Двадцать четвертый том Собрания сочинений А. И. Герцена содержит его письма начиная с апреля 1850 г. по 1852 г. включительно.
   Эти письма охватывают период жизни Герцена в Париже в последние месяцы перед его высылкой из Франции, пребывание с семьей в Ницце, наконец, лондонский период после переезда с континента в Англию осенью 1852 г., которым, по словам самого Герцена, "замыкается самая ужасная часть" его жизни (X, 312).
   В письмах 1850--1852 гг. содержатся многочисленные отклики и высказывания Герцена по поводу текущих политических событий (выборы в Законодательное собрание Франции весной 1850 г., бонапартистский переворот 2 декабря 1851 г., создание Европейского центрального демократического комитета, выступления Д. Маццини, Ж. Мишле, П.-Ж. Прудона, полицейские преследования его, участь томившегося в австрийских застенках М. Бакунина, деятельность газет "Voix du Peuple", "Leader" и других органов печати и проч.), характеризуется болезненно переживавшийся Герценом в связи с поражением революций 1848--1849 гг. идейный кризис, крушение буржуазных иллюзий в социализме, сложный путь поисков новой революционной теории.
   В ряде писем освещена история написания и публикации работ Герцена того времени -- "Письма из Франции и Италии", "С того берега", "О развитии революционных идей в России", "Русский народ и социализм".
   Письма Герцена к московским друзьям, не понявшим и не принявшим, в частности, его критику западноевропейской буржуазной демократии, отражают наметившиеся уже достаточно отчетливо к этому времени идеологические разногласия между ними.
   Значительное место в эпистолярном наследии Герцена 1851--1852 гг. занимает освещение событий, связанных с его семейной драмой, конфликтом с Гервегом, "дуэльным делом", а также трагической гибелью матери и сына, болезнью и смертью жены.
   Всего в томе печатается 249 писем. Из них 137 писем не входило в Полное собрание сочинений и писем Герцена под ред. М. К. Лемке.
   Впервые публикуются в томе шестнадцать писем: к В. Линтону от 1 апреля, к Л. И. Гааг от 12 апреля, к Л. И. Гааг и М. К. Эрн от 14 апреля и 26 мая, к Л. И. Гааг от 14 июня, к Л. И. Гааг и М. К. Эрн от 3 июля, к Л. И. Гааг от 4 июля, к А. Ф. Орлову от 23 сентября 1850 г. (черновая редакция на французском языке), к Г. Гервегу от 16 января, к Д. Фази от 22 января, к А. Колачеку от 12 февраля, 30 марта и 15 апреля
   1851 г., к Ф. Вилле от 18 июля, к К. Фогту от 16 сентября и 21 ноября 1852 г.
   Также впервые публикуются приписки детей Герцена к его письмам (что в комментариях специально не оговаривается).
   Почти все письма настоящего тома печатаются по автографам или фотокопиям с автографов, что позволило и в ранее известные тексты, публиковавшиеся с пропусками и искажениями, внести значительное число поправок и дополнений.
   В раздел "Приложений" включено 15 публикаций (впервые печатаются 5): 1) дарственные надписи Герцена на книгах и записи различного характера, 2) акт завещания, документы и записи, касающиеся денежных дел, 3) письма других лиц, написанные при участии или по поручению Герцена.
   В связи с уточнением дат исключены из тома следующие письма, датированные ранее ошибочно:
   1) письмо Г. Гервегу от апреля 1850 г., начинающееся словами: "Je crois qu'il faut prier l'opticien...", отнесено к апрелю 1849 г. -- см. т. XXIII;
   2) письмо (приписка) к М. К. Рейхель от декабря 1850 г., начинающееся словами: "Полчаса тому назад я сделал то же...", отнесено к июню -- началу июля 1847 г. -- см. т. XXIII;
   3) письмо к Н. П. Огареву и Н. А. Тучковой от 18 июня 1852 г. отнесено к 18 июня 1853 г. -- см. т. XXV;
   4) письмо к М. К. Рейхель от 31 октября 1852 г. отнесено к 30--31 октября 1853 г. -- см. т. XXV;
   5) письмо к М. К. Рейхель от 27 ноября 1852 г. отнесено к 8 января 1853 г. -- см. т. XXV;
   6) письмо к Тате Герцен от ноября 1852 г., начинающееся словами: "Твое письмо очень мило...", отнесено к марту 1853 г. -- см. т. XXV;
   7) письмо к Тате Герцен от декабря 1852 г., начинающееся словами: "Ну, а ты как поживаешь...", отнесено к 3 марта 1853 г. -- см. т. XXV.
   Изменены в настоящем томе даты следующих писем, публиковавшихся ранее с ошибочными или не точно установленными датами (письма с уточнением дат в пределах того же месяца здесь не оговорены):
   1) письмо к Тате Герцен с датой "1850", начинающееся словами: "Таточка, здесь в Елисейских Полях...", отнесено ко времени между 8 и 25 июня 1851 г. (см. письмо 110);
   2) письмо к П.-Ж. Прудону от 23 марта 1851 г. отнесено к 23 марта 1852 г. (см. письмо 161);
   3) письмо к Коле Герцену с датой "Июнь 1851", начинающееся словами: "Ich küsse dich...", отнесено к концу октября -- началу ноября 1851 г. (см. письмо 126);
   4) письмо к Н. А. Герцен с датой "Июль 1851", начинающееся словами: "Еще дополнение для полковника...", отнесено к 28--29 июня 1851 г. (см. письмо 113);
   5) письмо к М. К. Рейхель от 13 апреля 1852 г. отнесено к 13 марта 1852 г. (см. письмо 157);
   6) письмо к Тате Герцен с датой "Май 1852", начинающееся словами: "Сказочку, Тата...", отнесено ко времени между 31 мая и 7 июня 1852 г. (см. письмо 186);
   7) письмо к Тате Герцен от 25 июня 1852 г. отнесено к 25 июня 1851 г. (см. письмо 106);
   8) письмо к Саше Герцену с датой "Конец июля 1852", начинающееся словами: "Ну, а как ты, друг мой...", отнесено ко времени около 5 августа 1852 г. (см. письмо 210);
   9) письмо к Тате Герцен с датой "Октябрь 1852", начинающееся словами: "Вот, Тата, как было дело...", отнесено к 6 декабря 1852 г. (см. письмо 243);
   10) письмо к Тате Герцен с датой "Октябрь 1852", начинающееся словами: "Мы всё, Таточка, собираемся...", отнесено к декабрю 1852 г. (см. письмо 249);
   11) письмо к Тате Герцен с датой "Декабрь 1852", начинающееся словами: "Таточка моя, как давно я тебя не видал...", отнесено ко времени между 29 июня и 13 июля 1851 г. (см. письмо 121);
   12) письмо к Тате Герцен с датой "Декабрь 1852", начинающееся словами: "Тате на этот раз только поклон...", отнесено ко времени между 24 мая и 7 июня 1852 г. (см. письмо 185);
   13) письмо к Тате Герцен с датой "Декабрь 1852", начинающееся словами: "Я очень рад, что ты пишешь...", отнесено к октябрю 1852 г. (см. письмо 233);
   14) письмо к Тате Герцен с датой "1852", начинающееся словами: "Узнала ли ты Сезарину...", отнесено ко времени около 17 сентября 1852 г. (см. письмо 222).
   Письма к А. Рейхелю от конца сентября ("Cher Reichel, ne me grondez pas...") и середины октября 1852 г. ("Cher Reichel, vous devez me prendre...") включены в состав писем к M. К. Рейхель от 24 сентября и 15 октября 1852 г. и печатаются совместно с ними (см. соответственно письма 225 и 228).
   Некоторые из публиковавшихся ранее отдельно писем Герцена к Тате и являющихся в действительности частью написанных в тот же день писем, адресованных жене или М. К. Рейхель, в наст. томе печатаются вместе с ними как одно целое, если единство этих писем подтверждается данными палеографического анализа автографов (например, письма 104, 191).
   Не включена в том надпись, сделанная рукой Герцена на одном из недатированных писем Н. А. Герцен к Гервегу, относящемуся к концу мая -- началу июня 1850 г.: "Егору Федор<овичу>".
   В текстах писем Герцена к М. К. Рейхель, печатающихся по копиям (ЦГАЛИ), сделанным малоквалифицированным копиистом после 1923 г. (что следует из его пометок в тетрадях с копиями) и содержащим большое число спорных или явно неверных прочтений, мелкие дефекты текста исправляются без особых оговорок в комментариях; при этом учитывается
   карандашная правка текста копий, принадлежащая, видимо, Н. А. Герцен-дочери, которая сверяла, по всей вероятности, тексты копий с автографами.
   Приписки детям, выделенные Герценом в автографах крупными буквами, печатаются в томе обычным шрифтом.
   Позднейшие заметки, сделанные на автографах недатированных писем Герцена к М. К. Рейхель, по всей видимости, ею самой и касающиеся предположений о датах писем (во многих случаях ошибочные) в комментариях не отмечаются. Также специально не оговариваются письма М. К. Рейхель к Герцену, на которые он отвечает, и его письма к разным лицам, если они остаются неизвестными (эти письма Герцена учтены в Списке несохранившихся писем).
   В тексте французских писем Герцена бесспорные ошибки и описки исправляются без оговорок, однако сохраняются встречающиеся отступления от грамматических норм, характерные для Герцена, писавшего по-французски недостаточно свободно и неоднократно указывавшего на это своим корреспондентам (например, руссицизмы в глагольных временах условных предложений: Si la guerre ira mal, j'irai en Espagne" вместо правильного: Si la guerre va mal, j'irai en Espagne"; "Si quelque chose sera finie, je pensais venir" вместо правильного: Si quelque chose est finie, je pense venir"; в употреблении некоторых предлогов: "...pour lui procurer du travail" вместо правильного: "de lui procurer..."; в формах чисел: "ils sont trop faibles encore pour défendre les siens" вместо правильного: "pour défendre les leurs" и т. п.)
   Редакция приносит свою благодарность зарубежным учреждениям и лицам, приславшим ряд новых писем Герцена или материалов о нем, включенных в наст. том: д-ру Герхарду Цигенгайсту. Берлин, ГДР (письма к А. Колачеку, Ф. Вилле и к Гервегу -- письмо 80), д-ру Монике Партнидж. Ноттингам, Англия (иллюстрация 4), дирекции Женевской публичной и университетской библиотеки (письма к Д. Фази и К. Фогту) и Женевского государственного архива (архивные данные о приезде Герцена в Женеву -- комментарий к письму 114).

   В работе над томом принимали участие:
   подготовка текстов - С. Я. Бродская (письма 126, 173, 174), Л. Р. Ланский (письма 2 5, 8 14, 16 27, 29 40, 42 44, 46 52, 55 69, 73, 74, 77 79, 82, 86, 130, 160, 175, 176, 198, 203, 209, 223, 229, франц. части писем 149, 150, 189, 225, 227, 228, Приложения -- 1, 3, 9, 10), М. К. Перкаль при участии Б. С. Бобкова (письма 127, 129, 133, 142, 205, 211, 220, 238, Приложения -- 12, 13, 14), А. Е. Полозова (письмо 41), М. А. Соколова (письма 75--76, 90, 92--94, 97, 98, 100, 102--104, 128, 132, 134--139, 144, 156, 177, 178, 180--183, 192--195, 200, 202, 204, 207, 208, 213, 215, 218, 225--228, 230, 236, 239--242, 244--246, 248), И. Ю. Твердохлебов (письма 81, 84, 87, 91, 95, 96, 99, 101, 105--125, 131, 141, 143<,> 145--155, 157--159, 162--172, 179, 184--191, 196, 197, 199, 206, 210, 212, 214, 216, 219, 221, 222, 231--235, 237, 243, 247, 249, Приложения -- 2,
   4--8, 11), Г. Цигенгайст (письма 80, 85, 88, 89, 201, Приложения -- 15), Н. Д. Эфрос (письма 1, 6, 7, 15, 28, 37, 45, 53, 54, 70--72, 140, 161, 217, 224); переводы: Л. Р. Ланский, Е. Н. Рунич, Н. Д. Эфрос, а также М. В. Baxтepовa, М. К. Перкаль (при участии Б. С. Бобкова), М. Г. Ашукина, Л. Я. Боровой; текстологический комментарий: И. Ю. Твердохлебов (при участии Л. Р. Ланского -- письма к Гервегам за 1850 г.); реальный комментарий: К. П. Богаевская (письма 115, 125, 128, 131, 132, 136--139, 141, 142--146, 149, 152, 154, 159, 162, 163, 165--172, 177, 178, 181--183, 187--189, 191--195, 197, 199, 200, 204, 207, 208, 213--215, 218, 221, 225--228, 230--237, 239--246, 248), Ф. И. Евнин (письма 15, 41, 71, 75, 76), Л. Р. Ланский (письма 2--5, 9, 11--14, 16--27, 29--32, 34--39, 42--44, 46--52, 55--69, 73, 74, 77--79, 82, 86, 130, 149, 160, 175, 176, 198, 203, 209, 223, 229, Приложения -- 1, 9), А. П. Могилянский (письма 84, 92, 93, 95, 99--104, 112, 113, 179, 184, 196, 212), М. К. Перкаль (письма 127, 129, 133, 142, 205, 211, 220, 238), М. Я. Поляков (письма 122 и 123), И. Ю. Твердохлебов (письма 83, 90, 94, 97, 111, 134, 139, 147--149, 150, 153, 155, 173, 190, 201, 202, 230, 247, Приложения -- 2--8, 10--15), Г. Цигенгайст (письма 80, 85, 88, 89), Н. Д. Эфрос (письма 1, 6, 7, 28, 37, 45, 53, 54, 71, 140, 161, 217, 224). Список несохранившихся и ненайденных писем Герцена -- И. Ю. Твердохлебов.

ПИСЬМА

апрель 1850--декабрь 1852

1850

1. В. ЛИНТОHУ

   Печатается впервые, по фотокопии с автографа (ВFM).
   Письмо В. Линтона от 25 марта 1850 г., на которое отвечает Герцен, как и другие письма Линтона к Герцену, неизвестно.
   ...со счастливым началом "Leader'а". -- Первый номер лондонской еженедельной газеты "The Leader" вышел 30 марта 1850 г. Линтон был одним из основателей и редакторов газеты и заведовал ее иностранным отделом. При организации газеты предполагалось, что она будет органом английских республиканцев. Ввиду разногласий с редактором-издателем, преследовавшим главным образом коммерческие цели, Линтон через несколько недель после начала издания вынужден был выйти из состава редакции (см. W.-J. Linton. Memories. London, 1895, стр. 123).
   ...отправил вам свою немецкую брошюру... -- Речь идет о первом издании книги "С того берега": "Vom anderen Ufer. Aus dem rußischen Manuskript". Hamburg, Hoffmann und Campe, 1850 (см. т. VI).
   ...уделите ей несколько слов в своей газете. -- Откликов на книгу Герцена в "Leader'e" помещено не было.
   Его статья о Германии в "Voix du Peuple" имела очень большой успех. -- Имеется в виду статья Л. Бамбергера "Lettre sur l'unité allemande et le parlement d'Erfurth" ("Письмо о германском единстве и эрфуртском парламенте"), напечатанная в прибавлениях к "Voix du Peuple" от 4 и 11 марта 1850 г. (ср. письмо от 17 марта 1850 г. -- т. ХХIII).
   ...рекомендоватьподателя этого письма Mорица Гартмана. -- Ср. письмо от 31 марта -- 1 апреля 1850 г. (т. XXIII).
   ...еще экземпляр моей брошюры и статьи, опубликованной мной здесь... -- Ко времени написания публикуемого письма к Линтону в Париже были напечатаны три статьи Герцена: "Россия", "Письмо русского к Маццини" и "Донозо Кортес, маркиз Вальдегамас, и Юлиан, император римский". Две первые статьи вошли в немецкое издание книги "С того берега" (см. т. VI). Можно поэтому думать, что вместе с дополнительным экземпляром книги Герцен направил Линтону именно статью о Донозо Кортесе.
   С тех пор как я имел удовольствие вас видеть... -- По свидетельству Линтона, он познакомился с Герценом в феврале 1850 г. в Париже, по рекомендации Д. Маццини. Линтон предложил Герцену сотрудничество в организовывавшейся им тогда газете "The Leader", на что, по его словам, Герцен охотно дал свое согласие (см. W.-J. Linton. European Republicans. Recollections of Mazzini and his Friends. London, 1892, стр. 271, а также W.-J. Linton. Memories..., стр. 120--121).
   ...выборы 10 марта несут полный переворот. -- Герцен имеет в виду дополнительные выборы в Законодательное собрание Франции, состоявшиеся 10 марта 1850 г. и ознаменовавшиеся победой республиканских сил (см. также письма Герцена к Г. Гервегу от 15 и 16 марта 1850 г. -- т. XXIII).
   Я помещу в "Voix du Peuple" сочувственное сообщение о вашей газете... -- Это намерение осуществлено не было.
   ...свою вторую брошюру... -- Первое немецкое издание "Писем из Франции и Италии": Briefe aus Italien und Frankreich (1848--1849) von einem Russen, Verfasser des "Vom andern Ufer". Hamburg, Hoffmann und Campe, 1850 (см. т. V; фото титульного листа книги -- ЛН, т. 61, стр. 245).

2. Г. ГЕРВЕГУ

   Печатается по фотокопии с автографа (ВM). Впервые опубликовано: ЛН, т. 64, стр. 156. Дата определяется упоминанием о дополнительных выборах в Законодательное собрание Франции (см. выше).
   ...ответ скоро прийдет. -- Здесь и далее, говоря о "деле с билетом", Герцен имеет в виду борьбу за оставшееся в России состояние его матери. После смерти отца Герцена его душеприказчик Г. И. Ключарев внес 17 июня 1846 г. в московский опекунский совет на имя Луизы Ивановны Гааг завещанные ей 106 000 руб. сер. с получением по прошествии двух лет. Ввиду наложенного в июле 1849 г. сенатом по повелению Николая I запрещения на имение Герцена и вызова его в Россию, была приостановлена и выдача денег, принадлежавших его матери (документы по этому делу см. -- Л XIV, 8 и след.; а также "Звенья", VIII, 1950, стр. 92--101). Билет московского опекунского совета Герцен передал Д. Ротшильду, который, вступив в тяжбу с царским правительством, после ряда проволочек в конце концов выиграл дело (см. "Былое и думы", X, 136--140). В феврале 1850 г. русское генеральное консульство в Париже засвидетельствовало доверенность, данную Л. И. Гааг представителю фирмы Ротшильда в Петербурге банкиру К. Гассеру на получение ее денег. О представлении этой доверенности Гассером в министерство иностранных дел 5 мая 1850 г. сообщил министр внутренних дел Л. А. Перовский шефу жандармов А. Ф. Орлову. 18 мая 1850 г. управляющий III отделением Л. В. Дубельт уведомил Перовского, что "выдача банкиру Гассеру вышеуказанных 106 т. р. по всеподданнейшему докладу г. генерал-адъютанта графа Орлова высочайше разрешена" ("Звенья", VIII, стр. 98--100). Делу о "билете" посвящен ряд писем Герцена начала 1850 г.; "окончательного ответа" из Петербурга на запрос Ротшильда Герцен ожидал к 10 апреля (см. письма к Гервегу от 19 и 20 марта 1850 г. -- т. XXIII).
   В Париже готовятся еще к одним выборам... -- Речь идет о дополнительных выборах в Законодательное собрание, назначенных на 28 апреля 1850 г.
   "Одиссея" прибыла это настоящая греческая речь. -- "Одиссея" Гомера в переводе В. А. Жуковского, изданная в 1849 г. в Карлсруэ. Вскоре мнение Герцена об этом переводе резко изменилось к худшему -- см. письмо 4.
   ...писать книги по-немецки, не зная языка!!! -- Шутливый намек Герцена на свои книги "С того берега" и "Письма из Франции и Италии", которые были продиктованы им по-немецки с русской рукописи Ф. Каппу и изданы на немецком языке (в литературном редактировании перевода книги "С того берега" принимал участие также Гервег -- см. тт. V и VI).
   ...переводить "Одиссею", не понимая по-гречески! -- Жуковский перевел "Одиссею" Гомера по немецкому подстрочнику, сделанному для него с греческого оригинала.

3. Г. ГЕРВЕГУ

   Печатается по фотокопии с автографа (ВМ). Впервые опубликовано: Саrr, стр. 113--114. Конец письма не сохранился. В автографе первоначально вместо: comme au jour d'aujourd'hui <как нынче> -- было: comme c'est impossible <как она несбыточна> -- стр. 10, строка 2 сн.; вместо: de tact <такту> -- было: de ferme <стойкости> -- стр. 11, строка 9.
   ..."все они знают, чего они хотят", но не знают чего хотят. -- Герцен процитировал это высказывание Кромвеля также и в статье "Vixerunt!", вошедшей в состав книги "С того берега" (см. VI, 77).
   Обдумай основательно проект завещания... -- Одним из способов спасения оставшегося в России состояния Л. И. Гааг Герцен видел в составлении ею завещательного документа на имя детей или другого лица (см. далее письма 5, 6, 9).
   Тургенев уезжает в понедельник... -- И. С. Тургенев уехал из Парижа лишь 24 (12) июня 1850 г. Герцен отправил с ним в Россию письма и бумаги (см. "Письма К. Дм. Кавелина и Ив. С. Тургенева к Ал. Ив. Герцену". Женева. 1892, стр. 89). Герцен опасался преследования Тургенева в России в связи с его пребыванием в Париже во время революции 1848 г. (см. также письмо Герцена от 31 марта 1 апреля 1850 г. -- т. XXIII).
   Огаревская история по-прежнему как черная нависшая туча. -- Имеется в виду арест Н. П. Огарева, H. М. Сатина и А. А. Тучкова в конце февраля 1850 г. по подозрению в принадлежности к "секте коммунистов" (см. также комментарий к письму 84). Получив от Огарева "крохотную записку" об аресте и известив об этом Гервега 23 марта 1850 г., Герцен терялся в догадках о его судьбе и высказывал в связи с этим различные предположения (см. письма от 23, 24, 26 и 30 марта 1850 г. -- т. XXIII, а также письмо 17 в наст. томе). Лишь 16 мая из доставленного ему письма Т. Н. Грановского Герцен получил достоверные сведения об "огаревской истории" (см. письмо 21).
   История с прогулкой была в письме м-ль Эрн. -- О какой "истории с прогулкой" говорит здесь Герцен -- неясно, так как упомянутое письмо М. К. Эрн к Герцену неизвестно.

4. Г. ГЕРВЕГУ

   Печатается по фотокопии с автографа (ВМ). Впервые опубликовано: Саrr, стр. 114--116. Расположение строк в рисунке неточно соответствует автографу.
   Дата письма определяется упоминанием о постановке пьесы, премьера которой состоялась 6 апреля 1850 г. (см. ниже), и указанием в письме даты 13 апреля, позднее которой письмо написано быть не могло.
   Боюсь, что г-жа Голохвастова не захочет платить... -- По векселям за умершим 28 декабря 1849 г. Д. П. Голохвастовым числился с 1840 г. долг Герцену на сумму 30 тыс. руб., вскоре переведенный на имя Л. И. Гааг. См. в т. XXIII письмо 73 и "верящее письмо" -- доверенность от 21 апреля 1849 г. О получении Герценом этого долга см. письма 37 и 45 (ср. также "Былое и думы" -- IX, 201).
   "Одиссея" Жуковского все же упала в моих глазах... -- См. письмо 2.
   ...Бриарея. -- В античной мифологии -- чудовище, имевшее пятьдесят голов и сто рук.
   Ламартин позволил поставить плохую трагедию собственной стряпни -- полный провал... -- Речь идет о драме в стихах А. Ламартина "Toussaint Louverture", поставленной впервые в "Théâtre Saint-Martin" 6 апреля 1850 г.
   ...черные пятна... -- Ф. Леметр исполнял в драме Ламартина главную роль -- Туссена Лувертюра, руководителя восстания негров на Сен-Доминго.
   Теперь я уже не мог бы тебя так катилинизировать и филиппикировать. -- Герцен имеет в виду свои письма за январь--февраль 1850 г., в которых Гервег резко осуждался за эгоистическое отношение к жене (см. т. XXIII), и иронически сравнивает эти письма с обличительными речами Цицерона (против Катилины) и Демосфена (против Филиппа Македонского).
   Sit tibi Clos-Vougeot levis. Выпей, viator... -- Герцен пародирует древнеримские эпитафии: "Sit tibi terra levis" ("Да будет тебе земля легка") и "Sta, viator" ("Остановись, прохожий"). Clos-Vougeot --марка французского виноградного вина.
   Ответ Г. Гервега без даты, начинающийся словами: "Мой дорогой Александр, да, ты должен приехать...", ошибочно датированный М. К. Лемке мартом 1850 г. -- Л XIV, 64--67.

5. Г. ГЕРВЕГУ

   Печатается по фотокопии с автографа (ВМ). Впервые опубликовано: отрывок -- Саrr, стр. 89; полностью -- ЛН, т. 64, стр. 162--164.
   Я написал тебе несколько строк об Эмме... -- См. письмо 3.
   А какова "V du P"! Она затевает теперь борьбу с Жирарденом... -- Газета "Voix du Peuple" вскоре после выдвижения кандидатуры Э. Жирардена выступила 9 апреля 1850 г. с передовой статьей, в которой утверждалось, что Жирарден не может представлять на выборах революционную Францию, так как он не является членом республиканской партии и отличается "неверием в политику" и одинаково безразличным отношением ко всем государственным формам. Газета защищала кандидатуру престарелого Дюпона де л'Эр, "олицетворяющего собою революцию 24 февраля, в которой пролетарий и буржуа были едины". На следующий день Э. Жирарден объявил о снятии своей кандидатуры, напечатав в принадлежавшей ему газете "La Presse", что он пасует "перед кандидатурой восьмидесятитрехлетнего старца". На самом же деле он продолжал вести упорную борьбу за свое избрание.
   ...конфискована 6 раз и 4 раза отдана под суд. -- Газета "Voix du Peuple" в феврале--апреле 1850 г. подвергалась конфискациям: 5 февраля -- за статью Прудона "Да здравствует император!" и анонимную "Хронику дня"; 14 февраля -- за передовую статью, озаглавленную "Действия французской контрреволюции (Проконсулат)" и анонимную заметку без названия, клеймившую правительственные верхи; 28 февраля -- за статью "Заседание Национального собрания (Предательство)"; 1 апреля -- за статью из цикла "Социалисты и мальтузианцы"; 6 апреля -- за передовую статью "Бюджет 1851 года"; 8 апреля -- за обзоры "Политическое и парламентское обозрение за неделю" и "Департаментский курьер", а также за драматические сцены Б. Гастино "Социальная комедия". В течение двух недель следующего месяца, во время которых газета продолжала издаваться, она подверглась еще трем конфискациям. О дальнейшей судьбе газеты см. комментарий к письму 18.
   Он уезжает в субботу. -- Имеется в виду Тургенев, готовившийся к отъезду в Россию (см. письмо 3).

6. Л. И. ГААГ и Г. ГЕРВЕГУ

   Печатается по фотокопии с автографа (ВМ). Письмо к Л. И. Гааг публикуется впервые; приписка Г. Гервегу впервые опубликована: ЛН, т. 64, стр. 164. Письма объединяются на основании полного совпадения линии отрыва и элементов букв на обоих листах автографа, впоследствии отделенных друг от друга.
   Год написания определяется строками о "билете" Л. И. Гааг и о браслете, о котором говорится также в письме 7.
   Колютка просто делает невероятные успехи. -- Коля Герцен посещал в Цюрихе школу для глухонемых. В занятиях Коли большую помощь оказывала М. К. Эрн (см. "Былое и думы" -- X, 160, а также Рейхель, стр. 66--67).
   ...после вашего отъезда. -- Герцен советовал матери воспользоваться для получения ее капитала, незаконно задержанного в России, своим положением вюртембергской подданной и обратиться для этого в Штутгарт, в министерство иностранных дел. Гервег должен был сопровождать Луизу Ивановну в намечавшейся поездке. Однако вюртембергское правительство не только не было склонно помогать Л. И. Гааг, но само выразило желание, чтобы русское правительство нашло способ воспрепятствовать вывозу ее капитала из России, опасаясь, что деньги пойдут на помощь "политическим беглецам" (см. Л XIV, 14, а также ЛН, т. 63, стр. 414)
   ...завещание не удастся сделать на имя детей... -- См. комментарий к письму 3, а также письма 5 и 9.
   ...Georgio furioso... -- "Неистовый Георг" -- шутливая аналогия с "Orlando furioso" ("Неистовый Роланд") Т. Тассо.

7. Л. И. ГААГ И М. К. ЭРН

   Печатается впервые, по фотокопии с автографа (ВМ). В автографе первоначально вместо: примет портреты -- было: примет новости.
   См. комментарий к письмам 2 и 6.

8. Г. ГЕРВЕГУ

   Печатается по фотокопии с автографа (ВМ). Впервые опубликовано: ЛН, т. 64, стр. 282.

9. Г. ГЕРВЕГУ

   Печатается по фотокопии с автографа (ВМ). Впервые опубликовано: ЛН, т. 64, стр. 164--166.
   Год написания определяется содержанием письма: "дело с билетом", отклики на события 1850 г. (см. ниже).
   Ответ на письмо Г. Гервега без даты, начинающееся словами: "Мой дорогой Александр, да, ты должен приехать...", ошибочно датированное М. К. Лемке мартом 1850 г. -- Л XIV, 64--67.
   Тогда останется только Вюртемберг... -- См. комментарий к письму 6.
   Что до завещания, то меня нельзя указывать в качестве наследника... -- Отклик на слова Гервега в его письме: "Дело с завещанием теперь будет трудно отложить, тем труднее, что это дает твоей матери повод для приятной поездки. Сообщи заблаговременно свои распоряжения и желания. Незачем помещать детей в завещании, -- только, разве, на случай, если ты
   умрешь раньше матери. Но и одна мысль об этом нелепа!.." (Л XIV, 66--67).
   ...может, через Швейцарию, может, через Женеву... -- Гервег просил Герцена заехать к нему в Цюрих.
   "К черту весь род людской, будем искать спасения в иронии, пройдем наш путь до гробовой доски с иронической улыбкой на устах". -- Герцен не совсем точно цитирует письмо Прудона от 14 апреля 1850 г., адресованное А. Даримону (см. "Correspondance de P.-J. Proudhon", т. III, Paris, 1875, стр. 198).
   "Lloyd" в номере от 5 апреля... -- Герцен имеет в виду отзыв о немецком издании книги "С того берега" в анонимной корреспонденции из Берна, датированной 29 марта 1850 г. и напечатанной в венской реакционной газете "Lloyd" от 5 апреля 1850 г., No 130. Этот же отзыв Герцен вспомнил в "Письме к Ш. Рибейролю" (см. V, 223--224).
   Никто не знал, что Эжен Сю будет сражен конклавом... -- В ночь с 13 на 14 апреля 1850 г. в Париже собрался комитет социалистов и демократов, назвавший себя конклавом (собором), для избрания кандидата в депутаты Законодательного собрания при выборах 28 апреля от департамента Сены. Наибольшее число голосов получил автор "Парижских тайн" Эжен Сю (164 голоса). Во время обсуждения кандидатур вокруг имени Сю разгорелась ожесточенная дискуссия. Стенограмма заседания была напечатана в газете "Voix du Peuple" от 15 апреля 1850 г., No 195. См. далее комментарий к письму 17.
   ...без Эжена Сюкровопийца. -- Каламбур: sangsue ("кровопийца") произносится по-французски так же, как sans Sue ("без Сю").
   ...дают "Туссена Лувертюра"не боится черного цвета... -- Герой пьесы Ламартина -- руководитель восстания негров.
   ...о черной пресвятой наготе. -- В подлиннике каламбур, не поддающийся точному переводу.
   ...у Рашели лопнула пружинка, когда она играла Федру. -- В подлиннике каламбур: "Feder" (по-немецки -- "пружина") и "Phèdre" (по-французски -- "Федра") звучат почти одинаково.
   ..."Исповедь"... -- Имеется в виду сочинение П.-Ж. Прудона "Исповедь революционера..." ("Les confessions d'un révolutionnaire, pour servir à l'histoire de la révolution de Février"), вышедшее в свет в Париже в 1849 г.

10. Г. ГЕРВЕГУ

   Печатается по фотокопии (ВМ). Впервые опубликовано (с выпуском части письма Н. А. Герцен и надписи на обороте): ЛН, т. 64, стр. 284 (факсимиле с первого и последнего листа письма см. там же, стр. 187).

11. Г. ГЕРВЕГУ

   Печатается по фотокопии с автографа (ВМ). Впервые опубликовано: отрывок -- Саrr, стр. 89--90; полностью -- ЛН, т. 64, стр. 167--168.
   Год написания определяется содержанием письма: "дело" о капитале Л. И. Гааг, предполагавшийся отъезд Тургенева в Россию и проч.
   "Дело не идет на лад..." -- Переделка рефрена известной революционной песни санкюлотов "Ah, èa ira..." ("Дело пойдет...").
   ...из письма к моей матери... -- Письмо, на которое ссылается здесь Герцен, неизвестно (маловероятно, чтобы здесь шла речь о письмах 6 или 7).
   ...штутгартские хлопоты... -- См. комментарий к письму 6.
   ...400 нептунизированных мучеников приведут к ее запрещению. -- 16 апреля 1850 г. в г. Анжере погибло свыше 400 солдат. Опасаясь оваций, которые население могло устроить батальону, отдавшему свои голоса за социалистов в дни дополнительных выборов в Законодательное собрание, власти направили его обходным путем -- на цепной мост через реку Мэн. При прохождении войск мост внезапно обрушился, и большая часть солдат погибла. 19 апреля в "Voix du Peuple" была напечатана передовая статья "Выборы 28 апреля. К парижской буржуазии", в которой Прудон, восторженно отзываясь о французской армии, голосовавшей за социалистических кандидатов и ставшей, по его словам, "социалистической от первого до последнего человека", писал: "У католической церкви есть своя легенда о сорока мучениках; то были сорок христианских солдат, которых императорская реакция погубила, продержав целую ночь совершенно обнаженными, на замерзшем пруду. У социализма также будет своя легенда, но не о сорока, а о четырехстах мучениках, ибо теперь во всем прогресс <...> Не достаточно ли крови? Не достаточно ли трупов?". Эту статью Прудона имел в виду Герцен, говоря о "400 нептунизированных" (т. е. потонувших) мучениках и предполагая, что она вызовет конфискацию "Voix du Peuple". Опасения Герцена оправдались: газета была конфискована в седьмой раз, автор и редактор привлечены к ответственности ("Voix du Peuple" от 20 апреля 1850 г., No 200).
   ..."Не русские идут... -- Реакционные круги разных европейских стран пытались использовать в своих политических целях нависшую угрозу вмешательства царской России в революционные события 1848--1849 гг. на Западе. Этот предостерегающий крик -- "Русские идут!" -- был язвительно высмеян немецким сатирическим журналом "Berliner Krakehler" (No 9 от 22 июня 1848 г.) и приобрел после этого характер крылатого выражения. См. об этом также в статье "Россия" (VI, 191) и "О развитии революционных идей в России" (VII, 149).
   Niemand ging aus, Keiner ging aus, wer blieb zu Haus? -- "Никто не ушел, ни один не ушел, кто же остался дома?" -- немецкая прибаутка для детей.
   В Реймсе, лет десять назад, нашли очень древнее славянское евангелие. -- Известная церковно-славянская пергаментная рукопись XIV в., носящая название "Реймского евангелия", хранилась в Реймском соборе с 1574 г. Факсимильное издание этой рукописи было впервые выпущено в Париже в 1843 г.
   Сам я недавно перечел историю Пугачевского бунта Пушкина. -- Об отношении Герцена к "Истории Пугачева" Пушкина см. в статье: Ф. П. Гусарова. А. И. Герцен -- читатель "Истории Пугачева" А. С. Пушкина. -- "Ученые записки Ленинградского государственного педагогического института имени А. И. Герцена", т. 170, 1958, стр. 79--94.
   ..."Прибыв в городок Nна вечные времена"... -- Приводимая Герценом цитата отсутствует в "Истории Пугачева" Пушкина.
   "Я только вороненока ястреб-то еще летает в небе, он еще появится". -- Неточная цитата из "Истории Пугачева" (глава VIII).

12. Г. ГЕРВЕГУ (приписка)

   Печатается по фотокопии с автографа (ВМ). Впервые опубликовано: ЛН, т. 64, стр. 285. Приписка к письму Н. А. Герцен тому же адресату (письмо датировано 20 апреля), в котором она, рассказывая о жизни в Париже обеих семей, замечала: "С половины восьмого вечера до половины девятого, войдя в нашу гостиную, вы можете быть уверены, что застанете всех, больших и малых, молодых и старых -- с карандашом в руке, вырывающих друг у друга из рук резинку, которую все время забывают класть на середину стола (теперь этого делать уж не придется, я только
   что купила еще одну!), -- превращая на бумаге образ и подобие божие в фантастические образы... Затем начинается беседа, Эмма мучит Александра, заставляя его делать с нас всех живые портреты, изображающие нас такими, какие мы теперь и какими будем впоследствии..." (ЛН, т. 64, стр. 285).
   ...за Эммой ухаживает Обер-Лаурер. -- Герцен, вероятно, произвел эту фамилию от немецкого глагола "lauern" ("подстерегать"), желая намекнуть, что Э. Гервег подвергается полицейской слежке (см. комментарий к письму 39). Фамилию этого лица Герцен каламбурно сближает с фамилией Нидергубера (по-немецки ober -- высший, nieder -- низший).

13. Г. ГЕРВЕГУ

   Печатается по фотокопии с автографа (ВМ). Впервые опубликовано: ЛН, т. 64, стр. 169--171.
   Год написания определяется содержанием письма (см. ниже).
   Вчера в "Варьете" давали "Маленькую Фадетту", искалеченную самым дурацким образом; Сильвине изгнан, Ландри ополишинелен... -- Инсценировка одноименной повести Жорж Санд, сделанная Анисе Буржуа и Шарлем Лафоном (см. рецензию на эту постановку в "Voix du Peuple" от 2 мая 1850 г., No 212).
   ...об истории с Прудоном? -- 21 апреля 1850 г. Прудон был переведен из парижской тюрьмы Консьержери в провинциальную крепостную тюрьму в Дуллансе (департамент Соммы).
   ...привязывают к ногам гири билеты). -- В подлиннике игра слов: "boulets" (гири) и "billets" (билеты) по-французски звучит сходно. Имеется в виду "билет" (вексель) Л. И. Гааг (см. комментарий к письму 2).
   ...служанку, ростом с Каппа... -- Ф. Капп отличался высоким ростом.
   Головин прислал мне письмо... -- Это письмо неизвестно.
   ...статью, которую Головин написал о моем сочинении для журнала Колачека. -- Речь идет о журнале "Deutsche Monatsschrift für Politik, Wissenschaft, Kunst und Leben", издававшемся Колачеком. В нем вскоре начал помещать свои работы Герцен. Статья Головина о книге "С того берега" в журнале не появилась.
   ...Константин потерял половину себя... -- Повара Герцена Константина Грегорио разбил паралич.

14. Г. ГЕРВЕГУ

   Печатается по фотокопии с автографа (ВМ). Впервые опубликовано<:> ЛН, т. 64, стр. 171--174.
   Год написания определяется связью с соседними письмами.
   Итак, сегодня день твоего ангела. -- Герцен в этот день на русский лад отмечал именины "Егора" Гервега, хотя "день святого Георгия" приходился на 23 апреля не нового, а старого стиля.
   Да, в Ницце, в Ницце! Там откроем мы вдвоем Никейский вселенский собор. -- Каламбур: по-французски: "Ницца" ("Nice") и "Никея" ("Nicée") близки по написанию и произношению.
   ...я жду от вас вестей из Вюртембергасоветы моей матери. -- См. комментарий к письму 6.
   ...моэт... -- марка шампанского.
   ...чем бедняга Константин. -- См. письмо 13.
   ...читая ответы. -- Адресованные Д. Ротшильду письма его петербургского уполномоченного К. Гассера.
   "Ты этого хотел, Жорж". -- Крылатое выражение из комедии Мольера "Georges Dandin, ou le mari confondu" ("Жорж Данден, или Одураченный муж"). Гервега также звали Жоржем (Георгом).
   ...Hôtel Mirabeau... -- В этом отеле на rue de la Paix жили в это время Герцены.

15. И. ЯКОБИ

   Печатается по тексту книги: "Archiv für die Geschichte des Sozialismus und der Arbeiterbewegung", B.I, Leipzig 1911, SS. 478--479, где опубликовано впервые. Местонахождение автографа неизвестно.
   Со времени вашего отъезда из Женевы... -- Якоби уехал из Женевы в Германию в сентябре 1849 г.
   ...отправить в Москву два-три письмабыл бы великолепный случай послать книги в России. О попытке использовать связи И. Якоби -- уроженца Кёнигсберга -- для переправки в Россию запрещенной литературы см. также письмо к Гервегам от 4 марта 1850 г. (т. XXIII).
   ...двух своих брошюр... -- Немецкие издания "С того берега" и "Писем из Франции и Италии" (см. комментарий к письму 1).
   ...нашу короткую встречу на берегу Лемана. -- Имеется в виду совместное пребывание Герценов с Якоби в Женеве в июле-августе 1849 г.
   ...я опасаюсь за Мацц<ини> ∞ но непрогрессирующая. -- Об отрицательном отношении Герцена к политической линии Маццини в 1850 г. и организованному им "Европейскому центральному демократическому комитету" см. "Былое и думы" -- X, 151--154, а также письмо 70.
   ...во времена братьев Бандиера. -- Борясь за освобождение Италии от австрийского ига и установив связь с Д. Маццини, братья Бандиера в 1844 г. сделали попытку поднять восстание в Калабрии и с группой единомышленников высадились на побережье, однако были схвачены и расстреляны (ср. в "Былом и думах" -- X, 67).
   В эту самую минуту получаю приказ покинуть Францию. -- Этот приказ, датированный 24 апреля 1850 г., Герцен приводит в "Былом и думах" (X, 141).

16. Г. ГЕРВЕГУ

   Печатается по фотокопии с автографа (ВМ). Впервые опубликовано: ЛН, т. 64, стр. 175.
   Год написания определяется связью с соседними письмами.
   ...Кавдинские фуркулы... -- Излюбленная метафора Герцена, идущая от названия двух узких горных проходов близ г. Кавдиума в Италии, где потерпели поражение римляне во вторую самнитскую войну (321 г. до н. э.); furcula -- ущелье (лат.).

17. Г. ГЕРВЕГУ

   Печатается по фотокопии с автографа (ВМ). Впервые опубликовано: ЛН, т. 64, стр. 175-177.
   Тебе известны результаты выборов. -- Речь идет о дополнительных выборах в Законодательное собрание по департаменту Сены, состоявшихся 28 апреля 1850 г. Выбранным оказался Эжен Сю. Маркс рассматривал эти новые выборы как сведение к нулю результатов предыдущих выборов: "...Окончательное решение было снова отложено, напряжение народа ослабевало, он привыкал к легальным триумфам вместо революционных. Наконец, кандидатура Эжена Сю, сентиментально-мещанского социал-фантазера,
   совершенно уничтожила революционный смысл 10 марта -- реабилитацию июньского восстания..." (К. Маркс и Ф. Энгельс, Соч., т. VII, М., 1956, стр. 100--101).
   Сегодня я получил от Гофмана и Кампе письмо... -- Это письмо Ю. Кампе неизвестно.
   Дайте же, пожалуйста, предисловие. -- Речь идет о предисловии Г. Гервега к намечавшемуся второму изданию книги "С того берега". Ср. письмо к Г. Гервегу от 18 января 1850 г. (т. XXIII).
   ...в брокгаузовских "Blätter für Liter Unterhaltung"... -- Анонимная рецензия на книгу "Vom anderen Ufer" была напечатана в No 120 этой лейпцигской газеты от 20 мая 1850 г.
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